Le jeûne
représente le moyen thérapeutique le plus efficace qui soit donné à l'homme
malade pour recouvrer la santé et à l'homme normal pour la maintenir
parfaite.
La vie n'est pas courte, c'est nous qui
l'abrégeons.SÉNÈQUE
Le jeûne nettoie, rétablit et régénère
l'organisme
Le jeûne y est recommandé comme moyen
thérapeutique et purificateur radical.Le
jeûne a toujours été employé en médecine, et en religion, comme la plus
puissante méthode purificatricele jeûne était un remède universel contre
toutes les maladies, rajeunissant non seulement les forces corporelles,
mais aussi les forces spirituelles.
Un point capital,
dit-il encore, est d'éliminer autant que possible l'absorption des poisons
alimentaires, tels que viande et succédanés de la viande qui renferment de
grandes quantités d'acide urique. Il est tout indiqué de profiter de
l'occasion d'une cure de jeûne pour réformer un régime alimentaire vicieux.
»
« Combien d'entre nous se promènent des
années avec la langue
blanche sans s'en préoccuper, continuant à
manger comme d'habitude,
! Car nous sommes les seuls êtres de la création qui
réussissons à manger sans faim et à boire sans soif. »
boisson à
base de chlorophylle
Nous avons déjà insisté à plusieurs reprises sur la nécessité de mâcher
minutieusement les aliments, pour les triturer le plus finement possible
afin de les réduire en une bouillie assimilable. On ignore trop dans le
public que la mastication et l'insalivation des aliments constituent une des
phases de la digestion des plus importantes, et que c'est d'elle que dépend
la bonne ou la mauvaise digestion gastro-intestinale subséquente. Ce n'est
pas pour rien que la nature nous a dotés de glandes salivaires nombreuses et
très actives, sécrétant chaque jour chez l'homme normal environ un litre et
demi d'un liquide riche en ferment saccharifiant : la ptyaline ; cette
production salivaire est encore augmentée par une mastication exacte et
prolongée.
Chaque personne soucieuse de sa santé et désireuse de bien digérer
devrait avoir la patience de s'astreindre à mâcher tous les aliments jusqu'à
complète trituration; ils ne devraient jamais être avalés avant d'avoir été
réduits en une bouillie homogène. On peut poser en
principe que celui qui boit en mangeant mastique mal et qu'il avale
goulûment des aliments non triturés et in salivés, donc impropres à une bonne
digestion gastro-intestinale.
La joie
du jeune
Afin que je prenne mon essor
ainsi qu'une fée.
Temps de jeûne ! bienheureuse
période de jeûne ! Veuille m'accorder encore ton vêtement ailé, Pour que
je m'envole de par le monde ainsi qu'un ange ; Plus
d'entraves ; plus rien qui arrête ma course !
Temps de jeûne ! période
salvatrice de jeûne !
Si je pouvais seulement
revêtir ta parure brillante de soleil !
Une fois libérée de
l'esclavage des sens,
Je deviendrais semblable à un
dieu joyeux et vainqueur.
Temps de jeûne ! douce
période de jeûne ! Ton vêtement fleuri comme la nature à Pentecôte
m'enveloppe, Et tout ce qui est en moi, paresse, laideur et matière
Repose déjà là-bas dans le marais croupissant.
Temps de jeûne ! Période
ensoleillée de jeûne !
Temps de jeûne ! sainte période de jeûne !
Jette sur moi ton manteau
d'une blancheur de cygne,
Doux et blanc comme la
première neige,
Quant aux prétendus dangers
de la cure de jeûne, ils n'existent que dans l'imagination trop fertile
d'ignorants qui ne se sont pas donné la peine d'étudier la question avec
sérieux et qui, surtout, n'ont pas cru devoir en faire l'expérience sur
eux-mêmes.
La peur irraisonnée de
certains malades, qui pensent que la cure de jeûne est dangereuse, qu'elle
conduit directement à l'affaiblissement
et à la mort, provient de
deux causes : tout d'abord la veulerie native de toute personne qui recule
devant la nécessité de se priver de nourriture pendant quelque temps et qui
ne veut pas faire l'effort individuel nécessaire pour recouvrer la santé; on
croit pouvoir se libérer et se guérir sans peine en ayant recours aux
drogues chimiques qui sont souvent inopérantes, quand elles ne sont pas
directement nuisibles. La seconde raison qui éloigne certains patients de la
cure de jeûne est entretenue par l'opinion de la médecine officielle qui,
sans avoir expérimenté la méthode, la juge dangereuse parce
qu'affaiblissante pour l'organisme. Et de la sorte un procédé curatif
merveilleux dans sa simplicité, et d'une efficacité radicale, est saboté par
l'ignorance ou par le mauvais vouloir de ceux-mêmes qui devraient être les
premiers à appliquer cette méthode curative pour le plus grand bien de leurs
patients.
C'est uniquement pour
n'avoir pas voulu, ou pas su, se conformer aux règles élémentaires de la vie
sage et saine que la plupart des pauvres humains abrègent leurs jours et se
préparent d'abondantes souffrances tant physiques que morales. Sous le
fallacieux prétexte de « vouloir vivre sa vie » pour tirer de
celle-ci le maximum de jouissance possible, combien de malheureux ont cru
pouvoir abuser impunément de tous les plaisirs matériels, trompés par un
bien-être et un contentement immédiats mais combien fugaces en regard des
désordres organiques et psychiques qu'ils se préparent ainsi pour leur
vieillesse anticipée, quand ce n'est pas la mort prématurée qui met une
brusque fin à leurs excès et à leurs débordements.
le jeûne est également un
paiement pour les péchés perpétrés aux dépens de l'hygiène corporelle. »
Pour Hufeland,
avons-nous déjà dit, le multiplicateur serait de
huit, ce qui nous donne pour l'homme une possibilité de vie de deux siècles;
chiffre qui pourra surprendre plus d'une personne, non au courant de la
question. « En résumé, dit-il, on peut donc affirmer avec la plus grande
vraisemblance que l'organisation humaine et la force vitale sont capables de
procurer à l'homme une durée de deux cents ans. Cette faculté de vivre aussi
longtemps existe donc, d'une manière absolue, dans la nature humaine. »
« Ce qui caractérise la macrobiotique, dit le DrJ.
Pellagot, traducteur et commentateur français de cette œuvre magistrale,
c'est une science saine, sûre et honnête, consacrée tout entière à un noble
but, celui de permettre aux hommes d'atteindre les limites extrêmes
assignées à leur existence, et d'obtenir ce résultat en fortifiant leurs
forces physiques et morales... Selon Hufeland, la bonne discipline des
facultés intellectuelles exerce sur la santé une influence non moins
considérable que le bon emploi des forces matérielles et, dans les principes
qu'il enseigne et regarde comme favorables à la propagation de la vie, il ne
sépare jamais ces deux éléments. »
Hufeland estime que de son temps « les hommes ont trouvé le moyen de se
vieillir avant l'âge et qu'on voit journellement des gens, de 40 à 50 ans,
avoir l'aspect de la vieillesse et en présenter tous les caractères. » II
insiste à plusieurs reprises sur le fait que cette vieillesse est loin
d'être un processus naturel et qu'elle est le symptôme d'une décrépitude
prématurée et anormale. La situation ne semble guère avoir beaucoup changé
depuis un siècle où ces sages conseils ont été prodigués, semblables en cela
à la Voix qui clame en vain dans le désert! A l'appui de ses affirmations,
Hufeland rapporte l'exemple de nombreux centenaires et il reproduit la
statistique dressée en 1799 par Easton qui recueillit alors les
observations de plus de 1800 personnes ayant dépassé le siècle.
L'Ecossais Kentigern, fondateur de l'évêché de Glascow, plus connu
sous le nom de saint Mungo, mourut à 185 ans en possession, disent les
chroniques du temps, de toutes ses facultés cérébrales; c'est aussi ce que
nous confirme une inscription que l'on peut lire sur sa pierre tombale.
En Angleterre, nous trouvons encore des documents précieux sur plusieurs
centenaires : J. Effingham mourut à Cornwallis dans sa 144e
année; Helena Gray, morte à 105 ans, aurait même eu quelques années
avant sa mort une poussée de nouvelles dents; Catherine, comtesse de
Desmond, mourut dans sa 141e année; Bacon qui eut
l'occasion de la suivre et de l'observer mentionne également comme fait
notoire chez cette centenaire un renouvellement de la dentition à un âge
avancé. En 1670 mourait dans le comté d'York un certain Henri Jenkins
dont l'âge de 169 ans put être établi par une pièce officielle indiscutable;
en effet, il se trouvait aux archives de la Chancellerie de la Cour de
justice un acte datant de 1530 mentionnant qu'il avait comparu à cette
époque, soit 140 ans avant sa mort, qu'il était âgé déjà de 29 ans et qu'il
avait prêté serment devant les juges. La chronique nous apprend qu'il
s'adonna à la culture des champs jusqu'à l'âge de cent ans, et qu'à partir
de cette période il vécut de la pratique de la pêche, nageant à l'occasion
dans les cours d'eau rapides avec encore une remarquable vigueur. L'année de
sa mort il s'était même rendu à pied aux assises du comté distantes de
plusieurs lieues de son logis.
A l'âge de 120 ans, Parr trouva indiqué de se remarier avec une veuve qui
se déclara très satisfaite de la conduite maritale de son vieil époux. «
Jusqu'à 130 ans, rapporte Hufeland, il faisait tout le travail de la maison;
c'était lui qui se chargeait de battre le blé. » Quelques années avant sa
mort il jouissait encore de toutes ses facultés ; vif était son esprit,
l'ouïe toujours bonne ; sa force remarquable faisait l'étonnement de tous
ses contemporains. Sa nourriture habituelle consistait principalement en
pain noir, fromage, lait et petit-lait.
La doctrine unitive concilie donc les enseignements de la religion et
ceux de la science ; elle veut grouper dans un même effort spiritualiste
tous les croyants sincères; elle est, par sa large tolérance, le lien tout
indiqué pour développer harmonieusement les rapports entre les hommes et
faciliter la vie morale et sociale sur le plan physique.
Le Rig-Veda nous enseigne que " Ce qui existe est Un : les
hommes le nomment de bien des noms. » Cette même idée est reprise et
développée par les taoïstes : « Tao n'est rien d'autre, en réalité, que ce
que vous, étrangers, vous appelez Dieu. Tao est I'Unique, le
Commencement et la Fin ; il contient toutes choses et c'est à lui que toutes
choses retournent... Mais surtout, n'oublie pas que Tao n'est qu'un
son articulé par un être humain, et que l'idée
est essentiellement inexprimable
Tout au long de la Bhagavad Gîtâ nous pouvons trouver les mêmes
enseignements de l'unité de l'Etre Suprême : nous suivrons pour nos
citations la version fidèle de Mme DrAnna
Kamensky; une étude savante et approfondie de ce vieux poème lui fait
dire dans son introduction : « La Bhagavad-Gîtâ, ou la Gîtâ, simplement,
comme on l'appelle en Orient, c'est-à-dire le « Chant par excellence », le «
Chant sublime », est certainement un des joyaux les plus rares dans le
diadème, formé par la pensée religieuse universelle, car elle a une
puissance synthétique qui la rend précieuse et illuminative dans l'Est ou
l'Ouest. Pour ce qui est de l'Inde, c'est le cœur de son mouvement
religieux...
Au dialogue onzième Arjuna s'écrie : « O Dieu, je vois dans ta forme les
Dieux et tous les êtres à tous les degrés avec leurs attributs distincts
»... (v. 15). « Le monde glorifie et chante avec raison ta magnificence. Les
mauvais esprits s'enfuient de tous côtés; les légions des saints se
prosternent en t'adorant » (v. 36).
« Tout se prosterne devant toi, derrière toi, de tous côtés. Plein d'une
puissance sans bornes et d'une force immense, tu tiens tout en tes mains;
car tu es toi-même tout! » (v. 40).
Krishna d'autre part nous enseigne : « Sache que cela dont la vie pénètre
tout, est impérissable, et que personne ne peut détruire cet Unique
Impérissable » (Dial. II, v. 17).
Aussi nous comprendrons pourquoi Mme Kamensky termine sa
préface en faisant ressortir l'importance de l'unité fondamentale des (p.33)
diverses croyances religieuses, partant de la fraternité qui
devrait exister entre toutes les religions. « En vérité, à la base de toutes
les religions historiques, il est une seule et même Religion mystique, le
pont que l'âme humaine construit pour venir à Dieu. »
C'est toujours les mêmes affirmations, plusieurs fois répétées, que nous
trouverons dans les livres attribués à Hermès Trismégiste :
« Toutes choses sont des parties de Dieu ; ainsi Dieu est tout. Car de
toutes choses il est le Seigneur et le Père, et la Source, et la Vie, et la
Puissance, et la Lumière, et l'Intelligence et l'Esprit... Tout cela est
Dieu, et dans l'univers il n'y a rien que Dieu ne soit pas. Car tout est
plein de Dieu. Car Lui seul est tout; c'est pourquoi il a tous les noms, car
il est le Père unique, et c'est pourquoi lui-même n'a pas de nom, car il est
le Père de tous.
» Je commencerai par invoquer le Dieu maître de l'univers, le Créateur et
le Père, qui enveloppe tout, qui est tout dans Un et Un dans Tout. » Citons
enfin du même auteur ces réflexions : « La matière est une... Rien ne meurt,
mais ce qui est composé se divise. Cette division n'est pas une mort. C'est
un renouvellement. Quelle est, en effet, l'énergie de la vie ? N'est-ce pas
le mouvement ? Et qu'y a-t-il d'immobile dans le monde ? Rien. Rien ne se
détruit, rien ne se perd. La matière est hors de Dieu, si tu veux lui
attribuer un lieu spécial... Si elle est mise en œuvre, n'est-ce pas par des
énergies, et nous avons dit que les énergies sont des parties de Dieu qui
produit les transformations. Que ce soit matière, corps ou essence, sache
que ce sont là des énergies de Dieu. »
L'inventeur Julien Christofleau, à La Queue-les- Y vélines
(S.-et-O.), après quarante années d'études en est arrivé à comparer le corps
humain à un accumulateur électrique « qui se recharge pendant le sommeil par
le magnétisme terrestre qui peut être considéré comme une partie de la vie
universelle. » II a construit un appareil qu'il appelle : électromagnétique
terro-céleste, destiné à capter les ondes vivifiantes du magnétisme
terrestre ; l'effet doit en être assez analogue, pensons-nous à celui du
collier oscillant de Lakhovsky.
Enfin une théorie très intéressante, féconde en résultats pratiques, sans
pour cela exclure les précédentes, a été établie par le savant
Auguste Lumière; il voit dans l'état colloïdal la
condition essentielle de la vie ;
la destruction de cet
état, qu'il appelle h. floculation, déterminerait la maladie et la
mort. L'auteur développe ses vues remarquables dans un livre que nous
recommandons à tous ceux que la question de notre devenir préoccupe :
La
vie, la maladie et la mort, phénomènes colloïdaux.
Auber, dans son Traité de la science médicale (1853), est
encore plus affirmatif à ce point de vue : « S'il est une chose déplorable,
mais positivement vraie, c'est que beaucoup de médicaments réclamés par la
peur et l'ignorance sont complètement inutiles. » L'auteur complète son idée
en ajoutant que le malade se serait guéri naturellement de lui-même, alors
que le médicament a trop souvent aggravé son état; puis il conclut :
« Dans les cas douteux, c'est souvent faire une
grande médecine que de n'en pas faire du tout ;
l'art
d'attendre vaut mieux souvent que l'art d'agir; et, en général, la
polypharmacie est la science de ceux qui n'en ont pas d'autre, en un mot, le
refuge ordinaire des médecins qui savent peu, mal, ou point du tout. »
Mesmer
qui découvrit les bienfaits du magnétisme animal ne
partageait pas non plus la superstition du médicament chimique, appliqué
comme panacée universelle; son aphorisme 309 est ainsi conçu :
« II n'y a qu'une maladie et qu'un remède. La parfaite harmonie de tous
les organes et de leurs fonctions constitue la santé. La maladie n'est que
l'aberration de cette harmonie. La curation consiste à rétablir l'harmonie
troublée. Le remède général est l'application du magnétisme par les moyens
désignés. »
Bien qu'un peu absolue dans sa forme cette opinion de Mesmer n'en est pas
moins très intéressante et fructueuse dans son application pratique; tous
ceux qui ont fait quelques cures magnétiques ou hypnotiques peuvent en
témoigner. Ces cures ont en tout cas le grand avantage de n'introduire
aucune substance toxique dans l'organisme et de ne pas nuire aux défenses
naturelles du corps qui sont au contraire exaltées par ces traitements
magnétiques
Carton en est arrivé à la conclusion que si, apparemment, les sérums et
les vaccins semblent ramener un rétablissement immédiat de la santé, ils
sont en réalité funestes à l'individu, car leurs résultats éloignés se
soldent par un accroissement des maladies chroniques et des tares de
dégénérescence. Par l'emploi de ces produits soi-disant curatifs, l'échéance
fatale du payement des fautes alimentaires et hygiéniques a seulement été
reculée de quelques années.
Le Dr Carton a bien soin de préciser que cette recrudescence
de maladies chroniques n'est pas fonction de l'augmentation de la
population; aussi peut-il conclure avec raison, car les chiffres sont assez
éloquents : « L'œuvre d'assainissement de l'espèce se poursuit donc d'une
façon moins tapageuse qu'autrefois, mais tout aussi pénible et fatale en
réalité. » Carton fait encore à ce propos la remarque suivante si juste et
bien propre à faire réfléchir : « La sélection par les maladies épidémiques
mettait rapidement les individus déchus hors de la lutte, tandis que les
tares diathésiques et les infections chroniques assurent aux dégénérés une
survie assez prolongée pour leur permettre de reproduire des sujets
profondément tarés qui entretiennent ainsi la dégénérescence de l'espèce.
On ne réfléchit pas assez au fait que les aliments, pour donner de
l'énergie à l'individu, doivent d'abord passer par une longue série de
transformations qui les amènent enfin à l'état de corps chimiques spéciaux
susceptibles d'être utilisés par les organes pour leur travail propre; c'est
alors seulement que l'on peut parler d'énergie fournie au corps par les
aliments, mais pour arriver à ce stade de substances assimilables utiles ils
demandent un gros effort de nos organes digestifs; le premier acte de
digestion se solde donc pour nous par une déperdition d'énergie, représentée
par la force nerveuse nécessaire pour mettre en action les divers processus
digestifs. On comprend maintenant pourquoi il n'est pas indiqué de vouloir à
tout prix suralimenter des affaiblis aux organes surmenés et intoxiqués ; et
quand on sait combien grandes sont les réserves énergétiques de notre force
vitale, on réalise d'autant mieux l'utilité, la nécessité de la diète et du
jeûne pour accorder ce repos réparateur à tous nos organes. Nous verrons
bientôt que le maintien de la vie est compatible avec une abstention de
nourriture pouvant s'étendre, selon les cas et l'entraînement des jeûneurs,
de 30 à 80 jours, et cela sans nuire à l'individu; la peur de manquer un
repas, trop répandue chez la plupart des humains, et les maladies dont ils
se plaignent au cas où ce malheur leur arrive, sont tout à fait illusoires;
ce sont de déplorables phénomènes subjectifs d'autosuggestion individuelle
et collective.
A toutes ces fautes d'hygiène alimentaire, nous ajoutons encore un
gaspillage irréfléchi de notre réserve de capital vital causé par notre vie
psychique désordonnée et fiévreuse; rien de bien étonnant alors si l'homme
moderne devient la proie toute désignée de la neurasthénie, de la folie, des
maladies aiguës ou chroniques, de la mort avant le temps fixé par nos
possibilités de longévité. « Tout être humain, nous dit Carton, possède en
effet une force occulte de préservation et de conservation que les anciens
nommaient nature conservatrice, réparatrice et médicatrice, et que les
modernes caractérisent en partie par le nom d'immunité naturelle. Cette
force ne demande qu'à se manifester si on ne l'entrave pas en vivant d'une
façon malsaine et immorale. La vie saine et droite la cultive
merveilleusement. Et alors comme le disait Hippocrate « elle suffit à tout
et pour tout », elle nous garantit de toute atteinte infectieuse mieux que
tous les secours venus de l'extérieur. »
Les observations d'Ehret le
conduisirent à cette première conclusion
que la cause de toutes les maladies
ainsi que la diminution de la vitalité humaine proviennent d'une
alimentation vicieuse ou des excès d'une vie déréglée
; il se forme
alors dans nos organes fatigués un corps mucoïde toxique qu'il dénomme :
Schleim. Cette substance entrave le fonctionnement des cellules et finit
par en provoquer la dégénérescence ; il ne cherche pas à en donner une
définition précise ; sa nature chimique lui échappe; ce serait une
autotoxine présentant beaucoup d'analogie avec le processus maladif de la
floculation des colloïdes, découvert par Auguste Lumière comme étant
à la base de toutes les diathèses et de tous les états morbides; elle
correspondrait aussi assez bien avec ce que les auteurs anciens dénommaient
le flegme ou la pituite. « Toutes
les maladies, dit-il, même les affections congénitales, proviennent presque
uniquement, exception faite pour quelques autres facteurs antihygiéniques,
de la nourriture artificielle biologiquement inadéquate et de chaque gramme
d'aliments introduits en excès. » Hippocrate n'avait-il pas déjà enseigné il
y a de longs siècles que « plus vous nourrissez un malade plus vous lui êtes
nuisible » ? D'après Ehret, chaque maladie ou malaise représente un effort
de
l'organisme pour éliminer
ces substances mucoïdes avec les déchets organiques, par les sécrétions
diverses ou par le pus; on retrouve ces mucosités en abondance dans
l'urine qui se trouble légèrement lorsqu'elle se refroidit. Toutes les
muqueuses, mais spécialement celles des bronches, du nez et du tractus
gastro-intestinal sont les émonctoires de ces mucosités; la couche de
détritus qui recouvre la langue d'un jeûneur au début de sa cure, est
significative à ce point de vue. Chez les animaux en liberté on ne remarque
pas de sécrétion muqueuse du nez, la langue est rosé; il en est de même pour
l'homme après un jeûne et lorsqu'il suit le régime fruitarien.
Ehret affirme encore que
cette pituite s'accumule dans l'estomac et dans l'intestin dont elle est
chassée par le régime fruitarien et surtout par le jeûne ; cette substance
serait aussi la cause des symptômes nauséeux et des malaises de
désintoxication de cette période, cela par un phénomène d'empoisonnement en
retour, d'intoxication endogène (Rùckvergiftung). Il estime également que
ces substances mucoïdes toxiques sont la cause unique de la sénilité
précoce, de l'adipose ou de la dégénérescence graisseuse des cellules, de la
calvitie, des cheveux gris précoces, de la carie dentaire ; ces mucosités
seront désastreuses pour l'esthétique du visage, elles procurent un teint
brouillé et plombé, ratatinent la peau qui se couvre de rides; enfin elles
auraient une influence fâcheuse sur les nerfs et le cerveau dont elles
affaiblissent le pouvoir de travail utile.
En effet les gens gras sont
beaucoup plus sujets aux maladies, ils sont moins résistants aux infections
et peu capables d'efforts soutenus; du reste il est un fait d'observation
courante : Les animaux en liberté ne présentent pas ce plastron adipeux dont
trop d'humains s'enorgueillissent et de plus les bêtes ont découvert depuis
longtemps que lorsqu'elles sont malades, le meilleur moyen de guérir
rapidement c'est de jeûner.
L'idée émise par Ehret
que les plaies et les blessures élimineraient une certaine quantité de
toxines endogènes (Schleim) est très intéressante, car elle est confirmée
par une expérience qu'il fit sur sa propre personne et par l'observation
médicale courante qui nous a appris que la cicatrisation est toujours
beaucoup plus lente chez les malades intoxiqués ; le DrFoucher a même eu l'idée d'utiliser dans un but thérapeutique cette
propriété qu'ont les plaies de la peau d'éliminer les poisons organiques ;
au moyen d'injections de térébenthine, il provoque artificiellement des «
abcès de fixation » dans la peau afin de détourner à l'extérieur
l'inflammation qui s'était portée sur des organes internes. Il est un fait
d'observation courante également, c'est qu'il est dangereux de cicatriser et
de tarir brusquement la sécrétion de vieux ulcères variqueux qui
fonctionnent souvent comme émonctoires secondaires; avant de les fermer il
faut tout d'abord nettoyer le corps de ses autotoxines.
Voyons maintenant
l'expérience probante qu'Ehret fit sur lui-même pour démontrer la valeur de
sa théorie de l'intoxication de l'organisme par les substances mucoïdes; on
peut rejeter sa théorie explicative, mais il y a lieu cependant de
s'incliner devant les faits et de reconnaître que son régime est bien de
nature à accroître la vitalité et la santé de celui qui s'y soumet. Voici
comment il décrit son état : « Après deux ans de diète fruitarienne, avec
cures de jeûnes surajoutés, j'ai atteint un état de santé dont on n'a plus
aucune idée de nos jours. » Telle est sa conviction qu'à juste titre il
estime expérimentale; en effet, dans cet état de santé parfaite il se fit
une blessure assez profonde à l'avant-bras; cependant la coupure ne laissa
sourdre qu'une faible quantité de sang qui se coagula aussitôt en produisant
l'occlusion parfaite de la lésion ; il n'y eut aucune inflammation
consécutive, aucune douleur, pas de production de sécrétion, donc pas de pus
(absence totale de toxines internes); en trois jours la cicatrisation était
achevée et la croûte protectrice éliminée. Peu de temps après, ayant suivi
durant quelques mois une diète végétarienne où figuraient les aliments
amylacés, sans œufs ni lait, il eut l'idée de renouveler cette expérience;
il se fit alors une blessure identique dans la même région; elle saigna un
peu plus, fut douloureuse, il se produisit une légère purulence avec
inflammation des bords de la plaie et la guérison complète ne survint qu'au
bout d'une dizaine de jours. Plus tard encore après avoir suivi un régime
carné avec adjonction de doses modérées de boissons alcooliques, une
blessure semblable occasionna
Pendant de nombreuses années, Rhea Niesen vécut de fruits, de salades et
de noix râpées, en y ajoutant parfois un peu de pain rassis. En hiver, une
livre de dattes avec quelques noix constituait sa nourriture journalière ; à
l'occasion elle jeûnait deux à trois jours durant la semaine ; ce régime lui
convenait parfaitement : « C'était alors, écrit-elle, une joie séraphique
qui inondait tout mon être, ma démarche devenait souple et légère comme une
sylphide. »
Elle estime que l'homme très évolué n'a pas besoin de prendre plus d'un
repas par jour, le soir de préférence, mais « celui qui porte encore en lui
le désir des plaisirs de la table, qu'il suive sa gourmandise,
En août 1914, Rhea Niesen fut capturée en mer par un vaisseau anglais ;
le médecin qui l'examina fut frappé du parfait fonctionnement de ses
organes; au comble de l'étonnement il l'ausculta longtemps et lui déclara
enfin : « Vous êtes une femme très heureuse (most fortunate woman), vos
poumons et votre cœur fonctionnent parfaitement et vous pouvez vous vanter
de n'avoir aucune hypothèque sur votre santé. »
la cure de jeûne, étaient administrés sur
une large échelle ; actuellement Lindner pratique à Munich; il a publié en 1928 une brochure,
La cure de choix pour les incurables, dans laquelle il a consigné les
rapports et les lettres envoyés par de très nombreux patients ayant fait
sous sa direction de 6 à 40 jours et plus de jeûne suivi complet; tous sont
unanimes à vanter les effets merveilleux de cette méthode et tous ont vu
leurs maux, souvent déclarés incurables par la faculté, s'améliorer
rapidement et évoluer vers la guérison dans la plupart des cas; à ce point
de vue les déclarations des patients sont toutes plus élogieuses les unes
que les autres; ils sont d'accord pour vanter le savoir et la conscience de
G. Lindner, ainsi que l'excellence de la cure de jeûne prolongée.
Quant au jeûne, il est parfois difficile à supporter surtout au début de
la cure lorsque les autotoxines sont éliminées en masse; la langue ainsi que
les muqueuses se couvrent d'un enduit épais et pâteux, blanchâtre ou
jaunâtre, lorsqu'il y a forte élimination de bile, ou encore brun noirâtre
dans les cas d'empoisonnement par l'abus des médicaments.
Lindner estime que la cure de jeûne est particulièrement à recommander à
ceux qui se rendent aux colonies et qui vivent sous les tropiques. Il en fit
l'expérience lors de son voyage à Samoa ; très éprouvé par le climat
tropical, il en était arrivé à ne plus rien digérer; un jeûne de 15 jours le
remit complètement d'aplomb, lui permit de s'habituer a la nourriture des
indigènes et de supporter le climat et les fatigues de son exploration.
A la question de savoir si l'on doit prolonger le jeûne lorsqu'il
survient quelques malaises, Lindner répond avec beaucoup de sagesse que : «
Celui qui a assez de courage pour rester tranquillement couché sur la
table d'opération de la nature et assez de patience pour attendre le
développement normal des forces curatives naturelles, celui-là ne doit pas
interrompre la cure trop tôt. La plupart du temps le traitement est
abandonné par des gens qui n'arrivent pas à comprendre le grand secret de la
nature; ils sont pris d'angoisse parce que cousins, tantes ou commères,
femmes ou mères dégagent des nuages de peur qui enveloppent et démoralisent
le jeûneur. » Pour résister à ces suggestions déprimantes, il faut au
patient une dose toute spéciale d'énergie et de confiance en son médecin;
mieux vaut sortir le jeûneur de son milieu. Lindner conseille à tous ceux
qui ont en vain cherché la guérison par les méthodes thérapeutiques
officielles de tenter un essai de jeûne, il suffit d'y mettre le temps et la
tranquillité d'esprit nécessaires pour réaliser des miracles si l'organisme
a encore quelques réserves vitales.
C'est avec raison que notre auteur insiste d'une façon toute spéciale sur
l'action spiritualisant du jeûne; il estime même que ce bénéfice moral en
est le plus précieux gain et que notre humanité enlisée dans le bourbier du
matérialisme en a le plus urgent besoin. « L'horrible guerre, dit-il, cette
ironie de notre trop fameuse « Culture et Civilisation », n'aurait pas été
possible si nous nous étions efforcés jusqu'en 1914 d'évoluer du mal vers le
bien. A l'époque de Néron, l'homme n'était guère à un niveau moral plus bas
que le nôtre. » Aussi, Lidner recommande-t-il d'utiliser le temps de cure
pour se reposer et pour se rénover non seulement physiquement, mais encore
et surtout moralement; il faut profiter de ces moments pour se recueillir,
pour lire des ouvrages édifiants, parmi lesquels il recommande tout
particulièrement la Bible.
Dewey désirait tout particulièrement faire comprendre au public que le jeûne
est un moyen curatif simple, en harmonie avec les lois de la nature; le
grand avantage de cette méthode est de ne pas avoir recours aux drogues
médicamenteuses, souvent plus nuisibles qu'utiles
« Dans la maladie, nous dit la
doctoresse Hazzard, la nature cherche à éliminer, puis à éliminer davantage,
puis à éliminer encore jusqu'à ce que les conduits encombrés, véhicules de
la vitalité et de l'énergie, soient rendus libres et que la santé soit
rétablie. » C'est seulement après une complète épuration que l'organisme
peut fonctionner normalement et que le sentiment de vraie faim réapparaît.
Bien avant ces auteurs, les Yogis
de l'Inde recommandaient et pratiquaient la mastication lente et minutieuse
dans le but d'extraire des aliments toute leur provision de force vitale,
tout leur Prana, afin
de pouvoir se l'incorporer complètement; d'après eux, tant qu'il se
manifeste encore un goût en mâchant, le Prana est encore en cours de
dégagement et s'assimile par le moyen des nerfs gustatifs, aussi faut-il
continuer à malaxer les aliments dans la bouche
jusqu'à épuisement de toute saveur; alors
seulement ils ont livré complètement leur vitalité et peuvent être déglutis
pour subir les digestions ultérieures.
1 Les
nombreux ouvrages du DrM. Bircher-Benner offrent un grand
intérêt au point de vue de l'hygiène et de l'alimentation naturiste
rationnelle; nous ne pouvons qu'en recommander vivement la lecture; ces
publications sont riches en conseils directement pratiques et des plus
utiles pour la conduite de la vie. Toutefois, pour ce qui nous concerne,
nous croyons devoir faire quelques restrictions de détail qui n'incriminent
en rien la valeur de l'ensemble; nous ne pouvons approuver tout à fait
l'emploi trop répété du lait condensé pour la préparation de certains de ses
mélanges diététiques, pas plus que nous ne souscrivons à l'usage
systématique du miel, qui est recommandé trop souvent dans ses recettes
culinaires. Il ne faut pas oublier que le lait condensé est un
produit de conserve, donc artificiel, il a perdu une bonne partie
de sa valeur vitalisante, au même titre qu'un fruit conservé ou cuit n'a pas
le pouvoir énergétique et régénérateur d'un fruit frais; quant au miel, il
est parfois très mal toléré par certains individus, voir à ce sujet les
observations de Mono.
Enfin notre auteur ne
semble pas avoir beaucoup pratiqué la cure de jeûne et paraît en ignorer les
multiples possibilités curatives, sinon il ne pourrait émettre des
affirmations de la nature de celles que nous avons relevées dans sa brochure
Mets de fruits et légumes crus,
où il s'exprime comme suit : « Nous remplaçons les jours de jeune absolu,
qui ont si souvent des conséquences néfastes, par des jours où le malade ne
prendra que des fruits. Cette manière de jeûner n'est point inférieure à la
première et ses effets sont aussi efficaces. » Nous ne nous arrêterons pas
aux « conséquences néfastes du jeûne » dont le présent ouvrage est une
réfutation de tous les instants, mais nous répondrons encore à l'auteur que
sa méthode est inférieure au jeûne absolu, en ce sens qu'elle
Les fruits. Leur valeur nutritive et curative.
Les fruits ne doivent pas être considérés comme des aliments de luxe, mais
ils devraient former la base de tous les repas, car ils sont les aliments
les meilleurs, les plus assimilables que la cuisine solaire de la nature
offre à l'homme.
Les indications du jeûne sont bien très disparates,
en particulier en fonction du type et de la durée du jeûne. Les jeûnes courts (24 à 48 heures)
n’ont aucune prétention thérapeutique ; Ils entraînent un repos
organique, qui est suivi généralement d’un rééquilibrage des fonctions
naturelles (sommeil, sexualité) et d’une baisse tangible de l’appétit
et des besoins en excitants (alcool, tabac, café). Ces effets ”
secondaires ” sont souvent impressionnants, et permettent de se tenir
facilement à une bonne hygiène de vie le reste de la semaine.
Les jeûnes d’une semaine ont de surcroît
un effet pondéral. La consommation des graisses est importante, ainsi
que les pertes hydriques, surtout si les deux derniers jours ont été passé
sans prise d’eau. Ce genre de cure se pratique sous surveillance, d’un
médecin ou d’un hygiéniste capable de déceler (voir encadré :
l’acidocétose), un mauvais déroulement du jeûne. Les jeûnes de longue durée se situent
réellement comme les actes thérapeutiques ; Mais pas médicaux (pas de
médicaments, pas de pratiques manuelles…), on est là dans un vide juridique
heureux, car il permet de véritables soins à l’abri des foudres du système
médical.
Il est unanimement reconnu que la tuberculose est une contre-indication
majeure au jeûne. Le diabète en serait également une, mais de manière
transitoire.
Certains jeûnes réussis montrent que le pancréas en ressort
ragaillardi, et que la maladie s’en trouve réduite.
Sauf cachexie, les ” maigres ” peuvent eux aussi pratiquer le jeûne, ils ne
feront que gagner du temps (élimination de la graisse lors des
premiers jours du jeûne) sur le déroulement de la diète chez un individu
lambda.
Il serait audacieux de dresser ici une liste des préconisations médicales
d’un jeûne de longue durée (plus d’une semaine). D’autre part, ce serait
illégal (” incitation à des thérapeutiques non éprouvées ”), d’autre part,
ce serait très aléatoire par rapport à des auto-diagnostics erronés ou
fantaisistes.
Par contre, nous pouvons reprendre, sans les détailler (voir pour cela
l’ouvrage du Dr Shelton : ” Le Jeûne, une technique millénaire
”. Ed. Robert Lafont), des témoignages de malades et le bilan de leur jeûne.
En premier lieu, succès général pour ceux qui ont
voulu perdre du poids. Les premiers jours sont les plus efficaces
(-500g/j), surtout si l’on a limité la prise de boisson. Puis le métabolisme
basal se réduisant, les pertes sont chaque jour moins importantes. Mais les
résultats sont tangibles, et ne reposent pas sur ” l’effet d’éponge pressée”
caractéristique un coupe-faim dopé aux diurétiques.
On s’aperçoit en outre que la perte de poids est beaucoup plus rapide et
tangible lors des jeûnes suivants, soit que le jeûneur devienne un ” pro
du jeûne ” et boive très peu, soit que le corps lui-même reconnaisse le sens
de son épreuve.
En second lieu, les maladies métaboliques ou
hormonales chroniques. Souvent, ce sont des maladies de
carence ou d’intoxication, avec des organes très divers qui expriment
une souffrance physiologique, et donc un disfonctionnement.
Durant la diète, l’organisme devient très conservateur, et il retient au
maximum toutes les substances rares, oligo-éléments, enzymes, hormones… ce
qui fait que les tissus, le métabolisme basal étant réduit au minimum,
s’enrichissent en substances biotiques pour arriver à des doses
physiologiquement (enfin !) actives. C’est le cas pour tous les ”patraques”
de la nourriture trop grasse, trop sucrée, trop raffinée, trop synthétique.
On note souvent, suite à un jeûne, une modification de ”l’instinct
alimentaire”, et un rejet naturel des aliments frivoles pour une
recherche des nutriments vrais.
Dans une catégorie très proche, les intoxications
chroniques aux excitants (alcool, tabac, café) répondent très
bien au jeûne, même de courte durée. Irritables, impatients, les malades
sont sans cesse en quête d’un soulagement par une nouvelle dose de leur
poison habituel.
Le remodelage physiologique dû au jeûne, à fortiori s’il est accompagné de
l’action de tisanes paradictives permet une élimination des métabolismes
toxiques, et une réorganisation (des récepteurs neuroniques ?) des
capacités sensitives. Au résultat, une diminution de l’attirance et du
besoin, une indifférence sereine sans les souffrances habituelles du
sevrage.
CONCERNANT LE JEÛNE
Le but du jeûne est de nous
permettre de nous concentrer sur Dieu et les choses d’en-haut, étant libérés
de la dépendance envers les choses de ce monde.
Le jeûne n’est pas en soi un
moyen de plaire à Dieu.
Le jeûne n’est pas une forme de
« punition » pour nos transgressions, ni une « souffrance » subie
volontairement comme réparation de nos manquements : le Christ a souffert
sur la Croix, pour nous, une fois pour toutes ; le salut, un don gratuit de
Dieu, ne dépend pas des mérites de notre faim et de notre soif.
Nous jeûnons afin de maîtriser
nos passions, afin de faire fructifier en nous le salut offert par Dieu.
Nous jeûnons en orientant nos
esprits vers Dieu par l’Église ; le jeûne et la prière, personnelle et
communautaire, vont ensemble.
LA JOIE DE L'ÂME :
PAROLES DES PÈRES DU DÉSERT SUR LE JEÛNE
Abba Joseph
interrogea abba Poemen : " Comment faut-il jeûner ? " Abba Poemen lui dit :
" Pour ma part, je préfère que celui qui mange chaque jour mange peu afin de
ne pas se goinfrer. " Abba Joseph lui dit : " Lorsque tu étais plus jeune,
ne jeûnais-tu pas deux jours de suite, abba ? " Et le vieillard lui dit :
" En vérité, même trois jours, et quatre, et toute la semaine. Et tout cela,
les Pères l’éprouvèrent comme ils en étaient capables ; et ils trouvèrent
préférable de manger chaque jour, mais en petite quantité ; et ils nous
livrèrent la voie royale, qui est légère. " (Paroles 127, 27)
Un samedi de
fête, il arriva que les frères mangent à l’église des Kellia. Et comme on
présentait le plat de bouillie, abba Helladios l’Alexandrin se mit à
pleurer. Abba Jacques lui dit : " Pourquoi pleures-tu, abba ? " Il
répondit : " Parce que c’en est fini de la joie de l’âme, c'est-à-dire le
jeûne, et que voilà maintenant le contentement du corps. " (Abba 81)
Un jour à
Scété fut donné ce commandement : Jeûnez cette semaine. Or il se trouva que
des frères vinrent d’Égypte chez abba Moïse et il fit pour eux un peu de
cuisine. Voyant la fumée, les voisins dirent aux clerc : " Voici que Moïse a
violé le commandement en faisant cuire quelque chose chez lui. " Ceux-ci
dirent : " Quand il viendra, nous-mêmes lui parlerons. " Le samedi venu, les
clercs, sachant la pratique excellente de Moïse, lui dirent devant tout le
monde : " Ô abba Moïse, tu as laissé tomber le commandement des hommes et
gardé celui de Dieu ! " (Abba 109)
Abba Euloge
disait à son disciple : Enfant, exerce-toi à rétrécir peu à peu ton ventre
par le jeûne. Car de même qu’une outre étirée devient plus mince, ainsi
également le ventre quand il reçoit beaucoup d’aliments. Mais s’il en reçoit
peu, il se rétrécit et exige toujours peu. (Abba 74)
Abba Isidore
le prêtre dit : Si vous pratiquer régulièrement le jeûne, ne vous gonflez
pas d’orgueil, mais si vous vous glorifiez de cela, mangez plutôt de la
viande. Il vaut mieux pour l’homme de manger de la viande que se gonfler
d’orgueil et se glorifier. (Paroles 81, 4)
DEUX FAÇONS DE JEÛNER
Il y a
deux façons de jeûner, enracinées toutes deux dans l'Écriture et la
Tradition, et qui correspondent à deux besoins distincts, à deux états de
l'homme. Le premier peut être appelé jeûne total, car il consiste
en une totale abstinence de nourriture et de boisson. On peut définir le
second comme un jeûne ascétique, car il consiste surtout en
l'abstinence de certaines nourritures et en une réduction substantielle du
régime alimentaire.
Le jeûne
total, de par sa nature même, est de courte durée et généralement limité à
un jour ou même à une partie de la journée. Dès le début du Christianisme,
il fut compris comme un état de préparation et d'attente, de concentration
spirituelle sur ce qui va arriver. La faim physique correspond ici à
l'attente spirituelle de l'accomplissement, à l'ouverture de tout l'être à
la joie qui approche.
C'est
pourquoi, dans la tradition liturgique de l'Église, nous trouvons ce jeûne
total comme dernière et ultime préparation a une grande fête, à un événement
spirituel décisif, par exemple aux veilles de Noël et de l'Épiphanie ; et
surtout, c'est ce jeûne qui constitue le jeûne eucharistique, mode essentiel
de notre préparation au banquet messianique, à la table du Christ dans son
Royaume. L'Eucharistie est toujours précédée de ce jeûne total, qui peut
varier dans sa durée, mais qui, pour l'Église, constitue une condition
nécessaire à la sainte Communion.
Le jeûne
total n'est pas seulement un jeûne des membres de l'Église, c'est l'Église
elle-même qui jeûne, en attente du Christ qui vient à elle dans
l'Eucharistie, dans les grandes fêtes célébrant l'oeuvre du salut, et qui
viendra en gloire à la consommation des siècles.
Tout a
fait différent est le sens spirituel du second type de jeûne que nous avons
défini comme
« ascétique ».
Ici, le but du jeûne est de libérer l’homme de la tyrannie déréglée de la
chair, qui s'établit lorsque l'esprit cède devant le corps et ses appétits,
résultat tragique du péché et de la chute originelle de l'homme.
C'est
seulement par un lent et patient effort que l'homme découvre qu'il ne vit
pas seulement de pain, et restaure en lui-même la primauté de l'esprit.
C'est nécessairement et par sa nature même un long effort soutenu. Le
facteur
« temps » est
essentiel, car il faut du temps pour déraciner et guérir la maladie commune
et universelle que les hommes ont fini par considérer comme leur état
normal. Le succès de ce jeûne ascétique dépend précisément de l'application
de certaines règles fondamentales dont la principale se trouve être
l'ininterruption du jeûne, sa continuité dans le temps.
Père
Alexandre Schmemann
LES ENSEIGNEMENTS DE JÉSUS SUR LE JEÛNE
L’enseignement de Jésus concernant le jeûne est très important pour nous
assurer que nos efforts de jeûne porteront fruit. Car le jeûne n’est pas
sans danger ; il peut devenir lui-même occasion de chute et, plutôt que
d’être un moyen de s’approcher de Dieu, le jeûne peut même nous en éloigner.
Les juifs
pratiquaient le jeûne comme ascèse personnelle et collective, comme nous
l’apprennent l’Ancien et le Nouveau Testament. Dans le Nouveau Testament,
nous voyons que les disciples de Jean le Baptiste, ainsi que ceux des
Pharisiens, jeûnaient et que Jésus lui-même, avant d’entreprendre sa vie
publique a jeûné pendant quarante jours. À la suite de ce jeûne il a été
tenté par Satan (Mt 4, 1-11; Lc 4, 1-13). Voilà donc la première leçon à
retenir des récits évangéliques concernant le jeûne : Jésus nous enseigne
l’importance du jeûne par l’exemple de son propre jeûne avant de commencer
sa vie publique. Ce n’est pas par hasard que la première tentation de Jésus
concerne justement la nourriture, car le Malin cherche à éprouver Jésus là
où il perçoit un point faible, là où Jésus a volontairement affaibli son
corps humain ; l'Évangile nous dit qu'après avoir jeûné pendant quarante
jours, Jésus « eut faim ». Et le Tentateur suggère à Jésus de combler sa
faim en exerçant son pouvoir divin de changer des pierres en pain. La
réplique de Jésus pour écarter la tentation est tirée du Deutéronome : Ce
n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de
la bouche de Dieu (Dt 8, 3).
