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Le Jeune

Le jeûne représente le moyen thérapeutique le plus efficace qui soit donné à l'homme malade pour recouvrer la santé et à l'homme normal pour la maintenir parfaite.

Sagesse

La vie n'est pas courte, c'est nous qui l'abrégeons.
SÉNÈQUE
 
Le jeûne y est recommandé comme moyen thérapeutique et purificateur radical.
 
Le jeûne a toujours été employé en médecine, et en religion, comme la plus puissante méthode purificatrice
 
le jeûne était un remède universel contre toutes les maladies, rajeunissant non seulement les forces corporelles, mais aussi les forces spirituelles.

 Un point capital, dit-il encore, est d'éliminer autant que possible l'absorption des poisons alimentaires, tels que viande et succédanés de la viande qui renferment de grandes quantités d'acide urique. Il est tout indiqué de profiter de l'occasion d'une cure de jeûne pour réformer un régime alimentaire vicieux. »

« Combien d'entre nous se promènent des années avec la langue

blanche sans s'en préoccuper, continuant à manger comme d'habitude,

! Car nous sommes les seuls êtres de la création qui réussissons à manger sans faim et à boire sans soif. »

boisson à base de chlorophylle

Nous avons déjà insisté à plusieurs reprises sur la nécessité de mâcher minutieusement les aliments, pour les triturer le plus finement possible afin de les réduire en une bouillie assimilable. On ignore trop dans le public que la mastication et l'insalivation des aliments constituent une des phases de la digestion des plus importantes, et que c'est d'elle que dépend la bonne ou la mauvaise digestion gastro-intestinale subséquente. Ce n'est pas pour rien que la nature nous a dotés de glandes salivaires nombreuses et très actives, sécrétant chaque jour chez l'homme normal environ un litre et demi d'un liquide riche en ferment saccharifiant : la ptyaline ; cette production salivaire est encore augmentée par une mastication exacte et prolongée.

Chaque personne soucieuse de sa santé et désireuse de bien digérer devrait avoir la patience de s'astreindre à mâcher tous les aliments jusqu'à complète trituration; ils ne devraient jamais être avalés avant d'avoir été réduits en une bouillie homogène. On peut poser en principe que celui qui boit en mangeant mastique mal et qu'il avale goulûment des aliments non triturés et in salivés, donc impropres à une bonne digestion gastro-intestinale.

La joie du jeune

Afin que je prenne mon essor ainsi qu'une fée.

Temps de jeûne ! bienheureuse période de jeûne ! Veuille m'accorder encore ton vêtement ailé, Pour que je m'envole de par le monde ainsi qu'un ange ; Plus d'entraves ; plus rien qui arrête ma course !

Temps de jeûne ! période salvatrice de jeûne !

Si je pouvais seulement revêtir ta parure brillante de soleil !

Une fois libérée de l'esclavage des sens,

Je deviendrais semblable à un dieu joyeux et vainqueur.

Temps de jeûne ! douce période de jeûne ! Ton vêtement fleuri comme la nature à Pentecôte m'enveloppe, Et tout ce qui est en moi, paresse, laideur et matière Repose déjà là-bas dans le marais croupissant.

Temps de jeûne ! Période ensoleillée de jeûne !

Temps de jeûne ! sainte période de jeûne !

Jette sur moi ton manteau d'une blancheur de cygne,

Doux et blanc comme la première neige,

Quant aux prétendus dangers de la cure de jeûne, ils n'existent que dans l'imagination trop fertile d'ignorants qui ne se sont pas donné la peine d'étudier la question avec sérieux et qui, surtout, n'ont pas cru devoir en faire l'expérience sur eux-mêmes.

La peur irraisonnée de certains malades, qui pensent que la cure de jeûne est dangereuse, qu'elle conduit directement à l'affaiblissement

et à la mort, provient de deux causes : tout d'abord la veulerie native de toute personne qui recule devant la nécessité de se priver de nourriture pendant quelque temps et qui ne veut pas faire l'effort individuel nécessaire pour recouvrer la santé; on croit pouvoir se libérer et se guérir sans peine en ayant recours aux drogues chimiques qui sont souvent inopérantes, quand elles ne sont pas directement nuisibles. La seconde raison qui éloigne certains patients de la cure de jeûne est entretenue par l'opinion de la médecine officielle qui, sans avoir expérimenté la méthode, la juge dangereuse parce qu'affaiblissante pour l'organisme. Et de la sorte un procédé curatif merveilleux dans sa simplicité, et d'une efficacité radicale, est saboté par l'ignorance ou par le mauvais vouloir de ceux-mêmes qui devraient être les premiers à appliquer cette méthode curative pour le plus grand bien de leurs patients.

C'est uniquement pour n'avoir pas voulu, ou pas su, se conformer aux règles élémentaires de la vie sage et saine que la plupart des pauvres humains abrègent leurs jours et se préparent d'abondantes souffrances tant physiques que morales. Sous le fallacieux prétexte de « vouloir vivre sa vie » pour tirer de celle-ci le maximum de jouissance possible, combien de malheureux ont cru pouvoir abuser impunément de tous les plaisirs matériels, trompés par un bien-être et un contentement immédiats mais combien fugaces en regard des désordres organiques et psychiques qu'ils se préparent ainsi pour leur vieillesse anticipée, quand ce n'est pas la mort prématurée qui met une brusque fin à leurs excès et à leurs débordements.

 le jeûne est également un paiement pour les péchés perpétrés aux dépens de l'hygiène corporelle. »

Pour Hufeland, avons-nous déjà dit, le multiplicateur serait de huit, ce qui nous donne pour l'homme une possibilité de vie de deux siècles; chiffre qui pourra surprendre plus d'une personne, non au courant de la question. « En résumé, dit-il, on peut donc affirmer avec la plus grande vraisemblance que l'organisation humaine et la force vitale sont capables de procurer à l'homme une durée de deux cents ans. Cette faculté de vivre aussi longtemps existe donc, d'une manière absolue, dans la nature humaine. »

« Ce qui caractérise la macrobiotique, dit le Dr J. Pellagot, traducteur et commentateur français de cette œuvre magistrale, c'est une science saine, sûre et honnête, consacrée tout entière à un noble but, celui de permettre aux hommes d'atteindre les limites extrêmes assignées à leur existence, et d'obtenir ce résultat en fortifiant leurs forces physiques et morales... Selon Hufeland, la bonne discipline des facultés intellectuelles exerce sur la santé une influence non moins considérable que le bon emploi des forces matérielles et, dans les principes qu'il enseigne et regarde comme favorables à la propagation de la vie, il ne sépare jamais ces deux éléments. »

Hufeland estime que de son temps « les hommes ont trouvé le moyen de se vieillir avant l'âge et qu'on voit journellement des gens, de 40 à 50 ans, avoir l'aspect de la vieillesse et en présenter tous les caractères. » II insiste à plusieurs reprises sur le fait que cette vieillesse est loin d'être un processus naturel et qu'elle est le symptôme d'une décrépitude prématurée et anormale. La situation ne semble guère avoir beaucoup changé depuis un siècle où ces sages conseils ont été prodigués, semblables en cela à la Voix qui clame en vain dans le désert! A l'appui de ses affirmations, Hufeland rapporte l'exemple de nombreux centenaires et il reproduit la statistique dressée en 1799 par Easton qui recueillit alors les observations de plus de 1800 personnes ayant dépassé le siècle.

L'Ecossais Kentigern, fondateur de l'évêché de Glascow, plus connu sous le nom de saint Mungo, mourut à 185 ans en possession, disent les chroniques du temps, de toutes ses facultés cérébrales; c'est aussi ce que nous confirme une inscription que l'on peut lire sur sa pierre tombale.

En Angleterre, nous trouvons encore des documents précieux sur plusieurs centenaires : J. Effingham mourut à Cornwallis dans sa 144e année; Helena Gray, morte à 105 ans, aurait même eu quelques années avant sa mort une poussée de nouvelles dents; Catherine, comtesse de Desmond, mourut dans sa 141e année; Bacon qui eut l'occasion de la suivre et de l'observer mentionne également comme fait notoire chez cette centenaire un renouvellement de la dentition à un âge avancé. En 1670 mourait dans le comté d'York un certain Henri Jenkins dont l'âge de 169 ans put être établi par une pièce officielle indiscutable; en effet, il se trouvait aux archives de la Chancellerie de la Cour de justice un acte datant de 1530 mentionnant qu'il avait comparu à cette époque, soit 140 ans avant sa mort, qu'il était âgé déjà de 29 ans et qu'il avait prêté serment devant les juges. La chronique nous apprend qu'il s'adonna à la culture des champs jusqu'à l'âge de cent ans, et qu'à partir de cette période il vécut de la pratique de la pêche, nageant à l'occasion dans les cours d'eau rapides avec encore une remarquable vigueur. L'année de sa mort il s'était même rendu à pied aux assises du comté distantes de plusieurs lieues de son logis.

A l'âge de 120 ans, Parr trouva indiqué de se remarier avec une veuve qui se déclara très satisfaite de la conduite maritale de son vieil époux. « Jusqu'à 130 ans, rapporte Hufeland, il faisait tout le travail de la maison; c'était lui qui se chargeait de battre le blé. » Quelques années avant sa mort il jouissait encore de toutes ses facultés ; vif était son esprit, l'ouïe toujours bonne ; sa force remarquable faisait l'étonnement de tous ses contemporains. Sa nourriture habituelle consistait principalement en pain noir, fromage, lait et petit-lait.

La doctrine unitive concilie donc les enseignements de la religion et ceux de la science ; elle veut grouper dans un même effort spiritualiste tous les croyants sincères; elle est, par sa large tolérance, le lien tout indiqué pour développer harmonieusement les rapports entre les hommes et faciliter la vie morale et sociale sur le plan physique.

Le Rig-Veda nous enseigne que " Ce qui existe est Un : les hommes le nomment de bien des noms. » Cette même idée est reprise et développée par les taoïstes : « Tao n'est rien d'autre, en réalité, que ce que vous, étrangers, vous appelez Dieu. Tao est I'Unique, le Commencement et la Fin ; il contient toutes choses et c'est à lui que toutes choses retournent... Mais surtout, n'oublie pas que Tao n'est qu'un son articulé par un être humain, et que l'idée est essentiellement inexprimable

Tout au long de la Bhagavad Gîtâ nous pouvons trouver les mêmes enseignements de l'unité de l'Etre Suprême : nous suivrons pour nos citations la version fidèle de Mme Dr Anna Kamensky; une étude savante et approfondie de ce vieux poème lui fait dire dans son introduction : « La Bhagavad-Gîtâ, ou la Gîtâ, simplement, comme on l'appelle en Orient, c'est-à-dire le « Chant par excellence », le « Chant sublime », est certainement un des joyaux les plus rares dans le diadème, formé par la pensée religieuse universelle, car elle a une puissance synthétique qui la rend précieuse et illuminative dans l'Est ou l'Ouest. Pour ce qui est de l'Inde, c'est le cœur de son mouvement religieux...

Au dialogue onzième Arjuna s'écrie : « O Dieu, je vois dans ta forme les Dieux et tous les êtres à tous les degrés avec leurs attributs distincts »... (v. 15). « Le monde glorifie et chante avec raison ta magnificence. Les mauvais esprits s'enfuient de tous côtés; les légions des saints se prosternent en t'adorant » (v. 36).

« Tout se prosterne devant toi, derrière toi, de tous côtés. Plein d'une puissance sans bornes et d'une force immense, tu tiens tout en tes mains; car tu es toi-même tout! » (v. 40).

Krishna d'autre part nous enseigne : « Sache que cela dont la vie pénètre tout, est impérissable, et que personne ne peut détruire cet Unique Impérissable » (Dial. II, v. 17).

Aussi nous comprendrons pourquoi Mme Kamensky termine sa préface en faisant ressortir l'importance de l'unité fondamentale des (p.33) diverses croyances religieuses, partant de la fraternité qui devrait exister entre toutes les religions. « En vérité, à la base de toutes les religions historiques, il est une seule et même Religion mystique, le pont que l'âme humaine construit pour venir à Dieu. »

C'est toujours les mêmes affirmations, plusieurs fois répétées, que nous trouverons dans les livres attribués à Hermès Trismégiste :

« Toutes choses sont des parties de Dieu ; ainsi Dieu est tout. Car de toutes choses il est le Seigneur et le Père, et la Source, et la Vie, et la Puissance, et la Lumière, et l'Intelligence et l'Esprit... Tout cela est Dieu, et dans l'univers il n'y a rien que Dieu ne soit pas. Car tout est plein de Dieu. Car Lui seul est tout; c'est pourquoi il a tous les noms, car il est le Père unique, et c'est pourquoi lui-même n'a pas de nom, car il est le Père de tous.

» Je commencerai par invoquer le Dieu maître de l'univers, le Créateur et le Père, qui enveloppe tout, qui est tout dans Un et Un dans Tout. » Citons enfin du même auteur ces réflexions : « La matière est une... Rien ne meurt, mais ce qui est composé se divise. Cette division n'est pas une mort. C'est un renouvellement. Quelle est, en effet, l'énergie de la vie ? N'est-ce pas le mouvement ? Et qu'y a-t-il d'immobile dans le monde ? Rien. Rien ne se détruit, rien ne se perd. La matière est hors de Dieu, si tu veux lui attribuer un lieu spécial... Si elle est mise en œuvre, n'est-ce pas par des énergies, et nous avons dit que les énergies sont des parties de Dieu qui produit les transformations. Que ce soit matière, corps ou essence, sache que ce sont là des énergies de Dieu. »

L'inventeur Julien Christofleau, à La Queue-les- Y vélines (S.-et-O.), après quarante années d'études en est arrivé à comparer le corps humain à un accumulateur électrique « qui se recharge pendant le sommeil par le magnétisme terrestre qui peut être considéré comme une partie de la vie universelle. » II a construit un appareil qu'il appelle : électromagnétique terro-céleste, destiné à capter les ondes vivifiantes du magnétisme terrestre ; l'effet doit en être assez analogue, pensons-nous à celui du collier oscillant de Lakhovsky.

Enfin une théorie très intéressante, féconde en résultats pratiques, sans pour cela exclure les précédentes, a été établie par le savant Auguste Lumière; il voit dans l'état colloïdal la condition essentielle de la vie ; la destruction de cet état, qu'il appelle h. floculation, déterminerait la maladie et la mort. L'auteur développe ses vues remarquables dans un livre que nous recommandons à tous ceux que la question de notre devenir préoccupe : La vie, la maladie et la mort, phénomènes colloïdaux.

Auber, dans son Traité de la science médicale (1853), est encore plus affirmatif à ce point de vue : « S'il est une chose déplorable, mais positivement vraie, c'est que beaucoup de médicaments réclamés par la peur et l'ignorance sont complètement inutiles. » L'auteur complète son idée en ajoutant que le malade se serait guéri naturellement de lui-même, alors que le médicament a trop souvent aggravé son état; puis il conclut :

 « Dans les cas douteux, c'est souvent faire une grande médecine que de n'en pas faire du tout ; l'art d'attendre vaut mieux souvent que l'art d'agir; et, en général, la polypharmacie est la science de ceux qui n'en ont pas d'autre, en un mot, le refuge ordinaire des médecins qui savent peu, mal, ou point du tout. »

Mesmer qui découvrit les bienfaits du magnétisme animal ne partageait pas non plus la superstition du médicament chimique, appliqué comme panacée universelle; son aphorisme 309 est ainsi conçu :

« II n'y a qu'une maladie et qu'un remède. La parfaite harmonie de tous les organes et de leurs fonctions constitue la santé. La maladie n'est que l'aberration de cette harmonie. La curation consiste à rétablir l'harmonie troublée. Le remède général est l'application du magnétisme par les moyens désignés. »

Bien qu'un peu absolue dans sa forme cette opinion de Mesmer n'en est pas moins très intéressante et fructueuse dans son application pratique; tous ceux qui ont fait quelques cures magnétiques ou hypnotiques peuvent en témoigner. Ces cures ont en tout cas le grand avantage de n'introduire aucune substance toxique dans l'organisme et de ne pas nuire aux défenses naturelles du corps qui sont au contraire exaltées par ces traitements magnétiques

Carton en est arrivé à la conclusion que si, apparemment, les sérums et les vaccins semblent ramener un rétablissement immédiat de la santé, ils sont en réalité funestes à l'individu, car leurs résultats éloignés se soldent par un accroissement des maladies chroniques et des tares de dégénérescence. Par l'emploi de ces produits soi-disant curatifs, l'échéance fatale du payement des fautes alimentaires et hygiéniques a seulement été reculée de quelques années.

Le Dr Carton a bien soin de préciser que cette recrudescence de maladies chroniques n'est pas fonction de l'augmentation de la population; aussi peut-il conclure avec raison, car les chiffres sont assez éloquents : « L'œuvre d'assainissement de l'espèce se poursuit donc d'une façon moins tapageuse qu'autrefois, mais tout aussi pénible et fatale en réalité. » Carton fait encore à ce propos la remarque suivante si juste et bien propre à faire réfléchir : « La sélection par les maladies épidémiques mettait rapidement les individus déchus hors de la lutte, tandis que les tares diathésiques et les infections chroniques assurent aux dégénérés une survie assez prolongée pour leur permettre de reproduire des sujets profondément tarés qui entretiennent ainsi la dégénérescence de l'espèce.

On ne réfléchit pas assez au fait que les aliments, pour donner de l'énergie à l'individu, doivent d'abord passer par une longue série de transformations qui les amènent enfin à l'état de corps chimiques spéciaux susceptibles d'être utilisés par les organes pour leur travail propre; c'est alors seulement que l'on peut parler d'énergie fournie au corps par les aliments, mais pour arriver à ce stade de substances assimilables utiles ils demandent un gros effort de nos organes digestifs; le premier acte de digestion se solde donc pour nous par une déperdition d'énergie, représentée par la force nerveuse nécessaire pour mettre en action les divers processus digestifs. On comprend maintenant pourquoi il n'est pas indiqué de vouloir à tout prix suralimenter des affaiblis aux organes surmenés et intoxiqués ; et quand on sait combien grandes sont les réserves énergétiques de notre force vitale, on réalise d'autant mieux l'utilité, la nécessité de la diète et du jeûne pour accorder ce repos réparateur à tous nos organes. Nous verrons bientôt que le maintien de la vie est compatible avec une abstention de nourriture pouvant s'étendre, selon les cas et l'entraînement des jeûneurs, de 30 à 80 jours, et cela sans nuire à l'individu; la peur de manquer un repas, trop répandue chez la plupart des humains, et les maladies dont ils se plaignent au cas où ce malheur leur arrive, sont tout à fait illusoires; ce sont de déplorables phénomènes subjectifs d'autosuggestion individuelle et collective.