Ici, le
« pain » ne signifie pas seulement la nourriture dont l'homme a besoin pour
la vie de son corps, mais plutôt tout ce qui « nourrit » les sens, tout ce
qui convient au corps. Dans son sens plus large le « pain » est également
tout ce qui est créé, toute créature, tout ce qui nourrit l'affectivité et
l'intellect de l'homme. Bref, tout ce qui n’est pas Dieu lui-même. Ainsi que
le corps de l’homme se nourrit d’aliments physiques pour survivre, l’esprit
de l’homme, créé à l'image de Dieu, se nourrit de la parole de Dieu, donc de
Dieu lui-même. Pour accéder à toute la noblesse de sa nature humaine créée à
l'image et faite à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26), l'homme a besoin
de la nourriture spirituelle que constitue la parole de Dieu.
La
réponse de Jésus à Satan dénonce le mensonge du Malin, que l’homme peut se
nourrir des créatures, qu’il peut trouver la vie éternelle pour laquelle il
a été créé ailleurs qu’en Dieu lui-même. C’est le même mensonge que le
Tentateur proféra à Adam : Vous ne mourrez pas ! Dieu le sait : le jour où
vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux qui
connaissent ce qui est bon ou mauvais (Gn 3, 5). Alors qu’Adam, le premier
homme, a mangé du fruit interdit à l’invitation du Malin, espérant ainsi
trouver la vie éternelle sans Dieu, et qu’il a entraîné la chute de
l’humanité, le Christ, le nouvel Adam, refoule le mensonge du Malin et expie
la faute d’Adam, rétablissant l’humanité sur la bonne voie, celle voulue par
Dieu depuis toute éternité : que l’homme trouve sa nourriture en Dieu
lui-même, devenant véritablement « enfant de Dieu », partageant la vie
divine.
Les
circonstances du jeûne de Jésus nous aident également à comprendre le sens
spirituel du jeûne. Le jeûne de Jésus eut lieu « au désert », c’est-à-dire
dans un lieu aride, solitaire, éloigné des villes et des hommes, là où il
n’y a que peu de végétation et d’eau. Aujourd’hui, on dirait qu’il y a peu
de « distractions » - ce qui nous « distrait » de Dieu. C’est ainsi que doit
être le « lieu » de notre jeûne, loin des « distractions », nous permettant
d’entrer dans le « désert », à la fois le désert physique, ne serait-ce que
notre chambre, et le désert spirituel, celui de notre cœur, afin de nous
préparer à la rencontre avec Dieu : le désert est le lieu où je suis seul
avec Dieu.
Le
désert est aussi le lieu de la tentation : le moment le plus propice à la
rencontre avec Dieu est aussi le moment où le Malin cherche à nous faire
chuter, car il sait que c’est au désert que nous avons la possibilité de
rejoindre la grâce divine. Si Jésus a été tenté suite à son jeûne, comment
pensons-nous nous échapper de la tentation ? Le jeûne, la privation des
plaisirs des sens, est accompagné de tentations, non seulement celle
d’abandonner le jeûne, mais d’autres encore - il ne faut pas oublier que
Jésus subit deux autres tentations après celle du pain.
Si donc
le jeûne entraîne de tels risques, comment pouvons-nous nous préparer pour
la lutte inévitable ? Jésus nous donne une réponse dans le texte de
l’Évangile de Marc : Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière et le
jeûne (Mc 9, 25-29). Jésus nous enseigne ici à associer la prière au jeûne,
si nous voulons expulser les « esprits impurs » qui cherchent à s’installer
en nous. Nous acquérons les bénéfices du jeûne seulement si le jeûne est
complété par la prière, un effort de prière supplémentaire pendant la
période du jeûne - se nourrir en Dieu, s’unir à lui par la prière. L’effort
ascétique, la maîtrise de soi, de ses « passions » comme diraient les Pères
du désert, doit être associé à la prière ; les deux sont essentiels pour le
progrès spirituel.
Le
deuxième texte de l’Évangile de Matthieu (Mt 6, 16-18), qui fait partie du
Sermon sur la Montagne, est une mise en garde concernant une des tentations
accompagnant le jeûne. Le jeûne n’est pas un but en soi et de nos jours on
pratique le jeûne pour toute sorte de raisons qui ne relèvent pas du domaine
spirituel. Le jeûne peut devenir lui-même une occasion de chute. Jésus
souligne en particulier le risque de vaine gloire en faisant allusion à ceux
qui s'assurent que leur jeûne soit remarqué par les hommes. Notre jeûne doit
être un acte devant Dieu et non devant les hommes, pas même nos confrères
dans la foi. Celui qui jeûne se place devant Dieu, son jeûne est une
offrande à Dieu, et non aux hommes.
Dans le
texte de l’Évangile de Luc (Lc 5, 33-35), les Pharisiens essaient
d’embarrasser Jésus en lui reprochant que ses disciples ne jeûnent pas,
alors que ceux de Jean le Baptiste et des Pharisiens jeûnent souvent. Sans
répondre directement, Jésus demande s’il est approprié que les compagnons de
l’époux jeûnent pendant que l’époux est avec eux - c’est-à-dire à l’occasion
du mariage proche. La réponse qui s’impose est « non », le jeûne n’est pas
approprié à ce moment-là, mais, comme l’indique Jésus en disant qu’ils
jeûneront lorsque l’époux ne sera plus avec eux. L’époux c’est Jésus
lui-même, et pendant qu’il est avec ses disciples, ils sont nourris et
rassasiés par sa présence ; ils les comble du pain de vie de sa parole.
Quand l'époux leur aura été enlevé, alors ils jeûneront en ces jours-là. Le
jeûne n'a de sens que pour celui qui sait ce qui est la nourriture ou y
aspire de tout son être, et qui, dans la privation, souffre de l'absence de
ce qui le rassasie.
Donc il y
a des moments pour jeûner, et des moments pour ne pas jeûner - quand l’époux
est avec nous. L'année liturgique étant un rappel de la vie de Jésus, de la
Mère de Dieu et des saints, l’Église orthodoxe indique certains jours et
certaines périodes pour le jeûne, quand nous sommes dans l'attente de
l'Époux, et certaines périodes où le jeûne n’est pas indiqué - quand «
l’Époux est avec nous », surtout les jours des grandes fêtes liturgiques,
même chaque dimanche, le jour de la Résurrection du Christ. Même pendant le
Grand Carême, le jeûne n’est pas total tous les jours, car il y un
allégement du jeûne les samedis et dimanches.
L’enseignement le plus important à
retenir est peut-être la nécessité d’associer la prière au jeûne, la prière
afin de pouvoir accomplir l’effort nécessaire, mais encore plus important,
la prière en tant que rapprochement de Dieu - le jeûne nous présente la
possibilité de nous unir d’avantage à Dieu par la prière : « La prière est
une conversation de l’intelligence avec Dieu » (Évagre le Pontique,
Chapitres sur la prière, 3).
Quand vous
jeûnez, ne vous donnez pas un air sombre, comme font les hypocrites
: ils prennent une mine défaite pour que les hommes voient bien
qu'ils jeûnent. En vérité, je vous le dit : ils tiennent déjà leur
récompense. Pour toi, quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton
visage, pour que ton jeûne soit connu, non des hommes, mais de ton
Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le
secret, te le rendra."(Matthieu 6, 16-18)
Jésus, voyant
qu'une foule affluait, menaça l'esprit impur en lui disant : "Esprit
muet et sourd, je te l'ordonne, sors de lui et n'y rentre plus."
Après avoir crié et l'avoir violemment secoué, il sortit et l'enfant
devint comme mort, si bien que la plupart disaient : "Il a trépassé
!" Mais Jésus, le prenant par la main, le releva et il se tint
debout. Quand il fut rentré à la maison, ses disciples lui
demandaient dans le privé : "Pourquoi nous autres, n'avons-nous pu
l'expulser ?" Il leur dit : "Cette
espèce-là ne peut sortir que par la prière et le jeûne."
(Marc 9, 25-29)
L'animal malade
s'abstient de manger. Pourquoi l'homme malade n'en fait-il pas autant ?
C'est qu'il craint de dépérir davantage alors qu'il n'est plus capable
d'assimiler ce qu'il ingurgite. Mais l'idée que l'on puisse vivre
longtemps sans nourriture touche les fibres les plus profondes de
chacun, ébranlant les convictions habituelles. Cependant, des médecins
naturistes et autres ont obtenu par le jeûne des résultats tels qu'il
est devenu impossible de négliger l'importance de cette thérapeutique.
Si elle est encore peu connue, et même suspecte, c'est que la cure de
jeûne a besoin d'être dirigée, Il faut tenir compte de l'état du patient
et prévoir comment I organisme va réagir. C'est là qu'Ehret a été
véritablement illuminé. Jeûner suivant ses indications c'est jeûner avec
confiance, car il indique à l'avance ce qui va se passer.
Comme la nature ne fait pas de miracle, le jeûne a
besoin d'être alterné avec des régimes puissamment éliminateurs, dits de
transition. Ceux-ci, dosés convenablement, procurent un soulagement
immédiat et le malade, qui entrevoit la guérison possible, se libère de
toute crainte, car un jeûne rationnel est véritablement sans danger.
Dans un corps
régénéré, le cerveau fonctionne d'une manière surprenante. L'esprit, les
pensées, l'idéal, les aspirations subissent des changements Fondamentaux
indescriptibles. L'homme chante sa joie et son triomphe sur toutes les
misères de la vie qu'il laisse derrière lui. Cela ne vaut-il pas la
peine d'essayer ?
Presque toutes les maladies, quelle que soit leur
appellation médicale, résultent de constipations, d'obstructions du
système tissulaire du corps humain. Tout symptôme spécial résulte donc
d'une constipation locale extraordinaire due à une accumulation plus
grande de déchets à cet endroit. Les points d'accumulation spéciaux sont
la langue, l'estomac, et plus particulièrement le tube digestif tout
entier. L'existence de ces dépôts est la cause profonde de la
constipation intestinale.
En moyenne, tout le monde a continuellement dans
les intestins au moins
5 livres de matières non éliminées
qui empoisonnent le courant sanguin et le corps tout entier.
Toute personne malade a, depuis l'enfance, le
corps plus ou moins encombré de mucus provenant de substances
alimentaires artificielles non digérées, non éliminées.
La technique du Professeur Ehret, avec régime
alimentaire sans mucus, paraît constituer l'action compensatrice la plus
efficace connue jusqu'ici contre les maladies. De nombreux malades
déclarés incurables ont été sauvés par son application systématique.
Le régime
sans mucus comporte tous les fruits crus et cuits, les végétaux sans
amidon et les légumes cuits ou crus, principalement
verts.
La méthode de guérison par le régime sans mucus est une combinaison de
jeûnes longs ou courts, étudiés pour chaque cas particulier, et
accompagnés de menus à
changements progressifs tendant vers une alimentation non formatrice de
mucus. Le régime lui-même peut guérir pratiquement sans jeûne
presque toutes les maladies, bien que la cure sans jeûne demande
beaucoup plus de temps que la cure avec jeûne.
Pour la plupart des médecins, la genèse des
réactions du corps humain, spécialement lorsqu'il est malade, reste un
mystère. Combien ils sont loin d'une doctrine susceptible d'application
généralisée. Par exemple, les Naturopathes emploient continuellement le
mot « vitalité >> et cependant ni les médico-scientifiques ni les
naturopathes ne peuvent dire ce qu'est la vitalité.
Le Professeur Ehret s'est efforcé de déraciner
certaines erreurs et de montrer la vérité sous un jour si nouveau et si
simple qu'elle devient aisément accessible à tous.
La simplicité et la clarté de sa doctrine lui
permettent de descendre du général au particulier. Elles sont
fondamentales pour le succès de ses cures. Il répète sans cesse que les
énoncés qui ne peuvent pas être compris par le bon sens ne sont pas
sérieux, si scientifique que soit leur apparence.
Cependant, on aurait tort d'imaginer que
toute maladie spécifique peut
être guérie par l'absorption d'une nourriture convenable, ou de
menus spéciaux, ou par la pratique de longs jeûnes, si le tout est
accompli sans expérience, sans doctrine, et sans avis autorisé pour
chaque cas individuel.
Le jeûne est connu depuis des siècles comme une
loi infaillible de la nature pour réagir contre les maladies. Mais
pourquoi son emploi ne s'est-il pas généralisé, et n'a-t-il pas été
suivi d'un succès universel ? Parce qu'on n'y a jamais recouru
systématiquement et correctement selon l'état du patient.
La moyenne des gens n'a pas la moindre idée des
processus d'élimination des déchets du corps, du temps que ces processus
demandent, de la manière et de la fréquence selon lesquelles le régime
doit être changé, ni de ce que signifie l'expulsion des formidables
quantités de déchets accumulés dans le corps pendant toute la vie.
La maladie
est un effort du corps pour éliminer les déchets, le mucus et les
toxines. La technique d'Ehret vient
en aide à la nature de la façon la plus simple et la plus parfaite.
Ce
n'est pas la maladie, c'est le corps qu'il faut guérir. Il faut le
nettoyer, le libérer des déchets, des matières étrangères, du mucus et
des toxines qui y sont accumulés depuis l'enfance.
On ne peut pas acheter la santé dans une bouteille.
On ne peut
pas guérir un corps, c'est-à-dire purifier un système, en quelques
jours. Il faut compenser le mal qui lui a été fait pendant toute la vie.
La technique d'Ehret n'est ni une cure ni un
remède. C'est une régénération continue, un nettoyage complet,
aboutissant à un état de santé incroyablement parfait.
Elle est fondée sur le fait que les
encombrements organiques sont à la base de toutes les maladies et
constituent les causes les plus évidentes d'une vitalité diminuée, d'une
santé insuffisante, d'un manque de forces et d'endurance et de toute
imperfection dans la santé. La santé que la doctrine habituelle appelle
normale apparaît plutôt comme un état pathologique lorsqu'on la compare
avec celle que l'on atteint par la méthode d'Ehret.
Le mécanisme humain comporte un système
tubulaire élastique. Or la nourriture « civilisée » n'est jamais
entièrement digérée, et les déchets correspondants ne sont jamais
complètement éliminés. Le système tout entier est progressivement
constipé, spécialement à l'endroit des symptômes maladifs et dans le
tube digestif. Telle est la base de presque toutes les maladies.
Dissoudre ces
déchets, les éliminer soigneusement et intelligemment sous contrôle, tel
est l'objet de la technique des guérisons par le régime sans mucus
Le Professeur Ehret se sert parfois d'une
équation pour exprimer la formule de la vie et en même temps celle de la
mort. Voici cette formule bien simple.
Il appelle « V » la vitalité.
Il appelle « F » la force qui, sans
aliments et pendant un temps dont personne ne connaît la durée maximum,
fait mouvoir la machine humaine, maintient en vie, engendre vigueur,
rendement et endurance.
Il appelle « O »
l'obstruction, l'encombrement,
les matières étrangères, le mucus, les toxines et toutes les impuretés
qui obstruent la circulation, diminuant la perméabilité des organes
internes.
L'équation de la vie est alors : V = F —
O.
Aussitôt que « O » est sur le point de devenir plus grand que F,
l'équation montre que la machine humaine va s'arrêter.
En mécanique, un ingénieur peut calculer
de manière [similaire la puissance utilisable d'une machine par la
formule : D (puissance disponible) = P (puissance théorique) — F
(frottement). A puissance théorique égale, la machine la plus parfaite
est celle qui travaille
Si l'on applique cette idée fondamentale
à la machine humaine, on voit aussitôt combien souvent la médecine fait
fausse route. On voit aussi que les naturistes ont trouvé un mode de
guérison véritable en éliminant les obstructions, c'est-à-dire les
dépôts étrangers au corps, les mucus, et les produits de décomposition.
Mais jusqu'ici la science moderne n'a pas
réussi à montrer ce qu'est réellement la vitalité et combien elle peut
devenir prodigieuse. Elle n'a pas non plus montré comment on peut
accéder à une santé absolue, supérieure et magnifique.
Le Professeur Ehret enseigne une nouvelle
physiologie basée sur le redressement des idées erronées concernant la
circulation, la composition et la formation du sang, le métabolisme.
Son leitmotiv est celui-ci : ce qui ne
peut pas être vu avec évidence, ou conçu immédiatement par des
raisonnements simples, n'est pas sérieux.
Avant tout, la machine humaine ressemble
à un moteur à gaz que les poumons font marcher par pression et
contre-pression d'air. A l'exception du > squelette, ce moteur est
construit avec des matériaux \ caoutchouteux très élastiques et
spongieux appelés chairs et tissus.
Ce moteur fonctionne comme une pompe mue
par de l'air comprimé, avec une circulation interne corrélative de
liquides, sang et autres sucs. Les poumons sont la pompe et le cœur est
la soupape, contrairement à ce qui est généralement enseigné. Le corps
fonctionne automatiquement en inhalant de l'air sous la pression
atmosphérique de un kilo par centimètre carré, et en expulsant de l'air
chimiquement changé sous l'effet de la contre-pression équivalente du
diaphragme, et des autres muscles qui concourent à la respiration.
C'est cela qui est la vitalité, le
premier ressort de la vie animale. C'est cela qui a été appelé « F »
dans l'équation de la vie et qui maintient en vie. On ne peut pas vivre
cinq minutes sans air. 70 centilitres d'air constituent une inspiration
normale et ne pèsent qu'un gramme. Veuillez bien comparer l'effort d'une
inspiration et celui qu'il faut pour mouvoir un gramme. Le premier est
peut-être cent fois plus énergique que le second. C'est lui qui force le
sang à circuler, tandis que l'effort du cœur correspond à l'énergie très
minime nécessaire et suffisante pour ouvrir et fermer quatre soupapes en
une seconde et adapter le volume du cœur à son contenu sous l'effet de
contre-pressions existantes.
Pour que l'ensemble de ces mouvements
soit possible, il faut que la machine soit bâtie en tissus élastiques et
spongieux et qu'elle possède une force vitale de tension, une capacité
de vibration, d'expansion et de contraction. Le chimiste Henzel a
démontré que l'élasticité vitale spéciale des tissus est due à une
combinaison de sucre et de chaux. Tels sont les faits qui ont constitué
jusqu'ici le secret de la vitalité.
Le mot latin spira signifie d'abord air,
ensuite esprit. Le souffle de Dieu est avant tout du bon air frais. Un
dicton assure que la respiration est la vie.
On peut développer la vitalité et la santé par des exercices physiques
et respiratoires. On peut chasser des obstructions en développant une
plus forte pression et une plus forte contre-pression d'air.
Il est également vrai que l'on peut
remédier aux maladies en accélérant artificiellement la circulation, en
mettant de « l'avance à l'allumage » et en faisant vibrer les tissus.
Mais en agissant de la sorte on ne fait qu'augmenter artificiellement «
F » (la force) pendant un temps, au détriment de la capacité des tissus
à utiliser la contre-pression et de leur élasticité. En d'autres termes,
on n'augmente pas « V », bien au contraire. Chacun sait par expérience
ce qui arrive à une bande de caoutchouc continuellement tendue à
l'extrême : elle perd son élasticité.
Qui prétendrait nettoyer un moteur en le
faisant constamment tourner à plein régime et en le secouant ? Il faut
d'abord le vidanger, puis l'imprégner de liquides susceptibles de
dissoudre les dépôts inutiles et enfin changer le combustible pour un
meilleur.
La dernière phase de cette action pose la
question des aliments. Quels sont ceux qui donnent le plus d'énergie,
d'endurance, de santé et une vitalité accrue ; quels sont ceux qui
provoquent les maladies et la vieillesse ?
Ces bases étant posées, que faut-il pour
augmenter la vitalité ?
La formule « V » = F — O donne une
réponse aveuglante de clarté et dissipe tout mystère. Il faut diminuer «
O » (les obstructions) en commençant par diminuer les quantités de
nourriture de toute espèce. Il faut même supprimer entièrement la
nourriture pendant un temps, si le diagnostic le justifie.
Ensuite, il faut arrêter ou au moins
diminuer par tous les moyens l'ingestion d'aliments générateurs de
mucus, et accroître l'ingestion de ceux qui dissolvent les obstructions,
ainsi que de ceux qui donnent au sang sa richesse et aux tissus leur
élasticité.
Aussitôt, « V » (la vitalité) est accrue,
par suite du fonctionnement libre de « F », source de puissance presque
illimitée.
En d'autres termes, le problème de la vie
animale consiste à faire fonctionner la machine avec une circulation
libre et à assurer ses réactions par le maintien de l'élasticité des
tissus au moyen d'une nourriture appropriée.
Dans un corps rempli de déchets et de poisons, les bons aliments ne
peuvent pas entrer convenablement dans la circulation sanguine pour
devenir des substances vitales productrices d'énergie.
Ils sont mélangés avec du mucus et des autotoxines qui les empoisonnent.
Ils peuvent diminuer la vitalité, et accroître « O » au lieu d'accroître
« F ».
Il est bien inutile de rechercher les
valeurs alimentaires avec l'idée d'accroître « F » ou « V » tant que le
corps est plein de « O ».
La technique du Professeur Ehret consiste
à augmenter la vitalité au moyen de courtes périodes de jeûne alternant
avec l'ingestion d'une nourriture sans mucus ou pauvre en mucus, mais
pas avec l'idée fausse que « V » est directement accru chez une personne
malade par l'ingestion de cette nourriture. Il faut se débarrasser de «
O » à l'aide de menus établis personnellement et intelligemment pour
chaque cas particulier, et « V » augmentera automatiquement. Le jeûne
permet d'obtenir ce résultat avec une bien plus grande rapidité.
On touche maintenant du doigt une des
raisons pour lesquelles tant de cures de jeûne ou de fruits échouent.
Certaines personnes inexpérimentées font dissoudre les obstructions trop
rapidement, par trop grandes masses à la fois et se sentent bien pour un
temps. Le processus de dissolution atteint alors des couches plus
profondes et l'obstruction dans le sang réaugmente. Le patient se sent
faible et reprend des aliments <•• civilisés » dont l'absorption arrête
aussitôt l'élimination en cours. Il se sent bien de nouveau, rejette sur
les bons aliments la responsabilité de sa faiblesse, et considère les
mauvais comme nécessaires au soutien des forces vitales. Il perd sa foi
et dit en toute sincérité : « J'ai essayé, mais ça n'a pas marché ».
Telle est une des pierres d'achoppement
sur lesquelles viennent buter les patients et souvent même les médecins
naturistes ainsi que les spécialistes des régimes.
Beaucoup d'entre eux ont cependant de
l'expérience, mais très peu comprennent que la vitalité, l'énergie et la
force ne proviennent pas principalement de la nourriture.
Voici le résumé des idées du Professeur
Ehret à ce sujet :
La vitalité ne trouve pas sa source
première et
directe dans la nourriture, mais dans une force extérieure inconnue dont
l'action se traduit par la respiration et la capacité d'effectuer des
échanges chimiques. Elle est plus ou moins freinée par les obstructions
de l'organisme humain, mucus et produits toxiques.
C'est seulement aux dépens de la vitalité
(de l'élasticité des tissus) que l'on peut enlever les obstructions par
les procédés artificiels, tels que massages, vibrations tissulaires,
excès sportifs, etc.
L'énergie vitale physique et mentale, en
provenance exclusive de l'air et de l'eau, est considérable aussitôt que
« F » peut travailler sans obstruction dans un corps parfaitement
nettoyé. Elle dépasse l'imagination.
Personne ne connaît le délai maximum
pendant lequel le corps qui se trouve dans cet état idéal peut se passer
d'aliments solides et liquides. Dans un tel corps, la force « F » se
nourrit de l'appoint d'autres agents naturels, tels que l'électricité,
l'ozone, la lumière (surtout solaire), les parfums des fruits et des
fleurs. Dans ces conditions de perfection naturelle, il est même
possible que l'azote de l'air puisse être assimilé directement
Diagnostic
expérimental
Comme indiqué plus haut,
le diagnostic expérimental
nécessite deux ou trois jours de jeûne. Les personnes obèses
doivent boire pas mal pendant le jeûne. La surface de la langue montrera
clairement l'aspect intérieur du corps. L'haleine indiquera l'étendue et
la nature de la décomposition. Il est même possible d'indiquer, d'après
elle, le genre de nourriture que le patient préfère.
Si le malade ressent une douleur au
commencement du jeûne, il peut être certain d'avoir un point faible, une
maladie en gestation dont le syndrome n'est pas assez développé pour que
l'examen médical habituel le révèle.
Des déchets apparaîtront dans
les urines avec des nuages de mucus. Du mucus sera expulsé par le
nez, la gorge, les poumons et le rectum.
Plus le malade se sent faible et déprimé pendant le jeûne, plus
l'encombrement de son organisme est grand et plus sa vitalité est
affaiblie.
Le diagnostic expérimental indique
exactement les déficiences. On en déduit la manière d'y remédier, soit
par un régime de transition modéré, soit par un régime plus radical,
soit en jeûnant ou en interrompant le jeûne.
L'expérience du miroir magique est à la
base da processus des guérisons naturelles, physiques et chimiques.
C'est une question posée à la nature à laquelle la nature répond
infailliblement partout et toujours.
Si le malade devient nerveux, ou s'il a
des battements de cœur, on peut être certain qu'il a des drogues
accumulées dans le corps.
Un tuberculeux réagit à une courte
période de jeûne par des éliminations tellement terribles, que
l'impossibilité de le guérir avec « de bons aliments nourrissants »
(œufs ou lait) devrait apparaître avec évidence aux plus ignorants.
Le diagnostic expérimental suggéré
ci-dessus paraît indispensable. Impossible de regarder un intérieur
mieux qu'avec cette simple méthode. Impossible de découvrir plus
exactement, même avec des appareils complexes, l'état réel des malades.
Impossible de se fier aux autres méthodes, y compris le diagnostic de
l'iris, l'examen de la colonne vertébrale, etc...
La nature reflète la vérité. Ses
révélations et ses démonstrations ne semblent étranges que si Ton ne
sait pas les interpréter.
Pronostic de la maladie.
— Arrivons au pronostic de la maladie.
Toute personne qui n'a pas passé par le processus complet de guérison
par le régime sans mucus, et quelle que soit son apparence de santé, a
une maladie latente. La nature n'attend que l'occasion d'éliminer les
déchets qui occasionneront cette maladie.
Chacun sait qu'un choc sévère, comme un
coup de froid ou une grippe, provoque une élimination ; mais en général
on ne comprend pas le phénomène.
Les médecins recommandent de continuer à manger, prescrivent des
drogues, arrêtent l'élimination, interdisent à la nature de continuer le
nettoyage intérieur qu'elle avait commencé, et provoquent ou
prolongent par cela même les maladies aiguës ou chroniques.
Toute personne, même bien portante et
spécialement à l'âge critique, entre 30 et 40 ans, devrait jeûner
quelques jours, et regarder dans le « miroir magique » l'étendue de ses
maladies latentes, afin de connaître leur nature, de situer les points
faibles et de savoir ce qui va arriver.
C'est la prévision de la maladie. Si les
Compagnies d'assurances sur la vie y croyaient, elles auraient une
méthode excellente pour calculer leurs risques.
Au cours de cette première expérience, il
est dangereux de jeûner jusqu'à ce que la langue soit propre.
Qui peut expliquer pourquoi la langue
devient propre lorsqu'on rompt un court jeûne par un bon repas ?
Pourquoi, après un jeûne, le « miroir magique » dénonce-t-il une
élimination plus grande si l'on se nourrit de fruits et d'aliments sans
mucus que si l'on absorbe des aliments « civilisés », œufs, viandes,
fromages, etc.. ?
C'est le mystère du « miroir magique » et
son explication est simple : l'élimination est arrêtée temporairement
par l'ingestion de mauvais aliments, parce que les organes internes
s'occupent d'abord de faire face au nouvel ennemi qui les envahit. Ils
cessent aussitôt de s'occuper des déchets déjà stockés.
Avec de mauvais aliments, on se sent donc
mieux pour un temps qu'avec des fruits, et pendant cette période il
semblerait même que le miroir magique soit trompeur en laissant croire
que l'intérieur du corps est propre. Le retour aux aliments naturels ne
tarde pas à prouver le contraire.
Pour une personne ordinaire, il faut de
une à trois années de régime naturiste et nettoyant, coupé de jeûnes
systématiques, pour que le corps soit effectivement débarrassé de ses
déchets. Au cours de ce processus, on pourra observer comment le corps
élimine continuellement des déchets par toute sa surface, par le canal
urétral, par le côlon, par chaque pore de la peau, par les yeux, les
oreilles, le nez et la gorge. On constatera l'expulsion de mucus sec par
exemple au moyen de pellicules, et de mucus humide sous des formes
variées.
Comment nier de bonne foi après ces
observations que les maladies proviennent de la présence d'une immense
quantité de déchets accumulés ? Comment ne pas comprendre qu'il est
possible d'éliminer à l'avance, par le régime et le jeûne, le substratum
des maladies chroniques ?
Après une expérience personnelle, le
lecteur sera certainement d'accord, et ne trouvera pas exagéré de dire
que l'impureté intérieure est une expression trop faible pour décrire la
constipation chronique. Une description sincère s'accommoderait mieux
des mots : « déchets, fange, mucus, puanteur et pourriture ».
II semble que les maladies soient à peu
près aussi mystérieuses pour les médecins modernes que pour les sorciers
des tribus africaines. Les premiers remplacent simplement la théorie des
démons par celle des microbes. C'est toujours un mystérieux pouvoir
extérieur qui veut vous faire du mal et attenter à votre vie.
On lutte contre la maladie au lieu de lutter pour la santé.
Il ne faut pas enlever aux naturopathes le mérite d'avoir prouvé que la
maladie survient à cause de la présence de substances étrangères à
l'intérieur du corps, substances qu'il faut éliminer parce qu'elles
constituent un terrain de culture ou qu'elles paralysent les résistances
naturelles.
Si l'on veut devenir son propre médecin,
ou guérir les autres sans drogues, il faut également pouvoir faire un
diagnostic exact, afin d'avoir une idée claire de l'état interne du
patient. Or c'est le livre de la nature qui décrira infailliblement cet
état, par une expérience que nous appellerons celle du miroir magique.
Malade ou non, toute personne qui voudra
tenter cette expérience éliminera du mucus, démontrant par là même que
la base de toutes les maladies réside dans l'encombrement du système
tissulaire par des substances alimentaires non éliminées, non
utilisables, et non digérées.
Le miroir magique prouvera que les
symptômes individuels, les souffrances ou les sensations désagréables,
quel que soit le nom dont on les appelle, résultent d'une accumulation
locale extraordinaire de déchets.
La langue chargée est la preuve d'un
encombrement constitutionnel qui obstrue et congestionne la circulation
par du mucus dissous, mucus qui apparaît jusque dans l'urine.
Les replis intestinaux sont encombrés par
du mucus collant, qui retient des matières fécales pendant des années.
Ces matières empoisonnent continuellement la circulation, gênent le
processus de la digestion et empêchent la formation de sang pur.
Pour regarder à l'intérieur du corps plus
clairement que les spécialistes avec leurs rayons X, pour connaître
l'origine d'une maladie, et même pour découvrir certaines défectuosités
physiques ou mentales insoupçonnées, essayez ceci :
Jeûnez 48 heures, ou ne mangez que des
fruits (oranges, pommes, ou fruits juteux de saison) pendant deux ou
trois jours. Vous remarquerez que votre langue devient très blanche.
Lorsque ce phénomène j coïncide avec une maladie aiguë, on conclut à
l'indigestion.
Or la langue est le miroir non seulement de l'estomac, mais de toutes
les muqueuses.
Le fait
qu'elle se recharge même si on la racle avec une raclette dénonce la |
quantité de crasse, de mucus et d'autres poisons [accumulés dans le
corps, impuretés qui ont une tendance naturelle à s'éliminer par les
surfaces internes de l'estomac, de l'intestin et des autres
cavités muqueuses.
Après avoir jeûné, il est recommandable de diminuer la quantité
habituelle de nourriture et de ne manger que des aliments naturels et
nettoyants (fruits et légumes sans amidon). On permet ainsi au
corps de diluer et d'éliminer du mucus, ce qui constitue le processus de
la guérison.
Au cours de l'expérience, observez
l'urine en la laissant reposer quelques heures dans un récipient de
verre, et regardez les quantités de mucus qu'elle contient.
La quantité réelle de déchets qui forme
la base mystérieuse des troubles est presque incroyable. Les globules
blancs du sang sont des déchets. Aucun des civilisés occidentaux n'a le
sang ni les vaisseaux sanguins libres de mucus. Leur système tubulaire
ressemble à une cheminée remplie de suie qui n'aurait jamais été
nettoyée. Il est même pire, parce que les déchets des protéines et des
amidons sont collants. Remarquez que les organes internes les plus
importants, poumons, reins, glandes... ont une construction spongieuse
caractéristique. Imaginez une éponge trempée dans de la colle ou dans de
la glu, et vous aurez une image d'un pancréas, d'un foie ou d'un rein
malade !
Il serait souhaitable que les
naturopathes libérassent de plus en plus leurs doctrines de toutes les
superstitions médicales qualifiées à tort de diagnostic scientifique.
La nature seule apprend la science et la vérité. Elle guérit d'une seule
manière, par le régime et le jeûne, toutes les maladies qu'il est
possible de guérir. Cela montre qu'elle ne reconnaît qu'une seule
espèce de maladie, et que les principaux facteurs de mauvaise santé
résultent de la présence dans le corps de déchets, de matières
étrangères et de mucus, sans compter l'acide urique et les produits
toxiques, ainsi que le pus s'il y a des tissus décomposés.
Pour se rendre compte à quel point le
corps humain est encombré, il faut avoir observé comme Ehret des
milliers de jeûneurs. Le fait inconcevable reste le suivant : comment
est-il possible au corps de stocker une pareille quantité de déchets ?
Avez-vous jamais cherché à mesurer les
masses de phlegme expulsées pendant un rhume ? Or les cavités
bronchiales, les poumons, l'estomac, les reins d'une personne enrhumée
sont un peu dans le même état que les cavités de sa tête.
Dès la fin du siècle dernier, d'éminents
pionniers naturistes disaient : « Toute maladie provient de matières
étrangères au corps et de déchets. »
Ehret a dit dès 1910 et répète
indéfiniment que la principale de ces matières est une sorte de pâte
gluante provenant de mauvais aliments décomposés, pâte qu'il est
possible d'apercevoir lorsqu'elle quitte le corps à l'état de mucus.
La lumière de la vérité éclaira
brutalement Ehret après qu'il eut jeûné, contrairement à l'avis du
médecin naturiste qui le soignait pour le mal de Bright. Pendant
l'examen des éprouvettes d'urine remplies d'albumine, Ehret lisait sa
condamnation sans appel sur le visage de son médecin.
Mais sa propre interprétation était
entièrement différente. Il concluait à juste titre que tout ce que la
nature expulse ou élimine est du déchet, que ce soit de l'albumine, du
sucre, des sels minéraux, de l'acide urique...
Ceci se passait avant 1900, et ce médecin
naturiste est resté persuadé jusqu'à sa mort qu'il fallait remplacer
l'albumine éliminée par des aliments riches en protéines.
Le diagnostic médical habituel du mal de
Bright, quand l'analyse chimique des urines dénote une forte proportion
d'albumine, est aussi trompeur que les autres. L'élimination de
l'albumine prouve que le corps n'en a pas besoin, qu'il est surchargé,
suralimenté de protéines. Au lieu de réduire l'absorption de ces
aliments empoisonnants, on l'augmente à tort en vue de remplacer les
éliminations. Le patient peut en mourir. Quelle tragédie de remplacer un
déchet pendant que la nature s'efforce de guérir en l'éliminant !
Un autre essai de laboratoire important
est celui qui dénote la présence de sucre dans les urines. On conclut au
diabète, phénomène toujours mystérieux pour les médecins.
Ceux-ci, au lieu de conseiller les sucres
naturels qui peuvent se combiner avec le sang et être utilisés par
l'organisme, font avaler aux diabétiques des œufs, de la viande, du
jambon... et arrivent parfois à faire mourir le patient de dénutrition
sucrée, en l'empêchant d'absorber les aliments naturels qui contiennent
ou qui produisent du sucre.
Que de peine ne faudra-t-il pas pour nous
débarrasser des idées fausses qui ont été gravées dans notre tête depuis
l'enfance !
Une autre manière de tomber dans l'erreur
consiste à rechercher un nom pour chaque maladie individuelle. Pour
entreprendre une cure naturelle de jeûne et de régime, le nom d'une
maladie n'a aucune importance. Puisque toute maladie résulte de la
présence de matières étrangères dans le corps, les choses qu'il faut
savoir sont les suivantes : quelle est la quantité de ces matières qui
encombrent le patient ; jusqu'à quel point empêchent-elles le système de
fonctionner ; quelle est leur nature ; quel est le point d'abaissement
de la vitalité. Dans le cas de tuberculose ou de cancer, il faut savoir
si les tissus eux-mêmes sont atteints. Leur décomposition se manifeste
par l'apparition du pus et des microbes correspondants.
Des centaines de malades ont l'habitude
de consulter plusieurs médecins, dont chacun fait un diagnostic et
classe la maladie sous un nom différent.
On heurte parfois les patients, on les
surprend toujours en leur disant : votre diagnostic facial peut indiquer
exactement ce dont vous souffrez, et vous le verrez vous-même dans le
miroir magique d'ici quelques jours.
El ayuno limpia el
cuerpo de podredumbre y lo mantiene sano eliminando todo lo indeseable
acumulado en el cuerpo durante años de alimentación inadecuada, también en
el ayuno se elimina la materia astral inferior del hombre, provenientes de
la alimentación carnívora y del consumo del café, tabaco y alcohol; si bien
un proceso de completa purificación de los cuerpos puede llevar años, según
el grado de envenenamiento del cuerpo.
En la Medicina AYURVEDA, que es la medicina que se practica en India por las
enseñanzas que dejaron los VEDAS, esa gran cultura y civilización especial ,
se aconseja que se Ayune un día a al semana para tener una muy buena salud
La mayoría de las religiones tienen como
bien el de ayunar , cada una lo practica y lo dispone de un modo diferente y
hasta tienen propósitos un poco diferentes , pero lo importante es ayunar,
en la Iglesia Cristiana se tiene como bien Ayunar antes de cualquier evento
de carácter Espiritual , como: antes del miércoles Santo de ceniza y la
comunión, en el Islam se realiza un mes entero de Ayuno que se conoce como
RAMADÁN, También el Nuevo y Antiguo Testamento consideran al Ayuno como
señal de Humildad y penitencia ante DIOS, en los mensajes Marianos siempre
la Virgen Maria lo aconseja como preparación para la segunda venida de su
hijo Jesuscristo, en las culturas indígenas los Chamanes lo utilizan tanto
para ellos como para sus adeptos antes de realizarse un rito de iniciación
sagrado o para la toma de alguna sustancia enteo gena como el YAGHE. Las reacciones que provoca el ayuno son
fisiológicas y completamente normales. Lo que le ocurre es que el organismo
moviliza sus propias reservas de calorías para conseguir la energía que
necesita. Por lo tanto ayunar voluntariamente no es pasar hambre, ya que
durante el Ayuno desaparece el apetito. Y tampoco supone entrar en un estado
de debilitamiento o desnutrición, pues esta situación sólo se produce cuando
no se dispone de reservas. Tampoco se producen carencias de elementos
esenciales , ya que nuestro cuerpo tiene reservas.
Esta movilización de las reservas que hemos acumulado permite una
regeneración o limpieza interna. Por eso, el Ayuno tiene un efecto
depurativo sobre el organismo. Además , al verse liberado del trabajo de la
digestión, dispone de un aporte de energía extra que puede utilizar para
otras funciones con mayor eficacia.
El primer hecho que se constata es que el organismo tiene reservas. Estás se
acumulan en el organismo en forma de glucosa, grasas o proteínas
Los propósitos del ayuno son muchos : por
salud, de higiene, a nivel anímico, sociales y espirituales , y cada uno de
ellos no se puede separar del otro, van interrelacionados, pero los
principales son 2: por Salud y Espiritual , de hecho el espiritual fue el
mas usado antiguamente, ahora las medicinas alternativas y naturistas lo
aconsejan y utilizan mucho pues han encontrado en el un método eficaz para
la desintoxicación del organismo y para curar y ayudar a mejorar un sin fin
de enfermedades. El propósito del Ayuno en la parte
Espiritual: Es el de sacar todo lo venenoso, podredumbre, vibraciones
astrales inferiores y energías negativas, y la Fuerza Vital de la naturaleza
echará del cuerpo todo lo indeseable para que teniendo un cuerpo mas sano y
purificado, el SER se manifieste mas claro y profundo y así el cuerpo
sea digna morada del Espíritu Santo, así como el hombre que construye una
casa nueva , y hecha primero los cimientos de la casa vieja y levanta
nuevamente sólidos cimientos para construir con materiales nuevos una morada
nueva digna donde vivir, así el Ayuno hecha todo lo que no sirve y estorba y
construye un nuevo templo con materiales nobles al Espíritu para que pueda
vivir en el cuerpo y se manifieste mas claramente.
El propósito del Ayuno en la parte Física: Es el de por medio de al acción
de abstenerse de alimentos permitir que el organismo descanse de la labor
diaria de alimentación activando las capacidades de desintoxicación ,
eliminación y renovación y así mejorar la salud y ayudar al proceso de
algunas enfermedades y curar otras.
Beneficios del AYUNO Físicos:
• Ayuda al organismo a
vencer las infecciones
• Elimina la materia astral inferior y vibraciones negativas
• Purifica los cuerpos sutiles
• Limpia el cuerpo
• Clarifica y fortifica la mente y los sentidos
• Saca los venenos del organismo por años de alimentación inadecuada
• Quema la basura que estorba el flujo de la sangre
• Normaliza y purifica al sangre
• Revitaliza el cuerpo por el ahorro de energía que se hace
• Se experimenta modificaciones hormonales que estimulan los
mecanismos de desintoxicación hepática
• Variaciones en el nivel de acetona actúan sobre el cerebro,
produciendo sustancias que estimulan la capacidad curativa del
cuerpo
• Activa eliminaciones en general y en especial las de las materias
morbosas del organismo
• Da un reposo completo a los órganos vitales
• Para la absorción de alimentos que se descomponen en los
intestinos e intoxican después el cuerpo
• Vacía las vías digestivas y elimina las bacterias de putrefacción
• Da a los órganos de eliminación la oportunidad de poner al día su
trabajo y facilitar la eliminación
• Restablece la química fisiológica normal y las secreciones
normales
• Rejuvenece las células y tejidos y regenera el cuerpo
• Permite la conservación de la energía y la canaliza de una forma
mas adecuada
• Aumenta los poderes de digestión y asimilación
• Mejora le funcionamiento general del cuerpo
Lo mas importante que se tiene que
tener en cuenta para cualquier tipo de ayuno es la salida y entrada de este,
tiene que ser lenta , suave y paulatinamente, tiene que hacerse con jugos de
frutas o frutas frescas, si se prefiere y es muy aconsejable al día anterior
antes de hacerse el Ayuno , comer lo mas ligero posible para ir
preparando el cuerpo para el otro día en el que vamos a Ayunar, y en el
momento de la comida tomar solo un jugo de alguna fruta o comer alguna fruta
y tomar mucho agua, también es importante no comer nada después de las 10:00
pm para una mejor preparación , pero si se puede tomar agua, y entre mas ,mejor.
Si lo vas a realizar por vez primera es mejor que antes te vallas preparando
suprimiendo una o 2 comidas en el día por semana , y ve aumentando poco a
poco con el fin de que no se resienta el estomago, hasta que puedas llegar a
suprimir el alimento por un día, comenzando lo puedes realizar una vez por
mes y luego , cada 20 días, 15 días y si lo prefieres una vez por semana,
los Ayunos prolongados son mejor realizarlos en épocas de vacaciones donde
se le va a dedicar todo el tiempo al proceso y para el trabajo espiritual en
Semana Santa o antes como previa preparación, pues es una época muy especial
al igual que el 25 de Diciembre donde ciertas Energías Cósmicas llegan al
planeta y al estar en estado de purificación se canalizan y se captan mejor
Es el acto de
abstenerse de probar alimentos en un determinado plazo.
Este obra en el
cuerpo dejando descansar al organismo de la diaria labor digestiva
para que las energías que deban gastarse en la elaboración de
alimentos actúe en las funciones de eliminación y purificación
orgánica.
El ayuno es el purificador más eficaz y sencillo, imponiéndose su
práctica en dolencias agudas. Este debe ser regulado por los niños,
por su instinto. Cuando el niño no quiere comer, hay que esperar que
pida alimento, y no obligarlo a comer comidas.
Cuando el animal
está herido o enfermo, se abstiene de alimentartse, hasta que vuelva
el hambre. El ayuno puede ser de uno o varios días seguidos, un día
cada semana, o cada quincena o cada mes. Puede ser absoluto, sin
comer nada sólido, bebiendo sólo agua y jugos de frutas. El ayuno
con frutas deben observarlo los niños en caso de inapetencia, o con
cualquier dolencia. También es necesario en todo enfermo que guarda
cama.
Es conveniente alternar el
ayuno con respiraciones profundas, baños de aire, de luz y de sol,
ya que el organismo incorpora sin desgastes, por pulmones y piel el
sutil alimento de la atmósfera y del sol, reemplazando con ventajas
la nitrición intestinal.
El ayuno mormaliza
y purifica la sangre, activando las eliminaciones generales y
favoreciendo la eliminación de materias morbosas.
Combate la fiebre interna, permitiendo descansar el aparato
digestivo, cuya actividad forzada congestiona sus mucosas,
originando el desequilibrio térmico del cuerpo.
REGLAS PARA EL AYUNO
Limpieza interna y
externa.
Actividad normal
Respiración profunda , sin forzar ( 6 ó 7 más o menos) tres veces al
día. Inspirar, contar hasta cuatro, retener contando hasta siete y
exhalar contando hasta cuatro.
Prepararse antes del ayuno, consumiendo exclusivamente alimentos
naturales, que actúen como laxantes estomacales: ejem: linaza,
tamarindo.
Tome MAGNESOL (125 cc.), Cloruro de Magnesio 100% puro, tres días
antes del ayuno. mañana y tarde por sus propiedades desintoxicantes
, laxantes, tranquilizantes, y porque elevan las defensas por la
acción sinérgica con el Zinc en el MAGNESOL.
PUEDE SER PELIGROSO EL AYUNO?
La mayoría de las personas lo tolera bien, pero en algunos casos se
ha demostrado que puede ser desaconsejable, dadas ciertas
condiciones, y especialmente en lo que respecta a las personas con
antecedentes de problemas cardíacos, hepáticos o renales. Si la
persona goza en general de buena salud, y cuenta con la supervisión
de un profesional, difícilmente correrá peligro ayunando.