A toutes ces fautes d'hygiène alimentaire, nous ajoutons encore un gaspillage irréfléchi de notre réserve de capital vital causé par notre vie psychique désordonnée et fiévreuse; rien de bien étonnant alors si l'homme moderne devient la proie toute désignée de la neurasthénie, de la folie, des maladies aiguës ou chroniques, de la mort avant le temps fixé par nos possibilités de longévité. « Tout être humain, nous dit Carton, possède en effet une force occulte de préservation et de conservation que les anciens nommaient nature conservatrice, réparatrice et médicatrice, et que les modernes caractérisent en partie par le nom d'immunité naturelle. Cette force ne demande qu'à se manifester si on ne l'entrave pas en vivant d'une façon malsaine et immorale. La vie saine et droite la cultive merveilleusement. Et alors comme le disait Hippocrate « elle suffit à tout et pour tout », elle nous garantit de toute atteinte infectieuse mieux que tous les secours venus de l'extérieur. »

Les observations d'Ehret le conduisirent à cette première conclusion que la cause de toutes les maladies ainsi que la diminution de la vitalité humaine proviennent d'une alimentation vicieuse ou des excès d'une vie déréglée ; il se forme alors dans nos organes fatigués un corps mucoïde toxique qu'il dénomme : Schleim. Cette substance entrave le fonctionnement des cellules et finit par en provoquer la dégénérescence ; il ne cherche pas à en donner une définition précise ; sa nature chimique lui échappe; ce serait une autotoxine présentant beaucoup d'analogie avec le processus maladif de la floculation des colloïdes, découvert par Auguste Lumière comme étant à la base de toutes les diathèses et de tous les états morbides; elle correspondrait aussi assez bien avec ce que les auteurs anciens dénommaient le flegme ou la pituite. « Toutes les maladies, dit-il, même les affections congénitales, proviennent presque uniquement, exception faite pour quelques autres facteurs antihygiéniques, de la nourriture artificielle biologiquement inadéquate et de chaque gramme d'aliments introduits en excès. » Hippocrate n'avait-il pas déjà enseigné il y a de longs siècles que « plus vous nourrissez un malade plus vous lui êtes nuisible » ? D'après Ehret, chaque maladie ou malaise représente un effort de l'organisme pour éliminer ces substances mucoïdes avec les déchets organiques, par les sécrétions diverses ou par le pus; on retrouve ces mucosités en abondance dans l'urine qui se trouble légèrement lorsqu'elle se refroidit. Toutes les muqueuses, mais spécialement celles des bronches, du nez et du tractus gastro-intestinal sont les émonctoires de ces mucosités; la couche de détritus qui recouvre la langue d'un jeûneur au début de sa cure, est significative à ce point de vue. Chez les animaux en liberté on ne remarque pas de sécrétion muqueuse du nez, la langue est rosé; il en est de même pour l'homme après un jeûne et lorsqu'il suit le régime fruitarien.

Ehret affirme encore que cette pituite s'accumule dans l'estomac et dans l'intestin dont elle est chassée par le régime fruitarien et surtout par le jeûne ; cette substance serait aussi la cause des symptômes nauséeux et des malaises de désintoxication de cette période, cela par un phénomène d'empoisonnement en retour, d'intoxication endogène (Rùckvergiftung). Il estime également que ces substances mucoïdes toxiques sont la cause unique de la sénilité précoce, de l'adipose ou de la dégénérescence graisseuse des cellules, de la calvitie, des cheveux gris précoces, de la carie dentaire ; ces mucosités seront désastreuses pour l'esthétique du visage, elles procurent un teint brouillé et plombé, ratatinent la peau qui se couvre de rides; enfin elles auraient une influence fâcheuse sur les nerfs et le cerveau dont elles affaiblissent le pouvoir de travail utile.

En effet les gens gras sont beaucoup plus sujets aux maladies, ils sont moins résistants aux infections et peu capables d'efforts soutenus; du reste il est un fait d'observation courante : Les animaux en liberté ne présentent pas ce plastron adipeux dont trop d'humains s'enorgueillissent et de plus les bêtes ont découvert depuis longtemps que lorsqu'elles sont malades, le meilleur moyen de guérir rapidement c'est de jeûner.

L'idée émise par Ehret que les plaies et les blessures élimineraient une certaine quantité de toxines endogènes (Schleim) est très intéressante, car elle est confirmée par une expérience qu'il fit sur sa propre personne et par l'observation médicale courante qui nous a appris que la cicatrisation est toujours beaucoup plus lente chez les malades intoxiqués ; le Dr Foucher a même eu l'idée d'utiliser dans un but thérapeutique cette propriété qu'ont les plaies de la peau d'éliminer les poisons organiques ; au moyen d'injections de térébenthine, il provoque artificiellement des « abcès de fixation » dans la peau afin de détourner à l'extérieur l'inflammation qui s'était portée sur des organes internes. Il est un fait d'observation courante également, c'est qu'il est dangereux de cicatriser et de tarir brusquement la sécrétion de vieux ulcères variqueux qui fonctionnent souvent comme émonctoires secondaires; avant de les fermer il faut tout d'abord nettoyer le corps de ses autotoxines.

Voyons maintenant l'expérience probante qu'Ehret fit sur lui-même pour démontrer la valeur de sa théorie de l'intoxication de l'organisme par les substances mucoïdes; on peut rejeter sa théorie explicative, mais il y a lieu cependant de s'incliner devant les faits et de reconnaître que son régime est bien de nature à accroître la vitalité et la santé de celui qui s'y soumet. Voici comment il décrit son état : « Après deux ans de diète fruitarienne, avec cures de jeûnes surajoutés, j'ai atteint un état de santé dont on n'a plus aucune idée de nos jours. » Telle est sa conviction qu'à juste titre il estime expérimentale; en effet, dans cet état de santé parfaite il se fit une blessure assez profonde à l'avant-bras; cependant la coupure ne laissa sourdre qu'une faible quantité de sang qui se coagula aussitôt en produisant l'occlusion parfaite de la lésion ; il n'y eut aucune inflammation consécutive, aucune douleur, pas de production de sécrétion, donc pas de pus (absence totale de toxines internes); en trois jours la cicatrisation était achevée et la croûte protectrice éliminée. Peu de temps après, ayant suivi durant quelques mois une diète végétarienne où figuraient les aliments amylacés, sans œufs ni lait, il eut l'idée de renouveler cette expérience; il se fit alors une blessure identique dans la même région; elle saigna un peu plus, fut douloureuse, il se produisit une légère purulence avec inflammation des bords de la plaie et la guérison complète ne survint qu'au bout d'une dizaine de jours. Plus tard encore après avoir suivi un régime carné avec adjonction de doses modérées de boissons alcooliques, une blessure semblable occasionna

Pendant de nombreuses années, Rhea Niesen vécut de fruits, de salades et de noix râpées, en y ajoutant parfois un peu de pain rassis. En hiver, une livre de dattes avec quelques noix constituait sa nourriture journalière ; à l'occasion elle jeûnait deux à trois jours durant la semaine ; ce régime lui convenait parfaitement : « C'était alors, écrit-elle, une joie séraphique qui inondait tout mon être, ma démarche devenait souple et légère comme une sylphide. »

Elle estime que l'homme très évolué n'a pas besoin de prendre plus d'un repas par jour, le soir de préférence, mais « celui qui porte encore en lui le désir des plaisirs de la table, qu'il suive sa gourmandise,

En août 1914, Rhea Niesen fut capturée en mer par un vaisseau anglais ; le médecin qui l'examina fut frappé du parfait fonctionnement de ses organes; au comble de l'étonnement il l'ausculta longtemps et lui déclara enfin : « Vous êtes une femme très heureuse (most fortunate woman), vos poumons et votre cœur fonctionnent parfaitement et vous pouvez vous vanter de n'avoir aucune hypothèque sur votre santé. »

la cure de jeûne, étaient administrés sur une large échelle ; actuellement Lindner pratique à Munich; il a publié en 1928 une brochure, La cure de choix pour les incurables, dans laquelle il a consigné les rapports et les lettres envoyés par de très nombreux patients ayant fait sous sa direction de 6 à 40 jours et plus de jeûne suivi complet; tous sont unanimes à vanter les effets merveilleux de cette méthode et tous ont vu leurs maux, souvent déclarés incurables par la faculté, s'améliorer rapidement et évoluer vers la guérison dans la plupart des cas; à ce point de vue les déclarations des patients sont toutes plus élogieuses les unes que les autres; ils sont d'accord pour vanter le savoir et la conscience de G. Lindner, ainsi que l'excellence de la cure de jeûne prolongée.

Quant au jeûne, il est parfois difficile à supporter surtout au début de la cure lorsque les autotoxines sont éliminées en masse; la langue ainsi que les muqueuses se couvrent d'un enduit épais et pâteux, blanchâtre ou jaunâtre, lorsqu'il y a forte élimination de bile, ou encore brun noirâtre dans les cas d'empoisonnement par l'abus des médicaments.

Lindner estime que la cure de jeûne est particulièrement à recommander à ceux qui se rendent aux colonies et qui vivent sous les tropiques. Il en fit l'expérience lors de son voyage à Samoa ; très éprouvé par le climat tropical, il en était arrivé à ne plus rien digérer; un jeûne de 15 jours le remit complètement d'aplomb, lui permit de s'habituer a la nourriture des indigènes et de supporter le climat et les fatigues de son exploration.

A la question de savoir si l'on doit prolonger le jeûne lorsqu'il survient quelques malaises, Lindner répond avec beaucoup de sagesse que : « Celui qui a assez de courage pour rester tranquillement couché sur la table d'opération de la nature et assez de patience pour attendre le développement normal des forces curatives naturelles, celui-là ne doit pas interrompre la cure trop tôt. La plupart du temps le traitement est abandonné par des gens qui n'arrivent pas à comprendre le grand secret de la nature; ils sont pris d'angoisse parce que cousins, tantes ou commères, femmes ou mères dégagent des nuages de peur qui enveloppent et démoralisent le jeûneur. » Pour résister à ces suggestions déprimantes, il faut au patient une dose toute spéciale d'énergie et de confiance en son médecin; mieux vaut sortir le jeûneur de son milieu. Lindner conseille à tous ceux qui ont en vain cherché la guérison par les méthodes thérapeutiques officielles de tenter un essai de jeûne, il suffit d'y mettre le temps et la tranquillité d'esprit nécessaires pour réaliser des miracles si l'organisme a encore quelques réserves vitales.

C'est avec raison que notre auteur insiste d'une façon toute spéciale sur l'action spiritualisant du jeûne; il estime même que ce bénéfice moral en est le plus précieux gain et que notre humanité enlisée dans le bourbier du matérialisme en a le plus urgent besoin. « L'horrible guerre, dit-il, cette ironie de notre trop fameuse « Culture et Civilisation », n'aurait pas été possible si nous nous étions efforcés jusqu'en 1914 d'évoluer du mal vers le bien. A l'époque de Néron, l'homme n'était guère à un niveau moral plus bas que le nôtre. » Aussi, Lidner recommande-t-il d'utiliser le temps de cure pour se reposer et pour se rénover non seulement physiquement, mais encore et surtout moralement; il faut profiter de ces moments pour se recueillir, pour lire des ouvrages édifiants, parmi lesquels il recommande tout particulièrement la Bible.