El hambre se siente durante los tres primeros días de ayuno, después
de los cuales declina de modo que a cuatro a cinco días de iniciado
apenas se percibe o se le nota en absoluto.
PORQUE
SE AYUNA?
Para buscar revelaciones espirituales.
Para adquirir dominio de uno mismo.
Para reforzar la autoestima.
Para dar descanso total al sistema de nuestro cuerpo.
Para dejar que el cuerpo se cure y sane.
Para agudizar los sentidos.
Para observar ritos religiosos.
Para dormir mejor.
Para purificar el cuerpo.
Para sentirse mejor, física y mentalmente, tener tiempo y dinero y
servir.
Para obtener más de la sexualidad.
Para verse y sentirse más joven.
Para aliviar las tentaciones emocionales.
Para nutrir el alma y controlar la mente.
CLASES DE
AYUNO.
Existe un solo
tipo de ayuno, el que instauró la naturaleza: la abstención de todo
tipo de alimento y el uso único de agua. Sin embargo, es menester
señalar variadades de ayuno.
1.- Variante de Base de jugos y extractos.
2.- Variante a base de infusiones, caldos, vegetales.
3.- Variante a base de agua con miel y agua con limón sin dulce.
4.- Variante en la que se emplea todo lo anterior, según sea el caso.
5.- Otras modalidades a base de agua destilada y suero, aguas
minerales, salvia.
El consumo de té o café no es conveniente durante el ayuno, ya que
estimula el sistema nervioso central, con la cafeína y teína,
elementos tóxicos para su organismo.
Los Incas en el Antiguo Perú ayunaban en las lunas nuevas para
desintoxicarse durante 24 horas.
ANTECEDENTES DEL AYUNO.
Lo practicaban los Aztecas, Egipcios, Esenios, Persas, Espartanos,
Indios Americanos y Celtas, entre otros. Es asimismo una Tradición
que forma parte de las grandes religiones: el Cristianismo (Cuaresma),
Islamismo (Ramadam), el Judaísmo lo incluye aún en sus prácticas
rituales. Mahoma decía que el ayuno y la oración eran los únicos
medios para llegar a la liberación de uno mismo. El ayuno aparece
también en la Biblia, practicado por profetas como Moisés, Elías y
el propio Jesucristo.
Los grandes
médicos de la historia han alabado el ayuno. Hipócrates afirmó: "Si
alimentamos al enfermo, alimentamos también la enfermedad". Plutarco
señala: "Ayunar preferentemente antes de recurrir a la medicina".
Platón sostenía que los ayunos regulares mejoraban la capacidad
física y mental; y como dice Mateo en la Biblia: "Arréglate mejor y
no comentes que estás ayunando".
El objeto del ayuno es darle
oportunidad a las energías del organismo para eliminar los desechos
que dañan los cimientos del cuerpo.
El ayuno da poder a la intercesión. El ayuno y la oración nos
purifican y nos preparan para la cosecha. Los beneficios del ayuno
son numerosos. El ayuno trae el cuerpo a sumisión, rompe barreras y
nos ayuda a enfocarnos en Dios. Libera a los cautivos y rompe todo
yugo
EL AYUNO Y LA ORACIÓN...
¡LA LLAVE PARA EL PODER
La llave para caminar en el poderoso terreno espiritual donde
nada es imposible para usted es la oración y el ayuno
La llave para recibir todo lo que usted pide es la oración y el
ayuno
Jesús le dijo a Sus discípulos que la clase
de fe que era capaz de liberar a aquel muchacho y desatar el poder
de Dios en sus vidas, donde NADA es imposible para ellos viene
solamente a través de ¡la oración y el ayuno!
Jesús dijo que a través de la oración y el ayuno la fe que mueve
montañas, es desatada en nuestras vidas y nada será imposible para
nosotros
"Mirad también por vosotros
mismos, que vuestros corazones no se carguen de glotonería y
embriaguez y de los afanes de esta vida, y venga de repente sobre
vosotros aquel día. Porque como un lazo vendrá sobre todos los que
habitan sobre la faz de la Tierra. Velad, pues, en todo tiempo
orando que seáis tenidos por dignos de escapar de todas estas cosas
que vendrán y de estar en pie delante del Hijo el Hombre ".
(Lucas 21:34-36)
El ayuno, combinado con la
oración fervorosa, tiene gran poder; puede llenar nuestra mente con
revelaciones del Espíritu y fortalecernos contra los momentos de
tentación".
El ayuno y la oración nos
sirven para desarrollar en nuestro interior la valentía y la
confianza; pueden fortalecer nuestro carácter y cimentar nuestro
autodominio y disciplina. Muchas veces, cuando ayunamos, nuestras
oraciones y peticiones justas adquieren un poder aún mayor. Los
testimonios crecen; maduramos espiritual y emocionalmente, y
santificamos nuestra alma. Cada vez que ayunamos, obtenemos un poco
más de control sobre nuestros apetitos y pasiones mundanos.
El
ayuno y La Luna
El ayuno es una técnica
milenaria de sanación, relacionada. estrechamente con la Luna. Su
función principal es desintoxicar el. organismo
Los yoguis, los monjes y
los iniciados saben que en estos días no se debe comer ya que son
los días adecuados para que el organismo reabsorba los residuos
pegados en las paredes intestinales y a la vez para que, al
eliminar estos residuos pútridos, el cuerpo recobre su
funcionamiento vigoroso. Hasta los animales se purgan y dejan de
alimentarse en estos días. Incluso podemos observar que en tales
fechas estamos un poco inapetentes y comemos mas bien por ansiedad
El ayuno perfecto es sin
agua y sin ningún alimento desde la noche anterior hasta la mañana
del día siguiente. Se corta el ayuno generalmente con limonada con
una pizca de sal, o algún jugo de papaya, para ayudar a los
intestinos o piña para desintegrar los residuos de alimentos no
digeridos.
Luna llena:
Ayuno de 26horas o mas,
36 horas , 48 horas.
Se debe
comenzar una (1) hora antes de que cambie de fase la luna y durante
las veinticinco (26) horas seguidas o mas y sin interrumpirse.
Durante las horas que dura el régimen no se debe comer ningún tipo
de alimento sólido, pero si se pueden tomar líquidos (agua mineral,
mate y infusiones.
La Dieta de la Luna
llena consta en realizar un ayuno durante 26 horas
o mas a partir del cambio de fases de la luna, es
decir un día completo Durante este periodo se debe ayunar
El efecto es desintoxicar el organismo
Cuarto creciente:
Ayuno de 12
horas o mas, 24 horas.
Mientras la Luna va
decreciendo en luz, el cuerpo también tiene tendencia a desprenderse
de todo lo que sobre: es más fácil eliminar
líquidos, grasas y toxinas, por lo que si ha
pensado en iniciar una dieta de adelgazamiento o una cura de
desintoxicación es buen momento para llevarlos a cabo.
Cuarto menguante:
LUNA MENGUANTE:7 a 10 días después de la luna llena. También
llamada Luna último cuarto menguante
Este período es también ideal para realizar el ayuno de la "dieta de la luna" ya que el
organismo resistirá mejor y te ayudara a mantenerte con el peso
deseado.
Ayuno de 12 horas
Luna nueva:
Ayuno de 26horas o mas,
36 horas , 48 horas.
El efecto adelgazante no
viene determinado tan sólo por el día de ayuno semanal, sino también
porque no comer en esas horas potencia notablemente los efectos
desintoxicantes del ayuno, incrementando de forma decisiva la
pérdida de peso
Los fluídos que contiene
nuestro organismo son una réplica perfecta del antiguo mar ancestral
con las mareas biológicas altas y bajas controladas por la luna. La
concentración de sodio, potasio y cloruro en nuestra sangre, el
cobalto, el magnesio y el cinc en nuestros tejidos son los mismos
elementos que alguna vez se esparcieron en todo el primer océano que
existió en la tierra
Los judíos, los
cristianos y los hindúes, observan el año solar, ya sea directamente,
ya por medio de un intermediario, es decir, de un calendario lunar
con días intercalados de tal forma que el tiempo del ayuno vuelve
siempre en la misma estación. Los musulmanes siguen un calendario
puramente lunar y, en consecuencia, el mes de ayuno, el Ramadán,
pasa sucesivamente por todas las estaciones del año. ¿Cuál de
estos dos sistemas es preferible?.
El globo terrestre sobre el que vivimos, no tiene en todas partes el
mismo clima. El hombre sufre temperaturas extremas, demasiado calor
o demasiado frío. Las estaciones cálidas y frías diferencian una
región de otra. Así, el invierno es una época agradable en la Meca,
pero no lo es cerca de los polos (Canadá, norte de Europa), el
verano es la mejor estación cerca de los Polos, pero no ocurre así
cerca de Ecuador y en los desiertos arenosos. La primavera puede ser
una estación templada, pero muchos países próximos al Ecuador (el
sur de la India, por ejemplo) no la conocen, pues no hay allí mas
que tres estaciones: el verano, el invierno y la estación de las
lluvias.
En una religión universal, el tiempo correspondiente a una estación
constante, traerá consigo ventajas constantes a cierta gente, siendo
molesto de una gran manera u otra a los habitantes de ciertas
religiones. Pero, si las estaciones de ayuno de ciertas regiones
cambian regularmente, habrá alternancia entre las ventajas y las
dificultades, y nadie tendra problemas con ello. Por otra parte,
esta rotación acostumbra a cada uno a ayunar en toda estación.
Este habito, esta
capacidad de abstenerse de beber y de comer durante una guerra, o un
asedio durante una huelga de comerciantes de víveres, de empleados
de aguas, etc.
Por otra parte, los que han viajado saben que las estaciones no son
las mismas en todas partes, en el mismo momento.
Yo estaba escribiendo en enero, mientras la radio anunciaba que en
ciertas partes de Europa hacia 40 bajo cero, cuando en la Argentina
hacia 40 sobre cero.
Las estaciones son diferentes en una parte y en otra del Ecuador:
cuando es invierno en el hemisferio norte es verano en el hemisferio
sur. Si el Islam hubiera decretado el ayuno en enero de cada año,
pongamos por caso, seria siempre invierno para algunos musulmanes y
siempre verano para otros.
Si el Islam hubiera decretado ayunar, por ejemplo, en invierno,
algunos ayunarían en enero y otros en julio. Esto supondría
dificultad continua y ausencia de unidad.
Si alguien en París 29 días durante el invierno y llegase a Africa
del Sur tras unas horas de vuelo, ninguna mezquita hubiese preparado
en ese lugar la fiesta del 'Id, ya que allí no sería la época de
hacer el ayuno. Yo no podría de la misma forma evitar por completo
ayunar de la manera siguiente: me marcharía de París a finales de
diciembre (en cuya ciudad seria enero un mes de ayuno) para pasar un
mes en Africa del Sur. En febrero volvería a París y olvidaría
tranquilamente el ayuno de julio que seria aplicado en Africa del
Sur o en América del Sur, pero no en el hemisferio norte, donde se
encuentra París).
En otros términos, que ninguna comunidad mundial sabría observar el
ayuno basándose en el año solar, sin causar dificultades a sus
fines. Un ayuno basado en el año solar convendría a una religión
regional ya que en este caso no se tiene la ocasión de practicar el
ayuno en diferentes estaciones.
Un calendario lunar
parece pues razonable y mejor adaptado a los intereses de la
sociedad. Constituye al mismo tiempo la única solución practicada
por una comunidad universal.
EL SENTIDO DEL AYUNO. .
Que nuestro ayuno sea,
por tanto, única y exclusivamente cumplido para agradar a Dios y
seguir sus mandatos.
ASPECTOS ESPIRITUALES.
La experiencia demuestra que los ciegos tienen a menudo mejor
memoria que los videntes y que algunos de sus sentidos están más
desarrollados que los de aquellos hombres con plenas facultades
visuales, en otras palabras, que si algunas capacidades del
individuo. Lo mismo ocurre en las relaciones entre cuerpo y alma:
con la debilitación del cuerpo se fortalece el alma.
Cuando se ayuna, la conciencia se ve espoleada ante el mal y se
resisten mejor las tentaciones. Por otro lado,
el ayuno conduce a pensar
mas en Dios, a practicar mejor la caridad y a saborear la alegría de
la obediencia a Dios.
Cuando el hombre ayuna, renuncia a sus satisfacciones personales
para practicar la caridad con los demás, ayudar a los desdichados,
dar de comer a los pobres y realizar otras acciones piadosas que le
proporcionan una serie de cualidades humanas indescriptibles.
Waliyyullah Ad-Dihlawi ha sido, en el siglo XVIII una personalidad
dominante. Sabio universal y gran místico, respetado por todos, nos
ha dejado numerosas obras de gran valor sobre la filosofía de la
religión musulmana. En su celebre obra Hyyatullah Al-Baligah (11,36
sobre el ayuno) ha emitido algunas ideas brillantes sobre los
aspectos espirituales de esa practica, que traducimos literalmente:
"Considerando que el exceso de animalidad impide a la naturaleza
angélica brotar, era necesario que se tratara de dominar su
propia animalidad, teniendo en cuenta que el exceso de animalidad y
su acumulación tenia su origen en la nutrición, en la bebida y en el
abuso de los placeres de la carne, el ayuno realiza lo que no puede
hacer la abundancia de la nutrición.
Por consiguiente, el
método adecuado para dominar la faceta animal del hombre consiste en
darse cuenta de las causas que producen el exceso de la misma. Por
esto, hay unanimidad entre todos los que desean ver brotar la
naturaleza angélica del hombre, que para ello hay que disminuir los
aspectos contrarios como son la alimentación excesiva, la bebida,
etc. En esta cuestión no hay diferencia entre los distintos pueblos
del mundo a pesar de las diferencias de religión y la distancia que
separa a los diversos países.
La dieta de la luna llena
A
base de liquidos permite al organismo perder agua extra en las
celulas y no recuperarla. Es un regimen antirretencion de agua.
La dieta de
la luna nueva,
Mas consistente, actua en la eliminacion del
agua, toxinas y grasas y beneficiar la funcion de las grasas.
La gran ventaja de estas dietas especificas es poder romper con la
rutina tradicional, de "espertar"al organismo y obligarlo a utilizar
a fondo su capital enzimatico (las enzimas sirven para digerir y
asimilar los alimentos). Ademas, este tipo de dietas es mas aceptada
por nosotros, que las dietas de larga duracion, muy equilibradas
pero monotonas. Aqui, se tiene menos la impresion de privarse de los
alimentos.
La Luna también tiene una
gran influencia en el plano espiritual. Dada su influencia en el
estado de ánimo y en los ciclos naturales, desde la prehistoria, ha
sido fuente de inspiración para los humanos. De una forma instintiva
la humanidad ha vuelto sus ojos hacia ella pidiendo consuelo y ayuda
El ayuno
Es una
técnica milenaria de sanación, relacionada estrechamente con la luna.
El ayuno es una
buena medida para desintoxicar y restablecer el cuerpo. Si quiere ayunar,
beba mucho líquido (especialmente agua) porque todos los órganos que ha
de desintoxicar lo necesitan. Pero preste atención al “momento idóneo”:
en general es mejor ayunar en cuarto menguante, (consultar calendario
lunar) porque el cuerpo está más dispuesto a desintoxicarse.
La cuaresma, época de ayuno
después de carnaval, es un período especialmente propicio que está
marcado por la última luna de invierno o la primera del año chino,
durante el cual es especialmente eficaz mantener una “dieta absoluta".
También los
días que van desde el primer domingo de adviento al 24 de diciembre (el
menos conocido, el ayuno de adviento) son muy adecuados para llevar una
vida un poco más sobria y desintoxicarse.
La
desintoxicación del cuerpo (ayuno de un solo día) será mucho más eficaz
si se realiza el día de luna nueva. En cambio, en luna llena el cuerpo
asimila muy bien todas las sustancias que se le incorporan. Por eso, en
estos dos días es mejor comer poco o nada.
Ayunar teniendo en cuenta las
estaciones
Tiempo de ayuno
al comienzo de cada una de las cuatro estaciones del año: Primavera
Verano Otoño Invierno
Contrariamente a la idea
que tenemos, el ayuno es más fácil de llevar de lo que imaginamos pues
la sensación de hambre física desaparece el 1º ó 2º día de ayuno
Todas
las civilizaciones de cualquier época, y todas las religiones, han
incluido dentro de su cultura y prácticas algunos días de ayuno. El
ayuno ha tomado parte de la vida diaria en la humanidad desde siempre,
especialmente en los momentos rituales.
La cuaresma
no es más que un recuerdo de aquellos tiempos. El
ayuno no es
nada nuevo en la sociedad humana, desde hace miles de años culturas
tanto de oriente como de occidente tenían integrados diferentes periodos
de ayuno
El ayuno era
practicado regularmente por Aristóteles y Platón para alcanzar la eficacia
mental y física, Pitágoras ayunó 40 días, inclusive, sugería a sus alumnos
que antes de iniciar sus enseñanzas también lo hicieran.
Plutarco afirmaba que "en lugar de
emplear medicinas era preferible ayunar". Tanto en el Antiguo como en
el Nuevo Testamento, hay diversas alusiones al ayuno prolongado de Moisés,
David, Elías, Nehemías, Daniel, Juan, Jesús y los apóstoles
El ayuno era una práctica religiosa
para los aztecas, mayas, los Incas del Perú y otras tribus y culturas
americanas,
también lo practicaban en las Islas del Pacífico y se han
encontrado evidencias del ayuno en China y Japón mucho antes de su contacto
con el Budismo.
Mientras el líder nacionalista hindú, el Maestro Mahatma Ghandi, comprendió
el valor terapéutico del ayuno y frecuentemente ayunaba para estos
propósitos también lo hacía como "purificación" o ayunos de penitencia y por
razones políticas con las que confrontaba a Inglaterra como mecanismo de
presión para que acceda a sus demandas. Él inclusive ayunó por la
purificación de India dejando de lado sus razones de limpieza personal.
En palabras de Pedro Laín Entralgo, gran especialista en Historia de la
medicina y en Antropología médica: " A comienzos del siglo XIX....Vigente
desde los hipocráticos, la restricción alimentaria en las enfermedades
agudas seguía siendo la regla..." (Historia de la Medicina, pág.534. P. Laín
Entralgo. Masson-Salvat)
En el libro "Ayuno: La Dieta Máxima", escrita por Dr. Alan Cott, él dice:
"Debemos devolver el ayuno al sitio
que ocupó en una antigua jerarquía de valores 'que están por encima de la
medicina'.
Tenemos obligación de redescubrirlo y restaurarle su honor porque es
una necesidad. Un ayuno benéfico de varias semanas,
como se practicaba en los primeros días de la Iglesia, era para dar fuerza,
vida y salud al cuerpo y al alma de todos los cristianos que tenían el valor
de practicarlo."
Por ello, debemos de entender el ayuno más que como un tratamiento, tanto
más que el hombre no es únicamente cuerpo, ni únicamente espíritu, ambos
unidos y la consecución del bien exclusivo del uno y no del otro, destruiría
el equilibrio; en consecuencia el interés verdadero del hombre exige la
armonía entre el cuerpo y el alma y su asociación, por tanto, el ayuno ha
sido siempre utilizado en la triple vía de "limpieza" corporal,
descontaminación mental y claridad espiritual.
El organismo sano tiene siempre un depósito de reservas nutritivas
necesarias que le ayudan a salir del apuro cuando se encuentra por necesidad
durante varios días o semanas sin alimentos. Durante el ayuno el organismo puede
curarse y normalizarse a sí mismo con más rapidez y eficacia.
Se pone
al día en los retrasos de eliminación de sustancias de desecho y tóxicas y
en la reparación de tejidos y órganos.
Con el ayuno el cuerpo no deja de alimentarse ya que se alimenta de sus
propias reservas. Se alimenta de su propio interior. Mientras existen
reservas almacenadas en el cuerpo hablamos de ayuno. Cuando las reservas se
agotan, el cuerpo comienza a digerir las partes y órganos más vitales. Este
periodo es conocido como inanición. La inanición no aparece, en una persona
con una constitución más o menos normal, antes de las cuatro semanas. En
lanaturaleza, en el medio silvestre o salvaje son muy frecuentes los
periodos de ayuno. "Hay un momento para cada cosa, un momento para comer y
un momento para ayunar". Los animales que hibernan (oso, marmota, lirón) se
pasan largos periodos sin ingerir alimentos, sólo asimilando las sustancias
nutritivas acumuladas en sus células, tejidos y órganos. Las semillas
asimilan sus propias reservas para germinar o brotar en la primavera.
En el ayuno hay una autolisis, proceso mediante el cual el cuerpo se
alimenta de sus propias reservas.
Al contrario de lo que puede parecer, en el ayuno no se pasa hambre. Después
de muchos años asesorando ayunantes no he visto que la persona pase hambre.
Cuando se mantiene la sensación física de hambre apenas dura más de unas
horas. Pocas veces dura 24 a 36 horas como máximo.
En el momento que el cuerpo hecha mano de sus grandes recursos grasos
desaparece la sensación de hambre. Más adelante no hay sensación hambre
durante el ayuno, aunque algunas personas sienten algo así como "hambre
psicológica". Incluso, aunque parezca mentira, hay muchas personas que
mientras ayunan disfrutan de ver comer a otros o de hablar de comida o
recetas.
Todo depende del carácter de la persona, así como de la predisposición y los
motivos para hacer el ayuno.
Por la noche, descansamos, dormimos y ayunamos. Durante el día gastamos
nuestra energía en la actividad de vigilia, en el movimiento, en la
actividad laboral, en nuestros problemas emocionales, en nuestros
pensamientos, etc. Por la noche el cuerpo descansa y toda la energía de esas
horas de reposo y ayuno se dirige hacia la recuperación, eliminación, y
regeneración de lo gastado durante el día.
El cuerpo se gasta y se consume de día, y se recupera de noche. Durante la
noche, las fuerzas formadoras regeneran y reconstruyen el organismo.
Los niños pequeños que necesitan mucha energía para sus procesos metabólicos
y de crecimiento, duermen mucho. El cuerpo recupera en el descanso de la
noche lo que gastamos y "enfermamos" durante el día, y durante ese periodo
el cuerpo descansa físicamente, y también descansa fisiológicamente.
Proceso éste último que conocemos como periodo de ayuno y que termina con el
desayuno (des-ayuno).
La curación es un
proceso biológico y el ayuno posibilita que el cuerpo ponga en marcha todos
los mecanismos de desintoxicación (limpieza) y regeneración. Cuando una
persona ayuna no gasta energía en el proceso de digestión y asimilación de
nutrientes y esa energía que ahorra la invierte en los procesos de
eliminación y autocuración. Todo ello lo hace guiado por la inteligencia
somática, esa misma inteligencia que hace que nuestro corazón lata, de día y
noche, que nuestros riñones filtren la sangre de desechos o que el hígado
tome las sustancias necesarias para reconstruir el cuerpo y sus funciones y
neutraliza las sustancias tóxicas ingeridas, y todo ello sin que mentalmente
o conscientemente tengamos que decirle como hacerlo.
Esos mismos órganos, al no tener que trabajar en la digestión y asimilación
de alimentos, recanalizan su energía hacia los procesos de curación. En
resumen el ayuno no cura, es el cuerpo como organismo vivo que es el que
pone en marcha todos los procesos de autocuración mientras ayunamos.
Ocurre con cierta frecuencia que al ayunar aparecen síntomas de
desintoxicación y curación que con frecuencia confundimos con enfermedad:
nauseas, a veces vómitos, dolor de cabeza, sensación de lengua blanca, boca
pastosa, orina muy oscura y olorosa. Todos estos síntomas indican que el
cuerpo esta en proceso de limpieza. Lo mismo le ocurre a un alcohólico o
toxicómano cuando deja de beber o utilizar la droga, su cuerpo entra en un
proceso de limpieza al que llamamos síndrome de abstinencia. Cuando la
persona deja de tomar alcohol, café, fritos, grasas, embutidos, conservas,
sal, y va comiendo menos o deja de comer pueden surgir los síntomas dichos
que no son más que procesos de desintoxicación o limpieza que confundimos
con síntomas de enfermedad.
Estos síntomas muestran la capacidad de respuesta del organismo dirigido a
eliminar la sustancias de desecho y tóxicos ingeridos en forma de estos
"comestibles", y le llevamos asi ya que a muchos de ellos no podemos
llamarles
alimentos
La
médecine actuelle qui a atteint un très haut niveau de sophistication et de
compétence dans le domaine de la réparation du corps physique, n’est pas la
plus indiquée pour donner cet enseignement. Les médecins connaissent tout
des maladies, mais n’ont jamais étudié les lois de la santé et de la vie !
Autrement dit, ce sont des spécialistes de la maladie, pas de la santé…
- il existe des moyens simples, naturels, peu coûteux ou gratuits et souvent
très anciens, pour conserver ou recouvrer la santé. Si certains se
développent rapidement, comme la phytothérapie, d’autres profondément
efficaces, comme le jeûne ou le nettoyage intestinal (irrigation du côlon),
sont largement méconnus dans notre pays alors qu’ils connaissent ailleurs la
faveur du public et d’un bon nombre de médecins qui ont la liberté de les
utiliser, ce qui n’est pas le cas chez nous.
Afin de mettre un coup de pied dans la fourmilière de notre immobilisme et
de notre apathie, Bernard Clavière a organisé la Croisade pour la santé, une
formidable aventure humaine mais aussi une action revendicative et éducative
forte : 500 km à pied, sans manger, de la Gironde à Paris, du 15 au 29
juillet 2008
JS
La prière et le
jeune fait des miracles
« Si nous ouvrons nos cœurs
à la beauté du ciel, de la terre et des dix mille choses créées, nous en
retirons une joie infinie, un plaisir dont nous jouirons sans cesse, nuit et
jour, de façon parfaite. L'homme qui trouve ses délices en cette
contemplation devient possesseur des montagnes et des cours d'eau, de la
lune et des fleurs; il n'a pas besoin, pour en jouir, de flatter les autres;
il n'a pas besoin de dépenser la moindre monnaie pour ces choses qui ne
s'achètent pas avec un trésor; il peut en user au contentement de son cœur,
sans les épuiser jamais; et bien qu'il en jouisse comme si elles lui
appartenaient, il ne se les voit disputer par aucun autre. C'est que la
beauté des montagnes et des rivières, de la lune et des fleurs, n'a jamais
été la propriété de personne. »
Le
Jeune le moyen le plus sûr et le plus « honnête
» pour arriver à la santé
A retenir l'haleine fraîche, gage d'une santé parfaite et la lumière
brillante des yeux, miroirs d'une âme pure et joyeuse.
Alors Jésus fut emmené au désert par l'Esprit, pour être
tenté par le diable. Il jeûna durant quarante jours et
quarante nuits, après quoi il eut faim. Et, s'approchant, le
tentateur lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, dis que ces
pierres deviennent des pains." Mais il répondit : "Il est
écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de
toute parole qui sort de la bouche de Dieu." (Matthieu 4,
1-4)
D' Ed. BERTHOLET
Lauréat de l'Université de Lausanne
LE RETOUR A LA SANTÉ
ET A LA VIE SAINE PAR
LE JEÛNE
LE CATÉCHISME OU LES DIX COMMANDEMENTS DU JEÛNEUR
I
/. Durant le jeûne, ce sont les forces
curatives de la nature qui sont à l'œuvre pour opérer la régénération de
notre corps. Le premier et le plus important devoir du jeûneur consiste
à ne pas contrarier ces efforts ; pour ce faire, il ne faut absorber
aucun aliment de quelque nature que ce soit ; il est nécessaire de
s'abstenir totalement d'alcool, de boissons fermentées (vins, bières ou
cidres), de thé ou de café (ces deux derniers breuvages sont très
nuisibles par leur caféine, corps toxique de la série des purines). La
plus petite quantité de ces substances paralyse déjà le travail
d'excrétion des cellules qui profitent du répit accordé par le jeûne
pour se débarrasser de leurs déchets. Le repos alimentaire doit être
complet sinon les organes sont entravés dans leur travail d'élimination
et de rénovation.
II
II. Il faut se rappeler que durant les premiers
jours de jeûne, les cellules malades ou affaiblies, les dépôts
d'acide urique et de poisons organiques, les gaz toxiques, produits de
combustion cellulaires, sont détruits et éliminés en masse, d'où les
crises de désintoxication avec leurs malaises particuliers : courbature
générale, céphalées ou vertiges dont il n'y a pas lieu
de s'effrayer, mais bien de se réjouir puisqu'ils
indiquent que la purification de l'organisme progresse normalement. Il
faut seulement avoir soin d'assurer un nettoyage complet du tractus
gastro-intestinal par des purges salines ou des lavements abondants.
III
III. La sensation de faim parfois très prononcée
au début du jeûne est une fausse faim à laquelle
il ne faut pas céder. // s'agit d'un besoin factice consécutif à l'irritation des muqueuses
gastro-intestinales par les produits toxiques éliminés. Une purge
copieuse ou un lavement sont les meilleurs remèdes contre de tels
malaises.
IV
IV. Il faut jeûner autant avec le cerveau
qu'avec le corps ; on doit surtout ne pas être obsédé par l'idée de manger
ou par le désir de faire de succulents repas. Ces pensées sont très
déprimantes pour le jeûneur qui aura beaucoup plus de peine à garder son
abstinence.
V
On doit bien se pénétrer de l'idée que la quantité de
graisse du corps ne fait pas la santé, que le poids perdu au cours de la
cure représente l'élimination des cellules malades, des tissus sans valeur,
des substances et des liquides toxiques qui encrassent l'organisme et
paralysent ses fonctions. La crainte de la faiblesse par inanition est à
écarter tout à fait ; pour s'en convaincre, il suffit de se rappeler que des
jeûnes ont été prolongés sans dommage jusqu'à plus de JO jours.
VI
Durant le jeûne on se souviendra que le corps
demande des soins et une hygiène physique parfaits afin de favoriser et
d'accélérer l'élimination des poisons organiques par les poumons et par la
peau. Le jeûneur doit vivre autant que possible à l'air pur, pratiquer des
respirations profondes, avoir les fenêtres toujours largement
ouvertes, se rappeler surtout que l'air ne doit jamais être vicié par la
fumée du tabac, des plus pernicieuses pour le jeûneur;
les soins de la peau consisteront en lavages à l'eau tiède ou chambrée, en
bains d'air ou de soleil, en massages généraux ; enfin un exercice modéré,
marche ou gymnastique en plein air, doit être pratiqué journellement.
VII
VII. Il faut se rappeler que le jeûne est
«
une opération sans couteau »; on doit donc se comporter en
conséquence, se reposer souvent, ne pas vivre dans l'agitation et
surtout ne pas veiller; le sommeil de la nuit est indispensable ;
même léger, il est très réparateur.
VIII
VIII. De même qu'on le fait après une opération,
la période de reprise alimentaire et la convalescence après une cure
déjeune devront être surveillées de très près. Le régime sera fruito-végétarien,
la viande étant exclue des menus pour plusieurs semaines, sinon
définitiviment supprimée. Il est recommandé tout
spécialement de ne pas commettre la faute, si fréquente, de vouloir
reprendre trop tôt la vie active; il faut absolument
laisser aux cellules nouvelles ou régénérées le temps de se fortifier et
de reprendre leurs fonctions, alors que par trop de précipitation on
risque de perdre une grande partie des bénéfices de la cure.
IX.
Durant le jeûne, ce ne sont pas seulement nos
organes physiques qui doivent se reposer et se rénover complètement, il faut
encore y ajouter le repos psychique, cultiver les pensées
élevées et les entretenir par des lectures appropriées.
X
X. Enfin le jeûne doit être le point de
départ d'une vie nouvelle, plus morale et plus spirituelle ; il doit
nous apprendre à ne plus commettre d'erreurs tant au point de vue de
l'hygiène physique que psychique. Le jeûne peut et doit nous
ouvrir la voie à une vie supérieure toujours plus dégagée de la
matérialité. Le jeûne nous apprendra à dominer nos passions
physiques : gourmandise, sensualité, tout aussi bien que nos défauts
psychiques : colère, envie, jalousie, haine. Le jeûne pratiqué en
pleine conscience de ses merveilleuses possibilités nous donnera la
vraie liberté spirituelle, partant la satisfaction et le
parfait bonheur.
EN CONCLUSION : Les bienfaits du jeûne sont immenses : Santé physique, rajeunissement corporel, forces nouvelles,
joie de vivre, aspirations plus élevées, esprit plus affiné, plus désireux
d'idéal.
Pour conserver tous ces biens précieux, il suffit de
ne pas retomber dans les errements passés et de vivre une vie hygiénique et
morale conforme aux lois naturelles.
« L'esprit sain dans un corps sain », aspiration de
tous les sages, est pleinement réalisée par le jeûne qui nous apprend de
plus que l'esprit peut dominer la matière et les sens. Par le jeûne nous
gagnons enfin la certitude que l'Esprit vient de l'Au-delà, du Divin, pour
retourner dans l'Au-delà et y continuer son évolution.
RESUME
Le Jeune un moyen
infaillible de rétablir leur santé, compromise par des erreurs alimentaires,
hygiéniques ou morales. Nous avons eu le plaisir d'aider ainsi de nombreuses
personnes qui ont compris et mis en pratique, pour leur plus grand bien, ces
règles de vie saine et sobre si simples et si riches en bénédictions
immédiates; de nombreux malades, dont beaucoup avaient été abandonnés par la
médecine officielle, ont recouvré la santé par la pratique de jeûnes de plus
ou moins longue durée.
Après bientôt quarante
ans d'expérience en cette matière, après avoir vu de nombreux malades
recouvrer la santé à la suite d'une ou de plusieurs cures de jeûne, nous
avons acquis la conviction que cette méthode merveilleuse, qui nous vient du
fond des âges, méritait d'être mieux connue pour le plus grand bien de
l'humanité tout entière.
On ne saurait trop
insister sur l'innocuité complète de telles cures qui apportent toujours au
jeûneur un soulagement immédiat quand ce n'est pas la guérison totale; les
résultats dépendent des forces de résistance et de réaction naturelles du
malade. Lorsque la cure est bien conduite, elle se solde toujours par un
grand bénéfice, un renouveau de force et de joie de vivre pour celui qui a
eu l'énergie de se soumettre à cette purification radicale.
Les dangers de la cure
de jeûne sont de purs mythes, entretenus par des ignorants ou par des gens
qui ont intérêt à ce que cette thérapeutique simple, naturelle, rapide et
radicale ne se généralise pas.
Il va de soi que la
cure doit être conduite d'une façon rationnelle pour donner tous ses effets
; le plus grand danger n'est pas, comme le vulgaire le pense, la période
d'abstinence de nourriture, mais celle de réalimentation qui est des plus
importantes, car à ce moment une reprise active de la vie trop rapide et des
erreurs alimentaires peuvent provoquer des troubles qu'il aurait été facile
d'éviter.
Si de courtes cures de jeûnes peuvent
être pratiquées à domicile, nous insistons toujours pour que les longues
périodes soient faites sous surveillance de médecins ou de thérapeutes ayant
longuement pratiqué la méthode.
Flourens, qui s'est
illustré par ses découvertes dans le domaine de la physiologie, auquel nous
sommes redevables d'une excellente étude sur les causes de la longévité
humaine, arrive à la même conclusion que : « c'est, en effet, l'ensemble des
bonnes habitudes physiques qui fait la santé, comme l'ensemble des bonnes
habitudes morales qui fait le bonheur. »
Ce n'est pas une panacée
chimique, médicamenteuse ou occulte quelconque qui nous apportera la santé
et le bonheur; ces biens précieux ne peuvent être et ne sont en effet que le
fruit d'une vie saine et pure tant au physique qu'au moral. Mens sana in
corpore sano, l'esprit sain dans un corps sain, est un vieil adage que
l'on cite à tout propos; malheureusement la majorité des humains semble ne
plus en comprendre l'exacte et dure vérité, ni la profonde philosophie.
Le
jeûne régulier procure « une force et une vitalité incroyables
Les fautes d'hygiène les plus
graves proviennent des excès de toute nature, mais celles dont les
conséquences sont les plus désastreuses sont à rechercher notamment dans
l'abus des plaisirs de la table et dans le culte excessif des jouissances
sexuelles; la gourmandise et la volupté ont abrégé la vie et conduit au
tombeau plus d'humains que la guerre, même la plus meurtrière.
La voix des sages de tous les
temps nous clame que, pour atteindre la sagesse suprême, l'esprit doit
dominer et asservir à son profit la matière ; c'est la seule façon certaine
et rationnelle de se procurer des jouissances pures, saines et durables. Il
faut « manger pour vivre et non vivre pour manger » nous enseigne avec
raison le bon Molière. C'est la même philosophie que nous inculque
avec une pointe d'ironie le professeur Edouard Raoux, de Lausanne,
lorsqu'il paraphrase le calembour latin : Modicus cibi, medicus sibi.
Mange peu, tu seras ton propre médecin, et qu'il écrit : « A quoi sert de se
conserver des poires pour la soif, si l'on n'a pas su, par l'hygiène, se
conserver de la soif pour les poires. » Les malheurs causés par
l'intempérance et la gourmandise sont si répandus, si fréquents que nous
trouvons dans chaque langue des adages destinés à mettre le peuple en garde
contre ces excès : Der Mensch gràbt sein Grab mit seinen Zàhnen ;
l'homme creuse sa tombe avec ses dents, nous dit un proverbe allemand,
proverbe que le DrDewey croit d'origine américaine,
preuve qu'il s'applique tant aux Germains qu'aux Américains.
La modération chez les anciens
était cultivée à l'égal d'une vertu primordiale; Hérodote nous
apprend que deux repas par jour étaient considérés par les sages de son
époque comme tout à fait suffisants. Socrate appelait « barbares
» ceux qui croyaient devoir manger plus de deux fois par jour; de notre
temps, le DrDewey, à la suite de ses consciencieuses
études sur le sujet, en arrive à émettre la même opinion.
Les Perses, d'après Hérodote
encore, n'auraient eu l'habitude de prendre qu'un seul repas par jour,
d'où leur endurance et leur vitalité toutes particulières.
Pour remédier à ces maux, il faut
donc apprendre dès le jeune âge à maîtriser ses passions et sa gourmandise,
et, lorsque, malgré tout, on a enfreint les lois de la vie saine et sage, il
faut, par la tempérance et par le jeûne, nettoyer son corps et
son esprit de toutes les impuretés engendrées par ces dérèglements.
Chapitre premier
Ancienneté et généralité de la
pratique du Jeûne
ÈS LA plus haute
antiquité on reconnut bien vite que la meilleure méthode pour se préserver
des maladies était la pratique de l'abstention alimentaire pour un temps
plus ou moins prolongé. Le
jeûne est le procédé de choix permettant un rapide et sûr nettoyage de
l'organisme, cela par des moyens simples conformes aux lois de la nature et
de la saine physiologie ; son
efficacité contre la maladie est telle que tout animal souffrant, guidé par
son instinct, s'y soumet de lui-même et refuse de manger tant que les
symptômes morbides sont aigus ; nos frères inférieurs, plus raisonnables en
cela que beaucoup d'humains, voire même de médecins, nous donnent ainsi un
exemple de conduite diététique des plus sages.
Afin de lui donner force
de loi, les fondateurs des religions, qui furent aussi des hygiénistes
avertis, ont tous incorporé le jeûne dans les prescriptions du rituel ; ces
jeûnes figurent encore sur la liste des observances de presque toutes les
religions actuelles, mais il est triste de constater qu'ils sont de moins en
moins observés d'une façon stricte et effective et que la majorité des
fidèles n'en comprend plus le sens pratique, purificateur et moral.
Cette incompréhension
s'étend même aux membres du clergé qui semblent, pour la plus grande
majorité, avoir perdu la connaissance effective des possibilités et de
l'utilité de jeûnes prolongés ; ainsi nous trouvons dans un des ouvrages de
l'« Encyclopédie théologique » de l'abbé Migne : le
Dictionnaire historique de la Bible, rédigé par le père Dont Augustin
Calmet, revisé et complété par l'abbé A. F. James, un article sur
le jeûne qui est typique à ce point de vue ; nous y lisons entre autres :
« On ne saurait assez
s'étonner de l'extrême relâchement qui est arrivé dans le jeûne parmi les
chrétiens, surtout dans l'Eglise latine. »
De plus, ces auteurs ne
paraissent considérer le jeûne que comme une pratique de mortification, ils
laissent trop dans l'ombre sa valeur purifiante tant corporelle que
spirituelle : « Le jeûne a été de tout temps et parmi toutes les nations un
exercice usité dans le deuil, dans la douleur, dans la tristesse. » Tel est
l'angle sous lequel ils l'envisagent en se privant de toute nourriture et de
toutes boissons), goûte la joie de sentir les sources de la sagesse se
déverser du cœur sur les lèvres. » Mais encore faut-il que cette pratique
soit faite en toute conscience pour porter tous ses fruits : « C'est un bien
pour vous de jeûner, surtout si vous le faites avec compréhension. »
Lorsque les musulmans se
rendent en pèlerinage à La Mecque ils sont astreints à trois jours de jeûne
durant le voyage d'aller et à sept jours pendant le retour.
Voici un précepte extrait
du Coran qui mérite d'être médité tant par les chrétiens que par les fidèles
d'Allah :
« La diète est le remède de
premier ordre ; l'estomac est le réceptacle des maladies ; on ne possède
jamais la santé en remplissant son estomac ; il ne faut pas s'épuiser par la
nourriture et la boisson ; manger trop est le père de tous les maux ; le
régime est le père des remèdes. »
Le Dr
P. de Régla, ayant longtemps vécu à Constantinople, y fit la
connaissance d'un sage musulman, le Khôdja Orner Haleby, abou Othmân,
dont il devint le disciple ; il traduisit et adapta en français son
remarquable ouvrage « El Ktab, le Livre des
choses connues et cachées»;
on trouve dans ce volume de nombreux passages où
les bienfaits du jeûne et de l'abstinence sont parfaitement mis en valeur :
« Gouvernez et modérez votre
ventre, dit-il, car c'est lui qui mine le corps, qui engendre les maladies,
qui fait négliger la prière. »
Pour lui, le médicament par excellence, c'est la faim et, la cause de
la maladie : « c'est entasser nourriture sur nourriture, charger un repas
sur un autre ». Il s'appuyait encore sur les paroles du Prophète : « Le vrai
croyant ne mange que pour un intestin, le mécréant mange pour sept
intestins. La sagesse et la raison ne sauraient être compatibles avec un
estomac chargé de nourriture. »
Mohammed avait coutume de dire :
« Le jeûne est la santé. »
A l'heure actuelle la pratique
d'un jeûne de quarante jours est encore très en honneur chez les Soufis.
Parmi les religions
modernes qui ont conservé des souvenirs du passé, mais combien affaiblis et
déformés, nous citerons les bouddhistes, les catholiques, les orthodoxes
avec leurs périodes de carême,, leurs jours maigres où l'on se croit obligé
de remplacer la viande défendue par d'abondant;s plats de poissons variés!
Les Israélites ont leurs
jeûnes nationaux : Purim et Jom-Kipour, soit une abstinence totale de
vingt-quatre heures.
Les mahométans ont le
Ramadan et de nombreuses prescriptions rituéliques hygiéniques concernant
les ablutions fréquentes, une gymnastique éminemment salutaire consistant en
de nombreuses génuflexions, enfin de multiples restrictions alimentaires des
plus profitables pour les fidèles qui les respectent et les mettent en
pratique.
Nous pouvons donc
conclure de cette revue succincte que les fondateurs de religions et les
sages de tous les temps ont considéré.
Le jeûne comme un facteur utile et nécessaire, capable de purifier le
corps et de fortifier l'esprit en le dégageant des liens de la matière
Chapitre II
Quelques considérations sur la longévité humaine
LA VIE est le bien le plus précieux de l'homme et, cependant, malgré la
peur instinctive de la mort, c'est le bien qu'il gaspille avec le plus de
facilité, sans souci des tristes lendemains qui apporteront la maladie ou
même une mort prématurée. Nous sommes, en effet, tellement accoutumés à
notre condition de vie précaire et anormale que nous ne pensons plus à nous
étonner de voir disparaître à la fleur de l'âge la plus grande majorité de
nos concitoyens ; nos idées sur la possibilité de la longévité humaine sont
faussées à tel point que nous nous estimons très heureux, voire même
privilégiés, lorsque nous arrivons à dépasser 60 à 70 ans. Un centenaire est
chose si rare, si remarquable que nous lui faisons l'honneur de le
mentionner dans nos journaux comme un fait extraordinaire, j'allais dire
anormal. Et pourtant, ne trouvons-nous pas dans la Bible, un livre dont
l'autorité devrait faire loi parmi les nations chrétiennes, que « les
jours de l'homme seront de 120 ans » (Genèse, 6. 3).
Nous allons étudier maintenant plus en détail, à la lumière de nos
connaissances actuelles, quelle devrait être la durée de la vie chez l'homme
normal, vivant selon des lois saines et naturelles.
Flourens considère que la vie humaine peut être divisée en deux
périodes : croissance et décroissance ; la première période dite ascendante
comprend l'enfance et la jeunesse, la deuxième période de décroissance,
l'âge viril et la vieillesse.
Entre ces deux périodes, il nous semble indiqué et plus judicieux
d'intercaler une phase de stabilité correspondant au premier âge viril,
moment de la plus grande force de production et de réalisation de
l'individu.
Nous résumerons avec Flourens les phases de la vie en un tableau
dont les chiffres approximatifs sont suffisants pour nous donner une idée
générale des différentes périodes de la vie humaine; il est bien entendu que
ces moyennes peuvent subir des modifications selon les races et les climats.
Première enfance ... de o à 10 ans Croissance rapide.Adolescence » 10 à 20 » Formation, puberté.Première jeunesse . . » 20 à 30 » Période d'ossification des épiphyses.Deuxième jeunesse . . » 30 à 40 » Grande activité, stabilité.Premier âge viril ... » 40 à 55 » Pleine force, grande stabilité.Deuxième âge viril . . » 55 à 70 » Persistance d'une certaine force avec
début de décroissance.Première vieillesse . . » 70 à 85 » Décroissance.Deuxième vieillesse . . » 85 à 100-120 et plus Déchéance et mort.
Combien peu de nos contemporains suivent l'évolution normale indiquée par
ce tableau ! C'est le cas de dire avec Virgile : Rari nantes in gurgite
vasto ! (Quelques rares naufragés flottant çà et là sur le vaste abîme
!)
Flourens était arrivé à la même conclusion mélancolique lorsqu'il
s'écriait :
« La plupart des hommes meurent de maladies ; très peu de vieillesse
proprement dite. L'homme s'est fait un genre de vie artificiel, où le moral
est plus souvent malade que le physique, et où le physique même est plus
souvent malade qu'il ne le serait dans un ordre d'habitudes plus sereines,
plus calmes, plus constamment et plus judicieusement laborieuses. »
C'était en l'an 1854 que cet éminent physiologiste croyait devoir pousser
ce cri d'alarme ; que dirait-il s'il pouvait contempler la manière de vivre
tant matérielle que morale des hommes du XXe siècle ?
Pour fixer la date approximative de la mort physiologique de 100 à 120
ans, Flourens n'a pas pris un chiffre arbitraire; il est d'accord en
cela avec d'autres physiologistes et savants de son temps ; Buffon, de
Haller, entre autres, assignent à l'homme et aux animaux une durée de
vie d'environ cinq fois la période d'ossification des os longs; Hufeland
estime même que cette durée peut être de huit fois la période précitée.
En se basant sur le premier chiffre on peut établir le tableau suivant:
La soudure des os se fait en moyenne chez le :
Lapin à 1 année, sa vie moyenne est de 5 à 8 ans
Chat à 1 an, sa vie moyenne est de 9 à 10 »
Chien à 2 ans
sa vie moyenne est de 10 à 12 »
Lion à 4 ans
sa vie moyenne est de 20 ans
Bœuf à 4ans
sa vie moyenne est de15 à 20
»
Cheval à 5 ans
sa vie moyenne est de 25 ans
Chameau à 8 ans
sa vie moyenne est de 40 ans
Eléphant à 30 ans
sa vie moyenne est de 100 à
150 »
Homme à 20-30 ans, sa vie moyenne devrait donc être de
100 à 125 ans
Et ces chiffres ne sont qu'une approximation; ils peuvent encore être
dépassés par des sujets particulièrement sains et vigoureux, affirment nos
auteurs.
Ce tableau est de nature à nous plonger dans d'amères réflexions ; elles
ne tournent nullement à l'avantage de l'homme, qui, dans sa vanité, s'estime
être le roi des animaux, alors qu'il ne sait pas vivre une vie normale à
l'égal de ses frères inférieurs.
C'était aussi l'avis de Buffon qui s'y connaissait bien en matière
d'histoire naturelle : « L'homme périt à tout âge, constate-t-il avec
tristesse, au lieu que les animaux semblent parcourir d'un pas égal et ferme
l'espace de la vie. »..
« La longévité ne serait nullement l'apanage de certains
peuples, de certaines races, pas même de catégories d'êtres privilégiés. On
trouve de nombreux longévités partout, à toutes les époques, dans tous les
milieux. »
Chapitre III
Quelques considérations sur la vie
NOUS sommes naturellement amenés à nous poser quelques questions sur la
nature essentielle de la vie et sur la modalité de ses lois. Ces problèmes,
qui de tout temps ont préoccupé les hommes, touchent aux plus profonds
arcanes de la nature ; leur solution dépend autant, si ce n'est plus, de la
philosophie et de la métapsychique que de la science pure; et l'angle sous
lequel la question est envisagée peut orienter vers le bonheur ou vers le
malheur toute l'existence d'un individu, voire même de nations et de races
entières.
Nous pouvons ramener à trois grandes catégories les réponses données à ce
problème d'importance capitale par les prêtres des religions, par les
philosophes ou par les savants : la vie peut être envisagée et définie en
partant de conceptions matérialistes, spiritualistes
ou unitives de l'univers.
Les matérialistes ou mécanistes ne veulent voir dans la vie qu'un
simple jeu de forces physico-chimiques aveugles. Seule la matière existe en
réalité; l'esprit, la pensée, notre activité psychique et sociale ne sont
que le produit de sécrétions des cellules cérébrales, conditionnées par de
simples réactions physico-chimiques. Cette théorie, supprimant donc toute
liberté individuelle, annule du même coup toute responsabilité morale ou
sociale de l'individu, jouet de forces inconscientes.
La propagation de cette doctrine, néfaste dans son absolutisme y
nous a valu le culte exclusif des jouissances personnelles,
grossièrement matérielles et immédiates, avec son corollaire inévitable : le
culte dégradant du veau d'or; c'est le mammonisme avec son cortège de
passions non refrénées qui amène à sa suite de multiples catastrophes,
morales et sociales : entre autres les trop néfastes guerres de: 1914 et de
1939 qui n'en furent pas un des moindres effets; nous lui devons aussi en
grande partie l'explosion de révolutions sanglantes et même la floraison
délétère de la prostitution réglementée. Cette doctrine matérialiste a donné
jour également à des théories médicales et à une thérapeutique grossièrement
physique et chimique, en opposition absolue avec les règles de la vraie
médecine s'inspirant de l'observation saine des lois naturelles. Voici à ce
sujet l'opinion autorisée du DrP. Carton :
« Cette doctrine de l'évolutionnisme athée, qui règne en
maîtresse à l'heure actuelle et par laquelle trop d'esprits scientifiques se
sont laissé contaminer de nos jours, est la plus décevante et la plus
démoralisante des hypothèses. En n'envisageant la vie que comme un simple
conflit d'actions et de réactions des énergies matérielles, elle a conduit
au culte exclusif de la force orgueilleuse et brutale, et au mépris du droit
et de l'amour universels. Elle a engendré le nihilisme intellectuel et la
décadence morale. Elle a fait se déchaîner des instincts de jouissance
matérielle effrénée et d'égoïsme féroce. A quoi bon peiner et aimer son
prochain, puisque le plaisir du moment résume la fin des choses ? De plus
elle fait concevoir les inégalités d'évolution individuelle comme autant
d'injustices du sort; elle a proclamé une égalité non pas originelle, mais
présente, qui a fait rejeter les principes de hiérarchie et de discipline,
bien qu'ils agissent pourtant dans la nature entière. Enfin, en n'assignant
d'autre but à l'existence que la totale satisfaction des besoins matériels,
elle a conduit aux écarts de conduite et de régime alimentaire, qui sont la
cause dominante de la recrudescence des maladies et des dégénérescences
mentales de notre époque. »
Pour les spiritualistes, l'homme est un composé double : la vie de
l'esprit ou de l'âme, impérissable d'une part et la vie matérielle du corps,
périssable d'autre part. Cette doctrine poussée à l'excès produit un divorce
regrettable, quand ce n'est pas un antagonisme hostile et irréductible,
entre les enseignements divergents de la religion et de la science dont les
protagonistes se sont tour à tour copieusement anathématisés. « La religion
doit anéantir la science parce que la science est l'ennemie de la religion
», proclame le pape Paul IL II n'y a de bon que les enseignements de la
science, rétorquent Ed. Daanson et ses pareils qui, paraphrasant Nietzsche,
s'écrient : « II n'y a qu'une divinité qu'il faut aimer sur terre, c'est la
Science, la grande rédemptrice qui chercha et qui cherche toujours à
améliorer le sort de l'humanité. » Une telle attitude de part et d'autre
n'est pas faite pour amener le règne de la paix et de l'entente fraternelle
parmi les hommes, tant s'en faut.
Les spiritualistes purs estiment qu'il est superflu de s'occuper de la
vie du corps, cette guenille périssable, alors qu'il faut vouer tous ses
soins à la culture et au développement de l'âme, seul corps spirituel
impérissable et éternel. Inutile de formuler des règles d'hygiène et de les
suivre puisque nous sommes les jouets d'un Dieu, pouvant, selon son bon
vouloir, rétablir sans autres notre santé compromise par nos fautes ; au
surplus on ne peut avoir que mépris pour ce corps matériel et grossier qui
est une entrave au développement exclusif et lumineux de l'âme. Cette
conception spiritualiste outrée a favorisé et entretenu l'épanouissement
d'un mysticisme étroit, sectaire, qui a perdu de vue les nécessités
immédiates de l'existence terrestre; erreur regrettable, car cette
conception ne prédispose pas à l'action humaine sociale et
fraternelle, mais erreur cependant moins funeste dans ses résultats
finals que le matérialisme pur. Le spiritualisme, incitant les hommes à
renoncer aux biens et aux jouissances matériels, refrène au moins le
déchaînement des appétits grossiers et brutaux.
Reste enfin les adeptes de la doctrine unitive, dont les croyances
sont de nature profondément religieuse; ils enseignent en effet que l'esprit
et la matière sont d'essence identique, que ces deux forces proviennent
toutes deux de la même source primordiale d'énergie universelle :
Dieu.
Forts de cette conviction, les unitifs peuvent s'accorder et ont
toujours communié avec les fidèles sincères et convaincus de toutes les
religions; négligeant les questions de dogmes qui divisent, ils ne
voudraient voir parmi les hommes qu'une commune croyance en l'existence
d'une Force créatrice et directrice de l'univers : Dieu, et la
certitude commune également de l'immortalité du Moi supérieur, vivifié par
l'Esprit impérissable. C'est une doctrine qui élève l'homme jusqu'aux
sommets de la tolérance la plus large et la plus fraternellement
compréhensive ; elle réclame de ses adeptes la pratique constante de la
douceur, de la charité, de la vérité et de l'amour. Cette doctrine est
encore en parfaite concordance avec les découvertes les plus récentes de la
science qui en vient à considérer la matière, l'atome, comme un agrégat de
forces énergétiques, en se basant sur les expériences de dissociations
atomiques et de transmutation des corps; telle fut aussi la croyance
générale de tous les initiés, sages, mages et philosophes de l'antiquité;
alchimistes, occultistes, théosophes; les Rose-Croix en furent les
dépositaires à partir du moyen âge.
Dans son livre, Le Géon ou la terre vivante, le Dr
Hélan Jaworski ne parle pas autrement que les vieux alchimistes
lorsqu'il dit : « Les deux mondes, organique et inorganique, ont la même
origine, sont animés par le même rythme, et unis par une similitude
véritable de leurs propriétés. » II reproduit encore dans son livre une
étude d'Albert Mary sur « La vie merveilleuse des minéraux »
où l'on retrouve la même idée exprimée comme suit : « L'identité de la vie
des êtres et de celle des choses s'explique par leur source commune. Toutes
les formes d'énergie sont fondamentalement des aspects de la même entité
primaire... »
A ceux que cette question passionne, nous ne saurions trop recommander la
lecture d'un petit ouvrage, bien documenté, écrit par le savant occultiste
Albert Caillet, sous le titre : Exposé de la doctrine de V Unité,
doctrine qu'il retrouve dans les croyances fondamentales des écoles
hindoues, égyptiennes, iraniennes, chinoises et chrétiennes.
Pour Caillet, « toutes les différences, apparemment irréductibles, entre
les diverses conceptions de Dieu, ne sont plus que de simples points de vue
correspondant à un degré d'évolution différent de la mentalité humaine.
» La doctrine de l'Unité porte en soi, inséparable, toute la morale et la
plus parfaite qu'on puisse concevoir.
» Nous sommes tous un et un en tous : Comment pourrions-nous ne pas nous
entr'aimer dans toute notre évolution?
» L'adepte de l'Unité ne voit que l'harmonieuse expression de l'Un,
unique, qui est sans second. Il sympathise avec tous les cultes, avec toutes
les religions, toutes les philosophies vraiment dignes de ce nom, puisque
toutes présentent l'Unique sous l'un ou l'autre de ses infiniment nombreux
aspects et que tous jouissent devant lui d'un égal respect. »
Nous retrouvons encore une doctrine identique chez les Soufis et
surtout chez les Bahaïstes actuels qui ont pour principe fondamental
de mettre en pratique dès ici-bas, autant que faire se peut, la règle
unitive qui devrait lier tous les nommes en un faisceau homogène, quoique
composé d'éléments divers, en une fraternité humaine où règnent l'entente,
la compréhension mutuelle, la charité, la paix, en un mot l'amour complet et
efficient du prochain. Ils enseignent, eux aussi, que la vérité est une et
qu'on peut la retrouver dans toutes les religions ; ils ont pour mot d'ordre
de ne jamais combattre ni discuter les dogmes d'aucune religion : Dieu étant
pour chacun aussi grand que son développement personnel et son évolution
humaine lui permettent de Le concevoir.
« Au point de vue médical, cette doctrine de l'unité
énergétique universelle et du transformisme intégral à laquelle nous nous
rattachons sera le roc inébranlable sur lequel nous allons maintenant
établir les fondements de la médecine naturiste. Elle nous permettra de
retrouver à coup sûr les lois qui ont présidé à nos adaptations et de
découvrir celles qui doivent diriger notre évolution future, conformément
aux principes du bien et du vrai. Elle nous permettra ainsi de sauvegarder
avec certitude notre santé physique et notre intégrité mentale et, en cas de
maladie, elle nous offrira les procédés thérapeutiques les plus efficaces,
parce qu'ils seront inspirés des enseignements naturels. »
Cette vie universelle, découlant de l'Unique, dont nous n'avons pas la
possibilité de nous figurer l'essence primordiale est un fait que tous les
philosophes se sont bornés à constater, sans pouvoir en donner une
définition complète; cette force ou énergie a pris sur le plan physique
diverses dénominations selon les temps, les lieux ou l'angle sous lequel
elle était envisagée. C'est successivement : le Prana des Hindous ;
le Kha ou Double
des prêtres égyptiens;
le Pneuma
d'Hippocrate, qui y voyait spécialement un principe, une force médicatrice;
Y Anima de saint Paul ; la Lumière astralede la kabbale et
des occultistes ; le Corps astral, le médiateur plastique, le
périsprit, selon qu'on s'adresse à l'une ou l'autre des écoles
hermétistes et spiritualistes modernes. Cette énergie vitale devient avec
Mesmer et les magnétiseurs le magnétisme animal; elle est la force
psychique des métapsychistes et même le pouvoir de la suggestion
et de l'autosuggestion des hypnotiseurs et sugges-tionneurs modernes.
Il faut toutefois se garder de vouloir ériger cette force vitale en une
entité surnaturelle et indépendante ainsi que l'ont fait la plupart des
animistes et des vitalistes, alors qu'il s'agit en réalité d'une modalité
spéciale de l'Energie universelle.
Pour le philosophe Kant, la vie est un principe intérieur
d'action; pour le physiologiste Bichat, c'est l'ensemble des
fonctions qui résistent à la maladie et à la mort. Quant à Claude
Bernard, qui consacra une bonne partie de sa vie à la recherche des
conditions du déterminisme physico-chimique de la vie, il nous déclare que
les causes finales sont en dehors de son étude ; la physiologie n'a pas à
s'occuper de démontrer ou d'infirmer des théories matérialistes ou
spiritualistes, car son domaine est d'autre nature. «Ce qui est
essentiellement du domaine de la vie, dit-il, et qui n'appartient ni
à la chimie, ni à la physique, ni à rien autre chose, c'est l'idée
directrice de cette action vitale. »
En conséquence, pour vivre sainement, tant au physique qu'au moral, il
faut nous conformer aux lois naturelles et spirituelles et ne pas croire
qu'il suffit, pour recouvrer la santé et notre capital de vie, gaspillés à
la suite d'excès de tout genre, d'ingurgiter une drogue ou une préparation
thérapeutique, lancée à grand renfort de réclame; ceci nous amène à quelques
considérations d'ensemble sur la compréhension de la maladie et de la
thérapeutique par les médecins tant anciens que modernes.
Chapitre IV
La maladie et la thérapeutique d'après les enseignements
de la médecine naturelle
LA NOTION de maladie et surtout des causes qui la produisent a subi de
grandes variations selon les écoles médicales et suivant les points de vue
envisagés; de là des moyens curatifs variés et souvent contradictoires qui
ont créé, à l'égard de la médecine officielle, parmi les gens cultivés qui
réfléchissent, voire même parmi le peuple, un état d'esprit assez
défavorable; toutes ces thérapeutiques, inconstantes dans leurs effets et
par trop hétéroclites, ont jeté un discrédit général sur le prestige
médical, discrédit du reste parfois injuste et injustifié. Qui n'a pas lu la
façon élégante dont Molière persifle les médecins de son temps, leur
outrecuidance et leurs méthodes appliquées sans discernement : la saignée et
la purge; et cependant ces deux moyens thérapeutiques, mis en œuvre à
propos, peuvent rendre de grands services. Qui n'a pas été diverti par les
plaisanteries de l'humoriste Bernard Shaw? En 1906, il prenait déjà les
médecins à partie, et vingt ans après dans une conférence faite à Londres il
semblait ne pas être revenu de son opinion et déclarait « qu'aucune personne
sage ne devrait aller chez le médecin quand elle est malade ». Ces faits
nous prouvent qu'il y a un effort à tenter de la part de la médecine
officielle pour unifier ses vues et les mettre en accord avec les lois
naturelles afin d'éviter ces contradictions par trop flagrantes en matière
de thérapeutique.
La médecine moderne a trop sous-estimé les théories anciennes, et si nous
voulons être renseignés sur les bases à donner à une diète rationnelle nous
pouvons encore consulter avec fruit les ouvrages du père de la médecine :
Hippocrate, dont les enseignements, toujours d'actualité et toujours
marqués au coin du bon sens, découlent de l'observation saine de la nature.
C'est en grande partie aux médecins naturistes, disciples directs ou
éloignés de ce maître illustre, que revient l'honneur d'avoir à nouveau
attiré l'attention des masses sur la nécessité d'adopter une hygiène
rationnelle et conforme aux lois naturelles. Un des représentants les (p.42)
plus qualifiés de l'école naturiste actuelle est le DrP. Carton dont nous recommandons les excellents ouvrages de
vulgarisation, riches en enseignements pratiques et directement applicables
à la vie quotidienne. Le Dr P. Carton s'est élevé avec énergie
contre toutes les pratiques antinaturelles et antihygiéniques qui
caractérisent notre époque; il a cherché surtout à faire pénétrer dans le
public cette notion très juste et trop méconnue que la maladie est
uniquement le produit de nos fautes contre l'hygiène, qu'elle consiste en
une échéance inéluctable que la nature nous réclame en payement de
nos trop multiples transgressions des lois de l'hygiène alimentaire,
physique, psychique ou morale. Vouloir s'obstiner à chercher le remède,
soi-disant spécifique contre tel ou tel symptôme morbide, est une utopie
dangereuse, il vaut mieux s'appliquer à fortifier le terrain, soit
l'individu, par une vie saine et sage. Voici par exemple l'avis judicieux du
Dr Carton, sur les causes de l'entérite, cette maladie trop
courante de nos jours : « L'entérite n'est pas une inflammation d'ordre
microbien. Elle est avant tout, comme toutes les autres infections, une
maladie de terrain. Ce qui provoque l'entérite, c'est d'abord et surtout la
nourriture toxique et industrielle. L'entérite était pour ainsi dire ignorée
des paysans d'autrefois. Elle ravage maintenant chaque jour davantage les
populations des villes et des pays les plus civilisés, parce que jamais
l'humanité n'a consommé tant de produits toxiques, ni absorbé tant de
viandes, de poissons, de sucreries, d'aliments fabriqués, de poisons
pharmaceutiques » (Traité, p. 677).
Pour les Aryas de cette époque lointaine, la maladie n'était rien autre que
la destruction d'une harmonie que le médecin devait rétablir : « l'harmonie
du souffle, de la bile et du sang. La vie réside dans le souffle vital
animant le corps. » Ils étaient bien près de la vérité moderne, qui voit
partout des vibrations cosmiques curatives, lorsque leurs prêtres
déclaraient que : « Les vertus guérissant es descendent du soleil, par ses
rayons, ou des orages par la pluie. » (p.43)
A considérer la quantité de remèdes et de spécialités qui s'alignent sur
les rayons des pharmacies modernes et le flot de médicaments déversé par
l'industrie chimique sur le marché mondial, on est effrayé en pensant aux
malheureux condamnés à absorber toutes ces drogues, pour la plupart
dangereuses et antihygiéniques. Souvent soutenus et prônés par une réclame
insidieuse, sinon tapageuse, ces produits sont vantés comme panacée
universelle, capables de guérir tous les maux de la pauvre humanité
souffrante; impossible de résister à de si alléchantes promesses, qui
semblent vous dispenser de tout effort personnel pour vivre une vie saine
et qui prétendent pour quelques francs assurer longue vie et santé
florissante!
Cette polypharmacie n'a aucun sens; deux savants français, H. Huchard
et Ch. Fiessinger, ont publié un ouvrage de Thérapeutique
complète en vingt médicaments, ce qui en réduit déjà considérablement le
nombre. Mais c'est surtout aux médecins naturistes que nous devons la plus
énergique réaction contre cet emploi abusif et dangereux de la médication
chimique outrancière.
Dans le Traité de médecine raisonnée du DrHoffmann,
paru en 1743, nous trouvons déjà ces sages conseils :
« Si vous donnez des remèdes trop forts à des sujets
faibles, vous les affaiblissez entièrement et vous leur ôtez la vie...
Ils demandent plutôt des secours tirés de la diète que de la pharmacie et,
pour eux, le meilleur est souvent de n'user
d'aucun remède. »
« A l'heure actuelle, dit-il, la thérapeutique est conçue comme un
pugilat et les interventions thérapeutiques ressemblent à des batailles,
dont malheureusement le malade paye tous les frais. « Les médecins,
infidèles à la loi naturelle et sourds à la raison, comme des lions dans une
arène, se précipitent sur les maladies pour les juguler » (Auber).
» En effet, tant qu'on constate des symptômes, on s'évertue à les
combattre les uns après les autres ou tous à la fois. Le comble de l'art
consiste à refréner dès leur apparition tous les efforts de préservation,
toutes les tentatives de défense naturelle de l'organisme. Le malade se
débarrasse-t-il de ses déchets par des sueurs abondantes ? On lui donne de
l'atropine pour lui fermer la peau. A-t-il de la diarrhée? On le bourre
d'opium et de bismuth pour lui boucher l'intestin. Vomit-il ? On lui
anesthésie la muqueuse gastrique. A-t-il de l'expectoration, de l'évacuation
par voie pulmonaire ? On lui dessèche les bronches par la terpine.
Tousse-t-il ? On l'intoxique avec des calmants chimiques. A-t-il de la
fièvre ? On l'enraye à l'aide de poisons hypothermisants. Se débarrasse-t-il
de ses réserves toxiques en maigrissant? On l'en empêche et on lui fait
enfouir de nouveau ses poisons en le suralimentant. A-t-il une épistaxis ou
un flux hémorroïdaire ? Vite, on pratique l'hémostase et l'on s'étonne de
voir une pneumonie, une hémoptysie ou bien encore une attaque de migraine,
de rhumatisme ou d'hémiplégie succéder à ces répressions des défenses
naturelles.
» II n'y a pas lieu d'être surpris ensuite des convalescences traînantes,
des maladies fertiles en rechutes et en complications, de l'apparition des
diathèses, des maladies chroniques, des dégénérescences, car c'est là tout
ce que peuvent déterminer des soins antinaturels qui, sous prétexte de
traiter les maladies, n'aboutissent qu'à martyriser les malades sans répit.
»
C'est pourtant ce que tant de gens se figurent quand
ils placent leur foi dans les vertus mystérieuses des produits
pharmaceutiques, au lieu de penser à rétablir leur santé en corrigeant les
fautes considérables de régime et d'hygiène qu'ils commettent.
C'est là en effet tout le secret de la santé : vivre une vie saine et
normale; se préserver des fautes d'hygiène ou de régime qui ont
inévitablement pour conséquence le déséquilibre. Nous arrivons ainsi tout
naturellement à concevoir la maladie comme une suite de fautes
commises contre la morale et l'hygiène et notamment contre l'hygiène
alimentaire.
Partant de cette conception, on peut encore concevoir la maladie comme
représentant un effort naturel de l'organisme pour se débarrasser, par des
crises de nettoyages successifs, des toxines et des poisons
cellulaires; d'où, en bonne thérapeutique naturiste, la nécessité de
diriger, de faciliter et même d'entretenir parfois ces crises, au lieu de
s'efforcer de les enrayer brutalement par des médicaments ou par des
procédés physico-chimiques administrés souvent à contresens et d'une façon
intempestive. La thérapeutique devient ainsi vraiment scientifique, plus
conforme aux lois de la saine physiologie, car elle s'attaque alors aux
causes profondes, réelles et primordiales de l'état morbide.
« La maladie, dit Carton, est toujours la conclusion de fautes commises
dans la circulation des énergies vitales à travers l'organisme. Elle
apparaît comme la sanction des infractions commises contre les lois
naturelles.
« La maladie est une échéance non pas un accident.
De plus, elle exprime un effort de purification, de préservation et
non pas de destruction de la santé. »
Il est beaucoup plus grave encore d'appliquer cette fausse théorie du
gavage à des sujets débiles ou à des malades, chez lesquels il serait
préférable de suivre l'indication de la nature qui demande une réduction des
apports nutritifs; ainsi on laisse aux organes fatigués et surmenés le temps
de se reposer. Si l'on respecte ce temps d'arrêt des fonctions digestives
réclamé par la nature, le corps reprend bientôt avec plus de vigueur ses
fonctions normales.
La diète rationnelle sera donc la règle primordiale de tout homme sage.
Pour rétablir l'équilibre harmonique et le bon fonctionnement de tous nos
organes nous aurons recours à la désintoxication par le jeûne plus ou
moins prolongé selon les cas. Cette méthode, appliquée avec discernement,
est susceptible de provoquer de vraies résurrections aussi bien morales que
physiques
Chapitre V
Le Jeûne
Quelques cas de jeûnes prolongés et de
suspension apparente de la vie
NOUS AVONS déjà vu l'importance
des réserves vitales et nutritives de notre organisme qui peuvent, selon les
individus, entretenir la vie durant plusieurs mois sans aucun apport nouveau
de nourriture.
Dans son Traité de
Yoga, E. Bosc déclare que « l'homme ordinaire peut vivre 50 à 51 jours
sans prendre aucune espèce de nourriture solide ou liquide ». Dans le
prochain chapitre nous aurons l'occasion d'étudier les cas de jeûneurs
entraînés qui, dans un but expérimental ou thérapeutique, sont arrivés à se
passer d'aliments durant des périodes beaucoup plus longues; des malades
soignés par le DrDewey, ne consommant qu'une minime
quantité d'eau, ont pu jeûner durant 65 à 70 jours; des cas semblables ont
été observés par le DrMoller; la doctoresse Hazzard,
élève de Dewey, a même conduit un jeûne avec grand succès jusqu'au 75° jour;
le record en cette matière est détenu pour notre vieille Europe par un
patient du DrCarrington qui jeûna 79 jours; mais ce sont
les Yogis, passés maîtres en l'art de diriger leur respiration, leurs
échanges nutritifs et leurs fluides vitaux, selon leur volonté, qui ont
exécuté des jeûnes de plus longue durée; grâce à leur science ils arrivent à
se plonger pour de longs mois dans un état de mort apparente. Le Yogi, par
suite d'entraînements gradués et très savants, acquiert la possibilité de se
mettre dans l'état de Samâdhi, espèce d'auto-trance qui lui permet de se
passer presque totalement d'air respirable et de vivre dans un état
léthargique durant de longues périodes, sans absorber aucune nourriture,
solide ou liquide. Nous trouvons dans un intéressant ouvrage du colonel
A. de Rochas, La suspension de la vie, la relation détaillée et fidèle
de plusieurs cas de jeûnes prolongés, exécutés par des fakirs, ou plus
exactement par des Yogis ; ces ascètes, après avoir subi un entraînement
approprié, ont été enfermés pour de longs mois dans des caveaux
De Rochas cite entre
autres le cas remarquable d'un fakir âgé de 30 ans,
Haridès, qui jeûna et resta enterré durant dix mois, à la cour et
sous la surveillance stricte du maharadja Randjet-Sing, de Sehore, près de
Calcutta; en présence du général Ventura et du capitaine Wade, la caisse
contenant le corps du Yogi endormi fut scellée par le prince lui-même, au
moyen de son propre cachet qui ne le quittait jamais; la dalle fermant le
caveau où avait été déposée la caisse fut encore recouverte de terre dans
laquelle on sema de l'orge; durant les dix mois que se poursuivit
l'expérience, des sentinelles de toute confiance gardèrent le tombeau nuit
et jour.
Un médecin autrichien, le
DrHonigberger, ayant longtemps rempli les fonctions de
médecin attaché au service particulier du rajah de Lahore, a pu observer
Haridès tout à loisir et a décrit les nombreuses précautions et le minutieux
entraînement suivi par le Yogi avant de se mettre en sommeil; son régime
très frugal consistait en légumes et fruits, jamais d'œufs ni de viande; il
observait une continence absolue et s'entraînait journellement aux exercices
de la respiration profonde et rythmée, connue sous le nom de Yoga. Le
DrHonigberger
donne dans son livre un dessin qui représente Haridès dans la position
typique du fakir, assis sur son talon droit. Le docteur a pu observer
comment Haridès, quelques jours avant de se laisser enfermer dans le
cercueil, se soumettait à une purgation copieuse, se nourrissant les
derniers jours d'une minime quantité de lait. Le jour même de l'enterrement
il avalait lentement une bande de toile longue de 30 aunes (environ 35,5
mètres) et large de 3 doigts; puis après l'avoir laissée dans l'estomac un
certain temps il la retirait; par ce moyen héroïque, il obtenait un
nettoyage parfait de l'estomac ; puis le Yogi se plongeait jusqu'aux
aisselles dans un tonneau d'eau et, au moyen d'un petit tuyau introduit dans
l'anus il laissait pénétrer lentement le liquide dans l'intestin pour le
nettoyer complètement. Ces précautions prises il fermait les orifices
naturels avec des bouchons de cire aromatique, retournait sa langue pour
boucher la glotte et le gosier, puis tombait enfin en catalepsie. Le Dr
Honigberger nous décrit comme suit l'aspect du Yogi au moment de son
exhumation : le linceul qui recouvrait le corps était maculé par
d'abondantes moisissures; l'attitude était la même que le jour de
l'ensevelissement ; le corps était froid, la peau plissée et les membres
raides; pas trace de pouls ni aux radiales, ni aux tempes; le cœur ausculté
paraissait inerte; l'œil était vitreux comme celui d'un cadavre. Néanmoins
Haridès revint à la vie au bout <f un temps assez court après avoir reçu les
soins entendus de ses disciples. « La résurrection du Yogi était accomplie,
écrit-il, il avait fallu une demi-heure pour le ranimer et ses premières
paroles furent,
Parmi les religieux et les
mystiques chrétiens, nombreux sont ceux qui se soumirent à des macérations
et à des jeûnes prolongés et qui vécurent cependant en parfaite santé,
jouissant d'une plus grande pénétration psychique. Gôrres en cite
plusieurs cas remarquables dans sa
Mystique divine (livre II, chap. V). Parlant de « la mystique purgative
» qui règle et purifie l'appétit nutritif ainsi que le sommeil, il écrit
entre autres :
« Or, c'est une loi générale, qu'à
mesure que l'activité de l'esprit diminue, la masse du corps augmente; et
qu'au contraire lorsqu'une discipline sévère diminue la masse du corps,
l'esprit est plus libre et plus dégagé. »
On sait que sainte Rosé de Lima,
lorsqu'elle ne jeûnait pas, vivait de quelques bouchées de pain sec et
d'eau.
Sainte Lydwine de Schiedam vécut
pendant trente-trois ans d'une petite tranche de pomme ou d'un peu de pain
avec quelques gorgées d'eau, de lait ou de bière ; vers la fin de sa vie
elle ne prenait plus que de l'eau pure.
Saint Joseph de Copertino, bien
connu par ses austérités et par ses grands pouvoirs mystiques et
métapsychiques, présenta souvent dans ses extases le phénomène remarquable
de la lévitation; il vivait de la façon la plus frugale ; pendant cinq ans
il ne mangea pas de pain, durant dix autres années il s'abstint de boire du
vin, son régime consistait en plats d'herbages, de fruits et de fèves en
très minime quantité.
Nous connaissons les nombreux
jeûnes et les privations journalières auxquels se soumettait le saint curé
d'Ars.
Souvent l'eucharistie a remplacé
pendant de longs mois, chez beaucoup de mystiques, toute nourriture
effective ; telles : sainte Catherine de Sienne, sainte Colette et d'autres
plus modernes comme la stigmatisée Louise Lateau; une autre stigmatisée dont
on s'occupe beaucoup depuis quelques années, Thérèse Neumann, dite la
visionnaire de Konnersreuth, n'a pris de 1923 à 1927 aucun aliment solide,
si ce n'est des parcelles d'hostie consacrée, avec quelques gouttes d'eau ;
voici ce que raconte un de ses historiographes, Fr. de Lama : « A
Noël 1922, le cou enfla en même temps que se produisait une paralysie des
muscles de la déglutition. C'est à partir de ce moment qu'elle fut obligée
de s'abstenir de nourriture solide. Durant les deux années qui
suivirent, à différentes reprises il se forma à l'intérieur du cou des
abcès, qui provoquèrent des crises d'étouffement presque mortelles. En
1923, Thérèse Neumann ne prenait même plus aucune boisson, si ce n'est une à
deux cuillerées par jour... Depuis 1926, jusqu'à ce jour (1927), elle
n'absorbe plus que six à huit gouttes d'eau en recevant la sainte communion.
Bien entendu il y eut des essais réitérés de la part de sa mère et de son
curé pour la faire manger ; vaines tentatives, qui ne firent que provoquer
des vomissements et des accès d'étouffement. A l'heure qu'il est tout besoin
de nourriture a disparu. Il en est de même pour le sommeil. » Ce cas est
discuté avec âpreté par toute la presse scientifique matérialiste; elle ne
veut y voir que les exploits d'une hystérique ; mais ces contradicteurs
passent sous silence que depuis des années Thérèse Neumann est observée
minutieusement par des savants et des hommes dignes de toute confiance.
Tous les Suisses connaissent le pacifique saint
Nicolas de Flue, l'apôtre de la paix et de la concorde ; lorsqu'à 50 ans il
jugea bon de quitter la vie publique, au grand regret de ses concitoyens, il
obtint de sa femme de se consacrer entièrement à Dieu ; il se retira dans la
solitude et y passa le reste de ses jours. Les chroniques du temps nous
apprennent qu'il vécut ainsi dans la méditation et la prière jusqu'à l'âge
de 70 ans sans prendre d'autre aliment que l'eucharistie; l'évêque de
Constance avait voulu avoir la certitude de ce qu'il estimait être un
miracle; pour ce faire il fit surveiller l'ermite pendant un mois par les
habitants d'Unterwald, et il acquit la conviction que personne n'avait pu
communiquer avec Nicolas pour lui apporter clandestinement de la nourriture.
L'occultiste érudit, Dr
F. Rozier, dans une intéressante étude sur le Plan physique, parue dans
le numéro de mars 1903 de L'initiation (vol. 58, p. 215) divise ce
plan en trois sous-plans : supérieur, moyen et inférieur, auxquels
correspondraient trois corps physiques doués de propriétés particulières ;
le corps physique moyen, développé spécialement, conférait à l'individu des
pouvoirs de pénétration de la matière, de bilocation, de dématérialisation
et notamment la faculté de pouvoir vivre de longues périodes sans boire, ni
manger, et même sans respirer et sans subir les attaques du feu; il en donne
des exemples remarquables. Il cite entre autres le cas extraordinaire de
Christina Mirabilis : « En effet, dans cette dernière année de sa vie,
presque toutes les parties de son corps animal s'étaient tellement
spiritualisées, que personne ne pouvait regarder son ombre sans trouble et
sans terreur. » Elle jeûnait continuellement, présentait le phénomène de la
lévitation à un très haut degré, pouvait vivre sous l'eau ou au milieu du
feu. « Son histoire entière, nous dit le Dr F. Rozier, est très
instructive parce qu'elle présente un exemple remarquable d'un corps
physique ayant évolué jusqu'au plan physique moyen, d'une manière complète.
En lisant cette histoire, on verra la plupart des propriétés de ce plan,
réunies comme pour une démonstration scientifique. »
Toutes ces constatations
prises dans des milieux les plus divers prouvent à l'évidence la possibilité
de la vie même avec une diète réduite au strict minimum; elles démontrent
aussi la complète innocuité du jeûne et même son utilité très grande pour
développer le corps spirituel de l'homme, pour le dégager des liens de la
matière et lui permettre une ascension plus rapide vers la perfection et
vers l'idéal.
Chapitre VI
Cas de jeûnes expérimentaux et
démonstratifs
ALGRÉ tous ces jeûnes,
prolongés durant de longs mois, bien et dûment constatés par l'histoire de
tous les siècles, la science matérialiste se refusa longtemps à en accepter
la possibilité, sous prétexte que le fait ne s'observait pas chez les
animaux supérieurs. Dans son cours de physiologie à la Faculté de médecine
de Paris, le professeur Longet disait encore en 1869 que les rares
cas de jeûne rapportés par la chronique « se réduisaient à néant », qu'ils
étaient le fruit de l'imagination populaire. « La faim, disait-il, est une
fonction toute animale dans laquelle l'esprit ne joue aucun rôle ; or, comme
chez les animaux, la mort arrive fatalement en assez peu de jours dans les
cas d'inanition, il nous paraît impossible qu'il en soit autrement chez
l'homme. » Cette citation est un bel exemple des erreurs auxquelles peut
conduire le parti pris matérialiste.
Pour vaincre cette résistance et
cet aveuglement officiels, il fallut donc avoir recours à l'expérience ;
c'est ce que firent des partisans du jeûne, qui s'abstinrent de nourriture
durant de longues semaines, surveillés et contrôlés rigoureusement par des
commissions médicales; puis ce furent des professionnels du jeûne qui,
contre bonne rémunération, s'exhibèrent dans des cages, aux panneaux de
verre, scellés par voie juridique.
Ce fut un médecin
anglais, domicilié à New-York, le Dr
Tanner, qui fit en 1880 la première démonstration expérimentale de la
possibilité de longues périodes d'abstinence complète ; à la suite d'un
pari, le Dr Tanner entreprit un jeûne de 40 jours sous la
surveillance stricte de plusieurs professeurs et médecins qu'il tenait
particulièrement à gagner à la cause du jeûne ; il voulait ainsi démontrer
la possibilité, l'innocuité et surtout la grande utilité thérapeutique de
cette méthode. Il était tellement convaincu de l'excellence de sa cause
qu'il n'avait pas craint d'engager lors de son pari le coquette somme de 25
000 francs (5000 dollars). Au début de son jeûne, le Dr Tanner
pesait 71,4 kilogrammes; bien nourri, il avait une réserve assez abondante
de tissu adipeux; durant les quatorze premiers jours le docteur ne prit rien
Cette expérience eut
l'excellent effet d'ébranler la conviction des sceptiques qui se mirent à
étudier la question de plus près; on commença alors à considérer le jeûne
comme possible, sinon comme très utile. Cependant le Dr Tanner
avait été si peu affaibli par ce long jeûne qu'il accepta de répéter son
expérience dans plusieurs villes, en se soumettant toujours à un rigoureux
contrôle médical; ces jeûnes réitérés lui furent très salutaires, car il
garda jusque dans sa vieillesse une souplesse et une vigueur remarquables;
il mourut en 1919 à l'âge de 91 ans, proclamant à qui voulait l'entendre
que la cure de jeûne était la vraie
cure d'eau de Jouvence.
Ces démonstrations
publiques rapportèrent au Dr Tanner des revenus financiers assez
respectables; aussi nous devons bien penser qu'il suscita de nombreux
imitateurs parmi lesquels le col. de Rochas cite tout spécialement :
Battandier à Vesoul, Savonay à Alger, Alex. Jacques à Londres, Simon à
Bruxelles, qui jeûnèrent plus ou moins longtemps et admirent le public à les
contempler moyennant payement. Ces exhibitions contribuèrent à faire
connaître la possibilité de la vie sans nécessité d'un apport alimentaire
quotidien; elles eurent le mérite de préparer le terrain à la méthode du
jeûne exécuté dans un but thérapeutique en en démontrant la possibilité et
l'innocuité.
Un Italien,
Alberto Montazzo, offrit même de se soumettre à un jeûne de six mois, mais
il ne se trouva aucun savant qui voulût prendre la responsabilité de cette
expérience.
En 1887 un
autre Italien, le jeûneur Cetti, fit une démonstration devant les
professeurs de l'Université de Berlin, mais elle prit fin aubout
de dix jours, les savants ayant eu peur et forcé Cetti à prendre quelque
nourriture ; durant les six premiers jours de jeûne tout alla très bien,
sauf quelques renvois stomacaux et quelques douleurs d'entrailles ; la
première selle survint à la fin du sixième jour, ce qui améliora beaucoup
l'état général ; le huitième jour il se portait à merveille; il eut quelques
malaises et faiblesses le neuvième jour; l'état s'aggrava le dixième jour,
ce qui effraya ces médecins, peu familiarisés avec les phases normales du
jeûne ; au lieu de forcer Cetti à manger, il eût suffi de lui administrer
une bonne purge qui l'eût débarrassé de ses toxines et de ses détritus
intestinaux, causes effectives des malaises observés, notamment l'excitation
et la variabilité du pouls (82 pulsations dans la position étendue et 108
assis), phénomènes dus à une autointoxication qu'une purge eût fait
disparaître, permettant à Cetti de jeûner beaucoup plus longtemps.
Ce furent deux Italiens
encore, le peintre sicilien Merlatti qui jeûna, sous contrôle, 50 jours à
Paris, et son compatriote Succi qui fit, à partir de 1885, plusieurs séries
déjeunes de 20 à 30 jours; ce dernier eut la bonne fortune d'être examiné
d'une façon rationnelle par le physiologiste Luciani, alors professeur à
Florence ; de l'observation de Luciani nous apprenons que Succi, âgé de 35
ans, était de taille moyenne, plutôt maigre, avec des muscles et un
squelette bien développés ; les organes étaient normaux, preuve que ses
jeûnes antérieurs ne lui avaient pas été nuisibles; il était de caractère
vif et irritable, supportant difficilement la contradiction quant aux idées
qui lui étaient chères et, nous dit de Rochas, « comme il professait des
théories peu en accord avec les opinions vulgaires, il fut deux fois enfermé
dans un asile d'aliénés, à Rome, et deux fois relâché au bout de peu de
temps ». Il avait beaucoup voyagé en Afrique, où il prit les fièvres ; c'est
justement durant cette maladie qu'il constata qu'il pouvait très bien vivre
sans manger et poursuivre ses excursions grâce à certains sucs végétaux
qu'il prenait comme médicaments; il en fit un mélange qu'il appelait sa
liqueur de Zanzibar, consistant en un extrait de suc de feuilles de tabac,
de kola et de coca. En 1886, Succi fit encore un jeûne dé 30 jours, à Milan,
sous le contrôle de plusieurs médecins ; le Dr Luigi Bufalini,
rapporteur de la commission de contrôle, nous apprend que la surveillance
avait été très stricte, et « qu'on a nettement constaté qu'il n'y avait eu
aucune supercherie ». L'intelligence de Succi est restée tout à fait lucide,
son aptitude aux diverses occupations très complète
et sa force musculaire égale à celle d'un homme qui se nourrit
bien. Il but en moyenne 850 grammes d'eau par jour, dont il rejetait par
vomissement volontaire environ 250 grammes. La quantité d'urine émise chaque
jour variait de 408 à 500 grammes au maximum; l'urée excrétée présentait un
minimum de 10 grammes lorsque Succi gardait le repos et montait à 29 grammes
après des exercices violents. Toutes les sécrétions étaient presque
totalement abolies; Succi n'a jamais transpiré, même après une course de
sept kilomètres; il ne se mouchani ne cracha
durant tout son jeûne. La température moyenne
oscillait autour de 370 C. ; on comptait au repos 21 respirations
et 71 pulsations à la minute. Au début de l'expérience son poids était de
61,3 kilogrammes et de 48,2 kilogrammes à la fin, soit une diminution de
13,1 kilogrammes, ce qui représentait une perte journalière de 441 grammes.
Le trentième et dernier jour de jeûne, le rapporteur note spécialement que :
« toutes ses facultés physiques et intellectuelles étaient absolument
normales, malgré les exercices violents auxquels il s'était livré et qui
paraissaient n'avoir entraîné aucune fatigue ».
D'après son expérience il est
facile de guérir un alcoolique de sa funeste passion en le soumettant à des
cures de jeûnes répétés et en lui prescrivant la diète fruitarienne ; une
fois bien nettoyé et désintoxiqué par le jeûne et par les fruits, on perd
cette appétence pour les excitants artificiels, notamment pour l'alcool et
pour le tabac.
La
nourriture primordiale de l'homme devrait être presque exclusivement le
fruit, avec adjonction de noix, noisettes et amandes. Mais il faut bien se
pénétrer de l'idée que l'on ne peut se soumettre d'emblée sans danger à un
pareil régime, il faut s'y accoutumer progressivement; il y a toujours une
période de transition souvent très désagréable qui correspond aux crises
successives de désintoxication, lesquelles s'accompagnent souvent
d'angoisse, de dépression, de fatigue, de sensibilité plus grande au froid,
de malaises cardiaques qui ne sont du reste que passagers et qui font place
à un sentiment de joie et de mieux-être très agréable.
La diète fruitarienne est la seule cuisine saine
que nous offre la nature, c'est une vraie cuisine solaire (Sonnenkùche), car
les fruits renferment dans leur jus toute l'énergie du soleil.
Un
débutant de la cure de jeûne fera bien de commencer par des périodes courtes
de 36 heures, mais répétées à intervalles réguliers; il ne faudra pas
oublier qu'il est absolument nécessaire de nettoyer complètement l'estomac
et l'intestin de ses déchets; pour ce faire on aura recours à la purge et
aux lavements ; il est préférable de commencer ce petit jeûne le soir; la
reprise alimentaire sera fruitarienne, le suc des fruits balayant beaucoup
mieux les toxines libérées qui recouvrent les muqueuses gastro-intestinales.