Dewey désirait tout particulièrement faire comprendre au public que le jeûne est un moyen curatif simple, en harmonie avec les lois de la nature; le grand avantage de cette méthode est de ne pas avoir recours aux drogues médicamenteuses, souvent plus nuisibles qu'utiles

« Dans la maladie, nous dit la doctoresse Hazzard, la nature cherche à éliminer, puis à éliminer davantage, puis à éliminer encore jusqu'à ce que les conduits encombrés, véhicules de la vitalité et de l'énergie, soient rendus libres et que la santé soit rétablie. » C'est seulement après une complète épuration que l'organisme peut fonctionner normalement et que le sentiment de vraie faim réapparaît.

Bien avant ces auteurs, les Yogis de l'Inde recommandaient et pratiquaient la mastication lente et minutieuse dans le but d'extraire des aliments toute leur provision de force vitale, tout leur Prana, afin de pouvoir se l'incorporer complètement; d'après eux, tant qu'il se manifeste encore un goût en mâchant, le Prana est encore en cours de dégagement et s'assimile par le moyen des nerfs gustatifs, aussi faut-il continuer à malaxer les aliments dans la bouche jusqu'à épuisement de toute saveur; alors seulement ils ont livré complètement leur vitalité et peuvent être déglutis pour subir les digestions ultérieures.

1 Les nombreux ouvrages du Dr M. Bircher-Benner offrent un grand intérêt au point de vue de l'hygiène et de l'alimentation naturiste rationnelle; nous ne pouvons qu'en recommander vivement la lecture; ces publications sont riches en conseils directement pratiques et des plus utiles pour la conduite de la vie. Toutefois, pour ce qui nous concerne, nous croyons devoir faire quelques restrictions de détail qui n'incriminent en rien la valeur de l'ensemble; nous ne pouvons approuver tout à fait l'emploi trop répété du lait condensé pour la préparation de certains de ses mélanges diététiques, pas plus que nous ne souscrivons à l'usage systématique du miel, qui est recommandé trop souvent dans ses recettes culinaires. Il ne faut pas oublier que le lait condensé est un produit de conserve, donc artificiel, il a perdu une bonne partie de sa valeur vitalisante, au même titre qu'un fruit conservé ou cuit n'a pas le pouvoir énergétique et régénérateur d'un fruit frais; quant au miel, il est parfois très mal toléré par certains individus, voir à ce sujet les observations de Mono.

Enfin notre auteur ne semble pas avoir beaucoup pratiqué la cure de jeûne et paraît en ignorer les multiples possibilités curatives, sinon il ne pourrait émettre des affirmations de la nature de celles que nous avons relevées dans sa brochure Mets de fruits et légumes crus, où il s'exprime comme suit : « Nous remplaçons les jours de jeune absolu, qui ont si souvent des conséquences néfastes, par des jours où le malade ne prendra que des fruits. Cette manière de jeûner n'est point inférieure à la première et ses effets sont aussi efficaces. » Nous ne nous arrêterons pas aux « conséquences néfastes du jeûne » dont le présent ouvrage est une réfutation de tous les instants, mais nous répondrons encore à l'auteur que sa méthode est inférieure au jeûne absolu, en ce sens qu'elle

Les fruits. Leur valeur nutritive et curative. Les fruits ne doivent pas être considérés comme des aliments de luxe, mais ils devraient former la base de tous les repas, car ils sont les aliments les meilleurs, les plus assimilables que la cuisine solaire de la nature offre à l'homme.

Les indications du jeûne sont bien très disparates, en particulier en fonction du type et de la durée du jeûne.
Les jeûnes courts (24 à 48 heures) n’ont aucune prétention thérapeutique ; Ils entraînent un repos organique, qui est suivi généralement d’un rééquilibrage des fonctions naturelles (sommeil, sexualité) et d’une baisse tangible de l’appétit et des besoins en excitants (alcool, tabac, café). Ces effets ” secondaires ” sont souvent impressionnants, et permettent de se tenir facilement à une bonne hygiène de vie le reste de la semaine.

Les jeûnes d’une semaine ont de surcroît un effet pondéral. La consommation des graisses est importante, ainsi que les pertes hydriques, surtout si les deux derniers jours ont été passé sans prise d’eau. Ce genre de cure se pratique sous surveillance, d’un médecin ou d’un hygiéniste capable de déceler (voir encadré : l’acidocétose), un mauvais déroulement du jeûne.
Les jeûnes de longue durée se situent réellement comme les actes thérapeutiques ; Mais pas médicaux (pas de médicaments, pas de pratiques manuelles…), on est là dans un vide juridique heureux, car il permet de véritables soins à l’abri des foudres du système médical.
Il est unanimement reconnu que la tuberculose est une contre-indication majeure au jeûne. Le diabète en serait également une, mais de manière transitoire.
Certains jeûnes réussis montrent que le pancréas en ressort ragaillardi, et que la maladie s’en trouve réduite.
Sauf cachexie, les ” maigres ” peuvent eux aussi pratiquer le jeûne, ils ne feront que gagner du temps (élimination de la graisse lors des premiers jours du jeûne) sur le déroulement de la diète chez un individu lambda.
Il serait audacieux de dresser ici une liste des préconisations médicales d’un jeûne de longue durée (plus d’une semaine). D’autre part, ce serait illégal (” incitation à des thérapeutiques non éprouvées ”), d’autre part, ce serait très aléatoire par rapport à des auto-diagnostics erronés ou fantaisistes.
Par contre, nous pouvons reprendre, sans les détailler (voir pour cela l’ouvrage du Dr Shelton : ” Le Jeûne, une technique millénaire ”. Ed. Robert Lafont), des témoignages de malades et le bilan de leur jeûne.
En premier lieu, succès général pour ceux qui ont voulu perdre du poids. Les premiers jours sont les plus efficaces (-500g/j), surtout si l’on a limité la prise de boisson. Puis le métabolisme basal se réduisant, les pertes sont chaque jour moins importantes. Mais les résultats sont tangibles, et ne reposent pas sur ” l’effet d’éponge pressée” caractéristique un coupe-faim dopé aux diurétiques.
On s’aperçoit en outre que la perte de poids est beaucoup plus rapide et tangible lors des jeûnes suivants, soit que le jeûneur devienne un ” pro du jeûne ” et boive très peu, soit que le corps lui-même reconnaisse le sens de son épreuve.
En second lieu, les maladies métaboliques ou hormonales chroniques. Souvent, ce sont des maladies de carence ou d’intoxication, avec des organes très divers qui expriment une souffrance physiologique, et donc un disfonctionnement.
Durant la diète, l’organisme devient très conservateur, et il retient au maximum toutes les substances rares, oligo-éléments, enzymes, hormones… ce qui fait que les tissus, le métabolisme basal étant réduit au minimum, s’enrichissent en substances biotiques pour arriver à des doses physiologiquement (enfin !) actives. C’est le cas pour tous les ”patraques” de la nourriture trop grasse, trop sucrée, trop raffinée, trop synthétique. On note souvent, suite à un jeûne, une modification de ”l’instinct alimentaire”, et un rejet naturel des aliments frivoles pour une recherche des nutriments vrais.
Dans une catégorie très proche, les intoxications chroniques aux excitants (alcool, tabac, café) répondent très bien au jeûne, même de courte durée. Irritables, impatients, les malades sont sans cesse en quête d’un soulagement par une nouvelle dose de leur poison habituel.
Le remodelage physiologique dû au jeûne, à fortiori s’il est accompagné de l’action de tisanes paradictives permet une élimination des métabolismes toxiques, et une réorganisation (des récepteurs neuroniques ?) des capacités sensitives. Au résultat, une diminution de l’attirance et du besoin, une indifférence sereine sans les souffrances habituelles du sevrage.

 

CONCERNANT LE JEÛNE

Le but du jeûne est de nous permettre de nous concentrer sur Dieu et les choses d’en-haut, étant libérés de la dépendance envers les choses de ce monde.

Le jeûne n’est pas en soi un moyen de plaire à Dieu.

Le jeûne n’est pas une forme de « punition » pour nos transgressions, ni une « souffrance » subie volontairement comme réparation de nos manquements : le Christ a souffert sur la Croix, pour nous, une fois pour toutes ; le salut, un don gratuit de Dieu, ne dépend pas des mérites de notre faim et de notre soif.

Nous jeûnons afin de maîtriser nos passions, afin de faire fructifier en nous le salut offert par Dieu.

Nous jeûnons en orientant nos esprits vers Dieu par l’Église ; le jeûne et la prière, personnelle et communautaire, vont ensemble.

LA JOIE DE L'ÂME :

PAROLES DES PÈRES DU DÉSERT SUR LE JEÛNE

Abba Joseph interrogea abba Poemen : " Comment faut-il jeûner ? " Abba Poemen lui dit : " Pour ma part, je préfère que celui qui mange chaque jour mange peu afin de ne pas se goinfrer. " Abba Joseph lui dit : " Lorsque tu étais plus jeune, ne jeûnais-tu pas deux jours de suite, abba ? " Et le vieillard lui dit : " En vérité, même trois jours, et quatre, et toute la semaine. Et tout cela, les Pères l’éprouvèrent comme ils en étaient capables ; et ils trouvèrent préférable de manger chaque jour, mais en petite quantité ; et ils nous livrèrent la voie royale, qui est légère. " (Paroles 127, 27)

Un samedi de fête, il arriva que les frères mangent à l’église des Kellia. Et comme on présentait le plat de bouillie, abba Helladios l’Alexandrin se mit à pleurer. Abba Jacques lui dit : " Pourquoi pleures-tu, abba ? " Il répondit : " Parce que c’en est fini de la joie de l’âme, c'est-à-dire le jeûne, et que voilà maintenant le contentement du corps. " (Abba 81)

Un jour à Scété fut donné ce commandement : Jeûnez cette semaine. Or il se trouva que des frères vinrent d’Égypte chez abba Moïse et il fit pour eux un peu de cuisine. Voyant la fumée, les voisins dirent aux clerc : " Voici que Moïse a violé le commandement en faisant cuire quelque chose chez lui. " Ceux-ci dirent : " Quand il viendra, nous-mêmes lui parlerons. " Le samedi venu, les clercs, sachant la pratique excellente de Moïse, lui dirent devant tout le monde : " Ô abba Moïse, tu as laissé tomber le commandement des hommes et gardé celui de Dieu ! " (Abba 109)

Abba Euloge disait à son disciple : Enfant, exerce-toi à rétrécir peu à peu ton ventre par le jeûne. Car de même qu’une outre étirée devient plus mince, ainsi également le ventre quand il reçoit beaucoup d’aliments. Mais s’il en reçoit peu, il se rétrécit et exige toujours peu. (Abba 74)

Abba Isidore le prêtre dit : Si vous pratiquer régulièrement le jeûne, ne vous gonflez pas d’orgueil, mais si vous vous glorifiez de cela, mangez plutôt de la viande. Il vaut mieux pour l’homme de manger de la viande que se gonfler d’orgueil et se glorifier. (Paroles 81, 4)

DEUX FAÇONS DE JEÛNER

Il y a deux façons de jeûner, enracinées toutes deux dans l'Écriture et la Tradition, et qui correspondent à deux besoins distincts, à deux états de l'homme. Le premier peut être appelé jeûne total, car il consiste en une totale abstinence de nourriture et de boisson. On peut définir le second comme un jeûne ascétique, car il consiste surtout en l'abstinence de certaines nourritures et en une réduction substantielle du régime alimentaire.