Une fois
l'habitude prise on peut alors commencer des jeûnes de 3 à 4 jours, en
augmentant graduellement jusqu'à 30 et à 40 jours; le nettoyage
gastro-intestinal ne sera jamais négligé durant toutes ces périodes de cure;
comme boisson c'est de l'eau pure qui convient le mieux; on peut à la
rigueur y adjoindre une citronnade légère ou un peu de jus de fruits. Il n'y
a pas lieu de s'effrayer si parfois l'urine se trouble en refroidissant,
c'est au contraire une bonne indication que l'organisme se débarrasse de ses
substances mucoïdes toxiques ; il ne faut pas non plus se laisser décourager
par les périodes de crises éliminatoires du début, ces désagréments,
nous l'avons vu, ne sont que passagers; il est à note que ces crises peuvent
réapparaître du onzième au treizième jour, annonçant une nouvelle
désintoxication; il faut surtout éviter de prendre peur et de vouloir
soutenir le jeûneur avec des excitants, alcool, café ou thé forts, cette
pratique pourrait amener de graves désordres du cœur; il suffit dans ces cas
de malaises de laisser reposer le patient dans une chambre sombre, bien
aérée, où il s'étendra et pratiquera des respirations longues et bien
rythmées ; on se rappellera qu'il ne doit pas passer trop brusquement de la
position couchée à la station debout, car il pourrait en ressentir des
vertiges désagréables, mais très passagers et nullement dangereux. Pour
effectuer une cure dans de bonnes conditions, le repos d'esprit est
indispensable ; il faut aussi que le sommeil soit suffisamment prolongé dans
le calme extérieur le plus parfait possible.
La reprise alimentaire doit être
graduelle, elle consistera en fruits bien mûrs en été, en pruneaux trempés
durant l'hiver; on observe souvent les premiers jours une série de malaises
avec décharge abondante d'acide urique dans l'urine; il faut y voir là une
indication que le jeûne n'a pas été suffisant, que l'organisme n'est pas
encore tout à fait décrassé et qu'il y a lieu de recommencer l'exercice.
Ehret formule quelques principes
d'hygiène alimentaire d'après-cure qui sont excellents, à condition de les
appliquer avec discernement sans en devenir l'esclave servile.
La nourriture la plus mauvaise
consisterait à mélanger à la fois trop d'aliments variés en un même repas ;
pour lui, les plats composites constituent une faute grave aussi fréquente
chez les végétariens que chez les carnivores. Il est bien préférable et plus
profitable de ne manger qu'une ou deux sortes de fruits ou d'aliments à
chaque repas. Il veut encore qu'on ne consomme pas en même temps des fruits
et des légumes, car ils produisent de la flatulence ; il en est de même pour
le mélange du pain et des fruits qui favorise les fermentations
intestinales.
Voyons enfin quelques menus qu'il
estime non producteurs de substances toxiques (Schleimlos) :
En été, on aura recours
à tous les fruits aqueux et doux, aux salades et aux légumes que l'on
hachera et assaisonnera avec du citron et de l'huile d'olive ou de noix, ou
encore du beurre de noisettes.
En hiver, le régime
sera composé surtout de fruits plus doux du midi, de pommes, de noix, de
noisettes, ou encore d'amandes (de préférence décortiquées dans l'eau
chaude); les noix se digèrent très bien lorsqu'elles sont mâchées avec des
fruits secs, du miel, des gelées de fruits ou des confitures en petite
quantité.
En toute saison on pourra
se procurer des légumes frais que l'on mangera nature ou râpés, tels que :
carottes, choux, choucroute bien lavée, salades pommées et autres, laitues,
cresson, endives, concombres et tomates ; le raifort devra être utilisé avec
modération, mélangé à un peu de miel. Les légumes cuits sont moins bons
parce que plus riches en déchets.
Pour Ehret le régime
fruitarien et le jeûne constituent les seuls remèdes efficaces que nous
donne la nature pour recouvrer sûrement santé, force et vigueur, ou pour
conserver ces biens précieux lorsqu'on a le bonheur de les posséder. Il ne
cesse de répéter qu'en matière de santé, « ce qui est le plus simple est
aussi le plus naturel, partant ce qu'il y a de mieux pour la nutrition et la
guérison ». C'est aussi le meilleur moyen et la méthode la plus rationnelle
pour devenir «son
propre médecin et ne plus être la proie de la maladie ».
Il n'y a qu'à voir le
teint frais, clair et rosé, l'aspect spiritualisé des jeûneurs pour être
convaincu que cette méthode constitue le meilleur moyen pour se dégager des
liens de la matière et pour échapper à son emprise.
Ehret conclut, comme
tous ceux qui ont expérimenté cette façon de vivre, que cette règle de
conduite (sobriété, jeûne et diète fruita-rienne) est le gage d'une santé
excellente, qu'elle confère une immunité remarquable contre toutes les
maladies infectieuses, même contre le choléra; ce régime est
particulièrement recommandable aux femmes, pendant et après la grossesse,
car il facilite l'accouchement ; le sang étant plus pur, les tissus sont
plus souples et plus élastiques et la cicatrisation des plaies beaucoup plus
rapide. Les enfants sont plus robustes, ayant bénéficié d'un sang normal et
d'un lait exempt de toutes autotoxines.
Enfin, fait très
notable, cette méthode de vie présente de grands avantages moraux; elle
adoucit les mœurs, diminue tous les besoins matériels, notamment les excès
sexuels entretenus par une nourriture anormale et excitante; au point de vue
social son importance n'est pas moins grande par la façon dont elle
simplifie la vie.
Il serait grandement à
désirer que les médecins veuillent enfin réaliser combien le jeûne est un
auxiliaire précieux pour le maintien de la santé publique et qu'ils se
décident à le prescrire sur une grande échelle afin d'éviter que des
charlatans ignorants ne s'emparent de cette méthode excellente pour la faire
tomber dans le discrédit par leurs pratiques effrontées.
L'art de jeûner d'après Ehret.
C'est pour avoir expérimenté sur sa propre personne que Rhea Niesen
arriva à la conviction enthousiaste que le jeûne est un merveilleux moyen de
conserver la santé et de guérir les maladies; c'est du reste toujours la
même conclusion à laquelle arrivent et arriveront ceux qui voudront
expérimenter ce système, mais l'expérience doit être faite sans parti pris
et avec intelligence.
I
« Ne pensez pas toujours à la faim ! Celui qui a toute la
journée à la bouche le mot de faim et qui le cultive continuellement en son
cœur, attire à lui le spectre de la faim et finit par l'avoir dans sa
maison! »
II
La crainte qu'ont la plupart des hommes de maigrir et d'avoir mauvaise
mine à la suite de cures de jeûne est pure illusion : il faut bien se mettre
dans la tête que le sentiment misérable et les malaises du début « sont une
suite naturelle de nos péchés culinaires et gastronomiques; le corps
confesse alors ses fautes que l'homme doit payer plus ou moins cher selon
leur gravité. »
III
La méthode de jeûne représente une ascèse qui d'emblée ne sera pas
toujours facilement praticable, « il faut apprendre à se dominer, à se
discipliner, augmenter degré par degré son énergie morale; pour atteindre le
sommet de la vraie santé, il faut beaucoup d'efforts, mais c'est ainsi qu'on
parvient à la guérison et à la sanctification. »
IV
II est bon de ne contraindre personne à prendre le chemin de ce
renoncement difficile, chacun doit y venir de lui-même, à la suite d'une
conviction spontanée et d'un besoin intérieur de rénovation physique et
d'amélioration morale. Malheureusement, les malades y recourent lorsqu'il
est déjà trop tard; ce sont les bien portants qui peuvent en retirer le plus
grand bénéfice, car il ne faut pas seulement jeûner et devenir fruitarien
pour améliorer sa santé matérielle, mais pour pouvoir rayonner la vie et
l'amour; « celui qui n'a pas un fonds profondément religieux aura beaucoup
de peine à s'adapter à ce nouveau genre de vie. »
V
Les pires ennemis du jeûneur sont tout d'abord ses propres parents et ses
amis intimes qui, le plus souvent, ne savent pas l'entourer et l'encourager
durant la cure et cherchent au contraire à l'en dissuader dès
qu'apparaissent les premiers malaises.
VI
« Les génies, dit-elle encore, furent presque tous très modérés dans le
boire et le manger. Tous les fondateurs de religions furent également de
grands jeûneurs. » Preuve évidente du pouvoir énorme de spiritualisation du
jeûne. « La plupart des hommes sont si lourds et si matériels parce qu'ils
mangent trop... Par la modération ils deviendraient beaucoup plus sveltes,
ils se libéreraient de l'emprise des sens et gagneraient en spiritualité. »
EXPERIENCES
Lindner est devenu naturiste convaincu à la suite d'une expérience
personnelle qu'il fit durant son service militaire; engagé dans la marine,
il eut en haute mer une crise aiguë d'appendicite ; l'opération immédiate ne
put être pratiquée et lorsque enfin on débarqua le malade dans un hôpital de
côte, son état fut jugé désespéré par le chirurgien, qui constata une
péritonite avec gros amas purulent dans la région de l'appendice. Se voyant
condamné par la science officielle, Lindner eut un moment de découragement
bien compréhensible et il refusa toute nourriture prescrite, même la plus
légère. « Quand la science fait défaut il ne reste plus qu'à s'en rapporter
à l'instinct. Ce fut mon salut de le suivre. »
Cet instinct lui avait en
effet soufflé de refuser tout aliment quelconque et de pratiquer le jeûne
complet avec lavements répétés ; au bout de cinq jours déjà il eut le
bonheur de voir son état s'amender très sensiblement, les violentes douleurs
s'apaiser et la fièvre s'abaisser peu à peu. Libéré du service,
il compléta
sa guérison par un traitement naturiste complet, cures de jeûne répétées,
diète végétarienne, bains de soleil et hydrothérapie. Dès lors il devint un
chaud partisan du naturisme et consacra sa vie au soulagement des malades
par ces moyens naturels si simples; il eut ainsi la joie d'améliorer, sinon
de guérir, bien des cas désespérés où la médecine officielle s'était révélée
tout à fait impuissante. '. Dans la brochure précitée, Lindner résume avec
netteté tous les arguments qui militent en faveur du jeûne complet ; il
démontre aussi l'innocuité totale de cette pratique lorsqu'elle est dirigée
par une personne compétente. Il insiste sur le fait que l'excellence du
jeûne nous est déjà démontrée par tous les animaux qui refusent de
s'alimenter dès qu'ils sont malades; leur instinct les guide plus sûrement
que notre science; il cite quelques observations personnelles typiques à ce
point de vue et il rapporte aussi de nombreux cas d'après la brochure du DrErwin Liek, Le médecin et sa mission, qui eut l'occasion d'observer
les jeûnes spontanés de trois à six semaines (cas de la chatte du Dr
Riedlin) de plusieurs animaux malades, accidentés ou empoisonnés. Les
enfants en bas âge, lorsqu'ils sont souffrants, procèdent instinctivement de
même.
Pour Lindner, il faut aussi distinguer entre la vraie faim, qui est très
rare de nos jours, et la fausse faim, qui nous pousse à manger plus que de
raison. Il y a lieu de se méfier de son appétit qui est trop souvent
capricieux, tandis qu'on peut toujours se fier à la sensation de vraie faim
qui survient dans la plupart des cas lorsque la dénutrition est complète. «
La faim, dit-il, est le meilleur cuisinier. Elle indique le besoin de faire
passer par la bouche, l'estomac et les intestins, des substances qui sont
nécessaires à l'entretien de la vie. En réalité on a faim pour une toute
petite quantité d'aliments organiques et minéraux, accompagnés de quelques
vitamines; ces substances prises à l'état naturel contiennent en général la
quantité suffisante d'eau pour assurer leur parfaite digestion, de telle
façon qu'avec un régime bien composé on ne ressent jamais la sensation de
vraie soif. »
La force vitale et la santé ne sont nullement en rapport avec la quantité
d'aliments ingérés, car, « s'il en était ainsi, ce serait celui qui mange le
plus copieusement qui devrait être le plus fort, et ce n'est assurément pas
le cas (la corpulence et la graisse n'entrant pas en ligne de compte). »
Il y a lieu de combiner le jeûne avec les lavages intestinaux copieux,
avec le massage et les traitements physiothérapiques (cure de soleil, bains
d'air, gymnastique et marche). Pour ce qui en est de la durée du jeûne, elle
varie du tout au tout selon que les patients sont gras ou maigres, malades
ou en santé (jeûnes préventifs). Un malade, atteint de cirrhose du foie, fut
guéri après 52 jours déjeune. « Plusieurs patientes, les unes atteintes de
calculs biliaires, les autres d'inflammations de la matrice, de salpingite
ou d'ovarite, jeûnèrent jusqu'à 42 jours. Elles étaient pour la plupart
grasses. De même une fille de ferme avec violentes céphalées, qui avait été
traitée dans un asile où on la considérait comme incurable, jeûna 40 jours
et se rétablit complètement. Des hommes souffrant de néphrite, de gastrite,
etc., jeûnèrent rarement moins de 28 jours. Tous furent guéris. Même des
jeûneurs maigres supportèrent jusqu'à 25 jours d'abstinence avant de
ressentir la vraie sensation de faim. »
Dans une brochure antérieure, La cure de jeûne, parue en 1921,
Lindner avait déjà développé tout au long et
démontré les bienfaits de ce
traitement qu'il déclarait le moyen le plus sûr et le plus « honnête
» pour arriver à la santé. (Ein ehrlicher Weg, gesund zu werden).
Lindner nous affirme avec conviction que la cure de jeûne est le moyen
curatif par excellence : « on pourrait la dénommer la thérapeutique
divine complète par opposition aux moyens limités de la médecine des
hommes ».
Nous reproduisons ci-après une bonne définition que cet auteur nous donne
de cette cure merveilleuse :
« Le jeûne est une attitude passive de l'homme et de l'animal vis-à-vis
des forces équilibrantes de la nature, forces agissantes placées dans
l'univers par Dieu, l'Eternel. Cette énergie réparatrice est
particulièrement active chez le jeûneur. Elle représente l'effort de la
nature pour rétablir l'harmonie détruite. Elle est la force motrice de
l'univers tout entier. Elle pourrait être appelée l'Ame de l'univers. C'est
la volonté de Dieu de rétablir toutes choses dans leurs normes lorsqu'elles
s'en sont écartées. C'est pendant le jeûne que cette force agissante se
révèle à nous et nous pouvons alors nous en servir pour corriger notre
délabrement corporel et nous laisser diriger vers la santé. »
Lindner a raison lorsqu'il insiste sur le fait qu'aucune personne,
médecin ou laïque, ne devrait diriger une cure de jeûne si elle n'en a pas
tout d'abord fait l'expérience sur elle-même, car c'est la seule façon d'en
bien comprendre toutes les possibilités, d'en suivre toutes les phases pour
pouvoir l'appliquer à bon escient, sans se laisser influencer ou effrayer
par les malaises plus ou moins intenses qui apparaissent en cours de cure
pendant les décharges toxiques. Dans sa brochure l'auteur nous donne le
journal d'une cure personnelle de jeûne qu'il fit à Lugano durant 21 jours;
nous assistons au jour le jour aux crises de désintoxication avec leurs
malaises caractéristiques, courbature, nausées, etc.; ces symptômes sont
rapidement amendés par l'administration de copieux lavements, par
l'absorption d'une tisane purgative, par le repos au grand air accompagné de
profondes respirations. A partir du sixième jour, l'état s'améliora et fit
place à un sentiment de renouveau et de mieux-être. Cet effet, à notre avis,
se serait produit plus rapidement si dès le début Lindner avait pris des
purges salines abondantes selon la méthode de Guelpa, ainsi que nous en
avons fait l'expérience sur nous-même; ayant pratiqué les deux systèmes nous pouvons juger en connaissance de cause.
Lindner
recommande de prendre contre les malaises d'intoxication un peu de jus de
citron dilué dans de l'eau pure (un citron pour une tasse d'eau, sans sucre
naturellement) ; tous les deux jours il trouve indiqué d'administrer une
cuillerée à café de bicarbonate de soude pour neutraliser les acides
toxiques. Il insiste en outre sur le fait que durant la cure le patient doit
rester chaque jour un certain temps au repos complet ; il doit également se
coucher assez tôt afin de ne pas diminuer son temps de sommeil très
nécessaire, même s'il n'est que superficiel comme c'est souvent le cas, car
il n'en est pas moins très réparateur et indispensable pour la bonne marche
de la cure.
A la suite de ce jeûne de 21 jours, Lindner tenta une expérience de
reprise alimentaire brusque et totale; il prit un potage, mangea un peu de
viande de veau, des légumes, des fruits, le tout à discrétion; le résultat
ne se fit pas attendre, il fut déplorable; Lindner avait l'impression d'être
empoisonné. Ce ne fut qu'après avoir pu vomir qu'il ressentit un
certain soulagement; pour se rétablir tout à fait il prolongea son jeûne de
quelques jours et recommença alors à manger graduellement, ne faisant appel
qu'à des aliments pris dans le règne végétal, légumes et fruits mûrs tout
spécialement ; au bout de dix jours de cette diète uniquement fruitarienne
et végétarienne il avait déjà regagné 21 livres. Aussi conclut-il : « J'en
suis arrivé à la conviction qu'on peut parfaitement renouveler son corps
sans avoir recours à la viande et en n'absorbant que peu d'amylacés; quant
au lait il n'est pas nécessaire non plus pour faciliter la reconstitution
cellulaire; je l'évite, car il encrasse et empâte (sie verschleimt und
verpappt). De bons fruits, des noix, des amandes, des dattes, des figues,
des légumes, tous, purs dons de la nature, contiennent la quantité
suffisante d'albumine, de sucre et d'amidon pour la reconstitution du corps
ainsi que je l'ai expérimenté à la suite de mon jeûne. »
Une fois le corps nettoyé par une telle cure, il ne s'agit pas de
retomber dans les erreurs alimentaires passées, c'est pourquoi Lindner a
tenu à donner dans son ouvrage un tableau de régimes journaliers non
toxiques qui peuvent être facilement pratiqués par toute personne de bonne
volonté, douée d'un minimum de bon sens; la base fondamentale de son
alimentation est fruitarienne, quelques légumes crus, ou cuits, de
préférence à l'étouffée ou mieux encore à l'huile qui a l'avantage de ne pas
détruire les composés aromatiques organiques. Ne pas se soumettre à un
régime rationnel et naturiste après cette cure équivaut à une rechute
fatale, à échéance plus ou moins éloignée.
Pour terminer avec les observations de Georges Lindner, nous reproduirons
encore un passage important de son œuvre où il résume les avantages du jeûne
tels qu'il les a observés et dont il s'est rendu compte par expérience
personnelle :
« 1. Par le jeûne nous découvrons la mesure originelle de
notre capacité alimentaire.
» 2. Le jeûne nous apprend que l'homme est loin de mourir
de faim aussi vite que l'on croit.
» 3.
Durant le jeûne, nous voyons que pour maintenir les
fonctions vitales l'homme a besoin d'une minime quantité de nourriture ; au
bout d'un certain temps de cure nous découvrons ce qu'est la vraie, la
réelle, l'honnête faim.
• 4.
Grâce au jeûne, nous apprenons à connaître une force
qui peut guérir notre corps pour autant que nous voulions bien nous y
confier.
» 5. Par le jeûne, nous parvenons à sortir de notre Moi
et à y laisser pénétrer Dieu en lieu et place.
» 6. Par le jeûne nous apprenons la valeur réelle
d'utilisation des aliments.
» 7-
Le jeûne est pour nous une leçon de modestie
extrême, il nous initie à la vraie richesse intérieure de l'homme.
» 8. Par le jeûne nous arrivons à la certitude que
l'esprit, lorsqu'il le veut, peut dominer le corps matériel. Cette
volonté est de nature divine; le jeûneur veut ce que Dieu veut.
» 9.
Par le jeûne nous vivons la loi thérapeutique
naturelle. La Nature guérit le corps malade du jeûneur comme elle
cicatrise les blessures d'un arbre.
» 10. Par le jeûne nous nous frayons un chemin vers
l'Au-delà. »
Chapitre VII
La valeur thérapeutique du jeûne
HISTORIQUE
NOUS AVONS déjà dit que dès la plus haute antiquité les prêtres, les sages
et les philosophes recommandaient à leurs adeptes, dans un but de
purification du corps et de l'esprit, de s'abstenir de certains aliments, de
viande notamment, et de pratiquer des jeûnes plus ou moins prolongés ; ces
ordonnances figurent encore au rituel de plusieurs religions, mais la
plupart des pasteurs et des fidèles n'en comprennent plus la haute portée
morale ni la nécessité physique; aussi ces jeûnes rituels ont-ils beaucoup
perdu de leur valeur, quand ils ne sont pas devenus lettre morte; forts de
leur science chimique et pharmaceutique, les modernes estiment que ces
préceptes pouvaient, à la rigueur, être bons pour les anciens, grave erreur
de la science matérialiste. Déjà nous trouvons dans Plutarque cette
judicieuse recommandation, qu'au lieu de se gaver de médicaments, dans le
fallacieux espoir de recouvrer la santé,
il est beaucoup plus indiqué de
pratiquer de temps en temps un ou deux jours de jeûne complet, car les
effets purificateurs de cette méthode sont merveilleux et infaillibles.
On sait que les adeptes affiliés à la secte des esséniens avaient coutume
de se livrer à des jeûnes prolongés jusqu'à 40 jours; or les Ecritures nous
apprennent que
Jésus-Christ qui, d'après certains auteurs aurait suivi les
enseignements de cette doctrine, se retira dans le désert pour y jeûner 40
jours; pour beaucoup de nos contemporains cette abstention alimentaire si
prolongée paraît relever du domaine de la fable ou du merveilleux religieux
et cependant rien n'est plus facile à exécuter avec un peu d'entraînement et
beaucoup de volonté. Le passage de Matthieu est très explicite; parlant de
Jésus il nous dit en effet : « Après avoir jeûné quarante jours et quarante
nuits, il eut faim » (Matth. 4. 2). L'apôtre note ainsi un fait
d'observation parfaitement physiologique, c'est l'apparition du sentiment de
vraie faim au bout d'un temps assez long
quand le corps a été parfaitement
purifié par le jeûne, car la faim ressentie les premiers jours de cure n'est
qu'une fausse faim psychique, suite de l'irritation des muqueuses par les
toxines endogènes.
Marc (9. 15-29) rapporte la guérison par Jésus d'un épileptique possédé,
que les disciples avaient en vain essayé de soulager, et comme ils lui
demandaient pourquoi ils avaient échoué dans cette cure, Jésus leur répondit
cette phrase typique : « Cette espèce de démons ne peut sortir que par la
prière et par le jeûne. » II est bien curieux de constater que,
contrairement à la version Ostervald, les traducteurs protestants modernes
(version Segond, version Synodale) ont purement supprimé le membre de la
phrase ayant trait au jeûne, témoignant ainsi de l'incompréhension des
traducteurs quant à
la valeur du jeûne comme facteur important de
spiritualisation. Cette suppression est regrettable ; Westcott-Hort admet le
texte complet comme « version occidentale » ; le texte de la Vulgate, lui,
est formel : « Et dixit illis : Hoc genus in nullo potest exire, nisi in
oratione et jejunio. »
Un médecin hongrois, le DrEdmond Székely, a découvert
dans la bibliothèque royale des Habsbourg un texte en vieux slavon qu'il put
identifier plus tard comme étant une traduction littérale d'un manuscrit en
langue araméenne qui se trouvait à la bibliothèque du Vatican. Après avoir
comparé et traduit ces deux ouvrages, une édition anglaise parut en 1937 :
The Gospel of Jésus Christ by the disciple John, par Ed. Székely et
Purcell Weaver.
Cet Evangile de Jésus-Christ, par le disciple Jean, contient de
multiples enseignements d'hygiène physique, psychique et morale du plus haut
intérêt. D'après ces auteurs, les évangiles actuels nous sont arrivés
étrangement amputés des préceptes de saine hygiène naturiste donnés par le
Christ à ses disciples et aux foules qui le suivaient et qui venaient
réclamer de lui la santé de l'âme et du corps ; dans ce manuscrit, on trouve
des conseils d'hygiène naturiste que l'apôtre affirme avoir reçu directement
de Jésus.
Nous allons donner quelques extraits de cet important manuscrit dont une
traduction complète paraît aux Editions rosicruciennes dans la Revue
psychique : Inconnues, troisième volume, 1950 (P. Genillard, 2,
chemin des Allinges, Lausanne).
Le manuscrit débute par un colloque entre Jésus et de nombreux malades
qui supplient le Maître de les guérir, car, disent-ils : « Nous savons
que tu as le pouvoir de nous guérir de nos maux. Maître, libère-nous de
Satan 1et de tous les maux qu'il nous inflige. »
Le Christ commence par expliquer à ses auditeurs qu'il les conduira dans
le royaume des anges de notre Mère où tous les pouvoirs de Satan sont
inopérants.
« Votre mère, dit-il, est en vous, et vous êtes en elle. C'est elle qui
vous a enfanté et qui vous a donné la vie. Elle vous a donné votre corps et
vous retournerez à elle. »
1 II est à retenir que dans ce manuscrit
ancien, datant de l'époque du Christ, Satan est indiqué comme étant la cause
et le fauteur de tout mal et de toute maladie.
La conclusion à tirer de ces prémisses est que si l'on ne veut pas
devenir la proie de la maladie, il faut vivre selon les lois de cette
Mère dispensatrice de force et de vie.
Le Christ rend son auditoire attentif au fait que ce n'est pas en suivant
les voies de Satan, c'est-à-dire en cédant à toutes les tentations de la
chair et à toutes les impulsions d'une imagination déréglée, avide de
plaisirs sensuels, que l'on peut espérer demeurer en santé et garder le
contact avec l'Esprit, seule voie qui nous mène à Dieu :
« Voulez-vous que le Verbe et la Force du Dieu vivant
puissent se déverser à flots en vous ? Dans ce cas, ne salissez ni ne
profanez votre corps ou votre esprit, car le corps est le temple de l'Esprit
et l'Esprit est le temple de Dieu. Purifiez le temple afin que le Maître du
temple puisse y demeurer et y trouver un lieu digne de Lui. »
Or, un des meilleurs moyens de purification du corps, voire de l'esprit,
c'est la pratique régulière du jeûne; écoutons plutôt la voix du Maître
:
« Régénérez-vous et
jeûnez. Car je vous le dis, en vérité,
Satan et ses
suppôts ne peuvent être chassés que par le jeûne et par la prière.Retirez-vous à l'écart et jeûnez pour vous-mêmes,
ne montrant à personne que vous jeûnez.
Le Dieu vivant le verra et grande sera votre récompense.
Et jeûnez jusqu'à ce que Belzébuth et tous ses démons s'enfuient de vous,
alors les anges de notre Mère la Terre viendront en vous et vous serviront.
Car, en vérité, je vous le dis, si vous ne jeûnez pas, vous ne vous
délivrerez jamais du joug de Satan et de toutes les forces maléfiques qui
découlent de lui. Jeûnez et priez avec ferveur, en recherchant pour votre
guérison la force du Dieu vivant. Evitez tous les hommes tant que vous
jeûnez et recherchez les anges de notre Mère la Terre, car qui cherche
trouve. »
C'est par des procédés
physiothérapeutes des plus naturels que Jésus
promet la santé à l'homme qui les mettra en pratique :
jeûne,
bains d'air, bains d'eau, bains de lumière, application
de boue chaude.
Et le résultat de ces pratiques si simples sera
la purification complète du corps et des pensées
:
« Et lorsque
enfin tous vos péchés et toutes vos souillures auront quitté votre corps de
la sorte (par ces pratiques de purification naturelle) votre sang deviendra
aussi pur que celui de votre Mère la Terre et aussi limpide que l'écume du
ruisseau qui joue dans le rayon de soleil.
Et votre haleine
sera aussi pure que le parfum des fleurs,
votre chair aussi pure que la chair des fruits qui rougissent entre les
feuilles des arbres,
la lumière de
vos yeux aussi brillante et claire que l'éclat du soleil sous la voûte du
ciel. »
A retenir l'haleine fraîche, gage d'une santé parfaite et la lumière
brillante des yeux, miroirs d'une âme pure et joyeuse.
« Ne tuez pas les animaux innocents et ne mangez point
leur chair afin que vous ne deveniez pas les esclaves de Satan. Car cela
signifie s'engager sur le chemin de la souffrance qui conduit à la mort.
Faites plutôt la volonté de Dieu afin que Ses anges puissent vous servir sur
le chemin de la vie. »
Ce n'est pas sans raisons, comme nous le verrons à la fin de notre étude,
où nous comparerons la valeur diététique du régime fruit-végétarien avec
celle du régime carné, que le
Christ recommande la diète de légumes et de
fruits comme étant la seule nourriture normale de l'homme.
Alors seulement « la joie habitera en permanence dans le cœur de l'homme
».
On ne saurait trop méditer et trop se pénétrer de
cet
enseignement du Maître :
« Ainsi mangez seulement ce qui se trouve sur la table
de Dieu : les fruits des arbres, les graines
et les herbes des champs, le lait des animaux et le miel des abeilles.
Tout autre aliment provient de Satan et
conduit au péché, à la maladie et à la mort. Par contre, la riche nourriture
que vous trouvez sur la table du Seigneur dispense à votre corps, force et
jeunesse; dès lors la maladie se tiendra loin de vous. C'est, en effet, de
la table de Dieu que Mathusalem tira ses aliments et je vous l'assure, en
vérité, si vous faites de même, le Dieu de Vie vous accordera à vous, comme
au patriarche, une longue existence sur cette terre. »
II est à déplorer que le christianisme moderne ait perdu complètement cet
enseignement de saine hygiène physique et morale donné par le Christ à son
disciple Jean, ainsi qu'il ressort de ce précieux manuscrit araméen
découvert et traduit par le Dr Székely.
Le savant moine et philosophe érudit, Roger Bacon (1214-1294) se
révèle partisan éclairé du jeûne lorsqu'il recommande, dans son traité
De Retardandis senectutis accidentibus (Du moyen de
retarder les outrages de la vieillesse), cette pratique en ces termes
: « Pour s'opposer à la dessiccation et à la décomposition que l'âge amène
nécessairement pour les sucs vitaux, il faut se soumettre tous les deux ou
trois ans à un travail de rénovation de soi-même, qui consiste
à débarrasser
son corps de toutes les anciennes humeurs viciées en recourant à la diète
(au jeûne) et aux évacuants. »
C'est le meilleur moyen de
renouveler ses tissus et de se rajeunir, surtout si l'on s'adonne ensuite à
un régime rafraîchissant. Nous avons en germe dans ces prescriptions les
bases fondamentales de la méthode curative de jeûne, systématisée plus tard
par le DrGuelpa ainsi que nous aurons l'occasion de le
voir sous peu.
Dans son Traité de médecine naturiste, le DrCarton
cite les pratiques du Père Bernard de Malte qui, au début du
XVIIIe siècle, vers 1724, obtenait des guérisons remarquables
grâce à sa méthode combinant les jeûnes de longue durée avec les règles de
l'hygiène naturiste. « Son principal agent thérapeutique, nous dit le Dr
Carton, était le jeûne prolongé, parfois jusqu'à vingt-cinq ou trente jours.
Il donnait en même temps de l'eau glacée en boisson, lavements et lotions,
et provoquait ainsi des éliminations par les selles et les urines. Il
individualisait minutieusement sa cure, se guidant d'après le tempérament,
l'état du pouls et des ongles. Il utilisait la marche nu-pieds, faisait
dormir les fenêtres grandes ouvertes, et plus tard ordonnait un régime de fruits, jaunes d'oeufs, pâtes, fromages, à l'exclusion du bouillon et
de la viande. » Le Dr Carton a trouvé ces renseignements
intéressants dans un ouvrage paru à Paris en 1730, intitulé: «.Les vertus
médicinales de l'eau commune ou recueil des
meilleures pièces qui ont été écrites sur cette matière. »
Beaucoup d'artistes et non des moindres ont prisé les bienfaits du jeûne,
estimant qu'il était non seulement un facteur primordial de santé, mais
encore et surtout un moyen de dégager l'âme des liens de la matière, partant
de favoriser et de spiritualiser l'inspiration. Le DrMôller
cite le cas remarquable d'un des meilleurs peintres de la Renaissance
vénitienne, Bonvicino qui, avant de commencer un nouveau tableau, se
livrait au jeûne et à la prière. Alessandro Bonvicino, dit le Moretto,
était un artiste très expéditif quoique très soigneux et des plus
minutieux; il nous a laissé quantité de toiles de grande valeur; à Brescia
seulement on compte cinquante-cinq tableaux de grand style. P. Molmenti,
dans son Etude sur la peinture vénitienne, fait un grand éloge de
ce peintre génial et le motive ainsi : « En présence des tableaux de
Bonvicino, on se sent pris du désir de connaître aussi l'âme de cet artiste
et l'action des causes qui tout d'abord le dirigèrent dans les voies de
l'art. »
II en fut de même pour le compositeur Grétry dont les mélodies,
pleines de fraîcheur et de feu, ont fait l'enthousiasme de ses
contemporains. « II est charmant, nous dit Romain Rolland, parce que
tout est chez lui naturel, spontané; et il a tant d'esprit. » Grétry, tout
jeune, au jour de sa première communion, demanda à Dieu de le faire mourir
s'il ne devait pas devenir honnête homme et homme distingué dans son art. «
Cherchons, dit-il, cherchons les sensations délicieuses, mais honnêtes et
pures; nous ne sommes heureux que par elles. »
Son esprit était toujours en travail et dans ses mémoires nous trouvons
d'intéressantes théories sur l'occultisme et la télépathie, sur l'emploi de
la musique pour calmer les maladies de nerfs et la folie, sur la diète
alimentaire qui, d'après lui, a une importance énorme sur la santé et la
formation du caractère. « On serait à peu près sûr, affirme-t-il, de faire
un homme colère, pacifique, imbécile, ou un homme d'esprit, si l'on portait
une attention suivie sur son régime et son éducation. » Grétry avait hérité
d'une santé délicate et il estime que c'est à sa diète très frugale qu'il
dut son endurance et sa force de travail toutes particulières; toujours il
se préparait à la composition par le jeûne et la méditation ; il n'eut qu'à
se louer de ces pratiques.
Un grand initié qui eut son heure de célébrité au
XVème siècle,
le comte de Cagliostro, fut également un partisan convaincu de
l'excellence thérapeutique du jeûne.
Cagliostro fut un occultiste érudit et éminent, n'en déplaise à certains
auteurs qui veulent en faire une sorte d'illuminé, de charlatan, voire même
d'escroc; à ceux qui douteraient de la valeur de Cagliostro comme homme et comme savant occultiste, nous recommandons la
lecture du livre remarquablement fouillé et documenté que lui consacre le DrLalande, sous le pseudonyme de Marc Haven. Nous y apprenons,
en effet, que Cagliostro recommandait à ses disciples le jeûne prolongé
comme moyen de purification. Le Dr Lalande cite, d'après les
renseignements qu'il a puisés dans le Catéchisme du Maître, un des
rituels de la « Maçonnerie égyptienne » instituée par Cagliostro, des
détails précis sur une cure de régénération physique
qui devait précéder la
régénération morale exigée de l'aspirant à ce grade élevé. Pour ce faire,
Cagliostro avait institué une retraite de quarante jours que l'adepte devait
passer à jeûner en se livrant à la méditation sous la surveillance et la
direction d'un ami, son maître. Durant le jeûne on lui administrait des
poudres purgatives rafraîchissantes pour nettoyer le corps de ses impuretés;
pour faire suite à l'administration de ces médicaments on lui faisait
absorber un liquide fortifiant, vitalisant, qui consistait en gouttes
blanches, dites baume du Grand Maître, dont Cagliostro a gardé le secret.
Voici l'opinion autorisée du Dr Lalande au sujet de cette cure
si copieusement ridiculisée par les adversaires intéressés de Cagliostro :
« Si l'on veut bien réfléchir à toutes les théories et pratiques
médicales, sans parti pris, songer que les cellules de l'intestin se
renouvellent en quarante-huit heures, les autres moins vite, mais assez
régulièrement pour qu'on puisse admettre qu'en sept ans, rien ne subsite
plus dans un organisme de ce qui le constituait matériellement sept ans
auparavant; que, dans certaines maladies, les destructions et régénérations
organiques se font en masse, en quelques jours ;
que le jeûne a toujours été
employé en médecine, et en religion, comme la plus puissante méthode
purificatrice, on trouvera sans doute que le « charlatanisme » de Cagliostro
prête moins à rire que l'ignorance de ses railleurs. » Le Dr
Lalande parle ensuite de la communication faite le 7 janvier 1909 à la
Société de neurologie de Paris par le DrGuelpa au sujet
de sa méthode de rajeunissement des tissus et de désintoxication de
l'organisme par le jeûne répété et rythmé avec adjonction de purgations
copieuses; nous aurons bientôt à étudier plus à fond les théories et les
conclusions du Dr Guelpa. « C'est exactement ce qu'enseignait
Cagliostro, fait remarquer le Dr Lalande, il dynamisait ensuite
son malade, ce qui était mieux encore. »
Avant de quitter la personnalité si étrange et si remarquable que fut
Cagliostro, nous ne pouvons résister au désir de transcrire un autre
passage de ce fameux rituel du maître, bien propre à illustrer le noble
idéal professé par ce grand initié :
« La grâce s'obtient surtout par des actes : vivre de la vie de tous,
dans la société où le ciel vous a placé, en en respectant les lois, et
surtout se consacrer au bonheur et au soulagement de son prochain, voilà le
premier devoir d'un philosophe et l'œuvre agréable à Dieu. »
Ce haut idéal ne semble pas avoir été du goût de la Rome papale, car
après avoir été accusé de sorcellerie et d'hérésie, Cagliostro mourut dans
les cachots de l'Inquisition.
Le DrHufeland, dont nous avons déjà parlé, cite dans
son Art de prolonger la vie, deux cas remarquables de guérison par le
jeûne. Son premier exemple est tiré des Comptes Rendus de l'Académie royale
des Sciences, de 1769; il s'agit d'un officier français malade depuis
longtemps et tombé dans la mélancolie la plus noire; il avait résolu de se
laisser mourir de faim; durant les trente-neuf premiers jours il ne prit
qu'une petite quantité d'eau pure parfumée avec quelques gouttes d'extrait
d'anis; puis il cessa même totalement de boire. Le quarante-sixième jour de
son jeûne volontaire il vit un enfant entrer dans sa chambre avec une
tartine de beurre; à ce spectacle, le sentiment de faim naturelle se
réveilla à tel point qu'il réclama un potage avec insistance ; c'était,
comme va nous l'apprendre le DrDewey, le retour de la
vraie faim physiologique. Et, fait remarquable, pendant toute la durée de
son jeûne, cet officier qui avait auparavant des hallucinations et ne
voulait pas être appelé par son nom, fut complètement débarrassé de ses
troubles psychiques; par contre, dès qu'on eut commencé à le faire boire et
manger copieusement pour réparer les pertes du jeûne et pour le fortifier (
?), le dérangement cérébral réapparut au bout d'un certain temps ;
preuve
évidente que la maladie était d'origine toxique, par alimentation excessive
et inadéquate.
Le second cas rapporté par Hufeland fut observé par lui-même avec
beaucoup de soin; il s'agit d'une jeune fille de dix-huit ans, qui tomba
tout à coup dans une mélancolie profonde, refusant toute nourriture ; on
arrivait en employant la force à lui ingurgiter de temps en temps un peu de
potage à la crème d'avoine, alors qu'à la lumière de nos connaissances
actuelles, soit dit en passant, on aurait beaucoup mieux fait de la laisser
se désintoxiquer par un jeûne absolu. Ce ne fut qu'au bout de trente-six
jours qu'elle sortit de cet état de torpeur et qu'elle consentit enfin à
s'alimenter normalement; le rétablissement fut rapide et dès lors la santé
resta excellente ; dans ce cas, bien que le jeûne n'ait pas été absolu, il
contribua à débarrasser la malade de ses auto-toxines et de sa maladie.
Il est du reste un fait d'observation courante, des plus suggestifs,
c'est que les populations soumises momentanément à des privations et à des
restrictions forcées (disette, famine ou surtout troubles sociaux, guerres,
etc.), ne présentent pas un état sanitaire aggravé proportionnellement aux
restrictions; au contraire, cette diète imposée par les circonstances a les
résultats les plus heureux, spécialement pour la santé des nombreux
arthritiques et des diabétiques surnourris. En Russie, où avant la guerre de
1914 on mangeait beaucoup et copieusement, car les mets étaient servis en
abondance, vu leur bas prix, il y avait de ce fait de nombreux surnourris,
podagres et diabétiques, qui chaque année faisaient appel à la science
pharmaceutique ou balnéaire pour n'en obtenir qu'un soulagement passager; depuis la révolution, nous
avons revu beaucoup de ces arthritiques guéris du simple fait que les
circonstances financières ne leur permettaient plus de manger trop et
d'encrasser leur organisme. Cette observation est fertile en enseignements
cliniques et thérapeutiques.
De la multitude de faits que nous venons de citer, et nous aurions pu
encore en allonger la liste, il ressort toujours plus clairement que
l'homme, dit sage et civilisé, mange trop et mange surtout mal.
L'étude que nous allons faire maintenant des théories du Dr E. H.
Dewey, consignées dans un livre important intitulé :
Le jeûne qui guérit,
nous fortifiera de plus en plus dans la certitude que la diète est le
premier pas vers la santé et la sagesse. C'est à Dewey que nous sommes
redevables aussi d'avoir définitivement rompu avec le vieux préjugé du
gavage alimentaire des malades et des bien portants ; son œuvre mérite une
étude approfondie, nous allons y consacrer quelques instants.
LA MÉTHODE DU JEUNE D'APRES LE Dr E.-H. DEWEY
Dewey
nous raconte en guise d'introduction à l'exposé de sa
méthode que, dès le début de ses études, sa foi en la valeur thérapeutique
des drogues était très limitée; cette opinion se fortifia encore à la suite
d'un stage comme médecin de l'hôpital de Chattanooga, où il eut l'occasion
de soigner beaucoup de malades et de blessés; il y put observer que le
nombre des guérisons, tant dans son service que dans ceux de ses collègues,
n'était pas du tout fonction directe et proportionnelle de la quantité des
médicaments administrés;
mais que celles-ci dépendaient beaucoup plus de la
résistance individuelle des malades qui même paraissaient souvent se guérir
malgré le médecin. Il résolut de droguer le moins possible ses patients et
de laisser à la nature le soin de réparer les ravages de la maladie : « J'ai
reconnu depuis, nous dit-il, que j'ai rendu de plus grands services au
chevet de mes malades comme interprète des symptômes, que comme dispensateur
de drogues... A mesure qu'augmentait mon expérience, croissait aussi ma foi
en la nature. Après que j'eus reconnu qu'il n'y avait aucune similitude dans
l'espèce, la quantité et la durée des traitements médicaux pour les mêmes
maladies, ma minime confiance en les médicaments diminua encore
graduellement. »
« Pour le public en général, la maladie est simplement une attaque et non
pas la résultante finale de violations des lois naturelles, continuées
peut-être depuis la naissance. Pour le public, les symptômes ne sont que des
indices de destruction, et non pas des efforts visibles de l'organisme
tendant à rétablir l'état normal. Il en résulte qu'en ne s'attachant pas
spécialement à combattre les symptômes, le médecin fait naître toujours un
doute plus ou moins grand dans l'esprit des amis péniblement affectés, quant
à sa capacité de s'acquitter de ses graves devoirs.
« Cette « foi aveugle », non raisonnée et déraisonnable, dans les
prescriptions thérapeutiques, est tout aussi forte chez les plus
intelligents que chez les plus ignorants et m'a toujours causé plus de
difficultés que le traitement même du malade. »
Etabli à Meadville (Pensylvanie) dès 1866, Dewey y pratiqua la médecine
pendant dix années selon les anciennes règles, mais en administrant le moins
de médicaments possible. Il eut alors l'occasion de faire une observation
qui donna par la suite une tout autre orientation à sa carrière médicale; il
y gagna le courage de rompre définitivement avec ce qu'il estimait les
erreurs de la médecine officielle allopathique. Voici l'expérience qui fut
pour lui son chemin de Damas : Appelé à donner des soins à une jeune fille
atteinte de déchéance organique complète, il constata une anorexie si grave
que durant trois semaines la patiente ne put pas même absorber une goutte
d'eau sans la vomir; au bout de ce temps un peu d'eau fraîche fut tolérée et
petit à petit l'état de la malade s'améliora sensiblement; Dewey avait enfin
réalisé que les efforts curatifs de la nature étaient plus efficaces, plus
utiles et plus adéquats que notre thérapeutique chimique brutale. « Ce «
non-traitement » se prolongea jusqu'au trente-cinquième jour, au cours
duquel survint — non pas le décès — mais bien l'envie de manger, qui marqua
la fin de la maladie. »
Dès lors, notre auteur supprima complètement les médicaments, donnant
souvent des potions fictives et anodines pour calmer l'angoisse des malades
et surtout celle de l'entourage, réservant leur emploi aux cas désespérés où
l'indication primordiale est de calmer les douleurs violentes d'une maladie
incurable. De jour en jour il acquit la conviction inébranlable, basée sur
des faits de plus en plus nombreux, que la guérison des blessures et des
maladies était grandement favorisée par la pratique systématique du jeûne,
cette « Thérapeutique de la nature », comme il la dénomme. Lors d'une
épidémie meurtrière de diphtérie il eut l'occasion d'expérimenter
l'excellence de sa méthode dans sa propre famille : son fils âgé de trois
ans était tombé très gravement malade; pour calmer les anxiétés maternelles
il avait demandé l'avis et le secours d'un confrère distingué qui ne sut
prescrire autre chose qu'un traitement médicamenteux héroïque; cette
médication brutale n'eut aucun succès sinon de provoquer de violents
vomissements; dès lors le Dr Dewey refusa de forcer l'enfant à
avaler « une mixture dont la déglutition eût été cruelle même pour le gosier
d'un cheval ». Cependant en l'absence du Dr Dewey, la mère
angoissée fit prendre la drogue à son fils; il s'ensuivit «une crise
nerveuse terrible qui ne se calma qu'au bout d'une heure ». A son retour,
Dewey mit son enfant au régime du jeûne absolu avec quelques gouttes d'eau
pure pour calmer sa soif intense ; il eut le bonheur de voir son fils se
rétablir complètement et dans un temps beaucoup plus court que ne le
nécessitent des cas semblables, traités par l'ancienne méthode, avec
médicaments héroïques.
Dewey reconnut enfin que l'alimentation forcée en cas de fièvre était non
seulement inutile, mais encore parfaitement nuisible.