Le jeûne total, de par sa nature même, est de courte durée et généralement limité à un jour ou même à une partie de la journée. Dès le début du Christianisme, il fut compris comme un état de préparation et d'attente, de concentration spirituelle sur ce qui va arriver. La faim physique correspond ici à l'attente spirituelle de l'accomplissement, à l'ouverture de tout l'être à la joie qui approche.

C'est pourquoi, dans la tradition liturgique de l'Église, nous trouvons ce jeûne total comme dernière et ultime préparation a une grande fête, à un événement spirituel décisif, par exemple aux veilles de Noël et de l'Épiphanie ; et surtout, c'est ce jeûne qui constitue le jeûne eucharistique, mode essentiel de notre préparation au banquet messianique, à la table du Christ dans son Royaume. L'Eucharistie est toujours précédée de ce jeûne total, qui peut varier dans sa durée, mais qui, pour l'Église, constitue une condition nécessaire à la sainte Communion.

Le jeûne total n'est pas seulement un jeûne des membres de l'Église, c'est l'Église elle-même qui jeûne, en attente du Christ qui vient à elle dans l'Eucharistie, dans les grandes fêtes célébrant l'oeuvre du salut, et qui viendra en gloire à la consommation des siècles.

Tout a fait différent est le sens spirituel du second type de jeûne que nous avons défini comme « ascétique ». Ici, le but du jeûne est de libérer l’homme de la tyrannie déréglée de la chair, qui s'établit lorsque l'esprit cède devant le corps et ses appétits, résultat tragique du péché et de la chute originelle de l'homme.

C'est seulement par un lent et patient effort que l'homme découvre qu'il ne vit pas seulement de pain, et restaure en lui-même la primauté de l'esprit. C'est nécessairement et par sa nature même un long effort soutenu. Le facteur « temps » est essentiel, car il faut du temps pour déraciner et guérir la maladie commune et universelle que les hommes ont fini par considérer comme leur état normal. Le succès de ce jeûne ascétique dépend précisément de l'application de certaines règles fondamentales dont la principale se trouve être l'ininterruption du jeûne, sa continuité dans le temps.

Père Alexandre Schmemann

LES ENSEIGNEMENTS DE JÉSUS SUR LE JEÛNE

L’enseignement de Jésus concernant le jeûne est très important pour nous assurer que nos efforts de jeûne porteront fruit. Car le jeûne n’est pas sans danger ; il peut devenir lui-même occasion de chute et, plutôt que d’être un moyen de s’approcher de Dieu, le jeûne peut même nous en éloigner.

Les juifs pratiquaient le jeûne comme ascèse personnelle et collective, comme nous l’apprennent l’Ancien et le Nouveau Testament. Dans le Nouveau Testament, nous voyons que les disciples de Jean le Baptiste, ainsi que ceux des Pharisiens, jeûnaient et que Jésus lui-même, avant d’entreprendre sa vie publique a jeûné pendant quarante jours. À la suite de ce jeûne il a été tenté par Satan (Mt 4, 1-11; Lc 4, 1-13). Voilà donc la première leçon à retenir des récits évangéliques concernant le jeûne : Jésus nous enseigne l’importance du jeûne par l’exemple de son propre jeûne avant de commencer sa vie publique. Ce n’est pas par hasard que la première tentation de Jésus concerne justement la nourriture, car le Malin cherche à éprouver Jésus là où il perçoit un point faible, là où Jésus a volontairement affaibli son corps humain ; l'Évangile nous dit qu'après avoir jeûné pendant quarante jours, Jésus « eut faim ». Et le Tentateur suggère à Jésus de combler sa faim en exerçant son pouvoir divin de changer des pierres en pain. La réplique de Jésus pour écarter la tentation est tirée du Deutéronome : Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Dt 8, 3).

Ici, le « pain » ne signifie pas seulement la nourriture dont l'homme a besoin pour la vie de son corps, mais plutôt tout ce qui « nourrit » les sens, tout ce qui convient au corps. Dans son sens plus large le « pain » est également tout ce qui est créé, toute créature, tout ce qui nourrit l'affectivité et l'intellect de l'homme. Bref, tout ce qui n’est pas Dieu lui-même. Ainsi que le corps de l’homme se nourrit d’aliments physiques pour survivre, l’esprit de l’homme, créé à l'image de Dieu, se nourrit de la parole de Dieu, donc de Dieu lui-même. Pour accéder à toute la noblesse de sa nature humaine créée à l'image et faite à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26), l'homme a besoin de la nourriture spirituelle que constitue la parole de Dieu.

La réponse de Jésus à Satan dénonce le mensonge du Malin, que l’homme peut se nourrir des créatures, qu’il peut trouver la vie éternelle pour laquelle il a été créé ailleurs qu’en Dieu lui-même. C’est le même mensonge que le Tentateur proféra à Adam : Vous ne mourrez pas ! Dieu le sait : le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux qui connaissent ce qui est bon ou mauvais (Gn 3, 5). Alors qu’Adam, le premier homme, a mangé du fruit interdit à l’invitation du Malin, espérant ainsi trouver la vie éternelle sans Dieu, et qu’il a entraîné la chute de l’humanité, le Christ, le nouvel Adam, refoule le mensonge du Malin et expie la faute d’Adam, rétablissant l’humanité sur la bonne voie, celle voulue par Dieu depuis toute éternité : que l’homme trouve sa nourriture en Dieu lui-même, devenant véritablement « enfant de Dieu », partageant la vie divine.

Les circonstances du jeûne de Jésus nous aident également à comprendre le sens spirituel du jeûne. Le jeûne de Jésus eut lieu « au désert », c’est-à-dire dans un lieu aride, solitaire, éloigné des villes et des hommes, là où il n’y a que peu de végétation et d’eau. Aujourd’hui, on dirait qu’il y a peu de « distractions » - ce qui nous « distrait » de Dieu. C’est ainsi que doit être le « lieu » de notre jeûne, loin des « distractions », nous permettant d’entrer dans le « désert », à la fois le désert physique, ne serait-ce que notre chambre, et le désert spirituel, celui de notre cœur, afin de nous préparer à la rencontre avec Dieu : le désert est le lieu où je suis seul avec Dieu.

Le désert est aussi le lieu de la tentation : le moment le plus propice à la rencontre avec Dieu est aussi le moment où le Malin cherche à nous faire chuter, car il sait que c’est au désert que nous avons la possibilité de rejoindre la grâce divine. Si Jésus a été tenté suite à son jeûne, comment pensons-nous nous échapper de la tentation ? Le jeûne, la privation des plaisirs des sens, est accompagné de tentations, non seulement celle d’abandonner le jeûne, mais d’autres encore - il ne faut pas oublier que Jésus subit deux autres tentations après celle du pain.

Si donc le jeûne entraîne de tels risques, comment pouvons-nous nous préparer pour la lutte inévitable ? Jésus nous donne une réponse dans le texte de l’Évangile de Marc : Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière et le jeûne (Mc 9, 25-29). Jésus nous enseigne ici à associer la prière au jeûne, si nous voulons expulser les « esprits impurs » qui cherchent à s’installer en nous. Nous acquérons les bénéfices du jeûne seulement si le jeûne est complété par la prière, un effort de prière supplémentaire pendant la période du jeûne - se nourrir en Dieu, s’unir à lui par la prière. L’effort ascétique, la maîtrise de soi, de ses « passions » comme diraient les Pères du désert, doit être associé à la prière ; les deux sont essentiels pour le progrès spirituel.

Le deuxième texte de l’Évangile de Matthieu (Mt 6, 16-18), qui fait partie du Sermon sur la Montagne, est une mise en garde concernant une des tentations accompagnant le jeûne. Le jeûne n’est pas un but en soi et de nos jours on pratique le jeûne pour toute sorte de raisons qui ne relèvent pas du domaine spirituel. Le jeûne peut devenir lui-même une occasion de chute. Jésus souligne en particulier le risque de vaine gloire en faisant allusion à ceux qui s'assurent que leur jeûne soit remarqué par les hommes. Notre jeûne doit être un acte devant Dieu et non devant les hommes, pas même nos confrères dans la foi. Celui qui jeûne se place devant Dieu, son jeûne est une offrande à Dieu, et non aux hommes.

Dans le texte de l’Évangile de Luc (Lc 5, 33-35), les Pharisiens essaient d’embarrasser Jésus en lui reprochant que ses disciples ne jeûnent pas, alors que ceux de Jean le Baptiste et des Pharisiens jeûnent souvent. Sans répondre directement, Jésus demande s’il est approprié que les compagnons de l’époux jeûnent pendant que l’époux est avec eux - c’est-à-dire à l’occasion du mariage proche. La réponse qui s’impose est « non », le jeûne n’est pas approprié à ce moment-là, mais, comme l’indique Jésus en disant qu’ils jeûneront lorsque l’époux ne sera plus avec eux. L’époux c’est Jésus lui-même, et pendant qu’il est avec ses disciples, ils sont nourris et rassasiés par sa présence ; ils les comble du pain de vie de sa parole. Quand l'époux leur aura été enlevé, alors ils jeûneront en ces jours-là. Le jeûne n'a de sens que pour celui qui sait ce qui est la nourriture ou y aspire de tout son être, et qui, dans la privation, souffre de l'absence de ce qui le rassasie.

Donc il y a des moments pour jeûner, et des moments pour ne pas jeûner - quand l’époux est avec nous. L'année liturgique étant un rappel de la vie de Jésus, de la Mère de Dieu et des saints, l’Église orthodoxe indique certains jours et certaines périodes pour le jeûne, quand nous sommes dans l'attente de l'Époux, et certaines périodes où le jeûne n’est pas indiqué - quand « l’Époux est avec nous », surtout les jours des grandes fêtes liturgiques, même chaque dimanche, le jour de la Résurrection du Christ. Même pendant le Grand Carême, le jeûne n’est pas total tous les jours, car il y un allégement du jeûne les samedis et dimanches.

L’enseignement le plus important à retenir est peut-être la nécessité d’associer la prière au jeûne, la prière afin de pouvoir accomplir l’effort nécessaire, mais encore plus important, la prière en tant que rapprochement de Dieu - le jeûne nous présente la possibilité de nous unir d’avantage à Dieu par la prière : « La prière est une conversation de l’intelligence avec Dieu » (Évagre le Pontique, Chapitres sur la prière, 3).

Quand vous jeûnez, ne vous donnez pas un air sombre, comme font les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour que les hommes voient bien qu'ils jeûnent. En vérité, je vous le dit : ils tiennent déjà leur récompense. Pour toi, quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, pour que ton jeûne soit connu, non des hommes, mais de ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra."(Matthieu 6, 16-18)
Jésus, voyant qu'une foule affluait, menaça l'esprit impur en lui disant : "Esprit muet et sourd, je te l'ordonne, sors de lui et n'y rentre plus." Après avoir crié et l'avoir violemment secoué, il sortit et l'enfant devint comme mort, si bien que la plupart disaient : "Il a trépassé !" Mais Jésus, le prenant par la main, le releva et il se tint debout. Quand il fut rentré à la maison, ses disciples lui demandaient dans le privé : "Pourquoi nous autres, n'avons-nous pu l'expulser ?" Il leur dit : "Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière et le jeûne." (Marc 9, 25-29)

Arnold Ehret

Santé et Guérison par le Jeûne

www.ffjr.com/
ehret.htm

L'animal malade s'abstient de manger. Pourquoi l'homme malade n'en fait-il pas autant ? C'est qu'il craint de dépérir davantage alors qu'il n'est plus capable d'assimiler ce qu'il ingurgite. Mais l'idée que l'on puisse vivre longtemps sans nourriture touche les fibres les plus profondes de chacun, ébranlant les convictions habituelles. Cependant, des médecins naturistes et autres ont obtenu par le jeûne des résultats tels qu'il est devenu impossible de négliger l'importance de cette thérapeutique. Si elle est encore peu connue, et même suspecte, c'est que la cure de jeûne a besoin d'être dirigée, Il faut tenir compte de l'état du patient et prévoir comment I organisme va réagir. C'est là qu'Ehret a été véritablement illuminé. Jeûner suivant ses indications c'est jeûner avec confiance, car il indique à l'avance ce qui va se passer.

Comme la nature ne fait pas de miracle, le jeûne a besoin d'être alterné avec des régimes puissamment éliminateurs, dits de transition. Ceux-ci, dosés convenablement, procurent un soulagement immédiat et le malade, qui entrevoit la guérison possible, se libère de toute crainte, car un jeûne rationnel est véritablement sans danger.

Dans un corps régénéré, le cerveau fonctionne d'une manière surprenante. L'esprit, les pensées, l'idéal, les aspirations subissent des changements Fondamentaux indescriptibles. L'homme chante sa joie et son triomphe sur toutes les misères de la vie qu'il laisse derrière lui. Cela ne vaut-il pas la peine d'essayer ?

Presque toutes les maladies, quelle que soit leur appellation médicale, résultent de constipations, d'obstructions du système tissulaire du corps humain. Tout symptôme spécial résulte donc d'une constipation locale extraordinaire due à une accumulation plus grande de déchets à cet endroit. Les points d'accumulation spéciaux sont la langue, l'estomac, et plus particulièrement le tube digestif tout entier. L'existence de ces dépôts est la cause profonde de la constipation intestinale.

En moyenne, tout le monde a continuellement dans les intestins au moins 5 livres de matières non éliminées qui empoisonnent le courant sanguin et le corps tout entier.

Toute personne malade a, depuis l'enfance, le corps plus ou moins encombré de mucus provenant de substances alimentaires artificielles non digérées, non éliminées.

La technique du Professeur Ehret, avec régime alimentaire sans mucus, paraît constituer l'action compensatrice la plus efficace connue jusqu'ici contre les maladies. De nombreux malades déclarés incurables ont été sauvés par son application systématique.

Le régime sans mucus comporte tous les fruits crus et cuits, les végétaux sans amidon et les légumes cuits ou crus, principalement verts. La méthode de guérison par le régime sans mucus est une combinaison de jeûnes longs ou courts, étudiés pour chaque cas particulier, et accompagnés de menus à changements progressifs tendant vers une alimentation non formatrice de mucus. Le régime lui-même peut guérir pratiquement sans jeûne presque toutes les maladies, bien que la cure sans jeûne demande beaucoup plus de temps que la cure avec jeûne.

Pour la plupart des médecins, la genèse des réactions du corps humain, spécialement lorsqu'il est malade, reste un mystère. Combien ils sont loin d'une doctrine susceptible d'application généralisée. Par exemple, les Naturopathes emploient continuellement le mot « vitalité >> et cependant ni les médico-scientifiques ni les naturopathes ne peuvent dire ce qu'est la vitalité.

Le Professeur Ehret s'est efforcé de déraciner certaines erreurs et de montrer la vérité sous un jour si nouveau et si simple qu'elle devient aisément accessible à tous.

La simplicité et la clarté de sa doctrine lui permettent de descendre du général au particulier. Elles sont fondamentales pour le succès de ses cures. Il répète sans cesse que les énoncés qui ne peuvent pas être compris par le bon sens ne sont pas sérieux, si scientifique que soit leur apparence.

Cependant, on aurait tort d'imaginer que toute maladie spécifique peut être guérie par l'absorption d'une nourriture convenable, ou de menus spéciaux, ou par la pratique de longs jeûnes, si le tout est accompli sans expérience, sans doctrine, et sans avis autorisé pour chaque cas individuel.

Le jeûne est connu depuis des siècles comme une loi infaillible de la nature pour réagir contre les maladies. Mais pourquoi son emploi ne s'est-il pas généralisé, et n'a-t-il pas été suivi d'un succès universel ? Parce qu'on n'y a jamais recouru systématiquement et correctement selon l'état du patient.

La moyenne des gens n'a pas la moindre idée des processus d'élimination des déchets du corps, du temps que ces processus demandent, de la manière et de la fréquence selon lesquelles le régime doit être changé, ni de ce que signifie l'expulsion des formidables quantités de déchets accumulés dans le corps pendant toute la vie.

La maladie est un effort du corps pour éliminer les déchets, le mucus et les toxines. La technique d'Ehret vient en aide à la nature de la façon la plus simple et la plus parfaite. Ce n'est pas la maladie, c'est le corps qu'il faut guérir. Il faut le nettoyer, le libérer des déchets, des matières étrangères, du mucus et des toxines qui y sont accumulés depuis l'enfance. On ne peut pas acheter la santé dans une bouteille. On ne peut pas guérir un corps, c'est-à-dire purifier un système, en quelques jours. Il faut compenser le mal qui lui a été fait pendant toute la vie.

La technique d'Ehret n'est ni une cure ni un remède. C'est une régénération continue, un nettoyage complet, aboutissant à un état de santé incroyablement parfait.

Elle est fondée sur le fait que les encombrements organiques sont à la base de toutes les maladies et constituent les causes les plus évidentes d'une vitalité diminuée, d'une santé insuffisante, d'un manque de forces et d'endurance et de toute imperfection dans la santé. La santé que la doctrine habituelle appelle normale apparaît plutôt comme un état pathologique lorsqu'on la compare avec celle que l'on atteint par la méthode d'Ehret.

Le mécanisme humain comporte un système tubulaire élastique. Or la nourriture « civilisée » n'est jamais entièrement digérée, et les déchets correspondants ne sont jamais complètement éliminés. Le système tout entier est progressivement constipé, spécialement à l'endroit des symptômes maladifs et dans le tube digestif. Telle est la base de presque toutes les maladies.

Dissoudre ces déchets, les éliminer soigneusement et intelligemment sous contrôle, tel est l'objet de la technique des guérisons par le régime sans mucus

La Formule de la Vie

Le Professeur Ehret se sert parfois d'une équation pour exprimer la formule de la vie et en même temps celle de la mort. Voici cette formule bien simple.

Il appelle « V » la vitalité.

Il appelle « F » la force qui, sans aliments et pendant un temps dont personne ne connaît la durée maximum, fait mouvoir la machine humaine, maintient en vie, engendre vigueur, rendement et endurance.

Il appelle « O » l'obstruction, l'encombrement, les matières étrangères, le mucus, les toxines et toutes les impuretés qui obstruent la circulation, diminuant la perméabilité des organes internes.

L'équation de la vie est alors : V = F — O.

Aussitôt que « O » est sur le point de devenir plus grand que F, l'équation montre que la machine humaine va s'arrêter.

En mécanique, un ingénieur peut calculer de manière [similaire la puissance utilisable d'une machine par la formule : D (puissance disponible) = P (puissance théorique) — F (frottement). A puissance théorique égale, la machine la plus parfaite est celle qui travaille

Si l'on applique cette idée fondamentale à la machine humaine, on voit aussitôt combien souvent la médecine fait fausse route. On voit aussi que les naturistes ont trouvé un mode de guérison véritable en éliminant les obstructions, c'est-à-dire les dépôts étrangers au corps, les mucus, et les produits de décomposition.