Nous ferons remarquer que les enseignements de la physiologie actuelle
sont en parfaite concordance avec les vues de Dewey; en effet, elle nous
apprend que la sécrétion des ferments digestifs cesse, dès que la fièvre est
élevée; nous avons bien là un avertissement péremptoire de la nature qui
nous fait comprendre que, durant cet état, il ne faut lui demander aucun
travail de digestion. Il est par conséquent bien inutile d'introduire par
force dans un estomac de fébricitant des aliments, même ceux que l'on croit
faciles à digérer, tels que le lait ou les œufs; comme ils ne rencontrent
pas de ferments capables de les transformer, ces aliments se comportent dans
les voies digestives à l'égal de corps étrangers subissant des fermentations
putrides qui augmentent encore la production des toxines endogènes.
Dewey démontra avec preuves à l'appui que l'alimentation forcée des
fébricitants et même des malades était antinaturelle; en effet, d'après ses
observations, la diminution du poids des patients n'était pas beaucoup plus
grande chez ceux qui jeûnaient pendant la crise que chez ceux qui étaient alimentés. De plus, comme l'acte de la
digestion demande de la part de l'organisme l'utilisation d'une certaine
quantité d'énergie vitale et nerveuse, il estime qu'il est préférable de la
laisser intacte au malade afin qu'il puisse disposer intégralement de toutes
ses forces pour lutter efficacement contre son mal.
En cas de maladie il y a lieu par conséquent d'éviter autant que possible
le « gaspillage des précieuses énergies vitales », or le gavage alimentaire
en est une des principales sources.
Voici comment Dewey résume son opinion à ce sujet :
« La force vitale étant entièrement nécessaire pour
maintenir l'intégrité du cerveau, quartier général sans lequel plus aucune
fonction ne s'accomplit, est-il utile de nous alimenter, et devons-nous le
faire lorsque les aliments ingérés, n'étant pas assimilés, absorbent sans
profit une certaine quantité de force nerveuse pour être désintégrés et
éliminés ? Si l'on admet cette manière de voir, on arrive à la conclusion
qu'alimenter un malade, c'est user son énergie vitale, alors qu'il en a tant
besoin pour guérir la maladie. »
Cette idée lui est particulièrement chère, il y revient à plusieurs
reprises et il insiste avec raison sur cette notion capitale :
« Les énergies cérébrales, dit-il encore, mises à
contribution pour
débarrasser l'estomac et les intestins des détritus
provenant des matières alimentaires surabondantes à l'état de
décomposition, qui doivent être entraînées de force à travers un canal
long de plus de dix mètres, sont très grandes, et ce, en majeure partie aux
dépens des forces vives de l'âme. »
Le symptôme qui lui sert de guide pour décider de la reprise alimentaire
est la réapparition spontanée du sentiment de la vraie faim
physiologique, sentiment qui peut parfois se faire attendre des semaines
quand ce n'est pas des mois. Lorsqu'on institue une cure de jeûne il y a
lieu de savoir qu'il faut distinguer deux sensations de faim :
La faim
réelle, physiologique, que très peu d'entre nous ont ressentie, étant
donné
notre régime alimentaire excessif;
la faim psychique, qui est
un appel du cerveau réagissant à une habitude ou à un malaise par pléthore
alimentaire ;
cette faim psychique ne correspond pas à un besoin réel
d'aliments, mais à un appel sensuel de notre gourmandise. Elle provient,
nous dit Dewey, « en partie de l'habitude, et s'apaise, que l'on mange ou
non, tout aussi complètement. On peut s'habituer à avoir faim à n'importe
quelle heure de la journée, en s'y entraînant. »
Le Dr Guelpa
qui est bien qualifié pour en parler, est aussi du même avis ; il pousse
l'explication encore plus avant en faisant ressortir que ce faux sentiment
de faim est dû à une intoxication passagère des centres nerveux par des
auto-toxines.
Cette faim doit être dénommée
faim toxique,
car elle
prend son origine dans l'excitation des terminaisons nerveuses du tractus
gastro-intestinal irrité par des poisons alimentaires ou endogènes, la
nourriture nouvelle ingérée sous l'appel de cette faim toxique faisant
l'office d'épongé pour les toxines endogènes qu'elle incorpore momentanément
dans sa masse; mais ce ne peut être qu'un bien-être passager.
Guelpa a démontré en effet que cette fausse sensation de faim des
premiers jours de jeûne disparaît lorsqu'on administre au patient une bonne
purgation saline qui alcalinise les humeurs et débarrasse l'estomac et les
intestins de leur contenu toxique et irritant.
Pendant la fièvre, on observe du reste aussi la disparition de la
sensation de faim; les malades ont même le dégoût des aliments et c'est déjà
une indication bien nette de la nature, qui nous avertit que le corps ne
doit plus être alimenté et qu'il faut le laisser en repos.
Le spectre terrible de la mort par inanition, qui épouvante la plupart
des gens tentés de faire un essai de jeûne, est du domaine de la fable; on
ne saurait se lasser de rassurer les timides qui n'osent en faire
l'expérience personnelle pour leur plus grand bien; de même la crainte que
témoignent certains médecins de voir les cellules nobles de notre organisme,
notamment nos cellules cérébrales, dégénérer et s'affaiblir par le jeûne, ne
repose sur aucun fondement réel; en fait ce ne sont que les cellules faibles
et malades qui meurent, elles sont remplacées rapidement par des éléments
sains et vigoureux.
On a donc grand tort de
vouloir forcer les malades à se suralimenter dans le but de les fortifier;
Dewey cite un cas bien typique à cet égard; il s'agit du Révérend W. E.
Rambo qui, à la suite de maladies tropicales, était revenu des Indes
tellement affaibli au point de n'avoir plus que la peau sur les os; son
cerveau débile le rendait incapable de toute conversation suivie ; il avait
un appétit vorace qui le poussait à engloutir en six copieux repas des
quantités énormes de nourriture ; au lieu de se trouver
«fortifié» par ces aliments substantiels, il maigrissait et
s'affaiblissait à vue d'œil. Un hasard heureux lui fit prendre connaissance
du livre du Dr Dewey : True Science of Living; il y
découvrit toute l'inanité de la médecine basée sur le gavage alimentaire.
Il eut encore l'énergie nécessaire pour congédier son médecin et pour se
soumettre à une cure de jeûne; au bout de deux semaines son intestin était
suffisamment guéri pour pouvoir reprendre une alimentation liquide légère,
et après trois autres semaines de ce régime, il fut complètement rétabli; au
bout de trois mois, cet homme qui maigrissait continuellement malgré la
suralimentation, avait déjà gagné « vingt et un kilos d'une chair saine,
ferme et vigoureuse ».
Dewey a employé avec
grand succès sa méthode du jeûne absolu et prolongé, dans les cas de
maladies fébriles, telles que grippe, pneumonie, diphtérie, infections à
streptocoques et staphylocoques, typhus, fièvres paludéennes ; il a toujours
pu constater que ses malades étaient plus vite rétablis et surtout que le
taux de la mortalité des cas graves soumis à son traitement était de
beaucoup inférieur à celui de ses confrères allopathes, partisans de la
suralimentation à outrance. Il obtint notamment des guérisons remarquables
dans des cas de rhumatisme infectieux chronique ou aigu, traités sans succès
par la médecine officielle.
Dewey estime que
mieux vaudrait suivre cette indication de la nature et les laisser jeûner
jusqu'au retour de la sensation de faim normale. « On pourrait,
affirme-t-il, instituer le régime du jeûne avec la certitude de voir se
calmer l'état mental aussitôt que le processus de la digestion cesserait
d'imposer au cerveau une fatigue évitable. »
II cite également une demi-douzaine
de cas d'épilepsie guéris ou améliorés par la méthode du jeûne.
Le traitement des
toxicomanes, alcooliques, morphinomanes, tabagiques est grandement facilité
par la pratique du jeûne. Dewey remarqua aussi que les blessures se
cicatrisaient mieux et que la guérison des plaies chirurgicales était
accélérée par sa méthode.
Nous allons maintenant
donner le détail de quelques cures de jeûnes prolongés dont les résultats
furent brillants ; on peut voir même dans le livre de Dewey la reproduction
photographique de ces jeûneurs, prise le dernier jour de leur cure au moment
de leur promenade quotidienne, preuve matérielle de leur vitalité et de leur
santé récupérées.
Un cas intéressant est
celui de
M. Milton Rathbun,
marchand
grainier, établi à New-York. A l'âge de 54 ans, il était miné par
l'arthritisme et menacé d'une attaque d'apoplexie, étant donné son
tempérament trop sanguin ; il résolut de tenter la cure de jeûne ; il pesait
95 kilogrammes au début du traitement ; quand il recommença à manger, 28
jours après, il avait perdu 19 kilogrammes. Il continua son travail durant
toute la période de jeûne et cela sans peine ni fatigue, effectuant chaque
jour le voyage de Mount Vernon, son domicile, à New-York, siège de ses
affaires.
M. Rathbun, ayant été
accusé par quelques journaux médicaux, d'avoir triché et de s'être sustenté
clandestinement durant son jeûne, résolut l'année suivante de refaire une
cure en se soumettant à un contrôle médical rigoureux; cette fois-ci il
s'abstint de tout aliment pendant 35 jours; il perdit 19,400 kilogrammes. A
part quelques malaises ressentis au début pour avoir, sur le conseil
pressant des médecins-contrôleurs, absorbé de trop grandes quantités de
liquide qui lui fatiguèrent les reins, il fut en parfaite santé au cours de
ce long jeûne et put travailler comme la première fois.
MmeA. M. Lichtenhahn
jeûna également pendant 36 jours sans peine, continuant à s'occuper de son
ménage; elle perdit 9kilogrammes, mais elle recouvra un regain de force et
de santé après la cure.
MlleE. Westing,
professeur de chant et cantatrice distinguée, continua à donner ses leçons
et à chanter durant les 40 jours de son jeûne; son poids diminua de 7,800
kilogrammes seulement; la photographie nous la montre au sortir de l'église
le quarantième jour de sa cure, l'air souriant et satisfait, nullement
incommodée par un froid rigoureux; à la suite de cette pratique sa santé fut
tellement améliorée qu'elle se sentait une capacité de travail
extraordinairement augmentée.
Un cas qui présente un
grand intérêt est celui de MueE. Kuenzel, une jeune
personne de vingt-deux ans, atteinte de mélancolie grave, qui avait été
traitée sans succès dans une maison de santé par le gavage médicamenteux et
par la suralimentation intensive. Lorsqu'elle commença son jeûne, son état
général était déplorable, sa faiblesse était telle qu'elle pouvait à peine
remuer dans son lit; elle dut le garder jusqu'au onzième jour; à partir de
ce moment elle commença à se lever et à faire une promenade journalière
lorsque le temps le permettait; «je suis sortie, écrit-elle, vingt-trois
jours sur les quarante-cinq de mon jeûne, et pendant cette période j'ai
couvert cent soixante-dix-neuf kilomètres. Ceci est en dehors de mes
promenades en voitur
de mes visites à
l'Exposition et des réunions du soir où je me rendais à pied. Je ne me
sentais aucunement fatiguée, ni affaiblie, mais j'étais plus heureuse et
plus gaie chaque jour de mon jeûne, car je sentais en quelque sorte une vie
nouvelle se répandre dans tout mon être. Mon esprit devenait plus lucide et
toute confusion mentale disparaissait. J'en éprouvais une réelle extase
et la vie, au lieu d'un fardeau' qu'elle était, me redevenait une vraie
joie. »
Ces affirmations
péremptoires de l'intéressée en disent plus que de longues discussions
académiques brillantes en théorie, mais vides de preuves expérimentales.
Le quarante-quatrième
jour de son jeûne fut un de ceux où Mlle Kuenzel déploya le plus
d'activité ; en voici le résumé, tel que nous le donne le Dr
Dewey : « Elle se leva à huit heures et demie pour vaquer à ses occupations
jusque bien tard dans l'après-midi, puis, accompagnée de son ami, elle vint
retrouver une de ses sœurs à l'Exposition. Elle y passa plusieurs heures et,
revenant en tramway, le seul siège vacant fut accepté par sa sœur, qui était
fatiguée et ignorait que MIle
Estella était privée de nourriture depuis quarante-quatre jours; celle-ci
d'ailleurs n'était pas fatiguée. » Elle se coucha vers minuit sans être
aucunement éprouvée et pas trop lasse de cette journée si bien remplie.
Voici comment Mlle
Kuenzel termine la narration de son jeûne : « J'ai passé une année
d'indicibles tortures, produites par le surmenage et par la science des
doctes professeurs. J'étais près de succomber, mais grâce aux enseignements
précieux que le Dr
Dewey a donnés à l'humanité... je suis maintenant bien portante, forte et
joyeuse. »
Toute cette histoire
n'est-elle pas le meilleur certificat que l'on puisse décerner en faveur de
l'excellence thérapeutique de la cure de jeûne ?
Nous avons gardé pour
la fin le cas de M. Léonard Thress, pour qui le jeûne fut un vrai
sauvetage ; âgé de 57 ans, souffrant d'hydropisie et de myocardite grave, «
il était, nous apprend le Dr
Dewey, au bord du tombeau, et ses médecins avaient abandonné tout espoir ».
Malgré cet état si précaire, onze jours après le début du jeûne, M. Thress
pouvait quitter son lit, ce qui ne lui avait pas été possible depuis de
longs mois, il put commencer à marcher et chaque jour il vit ses forces
s'accroître d'une façon réjouissante. Pendant les 50 jours que dura son
abstinence totale, il parcourut à pied un peu plus de 104 kilomètres; il
perdit en tout 34,5 kilogrammes. Par ce traitement héroïque, il fut sauvé
d'une mort certaine, attendue à brève échéance par la Faculté et il put se
remettre à un travail actif.
Nous pourrions encore
allonger la liste des cas de jeûnes prolongés effectués par des patients du
Dr Dewey ; mais ce serait une fastidieuse répétition des mêmes
résultats positifs et heureux.
Dewey insiste sur le fait intéressant que le premier bénéfice de cette cure
de désintoxication et de repos alimentaire se manifeste rapidement, d'une
façon très visible par l'éclaircissement du teint et par l'aspect éclatant
de
la carnation, preuve certaine d'une épuration sanguine, d'une meilleure
circulation du sang et d'une nutrition normale de la peau et des téguments;
ce premier symptôme de l'efficacité de la cure est important à noter, car il
indique la suite à donner au traitement. « L'étude de la physionomie
faciale, nous dit le Dr Dewey, offre l'intérêt le plus profond,
lorsque l'on comprend que l'expression des yeux, des traits, la finesse et
la délicatesse des structures organiques et de leur coloration, ne sont que
des révélations de la vie plus noble qui est à l'intérieur. »
Inutile de dire que la
science officielle fit aux théories et à la pratique du Dr Dewey
une farouche et impitoyable opposition, car son système était trop
révolutionnaire et démolissait trop d'idées préconçues, consacrées par une
longue et docte routine. Lorsque parurent ses ouvrages : The true Science
of Living (La véritable science de la vie) et New Gospel of Health
(Nouvel évangile de la santé), ce fut un toile général. Il le constate
mélancoliquement en ces termes : « Mes confrères en médecine accueillirent
ma méthode comme ils auraient accueilli une épidémie de petite vérole, ou
bien une hérésie dont les suites constitueraient un danger social. »
Comme d'habitude on
critiqua beaucoup, au nom de la théorie médicale scientifique, mais on ne se
donna pas la peine de répéter les expériences de Dewey; ces critiques
officielles, ex cathedra, n'empêchèrent cependant pas la vérité de se
faire jour; la cure par le jeûne gagna de plus en plus des adeptes
enthousiasmés et les guérisons surprenantes de cas désespérés se
multiplièrent à l'envi.
Dewey désirait tout particulièrement
faire comprendre au public que le jeûne est un moyen curatif simple, en
harmonie avec les lois de la nature; le grand avantage de cette méthode est
de ne pas avoir recours aux drogues médicamenteuses, souvent plus nuisibles
qu'utiles ; à ce propos, il déplore que : « le public candide ait
une foi intense en l'efficacité des médicaments; que sa vision déformée
prenne pour des géants, à l'instar du chevalier de la Manche, des
guérisseurs diplômés qui, en réalité, ne sont que des moulins à vent, dont
le voisinage trop proche peut être extrêmement dangereux pour les malades ».
« Médecin guéris tes maux
! » C'est par cette apostrophe que le Dr
Dewey répond à ses confrères; il voudrait que chaque médecin prêchât
l'exemple de la sobriété par sa propre vie et qu'il ne donnât pas, comme
c'est parfois malheureusement le cas, le spectacle de mauvaises habitudes
contraires à l'hygiène, celui de l'alcoolisme et du tabagisme tout
particulièrement.
La santé physique et
morale étant chose contagieuse, d'après Dewey, il voudrait que le médecin
soit exempt de toute tare et de toute habitude vicieuse; voici le passage
qu'il soumet à la méditation de ses confrères : « Selon mon opinion, il y a
parmi les médecins autant d'esclaves du tabac, de l'opium sous diverses
formes et des boissons alcooliques, proportionnellement, que dans n'importe
quelle autre classe de la société; ils sont tout aussi exposés que le
premier venu à être atteints des différentes maladies chroniques et tout
aussi impuissants à se guérir. Journellement je vois des médecins allant le
cigare à la bouche visiter leurs malades; signe d'un système nerveux en
détresse subissant l'action fallacieuse de la nicotine..., ils pénètrent
dans les chambres où l'air devrait être le plus pur.
» A qui convient-il plus
au monde qu'au médecin de prêcher l'exemple?... Est-il logique qu'un malade
s'emploie à en guérir un autre ? N'est-il pas malade le médecin dont le
système nerveux le tourmente au point qu'il ait besoin de le calmer
fréquemment en fumant un cigare, qui en même temps altère sa sensibilité
gustative ? N'est-il pas très malade lorsque ses nerfs réclament le coup de
fouet de fortes boissons alcooliques ? »
Il nous reste encore à parler
d'un autre moyen curatif mis en œuvre, à côté du jeûne, par le Dr
Dewey ; une fois le corps débarrassé de ses poisons, il s'agit de le
maintenir en bonne santé par un régime convenable; pour ce faire, il est
arrivé à la conviction qu'il fallait réduire le nombre des repas et les
rendre moins copieux; il institua le système dit des deux repas par jour.
Partant de cette idée
que les aliments ne peuvent fournir les énergies utiles au fonctionnement de
l'organisme qu'après avoir subi une digestion et une transformation
appropriées (processus qui demandent un temps plus ou moins leng), il en
conclut que la sensation de vigueur ressentie immédiatement après avoir
mangé est une impression toute subjective; aussi estime-t-il que la
suppression du premier déjeuner s'impose, car durant la nuit le corps a eu
le temps d'élaborer et de mettre en réserve une ample provision de force et
d'énergies tirées des aliments de la veille; ces énergies sont plus que
suffisantes pour subvenir aux besoins de notre activité de la matinée;
n'est-il pas illogique, en effet, et anti physiologique de manger dès le
réveil sans avoir rien dépensé des forces en réserve ? Pour Dewey, le désir
impérieux, le besoin même, que ressentent la plupart des gens de prendre le
premier repas matinal, est uniquement une affaire d'habitude et ne repose
pas sur une demande réellement organique du corps.
« La faim du
matin, dit-il, n'est autre chose que la « maladie qui couve », et ce sont
précisément ceux qui la ressentent le plus qui auraient le plus de raisons
de jeûner pour améliorer leur santé. » La faim du matin serait plutôt une
fausse faim toxique analogue à celle que l'on ressent les premiers jours de
jeûne; c'est aussi l'avis du Dr Guelpa, comme nous aurons
l'occasion de le voir encore.
Dewey conseille sa méthode
des deux repas, non seulement aux intellectuels, aux gens de bureau
qui, par leur vie sédentaire, brûlent peu de leurs réserves, mais encore aux
travailleurs manuels, aux ouvriers et aux paysans pour qui elle convient
également bien; c'est, d'après lui, la conviction à laquelle sont arrivés
tous ceux qui ont bien voulu tenter une expérience suivie et de quelque
durée; il cite entre autres les observations qu'il a faites maintes fois sur
des travailleurs manuels qui étaient venus le consulter pour des malaises
rhumatismaux ou stomacaux; ils ont vu leurs maux disparaître à la suite de
cette légère transformation de leur régime alimentaire et ils ont été tout
étonnés de constater que leur force productive était augmentée. Il cite
notamment l'expérience intéressante dont il fut témoin : par une chaude
matinée, trois fermiers étaient partis ensemble pour cribler de l'avoine, le
plus épuisant des travaux agricoles à son avis; deux de ces hommes avaient
déjeuné normalement avant de partir, tandis que le troisième, adepte de
Dewey, était à jeun; il fournit autant de travail, si ce n'est plus, que ses
compagnons; il maniait son crible facilement, avec beaucoup d'énergie, sans
être essoufflé comme ses voisins ; enfin, lorsque midi sonna, il était
encore frais et dispos, ce qui était loin d'être le cas pour les partisans
des repas multiples. Un charpentier, fréquemment malade auparavant, vit ses
malaises disparaître après avoir adopté la méthode des deux repas; sa
force et son endurance au travail furent plus grandes que par le passé.
Consulté par un fermier miné par l'arthritisme, sujet aux rhumes chroniques,
récidivant à tout propos, il lui conseilla d'essayer de réduire ses repas à
deux par jour; l'effet fut excellent et rapide et le retour à la santé
complet; le patient déclara par la suite que « sa matinée était la meilleure
moitié de sa journée, tant pour le dur travail corporel que pour la lucidité
d'esprit. » A ce nouveau régime il eut bientôt gagné en poids 10 kilogrammes
environ.
Cette augmentation de
poids, grâce au régime des deux repas, est de nature à faire
réfléchir; elle nous apprend que ce n'est pas en se gavant et en
surchargeant inutilement l'estomac que l'on peut espérer une bonne
assimilation des aliments, partant une réelle provision de forces.
Ce devrait être sans
contredit le régime normal de tous les intellectuels, de même que de tous
ceux qui sont astreints à une profession sédentaire; ce sont tous gens ayant
une tendance à trop manger et à s'encrasser, car ils ne brûlent pas leurs
réserves par un travail musculaire suffisant. Un évangéliste érudit, le Dr
G. F. Pentecost,
sur le conseil de Dewey, essaya du régime des deux repas et s'en
trouva si bien qu'il gagna beaucoup de personnes à cette pratique
rationnelle; nous allons résumer avec lui les avantages de ce régime :
« I. Je n'ai plus
ressenti la moindre migraine douloureuse depuis la suppression de mon
déjeuner. » II était de fait qu'auparavant il ne se passait pas un mois sans
qu'il fût tracassé par une ou plusieurs crises violentes, dont il souffrait
depuis plus de trente ans.
2. J'ai
graduellement perdu une notable partie de mon embonpoint. » Indice que
l'accumulation de la graisse de déchet par mauvaise combustion intérieure
avait cessé, partant diminution de l'encrassement de l'organisme.
« 3. La texture de ma
peau s'améliora, elle devint plus douce, plus fine et plus serrée. Mon teint
et mes yeux se sont éclaircis; la bouffissure faciale et les tendances
apoplectiques ont disparu. » Preuve évidente d'une meilleure nutrition des
tissus et des organes dont la circulation sanguine était redevenue normale.
« 4. Je n'éprouve plus
ni gonflement, ni malaise après mes repas ; je sens que je digère mieux ;
mes aliments ne séjournent plus aussi longtemps dans mon estomac, et ce
précieux organe a renoncé à remplir le rôle d'une usine à gaz. »
Confirmation du fait que la nutrition et l'assimilation des organes étaient
devenues meilleures.
« 5. Je sens que j'ai la marche plus
légère et que mes bras sont plus élastiques. Une promenade à vive allure
m'est devenue un plaisir que je recherche, tandis qu'autrefois la marche,
prescrite comme exercice, m'était horriblement désagréable.
» 6. Je me mets à
l'étude ou je fais un sermon avec l'estomac vide, sans éprouver aucune
impression d'insuffisance mentale ou physique, mais au contraire avec une
verdeur, un bien-être, une vigueur des plus agréables. »
Preuve péremptoire de
l'amélioration générale et du rajeunissement des organes ainsi que de leur
vitalité nouvelle. Cette méthode si simple des
deux repas est donc capable de procurer à celui qui la pratique un
regain de vie et de santé.
Pour que l'homme
puisse fournir la plus grande somme d'énergie et le meilleur travail
journalier, Dewey ajoute une autre prescription hygiénique tout aussi simple
que le conseil des deux repas, mais qu'il estime tout aussi capitale;
il est de toute nécessité que l'on puisse
avoir une bonne nuit de sommeil tranquille; la loi du
repos est primordiale et on ne peut l'enfreindre
impunément.
Il est indiqué également
de se reposer quelques instants avant de manger si l'on se sent fatigué, car
la digestion et l'assimilation sont retardées, sinon entravées, par la
fatigue : « Manger lorsqu'on est fatigué, dit-il, c'est imposer une vaine
dépense à toutes les énergies vitales, car on peut être certain qu'un repas
pris dans ces conditions ne sera pas réparateur. »
Quant aux enfants, dont la
croissance rapide réclame un apport plus grand de matériaux alimentaires,
Dewey, après une longue expérience, est aussi arrivé à la conclusion
qu'ils bénéficient également bien de la méthode des deux repas et
qu'ils se développent beaucoup mieux lorsque les aliments ont le temps
d'être complètement digérés et assimilés; du reste, l'estomac gagne en
pouvoir digestif lorsqu'on lui donne une période de repos suffisante ainsi
que c'est le cas lorsqu'on ne mange plus depuis le soir jusqu'au lendemain à
midi.
Il y aurait encore
beaucoup à glaner dans l'œuvre médicale du Dr
Dewey; nous laissons ce plaisir à ceux qui auront été séduits et convaincus
par l'énoncé de ses théories pleines de bon sens, basées
sur la saine observation
de la nature et de ses moyens curatifs; nous ne saurions mieux faire en
prenant congé de notre auteur que de reproduire la préface de son livre
capital, Le jeûne qui guérit :
« Ce livre est l'histoire
qui s'effectua dans l'esprit d'un médecin au cours de sa carrière
professionnelle. Débutant dans l'inexpérience, environné des brumes des
superstitions médicales, l'auteur finit par acquérir la foi que la nature
seule guérit la maladie. La méthode hygiénique mise en lumière dans ce
volume est à la fois originale et révolutionnaire; son application pratique
est des plus étendues et sa valeur physiologique est incontestable. Chaque
ligne de cet ouvrage a été écrite avec la conviction intense que la
nourriture imposée aux malades et les drogues qui corrodent l'organisme sont
des pratiques professionnelles admissibles aux époques de la barbarie, mais
indignes de l'âge où nous vivons. »
Comme tous les novateurs
Dewey eut d'acharnés adversaires, mais aussi de chauds partisans, notamment
les nombreux malades guéris après avoir été abandonnés par la médecine
officielle. En Angleterre, il eut quelques confrères qui s'enthousiasmèrent
pour ces méthodes nouvelles; ce sont, entre autres, les Drs
Keith, RabagUati, Haig et Carrington
qui se spécialisèrent dans l'application du jeûne avec un succès égal à
celui de Dewey; ils complétèrent même et élargirent sa méthode par des
pratiques de détail que nous allons retrouver chez une des élèves directes
du Dr Dewey, la doctoresse Linda Burfield Hazzard, qui
continua brillamment en Amérique la tradition de son illustre maître. Elle
contribua à faire connaître la nouvelle cure par la publication d'un livre
très documenté : Fasting for the Cure of Disease (Le jeûne dans le
traitement de la maladie), dont Paul Nyssens a fait un excellent
résumé à la suite de sa traduction française du Jeûne qui guérit du Dr
Dewey.
La doctoresse Hazzard
base ses affirmations sur une pratique de plus de quatorze années, après
avoir suivi plusieurs milliers de cas de jeûnes dont la durée a varié de 8 à
75 jours ; elle modifia et compléta le mode opératoire de Dewey en
adjoignant, à la pratique du jeûne pur et simple du début, les lavements
abondants (le bain interne suivant son appellation imagée), le massage
général, les exercices physiques gradués, l'hydrothérapie et le régime
végétarien comme diète d'après-cure. Lorsqu'il n'y a pas urgence,
nécessitant une intervention rapide, elle applique le jeûne graduellement,
en commençant par la réduction alimentaire des deux repas durant deux
semaines, puis réduisant à un seul repas journalier pour arriver enfin à la
cure de jeûne prolongée jusqu'au retour de la vraie faim physiologique. Dans
d'autres cas, elle soumet le malade à une série de jeûnes courts et rythmés
tels que les conseille le Dr Guelpa.
Comme la nature ne procède en
général pas par changements brusques, ce dernier procédé doux et rythmé est
très recommandable pour les natures faibles et peu résistantes qui auraient
de la peine à supporter une intervention aussi énergique que le jeûne absolu
appliqué d'emblée; mais on doit reconnaître que le procédé est plus
long et s'accommode souvent assez peu avec les exigences des malades
modernes toujours pressés et qui en général ne disposent, à cause de leurs
occupations absorbantes, que d'un temps très limité pour entreprendre un
traitement sérieux. Pour ces derniers, la cure de jeûne courte et intensive
est le traitement idéal pour restaurer rapidement la santé et récupérer leur
puissance de travail physique ou intellectuel.
« Dans la maladie, nous dit la
doctoresse Hazzard, la nature cherche à éliminer, puis à éliminer davantage,
puis à éliminer encore jusqu'à ce que les conduits encombrés, véhicules de
la vitalité et de l'énergie, soient rendus libres et que la santé soit
rétablie. » C'est seulement après une complète épuration que l'organisme
peut fonctionner normalement et que le sentiment de vraie faim réapparaît.
Le lavement d'eau
pure, répété au moins deux fois par jour, fait partie intégrante de son mode
de traitement; elle recommande, afin de rendre cette douche intestinale plus
efficace, de l'administrer en position agenouillée, le corps penché en avant
appuyé sur les coudes; il y a avantage à répéter ce lavement plusieurs fois
de suite jusqu'à nettoyage complet du tractus intestinal inférieur, l'eau
devant ressortir incolore et inodore.
Dans le régime
d'après-cure elle prescrit la douche intestinale au moins deux fois par
semaine ; en aucun cas la doctoresse Hazzard n'a observé que cette pratique
ait entraîné la paresse du gros intestin ou une constipation consécutive,
bien au contraire. « L'eau pure, dit-elle, est l'agent que la nature nous
offre pour ces nettoyages, elle peut être appliquée sur toute membrane
muqueuse sans exception et sans danger de contamination ou de dommage
quelconque. »
Elle estime avec
raison qu'il faut prêter une attention toute spéciale à l'alimentation
d'après-cure, alimentation qui doit être strictement végétarienne, car il
est parfaitement illogique de rompre un jeûne, fait dans un but de
désintoxication, en absorbant des aliments tels que la viande, toujours
chargée des résidus toxiques de la ; vie animale et dont la digestion
engendre de nombreux sous-produits ; encore plus nuisibles et dangereux ; du
reste il ne faut pas oublier que/ la viande agit comme excitant et non comme
fortifiant.
LE JEÛNE SELON LA METHODE
DU D* GUELPA
Indépendamment des
recherches du Dr Dewey et de celles de ses élèves, le Dr
Guelpa, de Paris, est arrivé à formuler des conclusions semblables et à
instituer un traitement analogue dans ses grandes lignes, destiné à
combattre les maladies par auto-intoxication; il y est arrivé en suivant le
même chemin que Dewey, c'est-à-dire en se basant sur la saine observation
clinique du malade, telle que s'efforcent de la pratiquer la plupart des
médecins naturistes en se laissant guider uniquement par les
indications fournies par la nature, en cours de traitement, au lieu de
vouloir plier cette dernière à leur fantaisie pour la faire rentrer dans les
cadres de leurs théories éphémères.
Les travaux de Guelpa sont
d'une importance telle, sa cure de jeûnes courts et répétés est d'un
maniement si facile, les résultats en sont si encourageants que nous allons
en faire une analyse détaillée :
En 1903
paraissait déjà dans le Bulletin de la Société de médecine de Paris (séance
du 23 décembre) un exposé des théories émises par le Dr
Guelpa ayant trait au renouvellement des tissus et au rajeunissement des
fonctions à la suite du jeûne. En 1911, une
publication plus importante :
Auto-intoxication et désintoxication
est très rapidement épuisée ; puis paraît une brochure
destinée à vulgariser sa méthode et à faire ressortir les bienfaits du jeûne
: Comment désintoxiquer notre organisme et le renouveler
? Enfin l'ouvrage capital : La méthode Guêpa. Désintoxication de
l'organisme, que nous allons analyser à fond.
Pour Guelpa, les quatre cinquièmes
des maladies sont dues directement ou indirectement aux produits toxiques
provenant des fermentations ou putréfactions gastro-intestinales causées par
des excès alimentaires, ou plus fréquemment encore par une alimentation
irrationnelle.
La constatation
faite par le Dr Dujardin-Beaumetz que chez les typhiques « la
maladie évoluait d'autant plus favorablement jusqu'à la convalescence, que
le malade perdait plus rapidement et plus régulièrement de son poids », fut
pour Guelpa un trait de lumière, qui le mit sur la voie de sa méthode de
désintoxication par le jeûne.
Déjà en 1889, le Dr
Dujardin-Beaumetz fit exécuter par son assistant, le Dr Stackler,
une série de recherches sur la variation du poids des typhiques soignés dans
sa clinique de l'hôpital Cochin. Au moyen d'une balance enregistreuse
construite spécialement à cet effet, et sur laquelle reposait le lit du
malade, on pouvait voir les moindres variations du poids; par l'étude des
nombreux graphiques obtenus de la sorte, on put constater que les malades
qui marchaient vers la guérison étaient justement ceux qui perdaient
régulièrement du poids, tandis que ceux qui maigrissaient peu ou pas du tout
avaient une maladie longue, grave, évoluant le plus fréquemment vers la
mort. L'amaigrissement rapide démontrait que le corps avait encore l'énergie
de brûler ses réserves, trouvant en lui-même la force nécessaire pour lutter
contre la maladie et éliminer ses déchets; pour
Guelpa, cette constatation prouve que « l'organisme est encombré, gêné par
une quantité plus ou moins grande de liquides, de cellules, de tissus vieux
et empoisonnés, qu'il doit éliminer pour que la maladie disparaisse. » C'est pourquoi, plus vite on arrive à débarrasser le malade de ses
poisons internes, plus vite aussi on le rétablit complètement. « C'est
depuis ces expériences, pour moi mémorables, nous dit Guelpa, que je ne me
suis plus inquiété de la faiblesse de mes malades ; leur fausse sensation de
faiblesse n*étant en réalité que l'expression d'un encombrement de produits
toxiques et de déchets cellulaires, dont il faut au plus tôt, dans la mesure
du possible, débarrasser l'organisme. »
Guelpa s'élève avec
raison contre la funeste idée, trop enracinée dans le peuple, que la graisse
est le signe d'une santé florissante ; au contraire, il ne faut pas
oublier que les gens gros et gras sont des intoxiqués, dont la vitalité est
diminuée, partant dont les combustions organiques se font mal, dont les
cellules sont encrassées par des déchets nuisibles, notamment par
d'abondants dépôts de graisse. Comme nous l'avons dit, ce sont des gens
très peu résistants aux maladies; la même règle est valable pour les enfants
surnourris, « ceux que le public trouve beaux, qui ont des récompenses dans
les concours de bébés »; trop gras et joufflus, ils sont la proie facile et
toute désignée des infections infantiles et leur mortalité est beaucoup plus
grande que celle des autres enfants moins bien nourris en apparence, mais
dotés en réalité d'une force de résistance plus grande parce que le
fonctionnement de leurs cellules n'est pas gêné par un encrassement précoce.
Un ami du Dr
Guelpa, M. Chuchu, médecin vétérinaire distingué, lui déclara que cette
observation est confirmée par les faits constatés journellement sur des
animaux sur nourris en vue de la vente comme viande de boucherie. « En
effet, lui disait-il, lorsque nos bêtes sont engraissées, si au lieu de les
abattre, on voulait les conserver, cela serait très difficile, parce que
leurs tissus nobles, étouffés par la graisse qui les a envahis et plus ou
moins compromis, ont perdu leur capacité à la défense et au fonctionnement
de la vie. » Aussi pour Guelpa, la préoccupation souvent tyrannique de la
plupart des gens « de pouvoir ingérer dans de bons repas une très abondante
alimentation » est une conduite parfaitement inconséquente et des plus
nuisibles, car ces personnes « ne font ainsi que gaspiller leur énergie avec
usure précoce de leurs organes carburateurs ». «
Chez l'homme, dit-il encore, l'excès d'alimentation, surtout d'alimentation
carnée et alcoolisée, a produit une exagération fonctionnelle des organes de
la nutrition, avec une apparence de santé plus vigoureuse. Puis, petit à
petit, comme le cheval trop fouetté, ces organes surmenés deviennent de
moins en moins aptes à remplir leurs fonctions et s'acheminent vers
l'impuissance totale... »
Aussi pour reposer les organes
surmenés, fatigués et surchargés de déchets toxiques, il n'y a qu'un moyen
rationnel de traitement : le repos fonctionnel par le jeûne absolu et la
désintoxication accélérée par la purge abondante.
Naturellement la routine
officielle a immédiatement protesté contre ce mode de procéder, objectant
que théoriquement déjà, c'était une méthode très dangereuse, car par
l'inanition le malade risquait l'autophagie, bien indiquée par la présence
d'acétone dans les urines des jeûneurs ; Guelpa répond à cette critique en
faisant remarquer que la pratique, seul juge en la matière, démontre
que c'est là une crainte illusoire et que parmi les milliers de cas traités
par lui de cette façon il n'a eu à enregistrer aucun cas fatal dû à un
empoisonnement par l'acétone; quant à l'autophagie, loin de la redouter, il
cherche au contraire à la provoquer et à l'accélérer,
afin que l'organisme détruise au plus vite les cellules faibles, vrais
parasites de la force vitale, et qu'il se débarrasse dans le plus bref délai
de ses déchets toxiques.
On a encore objecté,
toujours au nom de la théorie, que ce traitement était de nature à provoquer
de graves crises de faiblesse par inanition ; c'est du reste la peur de
cette soi-disant faiblesse générale qui empêche trop souvent beaucoup de
personnes de persévérer au début de la cure, car dès les premiers malaises
de désintoxication, elles se croient irrémédiablement perdues. Guelpa
fait remarquer, avec raison, que cette sensation désagréable éprouvée par
les malades au commencement d'un jeûne est très mal caractérisée par le
terme de faiblesse; en effet, cette sensation est « très légère chez les
bien portants, mais d'autant plus accusée que la maladie, pour
laquelle on fait la cure, a été plus grave ». On peut comparer cet état de
malaise à un état pré grippal; la sensation de courbature et l'abattement
que ressentent les patients correspondent aux efforts de désintoxication de
l'organisme qui déverse dans le sang quantité de produits nocifs; ceux-ci
irritent les centres nerveux, d'où les malaises et l'état nauséeux bien
compréhensibles; la purgation, balayant les autotoxines, apporte un
soulagement immédiat. Guelpa revient à plusieurs reprises sur cette fausse
compréhension de la faiblesse qui a fait commettre tant d'erreurs
graves en thérapeutique : « Je suis convaincu, dit-il, qu'il n'y a peut-être
pas dans le dictionnaire un mot plus faux, un mot qui ait déterminé des
conséquences plus pernicieuses pour la santé. » Ce qui est surtout faux,
c'est le sens que lui prêtent beaucoup de scientifiques.
On sait, en effet, que par
la combustion et l'utilisation des aliments, par l'usure plus ou moins
rapide des tissus, il se forme des produits de déchets toxiques qui doivent
être éliminés et détruits par nos organes de protection, dont un des plus
importants est le foie; que ces organes soient affaiblis par la maladie ou
par la fatigue causée par un apport exagéré de substances nuisibles :
poisons, drogues médicamenteuses, alimentation exagérée ou irrationnelle,
aussitôt nous voyons se manifester l'insuffisance cellulaire par
l'apparition d'un malaise sourd que l'on qualifie à tort de faiblesse ; «
faiblesse, mot foncièrement malheureux, nous dira Guelpa, parce qu'il impose
immédiatement et directement à notre esprit l'idée corrective de
fortifiants, soit en augmentant l'alimentation, soit en recourant aux
médicaments excitants. »
Or, comme ces malaises, qualifiés
de faiblesse, sont dus uniquement à la présence de déchets toxiques qui
empoisonnent les cellules et vicient nos humeurs,la
seule pratique logique et vraiment conforme aux lois de la nature, c'est de
donner au corps et aux organes un repos prolongé en cessant tout apport
alimentaire, et de favoriser l'élimination des poisons endogènes par
l'administration de purges copieuses. L'expérience enseigne, en
fait, qu'après trois ou quatre jours de malaises plus ou moins désagréables
selon le degré d'autointoxication du patient, il se produit une amélioration
notable qui lui permet de prolonger la cure de jeûne, débarrassé de ce
sentiment de fausse faiblesse; ainsi que Dewey l'avait déjà remarqué, le Dr
Guelpa confirme aussi qu'il en va de même pour le sentiment de fausse faim
et de fausse soif qui effraie le débutant. Ces besoins n'ont rien à voir
avec un acte physiologique, ce sont au contraire des appels pathologiques de
l'organisme irrité par les produits toxiques de déchets. Guelpa fait
remarquer que si la faim était ce que la physiologie officielle nous
enseigne : « l'ensemble des sensations qui avertissent l'homme et les
animaux de la nécessité de réparer les pertes de l'organisme et qui les
poussent à introduire dans le tube digestif les matériaux nécessaires pour
cette réparation », elle devrait augmenter après une purgation abondante; et
cependant, c'est le contraire qui a lieu; le sentiment de faim disparaît
d'autant plus vite que la purge a eu un effet plus radical; celle-ci
débarrassant le tube gastro-intestinal de tous ses détritus toxiques et
irritants, il paraît assez naturel de conclure que cette sensation de fausse
faim provient justement de cette irritation des muqueuses digestives par ces
mêmes poisons. « Cette faim, dit Guelpa, n'est que le cri de l'organisme
gêné par l'intoxication et l'infection qui ont leur siège dans le tube
digestif, et non pas l'expression du besoin de réparer les pertes de cet
organisme. » Pour répondre à l'objection, qui semble appuyée par
l'observation journalière, que cette fausse faim disparaît cependant si l'on
ingère des aliments, Guelpa en donne une explication rationnelle; il
attribue aux aliments, surtout aux végétaux, un rôle antitoxique par
neutralisation temporaire; en outre la cellulose végétale ferait office
d'épongé absorbant les poisons intestinaux. Cette explication est très
plausible et très ingénieuse : voici comment il la motive :
« Le premier effet de
l'aliment arrivant dans le tube digestif est certes d'absorber, de
neutraliser ces produits de mauvaise fermentation et de préparer ainsi la
masse pour les évacuations prochaines. Jusqu'à ce moment, l'aliment agit
dans le même sens, dans le même but si vous voulez, que la purge, mais de
manière douce, agréable. Il désintoxique suffisamment la canalisation
gastro-intestinale pour permettre à la sécrétion des sucs digestifs de
réaliser utilement la deuxième partie du rôle des aliments, c'est-à-dire de
fournir aux tissus les éléments réparateurs des cellules en destruction.
Donc l'aliment a deux fonctions successives bien distinctes à remplir; la
première, la plus pressante : absorber l'excédent des poisons du tube
digestif et l'entraîner au dehors, c'est celle qui éteint la faim; l'autre,
moins urgente, mais non moins utile, que jusqu'à ce jour on croyait unique :
fournir les éléments réparateurs. » Et il ajoute pour conclure son
argumentation : « On a souvent la preuve de cette action désintoxiquant de
l'aliment dans la disparition rapide de maux de tête et d'autres phénomènes
d'embarras gastriques après un bon dîner, surtout si on a eu la chance qu'il
ait été suivi d'une prochaine évacuation alvine. » Comme Dewey l'avait déjà
observé, Guelpa remarque aussi que la vraie sensation de faim physiologique
ne revient en général qu'après un jeûne de plusieurs semaines, parfois même
après des mois seulement; ce
retour de la vraie faim coïncide avec la désintoxication intégrale de
l'organisme et avec la rénovation des cellules nourries par un sang
généreux.
Quant au sentiment de
fausse soif, c'est également l'appel de l'organisme qui demande
impérieusement du liquide pour diluer les poisons autogènes, pour laver les
cellules et pour faciliter l'expulsion de ces toxines une fois
déconcentrées. Le fait que cette soif ardente du début diminue beaucoup à la
suite de purgations répétées prouve le bien-fondé de cette théorie; du reste
les malades sont les tout premiers surpris de voir leur soif disparaître au
bout de quatre à six jours selon leur degré d'intoxication; nous avons vu
pour notre part des jeûneurs, réclamant au début du traitement jusqu'à six
grands bols de tisane dans la journée, se contenter d'une à deux petites
tasses après quelques jours.
A ce sujet, Guelpa fit sur lui-même
une expérience qui est des plus suggestives :
» Pendant cette période
(du jeudi soir au mardi à midi) je n'ai pris aucun aliment et n'ai éprouvé
aucunement le besoin de boire; quatre tasses de thé, quatre citronnades,
deux cafés et une bouteille d'eau m'ayant suffi dans tout le parcours.
Cependant, j'avais traversé en ce mois de juillet ces immenses plaines
déboisées de l'Espagne, où régnait une chaleur torride. Mes compagnons de
route buvaient et s'épongeaient sans cesse. Très à mon aise, j'étais loin de
les envier. »
C'est là une belle démonstration de
l'endurance et du bien-être que peut procurer la pratique rationnelle du
jeûne.
La
peur de s'affaiblir ou de dépérir durant la cure de jeûne en éloigne
malheureusement beaucoup de gens qui pourraient en retirer le plus grand
bénéfice;cette peur est
tout à fait illusoire; il en va
de même de la crainte manifestée par beaucoup de médecins au sujet des
purges copieuses et répétées ; c'est du reste la plus grosse objection que
l'on ait articulée contre la méthode de Guelpa; aussi revient-il à plusieurs
reprises sur ce sujet afin de bien démontrer toute l'inanité de ces
craintes. Guelpa, se basant sur son expérience très étendue
déclare que la purgation est tout à fait
inoffensive et qu'elle ne peut en aucun cas être nuisible lorsqu'elle est
appliquée avec discernement.