Mais jusqu'ici la science moderne n'a pas réussi à montrer ce qu'est réellement la vitalité et combien elle peut devenir prodigieuse. Elle n'a pas non plus montré comment on peut accéder à une santé absolue, supérieure et magnifique.

Le Professeur Ehret enseigne une nouvelle physiologie basée sur le redressement des idées erronées concernant la circulation, la composition et la formation du sang, le métabolisme.

Son leitmotiv est celui-ci : ce qui ne peut pas être vu avec évidence, ou conçu immédiatement par des raisonnements simples, n'est pas sérieux.

Avant tout, la machine humaine ressemble à un moteur à gaz que les poumons font marcher par pression et contre-pression d'air. A l'exception du > squelette, ce moteur est construit avec des matériaux \ caoutchouteux très élastiques et spongieux appelés chairs et tissus.

Ce moteur fonctionne comme une pompe mue par de l'air comprimé, avec une circulation interne corrélative de liquides, sang et autres sucs. Les poumons sont la pompe et le cœur est la soupape, contrairement à ce qui est généralement enseigné. Le corps fonctionne automatiquement en inhalant de l'air sous la pression atmosphérique de un kilo par centimètre carré, et en expulsant de l'air chimiquement changé sous l'effet de la contre-pression équivalente du diaphragme, et des autres muscles qui concourent à la respiration.

C'est cela qui est la vitalité, le premier ressort de la vie animale. C'est cela qui a été appelé « F » dans l'équation de la vie et qui maintient en vie. On ne peut pas vivre cinq minutes sans air. 70 centilitres d'air constituent une inspiration normale et ne pèsent qu'un gramme. Veuillez bien comparer l'effort d'une inspiration et celui qu'il faut pour mouvoir un gramme. Le premier est peut-être cent fois plus énergique que le second. C'est lui qui force le sang à circuler, tandis que l'effort du cœur correspond à l'énergie très minime nécessaire et suffisante pour ouvrir et fermer quatre soupapes en une seconde et adapter le volume du cœur à son contenu sous l'effet de contre-pressions existantes.

Pour que l'ensemble de ces mouvements soit possible, il faut que la machine soit bâtie en tissus élastiques et spongieux et qu'elle possède une force vitale de tension, une capacité de vibration, d'expansion et de contraction. Le chimiste Henzel a démontré que l'élasticité vitale spéciale des tissus est due à une combinaison de sucre et de chaux. Tels sont les faits qui ont constitué jusqu'ici le secret de la vitalité.

Le mot latin spira signifie d'abord air, ensuite esprit. Le souffle de Dieu est avant tout du bon air frais. Un dicton assure que la respiration est la vie.

On peut développer la vitalité et la santé par des exercices physiques et respiratoires. On peut chasser des obstructions en développant une plus forte pression et une plus forte contre-pression d'air.

Il est également vrai que l'on peut remédier aux maladies en accélérant artificiellement la circulation, en mettant de « l'avance à l'allumage » et en faisant vibrer les tissus. Mais en agissant de la sorte on ne fait qu'augmenter artificiellement « F » (la force) pendant un temps, au détriment de la capacité des tissus à utiliser la contre-pression et de leur élasticité. En d'autres termes, on n'augmente pas « V », bien au contraire. Chacun sait par expérience ce qui arrive à une bande de caoutchouc continuellement tendue à l'extrême : elle perd son élasticité.

Qui prétendrait nettoyer un moteur en le faisant constamment tourner à plein régime et en le secouant ? Il faut d'abord le vidanger, puis l'imprégner de liquides susceptibles de dissoudre les dépôts inutiles et enfin changer le combustible pour un meilleur.

La dernière phase de cette action pose la question des aliments. Quels sont ceux qui donnent le plus d'énergie, d'endurance, de santé et une vitalité accrue ; quels sont ceux qui provoquent les maladies et la vieillesse ?

Ces bases étant posées, que faut-il pour augmenter la vitalité ?

La formule « V » = F — O donne une réponse aveuglante de clarté et dissipe tout mystère. Il faut diminuer « O » (les obstructions) en commençant par diminuer les quantités de nourriture de toute espèce. Il faut même supprimer entièrement la nourriture pendant un temps, si le diagnostic le justifie.

Ensuite, il faut arrêter ou au moins diminuer par tous les moyens l'ingestion d'aliments générateurs de mucus, et accroître l'ingestion de ceux qui dissolvent les obstructions, ainsi que de ceux qui donnent au sang sa richesse et aux tissus leur élasticité.

Aussitôt, « V » (la vitalité) est accrue, par suite du fonctionnement libre de « F », source de puissance presque illimitée.

En d'autres termes, le problème de la vie animale consiste à faire fonctionner la machine avec une circulation libre et à assurer ses réactions par le maintien de l'élasticité des tissus au moyen d'une nourriture appropriée.

Dans un corps rempli de déchets et de poisons, les bons aliments ne peuvent pas entrer convenablement dans la circulation sanguine pour devenir des substances vitales productrices d'énergie. Ils sont mélangés avec du mucus et des autotoxines qui les empoisonnent. Ils peuvent diminuer la vitalité, et accroître « O » au lieu d'accroître « F ».

Il est bien inutile de rechercher les valeurs alimentaires avec l'idée d'accroître « F » ou « V » tant que le corps est plein de « O ».

La technique du Professeur Ehret consiste à augmenter la vitalité au moyen de courtes périodes de jeûne alternant avec l'ingestion d'une nourriture sans mucus ou pauvre en mucus, mais pas avec l'idée fausse que « V » est directement accru chez une personne malade par l'ingestion de cette nourriture. Il faut se débarrasser de « O » à l'aide de menus établis personnellement et intelligemment pour chaque cas particulier, et « V » augmentera automatiquement. Le jeûne permet d'obtenir ce résultat avec une bien plus grande rapidité.

On touche maintenant du doigt une des raisons pour lesquelles tant de cures de jeûne ou de fruits échouent. Certaines personnes inexpérimentées font dissoudre les obstructions trop rapidement, par trop grandes masses à la fois et se sentent bien pour un temps. Le processus de dissolution atteint alors des couches plus profondes et l'obstruction dans le sang réaugmente. Le patient se sent faible et reprend des aliments <•• civilisés » dont l'absorption arrête aussitôt l'élimination en cours. Il se sent bien de nouveau, rejette sur les bons aliments la responsabilité de sa faiblesse, et considère les mauvais comme nécessaires au soutien des forces vitales. Il perd sa foi et dit en toute sincérité : « J'ai essayé, mais ça n'a pas marché ».

Telle est une des pierres d'achoppement sur lesquelles viennent buter les patients et souvent même les médecins naturistes ainsi que les spécialistes des régimes.

Beaucoup d'entre eux ont cependant de l'expérience, mais très peu comprennent que la vitalité, l'énergie et la force ne proviennent pas principalement de la nourriture.

Voici le résumé des idées du Professeur Ehret à ce sujet :

La vitalité ne trouve pas sa source première et
directe dans la nourriture, mais dans une force extérieure inconnue dont l'action se traduit par la respiration et la capacité d'effectuer des échanges chimiques. Elle est plus ou moins freinée par les obstructions
de l'organisme humain, mucus et produits toxiques.

C'est seulement aux dépens de la vitalité (de l'élasticité des tissus) que l'on peut enlever les obstructions par les procédés artificiels, tels que massages, vibrations tissulaires, excès sportifs, etc.

L'énergie vitale physique et mentale, en provenance exclusive de l'air et de l'eau, est considérable aussitôt que « F » peut travailler sans obstruction dans un corps parfaitement nettoyé. Elle dépasse l'imagination.

Personne ne connaît le délai maximum pendant lequel le corps qui se trouve dans cet état idéal peut se passer d'aliments solides et liquides. Dans un tel corps, la force « F » se nourrit de l'appoint d'autres agents naturels, tels que l'électricité, l'ozone, la lumière (surtout solaire), les parfums des fruits et des fleurs. Dans ces conditions de perfection naturelle, il est même possible que l'azote de l'air puisse être assimilé directement

Diagnostic expérimental

Comme indiqué plus haut, le diagnostic expérimental nécessite deux ou trois jours de jeûne. Les personnes obèses doivent boire pas mal pendant le jeûne. La surface de la langue montrera clairement l'aspect intérieur du corps. L'haleine indiquera l'étendue et la nature de la décomposition. Il est même possible d'indiquer, d'après elle, le genre de nourriture que le patient préfère.

Si le malade ressent une douleur au commencement du jeûne, il peut être certain d'avoir un point faible, une maladie en gestation dont le syndrome n'est pas assez développé pour que l'examen médical habituel le révèle. Des déchets apparaîtront dans les urines avec des nuages de mucus. Du mucus sera expulsé par le nez, la gorge, les poumons et le rectum. Plus le malade se sent faible et déprimé pendant le jeûne, plus l'encombrement de son organisme est grand et plus sa vitalité est affaiblie.

Le diagnostic expérimental indique exactement les déficiences. On en déduit la manière d'y remédier, soit par un régime de transition modéré, soit par un régime plus radical, soit en jeûnant ou en interrompant le jeûne.

L'expérience du miroir magique est à la base da processus des guérisons naturelles, physiques et chimiques. C'est une question posée à la nature à laquelle la nature répond infailliblement partout et toujours.

Si le malade devient nerveux, ou s'il a des battements de cœur, on peut être certain qu'il a des drogues accumulées dans le corps. 

Un tuberculeux réagit à une courte période de jeûne par des éliminations tellement terribles, que l'impossibilité de le guérir avec « de bons aliments nourrissants » (œufs ou lait) devrait apparaître avec évidence aux plus ignorants.

Le diagnostic expérimental suggéré ci-dessus paraît indispensable. Impossible de regarder un intérieur mieux qu'avec cette simple méthode. Impossible de découvrir plus exactement, même avec des appareils complexes, l'état réel des malades. Impossible de se fier aux autres méthodes, y compris le diagnostic de l'iris, l'examen de la colonne vertébrale, etc...

La nature reflète la vérité. Ses révélations et ses démonstrations ne semblent étranges que si Ton ne sait pas les interpréter.

Pronostic de la maladie.

— Arrivons au pronostic de la maladie. Toute personne qui n'a pas passé par le processus complet de guérison par le régime sans mucus, et quelle que soit son apparence de santé, a une maladie latente. La nature n'attend que l'occasion d'éliminer les déchets qui occasionneront cette maladie.

Chacun sait qu'un choc sévère, comme un coup de froid ou une grippe, provoque une élimination ; mais en général on ne comprend pas le phénomène. Les médecins recommandent de continuer à manger, prescrivent des drogues, arrêtent l'élimination, interdisent à la nature de continuer le nettoyage intérieur qu'elle avait commencé, et provoquent ou prolongent par cela même les maladies aiguës ou chroniques.

Toute personne, même bien portante et spécialement à l'âge critique, entre 30 et 40 ans, devrait jeûner quelques jours, et regarder dans le « miroir magique » l'étendue de ses maladies latentes, afin de connaître leur nature, de situer les points faibles et de savoir ce qui va arriver.

C'est la prévision de la maladie. Si les Compagnies d'assurances sur la vie y croyaient, elles auraient une méthode excellente pour calculer leurs risques.

Au cours de cette première expérience, il est dangereux de jeûner jusqu'à ce que la langue soit propre.

Qui peut expliquer pourquoi la langue devient propre lorsqu'on rompt un court jeûne par un bon repas ? Pourquoi, après un jeûne, le « miroir magique » dénonce-t-il une élimination plus grande si l'on se nourrit de fruits et d'aliments sans mucus que si l'on absorbe des aliments « civilisés », œufs, viandes, fromages, etc.. ?

C'est le mystère du « miroir magique » et son explication est simple : l'élimination est arrêtée temporairement par l'ingestion de mauvais aliments, parce que les organes internes s'occupent d'abord de faire face au nouvel ennemi qui les envahit. Ils cessent aussitôt de s'occuper des déchets déjà stockés.

Avec de mauvais aliments, on se sent donc mieux pour un temps qu'avec des fruits, et pendant cette période il semblerait même que le miroir magique soit trompeur en laissant croire que l'intérieur du corps est propre. Le retour aux aliments naturels ne tarde pas à prouver le contraire.

Pour une personne ordinaire, il faut de une à trois années de régime naturiste et nettoyant, coupé de jeûnes systématiques, pour que le corps soit effectivement débarrassé de ses déchets. Au cours de ce processus, on pourra observer comment le corps élimine continuellement des déchets par toute sa surface, par le canal urétral, par le côlon, par chaque pore de la peau, par les yeux, les oreilles, le nez et la gorge. On constatera l'expulsion de mucus sec par exemple au moyen de pellicules, et de mucus humide sous des formes variées.

Comment nier de bonne foi après ces observations que les maladies proviennent de la présence d'une immense quantité de déchets accumulés ? Comment ne pas comprendre qu'il est possible d'éliminer à l'avance, par le régime et le jeûne, le substratum des maladies chroniques ?

Après une expérience personnelle, le lecteur sera certainement d'accord, et ne trouvera pas exagéré de dire que l'impureté intérieure est une expression trop faible pour décrire la constipation chronique. Une description sincère s'accommoderait mieux des mots : « déchets, fange, mucus, puanteur et pourriture ».

Le miroir magique

II semble que les maladies soient à peu près aussi mystérieuses pour les médecins modernes que pour les sorciers des tribus africaines. Les premiers remplacent simplement la théorie des démons par celle des microbes. C'est toujours un mystérieux pouvoir extérieur qui veut vous faire du mal et attenter à votre vie. On lutte contre la maladie au lieu de lutter pour la santé.

Il ne faut pas enlever aux naturopathes le mérite d'avoir prouvé que la maladie survient à cause de la présence de substances étrangères à l'intérieur du corps, substances qu'il faut éliminer parce qu'elles constituent un terrain de culture ou qu'elles paralysent les résistances naturelles.

Si l'on veut devenir son propre médecin, ou guérir les autres sans drogues, il faut également pouvoir faire un diagnostic exact, afin d'avoir une idée claire de l'état interne du patient. Or c'est le livre de la nature qui décrira infailliblement cet état, par une expérience que nous appellerons celle du miroir magique.

Malade ou non, toute personne qui voudra tenter cette expérience éliminera du mucus, démontrant par là même que la base de toutes les maladies réside dans l'encombrement du système tissulaire par des substances alimentaires non éliminées, non utilisables, et non digérées.

Le miroir magique prouvera que les symptômes individuels, les souffrances ou les sensations désagréables, quel que soit le nom dont on les appelle, résultent d'une accumulation locale extraordinaire de déchets.

La langue chargée est la preuve d'un encombrement constitutionnel qui obstrue et congestionne la circulation par du mucus dissous, mucus qui apparaît jusque dans l'urine.

Les replis intestinaux sont encombrés par du mucus collant, qui retient des matières fécales pendant des années. Ces matières empoisonnent continuellement la circulation, gênent le processus de la digestion et empêchent la formation de sang pur.

Pour regarder à l'intérieur du corps plus clairement que les spécialistes avec leurs rayons X, pour connaître l'origine d'une maladie, et même pour découvrir certaines défectuosités physiques ou mentales insoupçonnées, essayez ceci :

Jeûnez 48 heures, ou ne mangez que des fruits (oranges, pommes, ou fruits juteux de saison) pendant deux ou trois jours. Vous remarquerez que votre langue devient très blanche. Lorsque ce phénomène j coïncide avec une maladie aiguë, on conclut à l'indigestion.

Or la langue est le miroir non seulement de l'estomac, mais de toutes les muqueuses. Le fait qu'elle se recharge même si on la racle avec une raclette dénonce la | quantité de crasse, de mucus et d'autres poisons [accumulés dans le corps, impuretés qui ont une tendance naturelle à s'éliminer par les surfaces internes de l'estomac, de l'intestin et des autres cavités muqueuses.

Après avoir jeûné, il est recommandable de diminuer la quantité habituelle de nourriture et de ne manger que des aliments naturels et nettoyants (fruits et légumes sans amidon). On permet ainsi au corps de diluer et d'éliminer du mucus, ce qui constitue le processus de la guérison.

Au cours de l'expérience, observez l'urine en la laissant reposer quelques heures dans un récipient de verre, et regardez les quantités de mucus qu'elle contient.

La quantité réelle de déchets qui forme la base mystérieuse des troubles est presque incroyable. Les globules blancs du sang sont des déchets. Aucun des civilisés occidentaux n'a le sang ni les vaisseaux sanguins libres de mucus. Leur système tubulaire ressemble à une cheminée remplie de suie qui n'aurait jamais été nettoyée. Il est même pire, parce que les déchets des protéines et des amidons sont collants. Remarquez que les organes internes les plus importants, poumons, reins, glandes... ont une construction spongieuse caractéristique. Imaginez une éponge trempée dans de la colle ou dans de la glu, et vous aurez une image d'un pancréas, d'un foie ou d'un rein malade !

Il serait souhaitable que les naturopathes libérassent de plus en plus leurs doctrines de toutes les superstitions médicales qualifiées à tort de diagnostic scientifique.

La nature seule apprend la science et la vérité. Elle guérit d'une seule manière, par le régime et le jeûne, toutes les maladies qu'il est possible de guérir. Cela montre qu'elle ne reconnaît qu'une seule espèce de maladie, et que les principaux facteurs de mauvaise santé résultent de la présence dans le corps de déchets, de matières étrangères et de mucus, sans compter l'acide urique et les produits toxiques, ainsi que le pus s'il y a des tissus décomposés.

Pour se rendre compte à quel point le corps humain est encombré, il faut avoir observé comme Ehret des milliers de jeûneurs. Le fait inconcevable reste le suivant : comment est-il possible au corps de stocker une pareille quantité de déchets ?

Avez-vous jamais cherché à mesurer les masses de phlegme expulsées pendant un rhume ? Or les cavités bronchiales, les poumons, l'estomac, les reins d'une personne enrhumée sont un peu dans le même état que les cavités de sa tête.

Dès la fin du siècle dernier, d'éminents pionniers naturistes disaient : « Toute maladie provient de matières étrangères au corps et de déchets. »

Ehret a dit dès 1910 et répète indéfiniment que la principale de ces matières est une sorte de pâte gluante provenant de mauvais aliments décomposés, pâte qu'il est possible d'apercevoir lorsqu'elle quitte le corps à l'état de mucus.

La lumière de la vérité éclaira brutalement Ehret après qu'il eut jeûné, contrairement à l'avis du médecin naturiste qui le soignait pour le mal de Bright. Pendant l'examen des éprouvettes d'urine remplies d'albumine, Ehret lisait sa condamnation sans appel sur le visage de son médecin.

Mais sa propre interprétation était entièrement différente. Il concluait à juste titre que tout ce que la nature expulse ou élimine est du déchet, que ce soit de l'albumine, du sucre, des sels minéraux, de l'acide urique...

Ceci se passait avant 1900, et ce médecin naturiste est resté persuadé jusqu'à sa mort qu'il fallait remplacer l'albumine éliminée par des aliments riches en protéines.

Le diagnostic médical habituel du mal de Bright, quand l'analyse chimique des urines dénote une forte proportion d'albumine, est aussi trompeur que les autres. L'élimination de l'albumine prouve que le corps n'en a pas besoin, qu'il est surchargé, suralimenté de protéines. Au lieu de réduire l'absorption de ces aliments empoisonnants, on l'augmente à tort en vue de remplacer les éliminations. Le patient peut en mourir. Quelle tragédie de remplacer un déchet pendant que la nature s'efforce de guérir en l'éliminant !

Un autre essai de laboratoire important est celui qui dénote la présence de sucre dans les urines. On conclut au diabète, phénomène toujours mystérieux pour les médecins.

Ceux-ci, au lieu de conseiller les sucres naturels qui peuvent se combiner avec le sang et être utilisés par l'organisme, font avaler aux diabétiques des œufs, de la viande, du jambon... et arrivent parfois à faire mourir le patient de dénutrition sucrée, en l'empêchant d'absorber les