La purge, ce
remède par excellence de la médecine ancienne, ce remède à juste titre prisé
si fort par nos grands-mères, a perdu la faveur de la médecine officielle
pour qui la notion du nettoyage des « humeurs peccantes » sonne comme un
grave anachronisme. La purge, si l'on en
croit le Dr Burlureux, serait « un danger social » !
Guelpa s'attache à
démontrer que bien au contraire une purge administrée abondante, larga
manu, comme il le préconise, ne peut en aucun cas avoir de fâcheux
résultats, étant donné son effet rapide et son pouvoir décongestif ; il en
est si convaincu qu'il considère comme néfastes conseillers ceux qui, se
basant sur des vues toutes théoriques, veulent proscrire cette vieille
pratique : « Ameuter l'opinion publique, dit-il, contre le moyen peut-être
le plus puissant que la nature ait mis à notre disposition pour la
conservation de la santé et pour l'évolution plus favorable des maladies,
c'est désarmer les praticiens savants et honnêtes. » Mais on ne saurait trop
répéter que pour être efficace et sans danger, la purge doit être
suffisamment forte et à effet rapide. Si par contre, on l'administre à dose
trop faible, l'évacuation se fait mal, elle dure plus longtemps,
s'accompagne de nausées et de céphalées; dans ce cas, le contenu intestinal,
au lieu d'être expulsé en totalité, est remué, brassé par une purgation
légère, les matières stercorales sont diluées et les toxines provenant de la
fermentation ou de la putréfaction intestinales sont réabsorbées par la
muqueuse; elles contaminent alors le plasma sanguin, d'où production de
malaises divers par intoxication des centres nerveux. Si la purge ne produit
pas un effet salutaire, on peut être certain qu'elle a été mal administrée,
en quantité trop faible ou que le patient a pris froid.
Les purges salines sont
celles qui ont donné à Guelpa les meilleurs résultats; il les recommande
dans tous les cas où il n'y a pas insuffisance rénale manifeste. La dose
doit être au moins de 50 à 60 grammes de sulfate de soude ou de citrate de
magnésie en solution dans trois quarts de litre d'eau tiède; on peut encore
avoir recours à une bouteille d'eau de Sedlitz ou d'Hunyadi Janos tiédis;
l'action en est très rapide, elle prend fin dans la plupart des cas au bout
de trois heures, sans provoquer de grandes coliques, ni de malaises sérieux.
La seule règle à observer pour éviter des ennuis est de s'abstenir de tout
aliment durant vingt-quatre heures au moins afin de donner le temps à la
muqueuse intestinale irritée par la purge saline, de se décongestionner et
de se reposer. Cette irritation de l'intestin est du reste très
superficielle comme Guelpa va nous l'apprendre; quoiqu'un peu long, nous
citerons le passage en entier, car la question est assez importante pour
être vidée à fond :
...
D'où le conseil très utile de ne jamais permettre à un malade de s'alimenter
avant que vingt-quatre heures ne se soient écoulées après l'effet purgatif.
Ce délai est nécessaire à la réparation de l'épithélium... »
Pour affermir sa
conviction, Guelpa a fait une série d'expériences sur des chiens et sur des
lapins ; il a pu démontrer ainsi que des purges très fortes et répétées
durant quatre à cinq jours n'ont eu aucun effet irritatif nuisible sur la
muqueuse gastro-intestinale. Aussi pouvons-nous conclure avec Guelpa : « La
purge donc, loin d'être vouée à l'ostracisme, doit être beaucoup mieux
appréciée et étudiée pour que nous connaissions plus complètement la grande
étendue de ses applications hygiéniques et thérapeutiques... de toutes les
médications de la thérapeutique, la purge est certes la moins dangereuse, la
plus sûre dans ses effets immédiats et la plus utilisable dans ses
conséquences éloignées. »
Toutefois, il faut bien
le reconnaître, ce n'est ni la peur de la faiblesse, ni la crainte de la
purge qui seront les pires ennemis de la méthode de Guelpa, mais bien plutôt
les habitudes de gourmandise et le sensualisme jouisseur qui tiennent sous
leur esclavage la plupart des malheureux humains.
Quelques mots maintenant
sur la façon ingénieuse dont Guelpa entend la physiologie du jeûne :
C'est en partant de l'étude de la vie cellulaire que l'on comprend le mieux
la nécessité de la désintoxication par le jeûne. Toute cellule de notre
corps, pour vivre et se développer, doit pouvoir puiser dans le milieu dans
lequel elle baigne (la lymphe du sang) les matériaux nécessaires à son
entretien; cette première phase de l'assimilation est immédiatement suivie
d'une seconde où la cellule, par son activité, brûle ses réserves
alimentaires pour pouvoir fonctionner; il se produit alors des substances de
déchets, poisons ou toxines, qui doivent être expulsés au plus tôt, emportés
par la circulation sanguine, détruits et neutralisés, puis éliminés de
l'organisme par les émonctoires naturels : foie, intestin, reins, poumons et
peau. Si, pour une raison ou pour une autre, ces organes deviennent
insuffisants ou sont surmenés, il y a rétention des autotoxines, déchéance
des cellule dont le fonctionnement est entravé, d'où maladie et même mort.
Cette expérience est
riche en conclusions : elle nous prouve à l'évidence que l'arrêt de la
fonction des cellules organiques et leur mort consécutive arrivent à la
suite de l'accumulation des produits de déchets et de combustion dans le
corps cellulaire ; il faut donc trouver un moyen efficace de purifier les
humeurs, de nettoyer le sérum sanguin qui baigne ces cellules ; or, pour ce
faire, il ne saurait y avoir de procédé meilleur que le jeûne avec purge
forte et abondante; on réalise ainsi sur le vivant la dépolarisation, le
lavage et la rénovation des éléments cellulaires et du milieu nutritif que
pratiqua Carrel « in vitro ».
Nous avons déjà dit que les deux ou
trois premiers jours de la cure de jeûne étaient les plus pénibles; ils
correspondent donc à la mise en circulation de quantités importantes de
poisons organiques dont il faut favoriser l'élimination rapide par tous les
moyens possibles : purgations répétées, lavements, massages.
Durant le jeûne, les
mouvements, quoique plus aisés, sont parfois plus vite suivis d'un sentiment
de fatigue, qui n'est du reste que passager et qui disparaît très vite au
bout de quelques minutes de repos dans la position couchée. Le jeûneur est
également, en général, plus sensible au froid, ce qui est assez
compréhensible, l'apport calorique alimentaire en graisse et hydrates de
carbone étant momentanément suspendu. Il faut donc prendre la précaution de
s'habiller chaudement pendant la cure.
Le sommeil est plus léger, mais, en
général, beaucoup plus tranquille et plus réparateur.
Les perceptions gagnent
en précision et en finesse, le travail cérébral devient plus actif et plus
rapide dès le deuxième ou le troisième jour et surtout après le jeûne.
Le pouls est plus
régulier, moins tendu, et la pression sanguine diminue sensiblement.
Le sérum sanguin est
plus pur, nettoyé de ses déchets toxiques, acide urique, urée surtout; le
nombre des globules rouges augmente, ainsi que celui des leucocytes, qui
sont également plus vigoureux.
Tous les organes se
décongestionnent par la régularisation de la circulation sanguine et leur
fonctionnement redevient normal et régulier; il se produit un rajeunissement
réel de l'organisme par rénovation cellulaire.
L'amaigrissement porte
surtout sur les parties graisseuses et quelque peu sur le tissu musculaire;
il n'y a pas lieu de s'en effrayer, il faut même se souvenir qu'il constitue
une condition sine qua non de la guérison : plus il est intense et
rapide au cours de la cure, plus on peut espérer une reprise vitale
efficiente et certaine.
Durant
le traitement, on note une diminution sensible des sécrétions, de la sueur
notamment; une disparition du sentiment de faim et de soif une fois que les
premiers jours sont passés et que la désintoxication massive a été
effectuée.
Comme avantage immédiat de
la pratique du jeûne, il faut citer la disparition presque complète des
bactéries intestinales, d'où désinfection et repos du tube digestif.
Quant au danger
d'acétonurie, il est pratiquement inexistant, on trouve toujours dans
l'urine du jeûneur des quantités d'acétone en général assez minimes; il n'y
a pas lieu de prendre peur : c'est au contraire la preuve que le jeûne est
réellement efficient et que la destruction par autophagie des cellules
malades se poursuit normalement, cela au grand profit des cellules jeunes et
fortes qui se développeront mieux après cette sélection, une partie de la
force vitale n'étant plus absorbée et gaspillée pour l'entretien de cellules
faibles et inutiles.
Pour ce qui est des avantages éloignés
et durables qui sont la suite d'une cure de jeûne bien conduite, ils sont
multiples et c'est avec enthousiasme que le Dr Guelpa les
souligne, d'accord en cela avec tous ceux qui ont tenté l'expérience de
cette méthode merveilleuse.
« A la suite d'une cure de
désintoxication suffisamment prolongée et quelquefois répétée, on a la
satisfaction de se sentir réellement rajeuni. La digestion s'effectue plus
aisément, la respiration devient plus légère, les mouvements plus agiles. »
D'après son avis, c'est aussi la meilleure méthode pour stabiliser l'état
mental : « On est étonné de la lucidité d'esprit éprouvée après une cure...
Je suis persuadé qu'il n'existe pas de moyen plus rapide et plus énergique
pour combattre la distraction, la somnolence et la paresse cérébrale. » Tous
ces bienfaits de la désintoxication par le jeûne, le Dr Guelpa
les a expérimentés sur lui-même, ayant répété la cure plus de cinquante
fois, et cela toujours avec les mêmes résultats curatifs excellents.
La technique du jeûne institué par
Guelpa est très simple :
Une bonne partie du livre
de Guelpa (85 pages) est consacrée à la réfutation des objections qui lui
furent faites par ses confrères lors de la discussion qui suivit l'exposé de
sa méthode aux sociétés savantes. Ce fut l'occasion de belles joutes
oratoires, de très doctes dissertations théoriques, mais on se serait plutôt
attendu à ce que cette nouvelle méthode fût expérimentée par tous ces
savants contradicteurs; malheureusement, il n'en fut rien et on préféra
recourir à des arguments théoriques, à des vues de l'esprit qui ne pouvaient
guère faire avancer la question, plutôt que de se livrer à quelques
expériences. On constate même avec étonnement que quelques-uns des
contradicteurs de Guelpa, à bout d'arguments sérieux et scientifiques,
eurent alors recours aux plaisanteries faciles, tel le DrLaufer, qui ne craignit même pas de dénaturer le sens de la méthode
Guelpa et qui s'écriait : « Ne pas manger pour avoir des forces serait, en
effet, un excellent moyen à la portée, si je puis dire, de toutes les
bourses et résoudrait en grande partie le problème social. L'eau purgative
chauffée remplaçant les calories coûte assurément peu cher. » Le Dr
Laufer serait bien le premier à s'étonner si l'on venait lui affirmer que
cette fade plaisanterie est cependant la meilleure partie de son
argumentation; c'est un fait indubitable que la cure de jeûne et les
enseignements qui en découlent sont de nature à faciliter grandement la
solution de plus d'un problème social angoissant : réduction de la fréquence
des maladies, d'où santé publique meilleure et charges sociales
allégées, vie plus sobre et plus frugale, partant plus facile et diminuant
l'âpre compétition pour acquérir une nourriture souvent malsaine et
inadéquate.
Guelpa cite en tout
premier lieu de nombreux cas de diabète, très améliorés, sinon guéris; il en
est de même des maladies cardio-pulmonaires : asthme, bronchites,
myocardites, arythmie, palpitations qui sont parfois merveilleusement
soulagées et le plus souvent guéries par une cure suffisamment répétée et
bien rythmée.
Des organes
importants, sont susceptibles de guérir radicalement par le jeûne.
C'est encore le
remède tout indiqué et très efficace contre le rhumatisme aigu ou chronique,
contre le lumbago ou' la sciatique.
Tous les malades
arthritiques que la goutte et ses multiples malaises menacent à coup sûr
devraient se soumettre à des jeûnes réguliers; au bout de quelques jours de
traitement on voit déjà les amas calcaires et tous les dépôts d'acide urique
diminuer pour se dissoudre complètement si la cure est suffisamment
prolongée ; il n'est pas jusqu'aux articulations grippées et ankylosées qui
ne finissent par s'assouplir et par reprendre leur fonctionnement normal; le
traitement est parfois assez pénible au début, le patient souffrant de
malaises divers dus à la quantité d'acide urique remis en circulation pour
être éliminé avec les selles et avec l'urine.
Le jeûne sera
excellent comme début de cure de l'obésité et facilitera l'institution d'un
régime plus frugal d'après-cure.
Pour ce qui est des
affections gastro-intestinales, gastrites diverses, ulcères stomacaux,
hyperacidité douloureuse, entérites aiguës ou chroniques, constipation
opiniâtre, la méthode Guelpa est d'un effet remarquable; elle est la seule
rationnelle, car
elle procure à ces organes affaiblis un repos
salutaire suffisamment prolongé pour permettre aux muqueuses malades et
irritées de se reconstituer et d'acquérir une force nouvelle.
Guelpa se sert même de sa cure comme moyen de diagnostic de ces affections;
si le traitement échoue il conclut alors qu'il a affaire à une maladie
organique grave, tumeur maligne ou lésion profonde.
Les poussées d'ictère aigu ou
subaigu qui indiquent toujours une insuffisance de la fonction hépatique
sont rapidement jugulées par le jeûne ; le foie, soulagé de ses toxines,
reprend bientôt son fonctionnement normal.
Il n'est pas
jusqu'aux anémiques, ce qui peut paraître paradoxal à première vue, qui ne
ressentent le plus grand bien d'une telle cure ;
une fois le sérum sanguin purifié et
nettoyé de ses autotoxines les éléments figurés du sang acquièrent une force
et une résistance toutes nouvelles; le taux de l'hémoglobine augmente
dans des proportions notables. Le nombre des globules rouges passa de 2 500
000 à 5 500 000 dans un cas remarquablement favorable observé par Guelpa;
dans un autre, on comptait à la fin de la cure 4 760 000 hématies, dans un
autre enfin le résultat final fut de 5 600 000 ; le nombre des leucocytes,
ces cellules si importantes pour la police de défense et de nettoyage de
l'organisme, s'accrût dans des proportions très réjouissantes ; dans un cas,
la quantité passa de 4000 à 5500 et de 5800 à 7100 dans un autre.
On sait que la
plupart des affections cutanées sont très souvent le produit direct ou
indirect de la viciation humorale par mauvaise digestion gastro-intestinale;
il va sans dire qu'elles céderont à une bonne cure de jeûne, Guelpa a guéri
de cette manière des cas d'érysipèle, de zona, d'eczémas rebelles, de
psoriasis, d'urticaire, de prurigo, de lichens, de furonculoses
généralisées. La cicatrisation de profondes plaies cutanées, suites de
brûlures, en a été grandement accélérée.
Les maladies et les
désordres des nerfs ont le plus fréquemment
pour cause une irritation ou un empoisonnement par les toxines endogènes
provenant soit de surmenage, soit d'une mauvaise hygiène alimentaire avec
production d'une acidose plus ou moins grave du sang.La cure de jeûne est souveraine pour
remettre le système nerveux en état; aussi ne peut-on se lasser de la
recommander aux malades mélancoliques et déprimés, aux asthéniques de tout
genre, à ceux qui souffrent de céphalées, d'insomnie et surtout aux agités.
Guelpa a guéri par sa méthode des épileptiques, ce qui indique que dans
cette pénible maladie ce sont souvent les processus d'irritation par
autointoxication qui jouent le rôle déterminant dans la genèse de la crise.
Il a guéri également des cas d'impuissance sexuelle causés par un éréthisme
nerveux toxique.
Avec le chirurgien
Pauchet, Guelpa estime que les candidats à une opération grave devraient
être au préalable soumis à la cure de désintoxication, car les jeûneurs ont
la respiration plus aisée, la pression artérielle diminuée, l'hématose
meilleure, la phagocytose plus intense et la flore bactérienne intestinale
très réduite; tous ces facteurs réunis sont de nature à augmenter les
chances de réussite en cas d'opération. Pauchet a également observé que les
jeûneurs s'endormaient plus facilement et d'un sommeil tout à fait calme, ce
qui permettait de réduire la quantité de narcotique pour obtenir cependant
une narcose tout aussi profonde. La convalescence est beaucoup plus rapide,
la vigueur cellulaire ayant été augmentée par le jeûne ; les suppurations
postopératoires sont aussi bien plus rares.
Conjointement avec le Dr
Leprince, ophtalmologiste de Bourges, Guelpa obtint d'excellents
résultats avec sa méthode dans plusieurs cas d'affections oculaires graves :
kerato-iritis, hémorragies intra-oculaires, glaucome, rétinite, paralysie
des muscles de l'œil, troubles du corps vitré. Guelpa a observé sur lui-même
une notable amélioration de la vision à la suite d'un jeûne; un surmenage
intensif lui avait valu une fatigue oculaire prononcée qui disparut à la
suite du traitement.
Durant l'évolution
d'une maladie infectieuse aiguë il est tout indiqué de supprimer l'apport
alimentaire et de laisser à l'organisme toute sa provision d'énergie pour se
défendre contre le processus infectieux; la purge est également indiquée
pour débarrasser le corps le plus vite possible de ses toxines.
Enfin les maladies
et les affections des voies génito-urinaires ne font pas exception à la
règle et bénéficient également de cette cure qui précipite la guérison
chaque fois qu'on veut bien y avoir sérieusement recours. Sur
les conseils du Dr Guelpa, les Drs Luys et Klotz ont
traité par le jeûne des malades atteints de blennorrhagie ; ils ont observé
que la guérison arrivait beaucoup plus rapidement et qu'en général
l'infection ne récidivait pas.
Le Dr
Oscar Jenmngs qui a beaucoup pratiqué la cure Guelpa a constaté qu'elle était
un précieux auxiliaire pour le traitement des toxicomanes, adonnés à la
morphine, à l'opium, à la cocaïne ou au trop funeste tabagisme;il en est de même pour les
alcooliques que l'on arrive à désintoxiquer avec plus de rapidité et plus de
facilité en pratiquant le jeûne allié aux autres méthodes de désaccoutumance
de la drogue fatale. Rien qu'à ce point de vue le jeûne est d'une
importance sociale vraiment capitale, car on sait combien nombreux sont les
malheureux adonnés aux excitants toxiques et combien il est difficile, par
les moyens ordinaires, de les délivrer de l'emprise de ces funestes
habitudes. On sera certainement d'accord pour reconnaître que chaque
toxicomane est plus ou moins une non-valeur sociale, qu'en tout cas il ne
fournit pas à la société un apport d'énergies saines et vraiment actives ;
or le jeûne, en délivrant ces malades de leur asservissement toxique, leur
fait récupérer du coup une santé et une vigueur nouvelles, pour leur plus
grand profit et pour celui de leurs semblables.
Il
va sans dire que Guelpa se rend parfaitement compte que sa méthode n'est pas
une panacée; il reconnaît sans peine qu'il est des cas où la cure est
inopérante, mais cela arrive surtout lorsque les forces vitales de
l'organisme sont définitivement à bout et qu'il n'y en a pas en suffisance
pour supporter la crise de nettoyage du début; cependantil conclut avec tous ceux qui ont
pratiqué le jeûne que les résultats sont en général si merveilleux qu'il
vaut toujours la peine de tenter un essai, même désespéré, car la nature a
parfois des réserves insoupçonnées de force vitale.
Enfin notons que Guelpa
ne se fait aucune illusion sur la difficulté de faire partager ses vues par
certains esprits, mais il s'en console en pensant que « la vérité qui
Volentes trahit et nolentes ducit (qui conduit les gens de bonne volonté et
traîne après elle les récalcitrants) a une force et une puissance
irrésistibles ». Il sait très bien
que la réforme sera difficile à faire pénétrer dans les masses d'autant plus
que trop de médecins sont encore esclaves des anciennes théories; il nous
dit entre autres à ce sujet :
« Hypnotisés par
ces conceptions erronées de faiblesse et d'anémie, les médecins, pendant
près d'un siècle, ont fait des fortifiants le pivot de leur hygiène et de
leur thérapeutique appliquées. Ainsi s'explique l'exagération de
l'alimentation carnée et des boissons alcoolisées et la débauche de
préparations toniques, poudre ou extrait de viande, vin, quinquina ou
ferrugineux, etc., qui ont détraqué tant d'estomacs, ruiné tant de santés de
notre génération. Ce fut et nous pouvons dire c'est encore, à présent, du
vrai délire. »
Pour prendre congé de Guelpa,
nous allons citer deux passages de son avant-propos qui résument exactement
la grande portée de sa méthode curative par le jeûne rythmé :
« Les avantages qui en
résulteront, au bénéfice de la société et au plus grand honneur de notre
profession, sont incalculables. On peut déjà prévoir : la
presque disparition de certaines maladies comme le diabète et la goutte, la
réduction de la durée des autres, et l'excessive rareté de leurs rechutes,
par conséquent la large diminution du nombre des malades.
» Si on ajoute à cela
l'heureuse influence d'une hygiène alimentaire libérée des funestes
préjugés, il en résultera, au point de vue social, que les énergies
précédemment détournées, absorbées par la maladie, conserveront, dans la
santé mieux protégée, leur destination au travail fécond pour le plus grand
profit de l'individu et de la société. »
Quoique très combattues par certains représentants de la médecine
officielle, les méthodes de Dewey et de Guelpa ont fini par
gagner des adhérents de plus en plus nombreux; les cures de cas désespérés
ont brisé toutes les résistances théoriques; chaque jour de nouveaux
médecins sont gagnés à la cause du jeûne ; les médecins naturistes ont été
naturellement parmi les premiers à se rallier à ces méthodes qui font appel
aux forces curatives de la nature à l'exclusion des drogues chimiques
néfastes. C'est en Amérique et en Angleterre que des établissements spéciaux
furent tout d'abord installés pour la cure systématique par le jeûne, puis
dans les pays de langue allemande, où la méthode compte beaucoup de
partisans dans le corps médical. En France, nous trouvons également quelques
médecins appréciant cette cure et nous allons passer encore en revue les
travaux des docteurs Frumusan, Pauchet, Carton, ainsi que les
théories de l'éminent hygiéniste et occultiste que fut l'ingénieur Albert
Caillet.
LE JEÛNE SELON LE Dr JEAN FRUMUSAN
En 1912, le DrJean Frumusan, un ami du DrGuelpa, publiait la douzième édition remaniée et définitive de son
livre captivant et riche en conseils pratiques : La cure de
rajeunissement.
A l'instar de ses prédécesseurs qui ont étudié le même problème, le Dr
Frumusan estime aussi que
l'homme est bâti pour vivre en bonne santé plus
d'un siècle, mais que par son impéritie, son ignorance ou son mépris des règles élémentaires de l'hygiène, il empoisonne sa vie
et abrège son existence.
« Nous pourrions défier le siècle, dit-il, par la robustesse de nos
organes, mais nous n'atteignons même pas sa moitié, victimes de notre
négligence, de notre ignorance de la science de la vie. » Cette idée le
préoccupe à juste titre et il y revient à plusieurs reprises ; on ne saurait
en effet trop le répéter afin de mettre en garde les hommes contre ces
erreurs fatales. « Ayant un organisme d'une force de résistance
incomparable, nous nous arrangeons à le « saboter ».
Pour cet auteur aussi,
la plupart de nos maladies proviennent de fautes antérieures envers les lois
de l'hygiène naturelle. « Nous ne savons, dit-il, ni manger, ni boire, ni
respirer, et, affirmation qui paraîtra paradoxale à quelques-uns, nous ne
savons même plus marcher. » II proteste avec la dernière énergie contre le
gavage alimentaire et ainsi que Cornaro rompt une lance en faveur de
la sobriété :
t Le sobre est une exception, et la grande majorité des humains font de
la suralimentation sans même s'en douter, croyant de bonne foi ne donner à
leur organisme que le strict nécessaire.
» I' alcool et le tabac, compléments
nécessaires de la bonne table, ajoutent encore l'effet de leur funeste
poison, agrandissant les dégâts et paralysant les défenses instinctives de
l'organisme. La table est chez tous les peuples un rite sacré traditionnel,
où nous nous appliquons consciencieusement, quatre fois par jour, et
quelquefois cinq, à surmener et à étouffer nos fonctions d'assimilation.
» Une montagne de préjugés règne là, avec une telle
tyrannie que le corps médical s'y soumet aussi, et que les régimes
alimentaires que nous trouvons en thérapeutique fourmillent d'erreurs et de
préjugés, transmis pieusement de génération en génération, sans le contrôle
nécessaire de la méthode expérimentale. »
La capacité d'assimilation et de travail de nos organes étant limitée, il
en conclut tout naturellement qu'il est dangereux de leur donner un surcroît
d'activité par une alimentation excessive, ce qui les mène droit à la
fatigue et à la désorganisation par intoxication. Il fait sien l'adage : «
Plus on mange moins on se nourrit. »
La pauvre humanité, pour le Dr Frumusan, « ressemble
fréquemment à ces dévots qui veulent ardemment aller au ciel et travaillent
toute leur vie pour gagner l'enfer. Tous, nous aimons et adorons la santé et
la vie. Nous voulons être bien portants et vivre le plus longtemps possible.
Et pourtant, nous travaillons systématiquement à abréger notre existence et
à la rendre insupportable, à la suite de maladies que nous contractons
presque toujours par nos propres fautes. »
A côté de l'intoxication de l'organisme par excès alimentaire ou par
faute d'hygiène naturelle, le Dr Frumusan dénonce encore
une source d'empoisonnement qui n'est nullement à négliger de nos jours : il
stigmatise l'abus des médicaments; «béats d'admiration devant toutes les
réclames qui promettent la guérison », les malheureux malades se livrent à
une consommation insensée de médicaments qui sont pour la plupart inappropriés quand ce n'est pas directement
nuisibles; ils ne font ainsi qu'augmenter leurs malaises par ce nouvel
apport de poisons chimiques.
C'est d'ailleurs une grave erreur de croire que
l'on peut, en quelques semaines, guérir des maladies récoltées après des
années de transgression aux lois de l'hygiène naturelle.
Les médicaments
peuvent faire disparaître momentanément quelques symptômes de la maladie,
mais on n'en est pas guéri pour cela; il ne faut pas faire de la médecine
curative en surface, mais on doit attaquer le mal dans ses racines ; or le
Dr
Frumusan en est arrivé à la conclusion que pour ce faire, il n'y a
pas de méthode plus efficace que la cure de Gueîpa; et ce ne sont pas
seulement les malades qui doivent se soumettre à cette cure de
désintoxication et de rajeunissement ; ceux qui se croient en bonne santé en
ont un égal besoin, car pas un de nous ne peut se vanter de ne jamais avoir
encrassé son organisme par une alimentation trop copieuse. Et si nous
voulons bien procéder à la recherche des symptômes précurseurs
d'insuffisance organique, nous serons surpris de constater que bien peu
d'hommes modernes en sont complètement indemnes. Pour le Dr
Frumusan, la recherche de ces petits signes précurseurs d'insuffisances
fonctionnelles est capitale ; si elle était faite d'une façon systématique,
elle permettrait, par une intervention curative immédiate, de prévenir de
graves catastrophes : « Ces petits signes, dit-il, instincts salutaires,
cris d'angoisse, appels au secours d'un organisme qui se détraque, devraient
être observés avec plus d'attention, ils avertissent le malade, car il
s'agit déjà d'un malade ayant l'apparence trompeuse de la santé, qu'il doit
se rendre au plus vite chez le médecin : Courons demander conseil au
médecin, non pas quand la maladie se déclare, mais quand, par des signes
légers, notre organisme nous fait comprendre qu'il n'est plus en équilibre.
»
Nous allons résumer les principaux d'entre ces signes avant-coureurs de
la maladie :
La mauvaise haleine.
— L'haleine de l'homme normal, en pleine santé, ne doit pas avoir d'odeur. L'haleine fétide indique soit que la carie dentaire s'est installée et qu'elle est sur le point de provoquer des désordres gastro-intestinaux par le pus dégluti ou par suite de la mastication défectueuse; on sait que pour être facilement et complète ment digérés les aliments doivent être mastiqués très exactement, sinon il se produit des fermentations gastriques et intestinales qui délabrent rapidement ces organes; les produits de ces putréfactions sont comme nous le savons des poisons violents pour toutes les cellules de notre organisme.
La langue chargée.
— La langue est le baromètre des voies digestives; lorsqu'elle se recouvre d'un enduit plus ou moins épais, blanchâtre ou jaunâtre, c'est l'indication qu'il y a surmenage du côté du tractus gastro-intestinal.
La sensation
de réplétion après les repas. — Cette sensation
d'engourdissement, de somnolence après manger indique également
un mauvais état des voies digestives; ces malaises s'accompagnent
souvent de congestions fugitives de la face avec sentiment de pléni
tude et de gonflement abdominal qui porte à se dégrafer pour donner
plus de liberté aux organes.
La fatigue
générale vague. — Cette faiblesse imprécise et sans
causes appréciables que l'on ressent parfois, accompagnée de céphalées
ou de migraines passagères, de bâillements fréquents, indique que le
fonctionnement normal des organes est entravé par un encrassement
à traiter au plus tôt.
L'adipose. — La dégénérescence graisseuse et l'accumulation
de dépôts de graisse dans et autour des organes est l'indice d'une grave
déficience de notre santé générale. « Combien de gens voyons-nous
promener avec bonheur et presque avec fierté de majestueux abdo
mens... C'est pourtant un des symptômes les plus alarmants d'une
dégénérescence viscérale arrivée à son stade avancé. » On ne saurait
trop le répéter avec le Dr Frumusan et avec tous les médecins
natu
ristes : Ce n'est pas au kilo de graisse que l'on mesure la santé d'un
individu.
La
coloration jaunâtre ou terreuse de la peau et ses petites éruptions.
— La stase intestinale, qui existe souvent même sans constipation
apparente, et l'insuffisance hépatique se marquent d'une façon très
visible et précoce sur la peau qui présente du prurit, des poussées
d'acné, de petits furoncles récidivant, de l'eczéma suintant, et surtout
qui prend très vite une teinte terreuse et jaunâtre, accompagnée sou
vent d'une accumulation de dépôts graisseux dans le tissu sous-cutané.
On voit tous ces symptômes disparaître rapidement à la suite d'une
cure de désintoxication par le jeûne.
Les troubles légers
de circulation. — Avant que l'auscultation
puisse déceler une lésion cardiaque caractérisée, la maladie s'installe
d une façon insidieuse et se manifeste par de légers troubles
circulatoires, stases sanguines, gonflements passagers, fourmillements
désagréables, extrémités froides, palpitations fréquentes et battements
exagérés des artères.
l'affaiblissement de
la faculté de l'attention; la mémoire diminue progressivement; le sujet
éprouve des phases de surexcitation suivies de périodes dépressives sans
causes apparentes ou encore accompagnées d'un sentiment vague d'angoisse.
Tous ces petits
malaises ne sont pas graves en eux-mêmes, ils sont suffisants cependant pour
assombrir la vie; on a tort de les négliger, car ils nous annoncent que nos
forces de résistance ont diminué et que la maladie s'approche à grands pas,
nous apportant vieillesse prématurée, sinon mort précoce.
La cure de
désintoxication de Guelpa est un moyen radical, infaillible pour lutter
contre ces malaises pré moniteurs de maladies, c'est même un traitement
préventif qu'il faut toujours appliquer sans tarder. Frumusan a pu se
convaincre aussi que seuls les trois premiers jours du jeûne sont difficiles
à supporter, le sentiment de bien-être qui succède alors permet de prolonger
le traitement de quinze à vingt jours sans inconvénients. Quant à
l'adjonction de la purge elle est non seulement utile, mais absolument
nécessaire; voici l'opinion du Dr Frumusan à ce sujet : « Depuis
l'impression de la première édition de ce livre, notre expérience du jeûne
s'est grandement accrue. Nous sommes arrivé à la conviction que les purges
fortes sont bien moins nuisibles que les faibles, qu'elles sont bien
supportées par les organismes les plus délicats et que le jeûne agit
d'autant mieux qu'il est plus long et plus strictement observé. Les
personnes les plus faibles le supportent allègrement. »
« Nous sommes, dit-il, arrivé à la
conclusion, paradoxale seulement en apparence, que plus la sensation de
fatigue est grande, plus la cure de jeûne s'impose, cette fatigue n'étant
que l'expression de auto-intoxication. »
Comme facteurs
adjuvants de la cure et surtout de l'après-cure, le Dr
Frumusan fait appel à tous les agents psycho- et physiothérapie-piques
capables de tonifier l'organisme. En tout premier lieu il a recours aux
bienfaisants effets des mouvements actifs ou passifs lorsque le patient est
trop faible pour faire lui-même des exercices; les exercices actifs
consistent en promenades et marches à pied, en gymnastique variée et
graduée; dans la seconde catégorie rentrent le massage et toutes les
pratiques de la mécanothérapie.
Il préconise
également les bains d'air et de soleil, les bains de lumière artificielle,
utilisant selon les besoins toute la gamme des rayons de l'infrarouge à
l'ultra-violet. Les inhalations d'oxygène et d'ozone, l'hydrothérapie sous
toutes ses formes, l'électricité statique, galvanique, faradique, le bain
hydroélectrique, les courants à haute fréquence, la diathermie sont autant
de moyens curatifs variés qui œuvrent, entre les mains d'un médecin expert,
être d'un grand secours .
L'imagination,
dit-il, est un puissant levier qu'il faut savoir actionner et utiliser dans
une thérapeutique bien comprise. » En effet, une longue pratique nous a
appris que l'administration de drogues variées n'est pas le meilleur tonique
contre la désespérance et la lassitude des déprimés ; des paroles
compréhensives, évocatrices des énergies et des espoirs endormis, seront
certainement beaucoup plus efficaces.
« La vie spirituelle,
négligée pendant des siècles par le médecin, est rentrée triomphalement dans
son domaine. Le praticien digne de ce nom examinera le fonctionnement de
l'âme au même titre que celui du corps. Le matérialisme grossier des Homais
a vécu et l'intégralité de notre vie s'impose à tous les observateurs
impartiaux. Celui qui, dans un organisme abîmé et vieilli, ne se penchera
que sur les lésions anatomiques et les troubles physiologiques, n'envisagera
que la moitié de sa besogne et c'est en vain qu'il déclenchera l'effort
réparateur. Ayant négligé les forces puissantes et invisibles qui engendrent
les miracles, ignorant le maniement et l'éducation de la volonté, négligeant
les explorations psychiques qui lui permettraient de découvrir toutes
les possibilités d'une âme et de mettre à jour des forces neuves, capables
de redonner à un organisme qui s'abandonne l'amour de la vie, il ne fera
qu'une œuvre chancelante et inachevée, puisque sans flamme intérieure. »
Frumusan déclare aussi
avec raison qu'une fois rétabli, il va sans dire que
le sujet ne doit pas retourner
immédiatement à ses anciens errements alimentaires et qu'il doit
s'astreindre à une vie hygiénique selon les lois naturelles; une sage
modération constitue la règle d'or dont il ne devrait jamais se départir.
Dans son « Petit catéchisme de la vie saine », qui termine son ouvrage, nous
y trouvons entre autres ce conseil judicieux : « Une fois par mois faire
reposer l'organisme, par un jeûne de 24 ou 48 heures, précédé d'une
purgation. Pendant le jeûne, boire abondamment de l'eau ou des tisanes. »
LE JEÛNE SELON LE D? V. PAUCHET
Le Dr V.
Pauchet, d'Amiens, professeur de chirurgie, recommande tout
particulièrement de soumettre les malades à la cure déjeune avant et après
l'opération; il a remarqué que l'intervention présentait moins de dangers,
que le sommeil était plus calme, obtenu plus rapidement avec moins de
narcotique, que la cicatrisation des plaies était également plus prompte
avec peu ou pas de suppuration, et la convalescence de ce fait très activée.
Le jeûne est particulièrement utile et même nécessaire pour tous les opérés
dont les échanges nutritifs sont ralentis et déséquilibrés, les gras, les
congestionnés, les diabétiques, les albumi-nuriques, les artérioscléreux et
les insuffisants de la cellule hépatique. Il préconise aussi le jeûne avec
purgation abondante dans les cas de constipation opiniâtre; les résultats
sont radicaux si l'on se donne la peine de répéter la cure jusqu'à
désintoxication complète et du tube gastro-intestinal et des humeurs de
l'organisme viciées par les fermentations et les putréfactions intestinales.
Avec pleine raison, le
Dr Pauchet voudrait voir le jeûne appliqué d'une manière
préventive pour désintoxiquer l'organisme alors qu'aucune maladie
caractérisée n'a encore éclaté; c'est la meilleure façon de se préserver de
maux graves, car ainsi le corps purifié est rendu plus résistant aux
microbes et aux autres facteurs nocifs qui guettent notre santé.
Il recommande tout
particulièrement un jeûne de vingt-quatre heures, avant et après les jours
de grandes festivités, où l'on est toujours porté à manger malgré soi
beaucoup trop d'aliments hétéroclites et à absorber trop de boissons
variées. Au début du printemps, un jeûne de plus longue durée est
recommandable pour faciliter l'élimination des toxines et des déchets
organiques accumulés pendant la vie recluse de l'hiver où l'on a été
privé d'une nourriture saine vu la rareté des légumes et des fruits frais.
Pour lui les conditions primordiales les plus propres à
assurer la santé, donc le succès et le bonheur, se résument en cinq mots : «
Buvez, mâchez, respirez, remuez, jeûnez parfois. »
Buvez mieux, c'est-à-dire peu pendant les repas. «
Le vin, a-t-il le courage d'affirmer, est inutile, l'alcool toujours
nuisible. Il vaut mieux s'abstenir de café, de thé, de chocolat. »
« Jeûnez,
dit-il, le jeûne est le meilleur
procédé de désintoxication qui existe. »
•
Le jeûne consiste à se priver d'aliments pendant
vingt-quatre, quarante-huit heures et davantage. De cette façon, les toxines
sont éliminées; le tube digestif se repose ; le système vasculaire n'est
plus fatigué par l'apport d'une nouvelle masse nutritive.
Tout individu
atteint d'une maladie aiguë doit jeûner.Le traitement de la plupart des
maladies chroniques doit être précédé par le jeûne. Chaque fois qu'on
éprouve un malaise quelconque il faut se mettre à la diète absolue, de façon
à laisser l'organisme au repos. Personnellement, j'ai une grande expérience
du jeûne, car je le conseille à tous mes opérés. La plupart jeûnent de deux
à huit jours, les obèses vivent exclusivement d'eau ou d'oranges pendant
quatre, six, huit semaines avant l'intervention chirurgicale. Pendant le
jeûne, il faut boire; absorbez des tisanes chaudes légèrement sucrées;
tisanes de pruneaux, thé de pommes, bouillon d'herbes...
Avec raison il met en garde contre le sentiment de fausse
faim, le plus souvent provoqué par la routine. Un homme normal doit faire au
plus trois repas par jour : « Un repas de fruits juteux le matin, un repas
léger sans viande le soir et un repas plus copieux à midi. » L'habitude de
goûter à quatre heures et de souper après le spectacle est déplorable et
cause de nombreuses maladies par intoxication chronique.
« Le jeûne est un des moyens thérapeutiques les plus
efficaces qui existent. Le jeûne n'altère pas la santé, il l'entretient
et la conserve. Le jeûne fut inventé par toutes les religions dans un but
d'hygiène, pour reposer les organes digestifs. Celui qui s'y soustrait
commet une faute grave. Les personnes affaiblies qui demandent au prêtre de
s'abstenir du jeûne religieux commettent une faute, car si la
suralimentation est acceptable chez l'individu bien portant, elle est
nuisible
chez le sujet malade.
Les malades doivent jeûner, plus que les sujets
bien portants; c'est pour ces derniers que le jeûne a été inventé; tout
obèse doit jeûner; tout sujet fatigué, mal à l'aise, doit jeûner. Pendant la
période de jeûne, consommez de l'eau additionnée ou non de jus de raisin, du
bouillon de légumes, des fruits juteux. Je suis étonné que le jeûne
eucharistique ne permette même pas l'usage de l'eau et qu'il oppose ainsi
l'hygiène à la routine. Le jeûne peut durer de un jour à un mois, suivant
l'embonpoint du sujet. »
LE JEÛNE SELON LE If P.
CARTON
Tout en manifestant une prédilection marquée pour la pratique de
désintoxication cellulaire par les moyens que nous offre la médecine
naturiste bien comprise, le Dr Paul Carton reconnaît que
le jeûne court et rythmé ainsi que le pratique le Dr Guelpa
est une méthode curative très utile et recommandable.
Il admet que
l'abstinence alimentaire plus ou moins prolongée est un moyen de guérison
qui suit de près ceux dont se sert la nature pour débarrasser le corps de
ses produits toxiques : « L'anorexie qui se déclare après une période de
surcharge alimentaire ou en cours d'une crise morbide de nettoyage impose,
en effet, la privation de nourriture et permet ainsi le relèvement des
forces et le repos des organes. » Carton déplore également qu'en général cet
avertissement de bonne mère Nature ne soit pas écouté :
« Le préjugé de la faiblesse et la croyance insensée que
les aliments apportent des forces sans en faire dépenser, font que malades
et médecins ont trop souvent recours à l'alimentation forcée dans les états
morbides chroniques ou même aigus, et brisent ainsi les réactions
protectrices spontanées. »
Par une étude serrée des processus de la digestion et de l'alimentation,
le Dr Carton s'est attaché à démontrer que l'aliment, pour être
transformé en substance énergétique assimilable, consomme d'abord et libère
à son profit une quantité notable de forces puisées dans notre réserve
vitale; il en résulte une fatigue sensible de l'organisme qui doit
abandonner en premier lieu une partie de ses énergies potentielles avant
d'en recevoir de nouvelles de l'apport alimentaire.
Le sage Hippocrate défendait déjà ce point de vue lorsqu'il
enseignait que « dans les redoublements morbides, on doit retrancher de la
nourriture; ce serait un mal d'en ajouter. Plus vous nourrissez un * corps
chargé d'humeurs, plus le mal augmente. »
Pour Carton, le jeûne agit à l'instar d'une crise de nettoyage,
c'est-à-dire ainsi qu'une maladie; il faut donc pratiquer cette
méthode avec discernement et la doser avec soin selon la résistance de
chaque patient; l'action très favorable du jeûne est due en particulier au repos
complet des viscères dont le travail d'assimilation est suspendu ; à ce
premier avantage s'ajoutent les bienfaits de l'élimination et de la
combustion intensive de tous les matériaux usagés et toxiques qui encombrent
l'organisme; enfin nous y gagnons l'économie de forces énergétiques qui
auraient été gaspillées par les processus digestifs.
D'après lui, l'eau qui naît des désagrégations chimiques en cours de
jeûne est en grande partie conservée dans les tissus, dans les muscles
notamment, où elle sert à faciliter la dissolution et la dilution des
poisons organiques; « il se fait ainsi, dit-il, une sorte de nettoyage
aqueux du sang et des viscères, parce que les déchets après dissolution et
combustion partielle sont dirigés vers les émonctoires. » II se produit
alors la crise urinaire typique de la fin de la cure, telle qu'on la
remarque aussi à la terminaison des maladies aiguës.
Voici comment Carton résume les bienfaits du jeûne :
« Les apports cliniques du jeûne sont remarquables.
Il fait décroître la
violence des troubles d'intoxication, rend plus libres les fonctions de la
respiration et de la circulation. Le malade décongestionné se sent plus
léger, respire et marche avec plus de facilité. Les forces, au lieu d'être
accaparées par le travail digestif, restent entières pour l'accomplissement
des neutralisations toxiques. Le système nerveux étant dégagé et reposé, le
sujet moins angoissé, moins dys-pnéique peut jouir de son activité entière.
» II termine par cette remarque importante : « Et cette amélioration si
sensible sur l'état physique s'étend au caractère, à l'intelligence et au
moral de l'individu. » Les poisons internes, endogènes, que charrie le sérum
sanguin sont en effet les irritants les plus redoutables de notre système
nerveux.
Carton cite comme une bonne preuve de la force de résistance que peut
procurer le jeûne, les résultats des expériences des docteurs Roger
et Josué qui ont soumis des lapins à une abstinence alimentaire
totale de cinq à sept jours, puis en les alimentant normalement de deux à
onze jours. Ils constatèrent que les animaux soumis à ce traitement avaient
acquis une immunité extraordinaire, pouvant résister victorieusement à des
inoculations de colibacilles, capables de faire périr rapidement les animaux
témoins à qui on les injectait, cela dans un laps de temps variant de deux à
vingt jours.
Le jeûne court et rythmé selon le procédé de Guelpa lui paraît préférable
aux longues périodes d'abstinence; la suppression d'un ou même de deux repas
par jour peut avoir des résultats les plus heureux ; il se rencontre sur ce
terrain avec la cure des deux repas de Dewey. La suppression du petit
déjeuner du matin a toutes ses sympathies; « ce jeûne bref, dit-il, procure
des regains de vitalité, des réveils extraordinaires de l'appétit et des
fonctions digestives, des aiguisements de sensations matérielles et
intellectuelles » qui font que ceux qui ont une fois goûté de cette méthode
si simple ne peuvent plus l'abandonner.
Revenant à plusieurs reprises sur les cures de jeûne excessif, il semble
même en avoir une peur trop grande, ce qui vient probablement du fait qu'il
n'a pas eu l'occasion d'en observer un nombre suffisant pour s'en faire une
idée réellement expérimentale comme le Dr Dewey et ses
imitateurs. Deux à six jours lui paraissent l'extrême limite d'un jeûne
utile; nous avons vu par l'analyse des cas de jeûne prolongés que nous avons
déjà étudiés ce qu'il faut penser de ce jugement par trop exclusif. Voici
néanmoins ses arguments : « Le jeûne est un moyen héroïque de purification
humorale et de spiritualisation. Cet acte d'abstinence matérielle et de
renoncement mental améliore à la fois la santé du corps, la vitalité et
l'esprit. »... « Mais le jeu commence à devenir épuisant et dangereux, quand
le jeûne porte sur des périodes de vingt jours et davantage. Ces longs
jeûnes qui prétendent tout rénover, tout rétablir, tout guérir et qui
jouissent d'une certaine vogue dans les milieux naturistes allemands et
américains sont à déconseiller, autant dire toujours, parce qu'ils agissent
avec une brutalité nocive et ne procurent que de fausses guérisons, même
quand ils sont suivis d'une pleine amélioration de la santé... Et même dans
les cas où le succès semble couronner la cure, le bénéfice disparaît à
longue échéance et se solde en définitive par une baisse de la valeur
globale de l'individu. » Tous ceux qui ont pratiqué le jeûne prolongé
s'inscriront en faux contre ces jugements trop absolus; de nombreux malades
ont été suivis de longues années par Dewey et par ses élèves et aucun d'eux
ne signale ces désagréments de l'après-cure. Il ne faut pas oublier non plus
que la plupart des malades, malgré les conseils de vie simple qui leur sont
prescrits comme mode de vie nouvelle, retournent très vite à leurs anciens
errements; rien d'extraordinaire alors s'ils retombent et si, pour soulager
leur conscience, ils accusent la cure déjeune d'en être la cause éloignée
sinon directe; pour notre part, nous avons vu pas mal de ces tristes
spécimens d'humanité. A l'appui de son dire, Carton cite justement l'exemple
d'une cure mal faite, au rebours du bon sens, chez un sujet ayant exagéré la
reprise alimentaire et s'étant surmené aussitôt par des excès de travail. De
tels cas ne prouvent rien contre la valeur de la cure faite d'une façon
rationnelle. Le Dr Carton n'est pas sans savoir combien il est
difficile de réformer définitivement les habitudes de gourmandise et les
excès de toute nature auxquels s'adonne l'homme, qui mérite rarement à ce
point de vue la qualification d'homo sapiens.
« Enfin, conclut-il, pour les gens sédentaires, bien nourris, pour les
arthritiques si nombreux aujourd'hui, c'est-à-dire pour la grande majorité
des individus, le jeûne périodique constitue une garantie certaine de bonne
santé physique et de bon équilibre moral ou, en d'autres termes, de
longévité et de sagesse. »
LE JEÛNE SELON ALBERT L. CAILLET
L'ingénieur Albert Caillet, philosophe averti autant
qu'occultiste" éminent, a réuni en un volume remarquable, qui devrait faire
partie de la bibliothèque de chaque famille, une série de préceptes
excellents pour faciliter la vie et entretenir la santé; le titre de son
ouvrage est déjà tout un programme hygiénique, moral et social :
Traitement mental et culture spirituelle. La santé et
l'harmonie dans la vie humaine.
Pour Caillet naturellement il n'y a pas de santé physique possible sans
qu'elle soit accompagnée d'une santé morale correspondante, car nous sommes
un avec Dieu ou le Tout; il cite à ce propos l'avis similaire des sages de
tous les temps : « Le Tout est mental », ou encore « Tout est Esprit ;
l'Esprit est tout », d'après le Kybalion. Son livre débute par le verset 28
du chapitre 17 des Actes des Apôtres :
« In Ipso (Deo) enim vivimus et movemus,
et sumus. »
« Car c'est en Lui (Dieu) que nous vivons,
que nous nous mouvons et que nous sommes. »
Aussi tout ce qui peut purifier le corps
et le dégager de l'emprise de la matière a pour Caillet une valeur
inestimable; c'est l'avantage primordial qu'il attribue tout d'abord à la
cure de jeûne.
« Tout le monde, dit-il, connaît ces
règles alimentaires vieilles comme le monde :
Ne jamais manger que
lorsqu'on a faim.
Ne jamais boire que lorsqu'on a soif.
Rester toujours sur son appétit.
» Mais ce que l'on sait moins, c'est le
moyen d'arriver à les mettre en pratique; nombre de personnes n'ont
jamais faim. Elles sont tout simplement « en avance » d'un ou de
plusieurs repas sur leur faim. »
Le jeûne,
d'après lui, est à considérer comme un des premiers moyens de lutte contre
les maladies; son efficacité est incontestable; bien plus, c'est
une méthode « radicale, héroïque pour soumettre à la culture psychique
les tempéraments les plus rebelles à son action. » D'où la grande utilité du
jeûne dans les cas de déchaînement de passions grossières ; « il n'y a pas
de passion matérielle, nous assure-t-il, qui résiste au jeûne
suffisamment prolongé et répété. Les grandes passions sont sûrement et
infailliblement apaisées par des séries répétées d'abstinence alimentaire de
deux à trois jours. »Cette constatation nous explique la raison profonde qui
a fait inscrire la pratique du jeûne au nombre des prescriptions rituéliques
de beaucoup de religions; leurs
fondateurs, initiés supérieurs, savaient que c'était là le meilleur moyen de
préserver leurs adeptes des écarts et des déchéances que les passions
charnelles traînent après elles.
Le jeûne est ainsi le gardien le plus sûr et le plus fidèle de la santé
morale
Dans les nombreux et très intéressants
ouvrages du Dr
Hanish, nous trouvons plusieurs allusions aux bienfaits du jeûne qui est
recommandé comme un remarquable agent de purification du corps et comme un
des meilleurs moyens de conserver une santé parfaite, permettant un
merveilleux développement de l'esprit. L'enseignement Mazdaznan a
pour but d'apprendre aux hommes la maîtrise du corps, soit l'art de le
maintenir en parfaite santé et la maîtrise de la pensée. « Mazdaznan, nous
expliquera l'auteur, est une contraction du mot Mazda-yasnian, signifiant en
zend la maîtresse-pensée ou la maîtrise de la pensée. » Or,
pour pouvoir arriver à cette maîtrise parfaite, il faut un corps sain et
harmonieusement développé, il faut que tous les organes fonctionnent
normalement. C'est là la bonne nouvelle que le Dr Hanish veut
révéler aux hommes de bonne volonté.
« Quelle folie, dit-il, de vouloir
empêcher nos semblables d'acquérir connaissance, compréhension et sagesse!
Il nous faut, au contraire, aplanir la voie du Progrès, afin que nous soyons
toujours plus nombreux à nous réjouir des trésors inépuisables de la nature.
La connaissance de la nature donne le Pouvoir. La connaissance de Dieu donne
la Vie,... Dieu a créé l'homme parfait, mais celui-ci s'est fabriqué de
nombreux artifices... L'homme tire son savoir d'une source double :
inspiration - révélation... Gardons toujours soigneusement l'équilibre entre
le physique et le mental. Rappelons-nous que seul celui qui contrôle à la
fois son cerveau et ses muscles retire de la vie tous les bienfaits qu'elle
lui offre. »
C'est en deux ouvrages, d'importance
capitale, du Dr Hanish que nous trouverons exposés les
enseignements les plus circonstanciés pour vivre une vie saine et sage :
Principes alimentaires et préceptes d'hygiène générale donne des
conseils précis sur la question; la lecture de ce livre se recommande à tous
ceux qui ont souci de se maintenir en parfait état physiologique; le second
ouvrage, non moins important, L'art de la respiration et de la santé,
insiste plus spécialement sur la nécessité d'exercices respiratoires
corrects et bien appropriés pour entretenir la source de la vie; la septième
leçon tout entière est consacrée à exposer l'art de bien vivre et les
procédés de purification du corps par le jeûne.
Ce bain interne
pourra être répété jusqu'à trois fois de suite, afin d'éliminer complètement
toutes les matières en putréfaction qui empoisonnent l'organisme.
« Ce traitement, affirme le Dr Hanish, doit amener bien-être,
soulagement et réconfort : ne pas perdre ceci de vue et agir
en conséquence. Les délicats mettront un peu plus longtemps à parvenir au
but, mais ils y arriveront sans heurts ni ennuis, s'ils ont opéré avec
prudence et doigté. »
Pour le lavement interne, on utilisera de l'eau cuite savonneuse ou
additionnée d'essence d'eucalyptus (une à deux gouttes par litre). Le
traitement est à effectuer le soir, jamais le matin. L'usage du clystère est encore développé tout au long dans la deuxième leçon de
Régénération; il y est spécifié que ce traitement a pour but non de
traiter la constipation uniquement, mais de purifier radicalement le
corps. Au lieu de ces bains internes, on peut, avec raison, avoir recours à
des périodes de jeûne d'un jour. Ce ne doit pas nécessairement être le
vendredi, mais un jour à la convenance du sujet, le jour importe peu, c'est
l'esprit que l'on apporte au jeûne qui a de la valeur. Dans Renaissance
individuelle, nous lisons :
« Garder une activité normale et orienter sa pensée vers le meilleur côté
de toutes choses, est un adjuvant de qualité pour aider à la remise en
équilibre du corps et du cerveau les jours de jeûne, et naturellement, aussi
les autres! »
Le quatrième jour, on rompt le jeûne avec du jus de fruits, puis jusqu'au
septième jour on suit un régime très léger avec bouillie de blé complet ou
maïs sauté.
Après ces périodes de jeûnes, l'appétit devient normal, le goût plus
subtil, et tout naturellement on évite l'alcool et les viandes dont la
saveur paraît répugnante.
Le Dr Hanish :
« Le jeûne est un sujet très important, digne de toute l'attention de
ceux qui désirent apprendre comment il faut vivre.
» Le jeûne, les lavages intestinaux, la sobriété, la nourriture pure,
par conséquent non carnée, assurent santé, longévité, bien-être, possibilité
de travail productif et de développement. »
Nous avons dit que, dans les pays de langue allemande, la méthode du
jeûne s'était rapidement développée; de nombreux médecins naturistes en ont
bientôt reconnu la haute portée thérapeutique et nous allons consacrer
quelques instants à l'étude de leurs observations importantes; pour ne pas
trop allonger, nous laisserons de côté les publications de nombreux
empiristes, naturistes convaincus qui ont également appliqué cette cure plus
ou moins modifiée.
LE JEÛNE SELON LE Dr
SIEGFRIED MOLLER
Dans son sanatorium de Dresden-Loschwitz, le DrS. Môller
fut un des premiers en Allemagne, à appliquer la cure de jeûne complet
d'après la méthode du DrDewey; il en obtint des résultats
si réjouissants qu'il se déclara ouvertement un fervent adepte de cette
nouvelle thérapeutique et qu'il contribua à la faire connaître par de
nombreuses et très intéressantes publications, notamment :
Le jeûne comme
méthode thérapeutique et comme moyen de
rajeunissement. Cependant une condition essentielle qu'il met à
la pratique de cette cure, c'est qu'elle soit dirigée par un médecin
compétent et non par un empirique.
« Celui qui observe la nature un peu attentivement,
dit-il, découvrira bientôt que la faim et le jeûne même y sont fréquents et
qu'ils n'agissent pas seulement comme processus d'arrêt, d'inhibition, mais
aussi comme moyen d'activer les échanges vitaux. »
Sa foi dans la grande valeur curative du jeûne fut fortifiée par
l'observation qu'il eut l'occasion de faire sur la personne de la veuve du DrDewey, qui se soumit dans son sanatorium à un jeûne de 40 jours; il
put ainsi constater que cette femme, de nature délicate et débile, affaiblie
par la maladie, ayant déjà perdu 10 livres avant de commencer sa cure,
pesant 45,5 kilogrammes, non seulement supporta très bien son jeûne, mais
encore en retira un réel bénéfice; après avoir diminué de 15 livres durant
la cure, elle reprit rapidement du poids et trois mois après elle pesait 50
kilogrammes.
Môller a reconnu que le jeûne bien conduit augmente les forces de
résistance de l'organisme, qu'il active notablement les échanges vitaux
ainsi que la combustion des déchets toxiques accumulés dans nos tissus ;
c'est donc un excellent moyen de désintoxication générale, qui agit
favorablement sur le cœur en premier lieu ; les œdèmes disparaissent
rapidement, la circulation redevient meilleure; l'asthme est amélioré sinon
guéri ; le cerveau, désintoxiqué de ses poisons endogènes et irrigué par un
sang plus pur, fonctionne plus activement, le sommeil devient
particulièrement calme et reposant, « comme, dit-il, si l'on avait pris un
remède magique » (Zaubermittel).
En 1906 déjà, il fit connaître au public allemand l'œuvre capitale du
Dr Dewey sur le jeûne, traduite par sa veuve ; dans la
préface qui présente cet ouvrage, le Dr Môller nous apprend
que du moment où il a eu connaissance de cette méthode, il s'est soumis
lui-même au régime des deux repas par jour et il n'a eu qu'à se louer de
cette décision, ainsi que des jeûnes faits par la suite pour son propre
compte; sa force de travail et sa santé en ont grandement été
améliorées. Le Dr Môller rend aussi un juste hommage au Dr Tanner, dont nous avons déjà parlé, et il le qualifie de
précurseur méritoire de cette cure. En 1880, le Dr Tanner fit
un jeûne de 40 jours sous la surveillance stricte de plusieurs médecins;
il souffrait, avant sa cure, de graves désordres gastro-intestinaux qui
disparurent totalement à la fin de l'expérience. « Le Dr
Tanner, dit-il, estimait que le jeûne était un remède universel contre
toutes les maladies, rajeunissant non seulement les forces corporelles,
mais aussi les forces spirituelles. » Tanner avait trouvé que le jeûne
est excellent pour nettoyer le corps de ses déchets toxiques, mais il
l'appliquait encore comme moyen préventif, persuadé que de cette façon
on arrivait à modifier, purifier et fortifier l'organisme ; le terrain
étant plus résistant, dès le début, la maladie était étouffée en son
germe..
Quant au Dr von Seeland, durant une demi-année,
il s'adonna
chaque semaine et à jour fixe à la pratique d'un jeûne de 36 heures ; cette
expérience lui valut la guérison radicale de terribles céphalées dont il
souffrait depuis son enfance et qtfi n'avaient été qu'en augmentant de
violence et de durée avec l'âge. Relatant cette expérience personnelle, le Dr von Seeland nous déclare : « Ce qui me fit un plaisir tout
particulier et me confirma dans mon dessein de continuer mes jeûnes, ce fut
une sensation merveilleuse de bien-être et de bonne humeur; après chaque
période de cure je me sentais aussi vif et aussi optimiste qu'un enfant de
quinze ans. » Le Dr von Seeland est tellement persuadé de la
valeur de cette méthode curative qu'il revient à plusieurs reprises sur la
même idée : « Je suis bien convaincu qu'aucun procédé curatif employé par la
médecine officielle n'est capable d'avoir une action de moitié aussi
favorable sur le système nerveux. » Sa conclusion est à méditer, car elle
résout des problèmes qui sont toujours d'actualité : « Comme résultat soit
de mes observations personnelles soit de mes études expérimentales, j'ai
acquis peu à peu la ferme conviction que le jeûne ne mérite pas seulement
une attention spéciale de la part de la médecine, mais sûrement encore une
plus grande de la part des hygiénistes et des pédagogues. Notre société
asservie au joug du tabac et de l'alcool commence aussi à s'adonner à
l'opium, elle devient de plus en plus la proie de la mélancolie, elle est
prise du dégoût de la vie et les suicides se multiplient; de son sein
surgissent des philosophes au sombre pessimisme (état d'esprit indiquant une
vraie maladie ou déficience nerveuse) ; aussi une telle société a-t-elle
besoin, pour se réveiller, d'une réaction énergique en pratiquant
l'abstinence et le jeûne. »
Tous les spiritualistes et tous ceux que préoccupe le sort moral et
physique de l'humanité ne pourront qu'approuver ces sages paroles qui n'ont
aucunement perdu de leur actualité, car nous voyons la société moderne
sombrer de plus en plus dans le matérialisme jouisseur et devenir la proie
de la neurasthénie ou de la folie. Le jeûne est le moyen le plus énergique
et le plus efficace capable de désintoxiquer rapidement nos organismes
empoisonnés par une vie anormale; c'est lui qui nous permettra de nous
ressaisir et de faire front au marasme et aux dégénérescences qui nous
guettent.
Durant le jeûne ; un des signes les plus frappants est la langue, qui se
couvre rapidement d'un enduit épais blanc jaunâtre, enduit d'autant plus
abondant que le malade est plus intoxiqué; la langue ainsi que toutes les
muqueuses du tractus gastro-intestinal fonctionnent durant le jeûne comme
organes excréteurs très actifs; le magma qui les recouvre, examiné au
microscope, se compose de cellules épithéliales, dont la desquamation a été
accélérée; il s'y ajoute de nombreux leucocytes, des lymphocytes hors
d'usage et des bactéries, le plus souvent pathogènes.
l'haleine est
d'autant plus fétide que le jeûneur est plus malade, puis elle redevient
inodore à l'approche de la guérison.
Les glandes salivaires, avec toutes les glandes de la muqueuse
gastro-intestinale, le foie et le pancréas y compris, excrètent abondamment
des produits de déchet; il faut en débarrasser l'intestin au plus vite par
des purges et des lavements répétés au cours du jeûne; quant à l'expulsion
rapide au début du traitement des matières fécales en putréfaction, c'est là
une nécessité qui s'impose avant toute autre intervention.
A mesure que le décrassage de l'organisme se produit, Môller
a observé que le taux de l'acide urique dans l'urine augmentait parfois dans
des proportions très grandes, ainsi dans un cas il passa de 0,5 grammes pour
mille à 2,5 grammes; puis lorsque le jeûne a suffisamment nettoyé
l'organisme et que les cellules se sont débarrassées de leurs produits
toxiques, le taux de l'acide urique baisse pour Arriver même au-dessous de
la normale.
A l'exception des autres cellules glandulaires, les glandes sexuelles
suspendent leur fonction durant le jeûne
Beaucoup de jeûneurs s'effraient à la pensée de maigrir, peur chimérique,
car ce ne sont que les cellules malades et les substances de déchet qui
disparaissent durant la cure pour être rapidement remplacées par des tissus
normaux et sains; la perte de poids est très variable avec chaque individu,
mais la moyenne est d'un kilogramme par jour lorsqu'il s'agit de jeûnes de
courte durée et d'une livre par jour lorsque l'abstinence est prolongée
pendant des semaines.
« L'homme qui abuse de la viande, dit-il, le buveur de
bière, le glouton et le débauché auront des crises bien plus pénibles à
supporter que le modéré et le végétarien. Mais les personnes qui auront à
surmonter les crises les plus violentes seront surtout celles qui, en plus
des poisons alimentaires, auront encore absorbé des médicaments toxiques ;
chez elles, en effet, à l'empoisonnement par les acides urique, oxalique et
phosphorique provenant de la nourriture, s'ajoute celui du mercure, de
l'arsenic, des poisons narcotiques et des soporifiques de tout genre. »
D'accord avec Dewey, le Dr Môller estime que la fin de la cure
est annoncée par la réapparition de la sensation de faim physiologique,
cette sensation peut se faire attendre parfois des mois.
« Si l'on veut obtenir le maximum d'effet d'une cure de jeûne,
le passage
de la période d'abstinence à la reprise de la nutrition normale est de toute
importance ; la manière dont il est exécuté décide souvent du succès de la
cure. En tout état de cause, cette période fait partie du
traitement et doit être surveillée de très près par le médecin et être
facilitée par le bon vouloir du patient. Y^z.
transition doit se faire
d'une façon tout à fait graduelle. Les organes déshabitués de la
nourriture doivent se réadapter lentement au travail de digestion et le sang
ainsi que la lymphe ne doivent pas être surchargés brusquement de trop
grandes quantités de substances nutritives. Car, quoique la période de jeûne
soit terminée, les efforts de désintoxication de l'organisme ne cessent pas immédiatement de ce fait, ils durent encore longtemps et le
sang charrie pendant quelques jours des produits de déchets et des poisons
qui doivent être éliminés. Ce processus serait entravé par un apport
excessif de nourriture et l'on pourrait de cette façon provoquer un malaise
général, une récidive des symptômes de maladie et des troubles circulatoires
et autres. La reconstruction de nouveaux tissus
sains n'est possible que dans un mode lent et harmonique.
» Toute précipitation ne peut conduire qu'au désordre
et ne donner naissance qu'à de nouveaux tissus maladifs. »
En fin de compte, Môller insiste avec énergie sur le fait que celui
• veut se soumettre à une cure de jeûne doit prendre la ferme résolution
de réformer par la suite ses habitudes vicieuses, de vie et d'hygiène
alimentaire, s'il veut conserver la santé recouvrée et ramener l'harmonie
dans les processus vitaux du corps tout entier. Il conclut son étude par ces
sages réflexions qu'il livre à la méditation du lecteur :
« Celui qui jeûne seulement dans le but de pouvoir recommencer plus tard
à ingurgiter toutes sortes d'aliments ou de boissons, et qui durant la cure
entretient ses désirs de gloutonnerie, celui-là n'a pas du tout compris le
but et le sens du jeûne, il n'en obtiendra jamais la santé complète ni les
bienfaits. Déjà Paracelse, le célèbre médecin du moyen âge, disait :
« N'entreprenez pas une cure déjeune sévère aussi
longtemps que votre âme rompt le jeûne. »
Môller a également pratiqué avec beaucoup de succès le jeûne de courte
durée selon la méthode préconisée par Guelpa, faisant suivre aux patients un
régime fruitarien et végétarien pendant les périodes de reprise alimentaire
; cependant sa préférence va aux jeûnes de plus longue durée, de dix à
quinze jours au moins; il estime que leur effet curatif est plus rapide et
plus durable. Les jeûnes de courte durée et répétés sont excellents pour
habituer les patients à cette méthode curative et pour leur faire comprendre
que l'abstinence alimentaire plus ou moins prolongée n'offre aucun danger.
LE JEÛNE SELON LE D' WEBER
Un médecin du siècle passé qui travailla beaucoup à répandre l'idée du
jeûne fut le Dr Weber, médecin consultant de l'hôpital
allemand de Londres; il fit une étude très approfondie des causes de la
vieillesse prématurée et il arriva à la conviction que la sénilité précoce
se manifeste le plus souvent à la suite d'excès, notamment d'excès de
nourriture, produisant un encrassement des organes vitaux, une adiposité
anormale et la dégénérescence du cœur ; la néphrite chronique,
l'artériosclérose ou le rhumatisme en sont également la conséquence.
Pour remédier à cet état de choses,
Weber préconise un jour de jeûne par
semaine, surtout s'il s'agit de personnes sédentaires qui ont peu l'occasion
de brûler leurs déchets. Il recommande aussi tout particulièrement la
promenade journalière au grand air, il y ajoute même le conseil de faire
deux ou trois fois par an des courses de montagne avec ascensions sérieuses et un peu fatigantes, car c'est un excellent
moyen d'éliminer les détritus toxiques accumulés par la vie sédentaire et
par la surnutrition.
Weber a remarqué qu'à partir de 40 à 50 ans, l'organisme humain n'a plus
besoin d'une aussi grande quantité de nourriture pour fournir la même
quantité de travail utile; aussi chez les gens qui n'ont pas faussé leurs
sensations par une vie anormale, voit-on l'appétit diminuer à partir de
cette époque, la nature indiquant ainsi qu'il y a lieu de réduire la
quantité des apports si l'on veut maintenir l'équilibre harmonieux de la
santé. Le plus grand danger que nous courrions dans la vie quotidienne, de
l'avis du Dr Weber, c'est de trop manger, tandis que la peur de
manquer de nourriture en suffisance est une crainte tout à fait illusoire.
Weber relate avec enthousiasme les observations du Dr Keith
qui traitait tous ses malades avec un grand succès par l'abstinence et
le jeûne; c'est une cure dont on ne peut que louer l'efficacité, notamment
dans les cas de grippe et d'influenza qui évoluent beaucoup plus rapidement
vers la guérison, sans rechutes et sans séquelles graves. Pour Keith, il n'y
avait pas de doute qu'en forçant des malades et des fébricitants anorexiques
à s'ingurgiter des aliments soi-disant fortifiants, on ne leur était non
seulement d'aucune utilité, mais qu'au contraire on contribuait par cette
pratique à prolonger et à aggraver la maladie en diminuant plutôt les forces
de résistance du malade.
Avec Keith également, le Dr Weber incrimine surtout les
poisons, issus du régime carné, comme étant la cause de la plus grande
partie de nos maladies chroniques et de nos tares de dégénérescence.
Conséquent avec ses opinions, le Dr Weber les mit en pratique
pour lui-même sa vie durant; son régime ascétique semble lui avoir
particulièrement réussi; bien qu'issu de parents faibles et maladifs, morts
tous deux prématurément, il atteignit l'âge respectable de 94 ans.
LE JEÛNE SELON LE D' G. RIEDLIN
Au nombre des médecins allemands modernes qui ont beaucoup fait pour
propager l'idée du jeûne, nous devons ranger le Dr Gustave
Riedlin, qui en est un partisan enthousiaste; médecin naturiste et
théosophe de valeur, il a publié de nombreux travaux importants sur la
question. Il a vulgarisé ses idées diététiques dans une excellente
brochure : Le grand nettoyage. Un nouvel esprit pour
régler notre régime. Cures de diète à la maison. Cette
brochure a été éditée et répandue
On ne peut qu'admirer les efforts tentés par les adhérents de la
« Neugeist » pour faire pénétrer parmi le peuple le désir d'une conduite
morale élevée et des notions de saine hygiène naturiste. La société a publié
d'excellents petits traités populaires et instructifs sur toutes les
questions spiritualistes, ainsi que sur les problèmes de réforme touchant
l'hygiène et l'alimentation. Le but final du mouvement « Neugeist » (Esprit
nouveau) est de grouper internationalement toutes les bonnes volontés
désireuses de travailler à réveiller les forces spirituelles endormies en
nous-mêmes et de les développer en harmonie avec l'infini divin. Ce nouvel
esprit doit s'étendre aujourd'hui à tous les domaines de la vie et de
l'activité humaines : réforme sociale, réforme morale et psychique, réforme
en matière d'hygiène; renouvellement des traitements médicamenteux qui
devront à l'avenir s'inspirer de l'orientation toute nouvelle donnée à la
thérapeutique par la mise en œuvre et la redécouverte de la puissance
curative de l'esprit qui se trouve dans chacun de nous, étincelle plus ou
moins obscurée du divin. Pour arriver à ce résultat il faut apprendre aux
hommes à cultiver leur vie intérieure et à la développer dans le calme et la
concentration. Des brochures comme celles de K. O. Schmidt : Le médecin de l'esprit, L'aide intérieure, La maîtrise personnelle et
La direction de la vie par la force de la pensée sont à la portée de
toutes les intelligences et sont vivement à recommander. Il en est de
même de la brochure du Dr Riedlin; elle renferme, sous une forme
très réduite, les meilleurs conseils d'hygiène générale et les plus
précieuses règles d'alimentation saine et naturelle pour nous permettre de
mener une vie rationnelle et heureuse. Riedlin y recommande entre autres de
pratiquer chaque semaine à domicile un jeûne de 36 à 48 heures, à moins que
l'on ne dispose d'assez de temps pour faire une vraie cure de jeûne ce qui
conduit à des résultats meilleurs et plus rapides. Après avoir jeûné un ou
deux jours chez soi, on commence l'alimentation par une diète légère :
fruits, légumes, vins et cidres sans alcool, potages épais et crémeux, lait
caillé, le tout en petite quantité, puis au bout de quelques jours on
reprend la diète végétarienne ordinaire. En suivant un tel régime on peut
être assuré de se porter à merveille et de n'avoir besoin que de fort peu de
médicaments.
Le Dr Riedlin est si bien persuadé de l'excellence et de la
simplicité de cette méthode qu'il a consacré tous ses efforts à répandre ses
vues dans le peuple; il composa à cet effet deux tracts très convaincants :
Cure de jeûne et force vitale et Le jeûne comme
moyen de guérison.
D'après lui : « La puissance d'action de la cure s'étend à tous les états
maladifs chroniques, elle triomphe surtout dans les cas où l'organisme est
encrassé par des déchets de combustion alimentaire.
Nous guérissons ainsi le plus vite et le plus sûrement, non seulement le
rhumatisme, la goutte, la sciatique, les catarrhes gastro-intestinaux, les
stases du foie, les hémorroïdes, les éruptions cutanées de toute nature,
mais nous agissons encore avec succès sur la plupart des maladies
gynécologiques, sur les maladies sexuelles, sur les néphrites chroniques,
sur les maladies nerveuses, sur les affections des yeux et des oreilles. La
chute des cheveux, la transpiration fétide des pieds, les varices cèdent à
un jeûne méthodique.
« C'est avec raison que l'on peut appeler le jeûne une opération sans couteau. »
La médecine matérialiste, selon Riedlin, a commis la grave erreur de
prendre l'apparence pour la réalité lorsqu'elle a voulu résoudre l'énigme de
la vie; elle prend trop souvent l'effet pour la cause, ainsi dans la plupart
des maladies elle s'attache uniquement à en supprimer l'effet alors qu'elle
en laisse subsister la cause, soit en l'occurrence : le terrain ou le corps
vicié par les déchets et par les toxines alimentaires.
Cette science matérialiste a encore commis une double erreur en croyant à
l'absolutisme et à la valeur intégrale de la théorie des calories
alimentaires tandis qu'elle rejetait l'ancienne théorie humorale qui
expliquait la cause de la plupart des maladies par la viciation des humeurs
et des liquides nourriciers de notre corps.
La première erreur a été de donner aux malades et aux bien portants des
aliments riches en calories, c'est-à-dire dont la combustion fournissait
théoriquement un nombre de calories élevé, mais dont la valeur alimentaire
réelle était très inférieure étant donné les déchets toxiques qui
résultaient de leur digestion; seconde erreur : les médecins modernes ont en
général totalement négligé le nettoyage systématique des humeurs et des
tissus encrassés par les déchets; c'est ce nettoyage que réalise
admirablement la cure de jeûne.
Enfin, il estime que la médecine matérialiste a commis une dernière
erreur beaucoup plus grave en niant l'existence de la force vitale; il en
est résulté qu'elle n'a pas compris un des principaux modes curatifs du
jeûne consistant à laisser le champ libre à la force vitale inutilisée du
fait du repos des organes digestifs; or cette énergie disponible s'en vient
au secours des organes affaiblis et malades.
Riedlin partage aussi l'opinion défendue par le professeur Jeeger
qui affirme que beaucoup de maladies sont dues à l'empoisonnement des
cellules par des substances de nature gazeuse et aromatique.
En effet,
l'haleine et la sueur des malades ont toujours une odeur désagréable et
fétide, alors que le souffle et les sécrétions cutanées d'un homme sain
sont presque inodores et, en tout cas, pas répulsives. Jasger avait
coutume de résumer son idée en une phrase lapidaire : «
Krankheit ist Gestank, Gesundheit ist Wohlgeruch » (La maladie est
puanteur, la santé bonne odeur).
Durant le jeûne, ces substances gazeuses et odorantes sont expulsées des
cellules en grande quantité, aussi le malade exhale-t-il une odeur très spéciale;
plus cette odeur est fétide, plus le jeûne était
nécessaire et indiqué, même si la personne paraissait extérieurement en
bonne santé; on peut être assuré que c'est un indice qu'elle préparait
en sourdine une maladie grave. Voici ce qu'affirme le Dr
Riedlin à ce sujet : « Un médecin, suffisamment expert en matière de
jeûne, doté d'un organe olfactif assez délicat, peut ainsi reconnaître
en grande partie l'état de santé des organes internes d'un malade, il
suffit de se baser sur la nature et l'intensité de l'odeur fétide
exhalée par le jeûneur. » Riedlin estime que l'homme moderne, grâce à sa
manière anormale et antihygiénique de vivre, est continuellement en
puissance d'intoxication par les produits gazeux qui s'accumulent dans
les tissus. « II suffit, dit-il, à l'homme civilisé d'aujourd'hui de
supprimer seulement deux ou trois repas pour sentir mauvais de la
bouche; il exhale «l'odeur de faim» (er riecht nûchtern), comme on a
coutume de dire; c'est justement ce qui prouve que ses tissus sont
empoisonnés par les gaz toxiques.
Une fois l'organisme abondamment
nettoyé par la cure de jeûne, la langue chargée depuis des années voit
disparaître son enduit, l'haleine mauvaise change de nature, le souffle
prend souvent une odeur agréable et aromatique. » Riedlin explique aussi
les malaises, la dépression et l'irritabilité des patients lors des
premiers jeûnes par l'action de ces mêmes poisons aromatiques expulsés
en grande quantité par les cellules en crise de nettoyage. Il va sans
dire que Riedlin combat également l'idée de la nécessité de prendre de
copieux repas pour se fortifier et il s'élève contre la manie trop
répandue de faire absorber à tout prix de la nourriture aux malades pour
les soutenir. Il n'y a pas, pour lui, une notion plus néfaste pour
entraver l'évolution normale et rapide de la maladie. Il démontre au
surplus que l'acte de la digestion consiste tout d'abord en
une perte de
force vitale détournée au profit des processus digestifs; cette force
vitale ainsi soustraite à l'organisme aurait été beaucoup plus utilement
employée à lutter contre la maladie, le corps au début d'une maladie
ayant toujours assez de réserves alimentaires en lui-même.
La peur que
le jeûne ne nuise aux tissus importants est tout à fait chimérique; elle
est du reste réduite à néant par l'observation et l'expérience; nous
avons déjà donné à ce sujet les chiffres établis par le physiologiste
Yeo qui prouvent que nos organes importants diminuent très peu durant le
jeûne; Riedlin rapporte d'autres expériences dont les résultats sont
identiques : un chat mort d'inanition avait perdu presque toute sa
graisse, la rate avait diminué de 67 %, le foie de 54 %, les muscles, le
cœur y compris, de 31 %, les reins de 26 %, l'intestin de 18 %, le
cerveau enfin de 3 % seulement.
Riedlin cite le cas de malades très affaiblis qu'il a traités, ayant
une température au-dessous de la normale malgré une alimentation
intensive ; les ayant soumis à une cure de jeûne il a vu la température
s'élever graduellement jusqu'à la normale, au fur et à mesure que la
désintoxication de l'organisme était plus complète. Le même phénomène a lieu
pour la force musculaire des jeûneurs, elle s'accroît proportionnellement au
nettoyage des tissus. Ces observations démontrent à l'évidence que la
chaleur corporelle et la force vitale et musculaire ne dépendent nullement
de l'action immédiate de l'absorption alimentaire, mais beaucoup plus de
l'intégrité des cellules de notre corps et de l'absence d'intoxication de
nos tissus.
Les expériences faites durant la guerre mondiale de 1914 ont bien montré
que les restrictions alimentaires n'étaient pas nuisibles et qu'elles
avaient au contraire un effet plutôt heureux sur l'état sanitaire général,
car il faut le reconnaître, de nos jours, les maladies proviennent de
l'alimentation irrationnelle et de la surnutrition plutôt que du manque de
nourriture.
Enfin, comme tous ceux qui se sont occupés de la question, Riedlin
insiste sur le fait capital que la cure de jeûne prolongé doit absolument
être pratiquée sous surveillance médicale stricte, car il y a des cas où
elle pourrait être plus nuisible qu'utile si elle était faite sans
discernement, notamment lorsqu'il s'agit de cachectiques ou d'affaiblis dont
toutes les réserves alimentaires et vitales sont épuisées et qui ne peuvent
faire les frais d'une crise de nettoyage trop intensive. Le jeûne n'est donc
pas une panacée, il faut l'appliquer avec discernement. Quant à la durée de
la cure, voici l'opinion de Riedlin : « La plupart du temps un jeûne de 21 à
28 jours suffit, rarement 14 jours seulement. J'ai fréquemment poussé des
cures jusqu'à 42 jours, une, même jusqu'à 49 jours. Il ne faut pas croire
que cette opération radicale (tiefgreifend) se déroule toujours si
facilement et il y a fréquemment des heures anxieuses pour le médecin
responsable de la cure. »
« Cependant, conclut-il, les diverses méthodes de jeûne appartiennent aux
moyens curatifs les plus efficaces et les plus simples, aussi longtemps, du
moins, que les hommes se rendront malades par gourmandise ou par ignorance;
et ce sera, hélas, encore longtemps le cas! Malheureusement cette cure ne
sera jamais fort prisée du public, elle est trop rude ! »
Un autre médecin appartenant au groupe déjà cité de la « Neu-geist », le
Dr George Lomer, spécialiste des maladies nerveuses, a publié une
excellente brochure sur Les forces cachées de l'homme et la technique de
la maîtrise personnelle; il y recommande chaudement le jeûne comme étant
le meilleur facteur d'éducation et d'entraînement moral. C'est
même, dit-il, le moyen le plus sûr pour développer la force de volonté : «
Les exercices de jeûne sont particulièrement utiles
Dans ces deux ouvrages, le Dr Hanish
dénonce énergiquement les méfaits du régime carné, régime antinaturel
qui est cause de trop de maladies et de misères sociales.
L'homme qui
veut vivre selon les lois de l'hygiène naturelle doit absolument
s'abstenir de tout aliment carné. Bien avant Waerland, qui prétend avoir
insisté le premier sur l'importance des fonctions gastro-intestinales et
notamment sur la nécessité d'éviter toute constipation, le Dr
Hanish a démontré que la plupart de nos maladies provenaient du fait que
nos fonctions gastro-intestinales ne se faisaient pas d'une façon normale
et cela par suite de notre alimentation irrationnelle et surtout à cause
de notre alimentation carnée qui produit des fermentations et des
décompositions anormales, génératrices de toxines abondantes.
Le neuvième chapitre de Principes alimentaires et
préceptes d'hygiène générale est à lire et à méditer; il est
consacré à l'étude de la. fermentation. Il faut faire une
distinction radicale entre fermentation normale qui représente les
processus digestifs gastro-intestinaux physiologiques et fermentation
anormale qui est produite par la putréfaction de certains produits qui
se décomposent dans notre corps ; cette décomposition est sans utilité
pour la nutrition des organes, au contraire, il en résulte un excédent
de poisons toxiques des plus nuisibles, en circulation dans le sang. Or,
c'est dans le gros intestin que ces fermentations anormales se
produisent; la constipation, résultat de l'alimentation irrationnelle de
la plupart des gens, est le facteur qui permet, par la longue stase des
matières en putréfaction dans le côlon descendant, l'empoisonnement
fatal de l'organisme par les toxines délétères qui se dégagent de ces
produits de déchet.
« Les toxines virulentes engendrées dans le corps par
la fermentation résultant de fautes,
abus et incompatibilités
alimentaires, sont multiples, et toutes pareillement dangereuses.
» La fermentation stomacale anormale est une des
grandes causes d'alcoolisme, et de nombreuses maladies.
» Putréfaction intestinale, constipation sont des
entraves insurmontables à l'obtention de l'équilibre organique, et
partant, à une activité cérébrale, mentale, normale. »
On ne saurait trop insister sur ces notions
primordiales : la cause de la plupart de nos maux aigus ou chroniques
est à rechercher dans la constipation, pourvoyeuse des substances
toxiques qui empoisonnent à petit feu notre organisme; aussi, c'est avec
pleine raison que le Dr Hanish dira :'
« II faut songer à nettoyer cet
appareil digestif, dont on a tant besoin, et qu'|on surcharge et encrasse
si souvent. Les purgatifs non violents : l'huile de ricin, la bourdaine,
les lavages intestinaux, sont d'utiles remèdes contre la fermentation,
la constipation et l'intoxication, par la purification qu'ils opèrent. »
Jeûner de temps à autre, selon son tempérament, passer un repas, en cas
de fatigue digestive; éviter les surcharges alimentaires en tout temps;
et plus particulièrement encore au repas du soir et à celui du petit
déjeuner; observer
Les saisons et faire un temps de repos et de nettoyage au
début de chacune des quatre saisons. Ces prescriptions sont anciennes comme
le monde, mais sages et indispensables! Ne jamais rien prendre entre
les repas. »
On le voit, ces conseils concordent en tout point avec ceux donnés par le
Dr Dewey, le grand protagoniste du jeûne. En recommandant la
purgation à l'huile de ricin, Hanish se trouve en parfaite concordance avec
un fameux guérisseur du commencement du xixe siècle, Louis
Riond, plus connu sous le nom de médecin des pauvres au Val d'Illiez;
dans son ouvrage, paru au Locle, en 1841, La médecine populaire ou l'art
de guérir, indiqué par la nature, l'auteur obtint sa grande renommée de
guérisseur en administrant à ses malades de copieuses doses d'huile de
ricin, destinées à libérer les intestins de leurs matières en putréfaction.
Par cette pratique si simple, Riond put guérir des malades déclarés par la
médecine officielle incurables ou perdus. Comme nous le verrons plus tard,
nous préférons avoir recours durant nos cures de jeûne, à des purges salines
abondantes qui nettoient sans douleur tout le tractus intestinal et qui
n'ont pas le désagrément de provoquer, comme c'est parfois le cas pour
l'huile de ricin, une constipation assez opiniâtre; toutefois nous avons
gardé l'huile de ricin salacétolée pour traiter tous les cas de fièvre
infectieuse ou d'entérite aiguë.
C'est dans la septième leçon de L'art de la respiration et de la santé
que l'on trouve les détails les plus circonstanciés sur la nécessité
d'une saine hygiène alimentaire; nous lisons en effet :
« Vous mangez trop, vous buvez trop, vous portez trop de
vêtements, trop de bijoux, plus ou moins faux. Il est tant de petites choses
à rectifier, lorsque vous commencez à vous engager sur le chemin de la
droiture, tant de détails, mais des détails d'une telle importance, que si
vous les négligez, vous risquez de trébucher et de tomber.
«Vous mangez trop de choses et puis... quelles choses
mangez-vous! Avez-vous jamais réfléchi à ce que vous mangez, quand la
table est servie devant vous ? Si vous avez réfléchi, il est étrange que
vous continuiez à faire de votre corps une poubelle à ordures... »
L'auteur s'en prend avec raison au régime carné, si désastreux pour la
santé de l'homme dont les organes gastro-intestinaux ne sont pas semblables
à ceux des carnivores. Quant à l'objection, si souvent faite par des
ignorants, au régime végétarien, parce qu'il élimine la viande si nécessaire
comme source de force, Hanish en démontre facilement l'inanité; il fait
remarquer que les animaux les plus vigoureux et les plus endurants ne sont
pas les carnassiers, mais les herbivores. Voici une partie de son
argumentation :
« Cependant, quand il s'agit de l'homme, on nous dit
qu'il doit manger de la viande pour acquérir de la force! S'il est possible
au cheval, à la vache, à l'éléphant de tirer leurs forces du règne végétal,
pourquoi l'homme ne serait-il pas capable d'en faire autant ? »
Une page plus loin, Hanish a une observation très judicieuse à l'adresse
des mangeurs de viande :
« Vous vous étonnez d'être malade et de répandre des
odeurs déplaisantes autour de vous ? Etes-vous donc ignorant à ce point des
processus naturels d'évolution et d'involution, de fermentation et de
désintégration? Ne savez-vous pas, ne pouvez-vous pas comprendre que les
énergies et les instincts que renferment les chairs d'un organisme animal,
encore présents dans le cadavre en décomposition,doivent nécessairement se
réveiller à l'activité en pénétrant dans votre propre organisme ?Ne vous
rendez-vous pas compte que cette sorte d'activité est contraire au but pour
lequel vous vivez et qu'elle vous mène à votre destruction, directement ou
indirectement, de même que vous, vous avez causé la destruction d'un être
qui avait eu une autre raison de vivre que d'être englouti pour satisfaire
la gloutonnerie d'un appétit déréglé et barbare?...
» Oui, les instincts de ces créatures, mortes de corps,
continuent à vivre en vous et vous communiquent les appétits et les passions
des êtres qu'ils habitaient auparavant. Ces tendances animales bornées
poursuivent leur œuvre en vous, ce sont des énergies étrangères à votre
corps. Leur emprise séduisante, toujours croissante, et votre attitude
toujours plus passive finissent par rendre possible leur intrusion profonde
dans votre conscience. Votre intelligence supérieure est désormais dominée
par ces instincts, jusqu'au point où, finalement, les instincts déréglés
d'une nature bestiale répondent à votre goût et à votre mentalité en
désordre... »
C'est là peindre d'une manière saisissante les désordres graves que la
nourriture carnée produit non seulement sur les organes de notre corps, mais
aussi sur les corps subtils de l'âme et de l'esprit.
Hanish termine son exposé des bases d'un régime sain et naturel, soit
d'un régime fruito-végétarien, par ces fortes paroles que l'on pourra
difficilement contredire :
« Aussi longtemps qu'il y aura des mangeurs de viande
et de charcuterie, aussi longtemps sévira l'alcoolisme et
le fléau du tabac. L'usage de la viande entraîne celui des divers
excitants complémentaires, tels que spiritueux, et aussi thé et café mal
préparés, et autres toxiques...
»
Nous en sommes maintenant arrivés à un point où nous
désirons savoir comment purifier notre corps, car notre corps a besoin
d'être purifié de fond en comble, avant qu'il puisse donner cours à des
pensées pures et correctes. Dieu ne vient pas demeurer dans un tabernacle
malpropre, ni dans un temple bâti de main d'hommes. Mais il vient vers ce
qui est Sien, vers ceux qui sont à Sa ressemblance. Il vient à ceux
qui gardent ses commandements, qui observent ses lois.
Or, nous dira l'auteur, pour devenir pur, il n'y a qu'un moyen,
il faut apprendre à jeûner.
Comme on laisse reposer une machine, pour en nettoyer les différentes
pièces qui la constituent, de même il est de toute nécessité d'accorder aux
organes de notre corps, rouages délicats d'une machine infiniment plus
compliquée, des temps de repos réguliers. « // est, dit Hanish, dans la nature des choses que nous donnions à notre corps un
jour de repos sur sept et que nous jeûnions de temps en temps pour rétablir
des conditions normales. »
Bien que le Dr Hanish ne semble pas beaucoup priser les longs
jeûnes recommandés par certains savants, il est, comme le Dr
Guelpa, plutôt partisan de jeûnes courts et rythmés. Voici comment il
développe son idée :
« II se trouvera toujours de temps en temps un savant
pour découvrir que le jeûne est le remède universel. D'autres font déjà
cette découverte à l'heure qu'il est, et c'est depuis des siècles que les
anciens l'ont faite. Le jeûne était d'un usage fréquent et hautement reconnu
chez les Perses, les Chaldéens, les Hébreux, les Egyptiens, les Grecs, les
chrétiens primitifs. »
II y a lieu de se réjouir grandement du fait que quelques savants refont
cette constatation, vieille comme le monde, que le jeûne est en effet la meilleure et la plus efficace des médecines pour
rétablir la santé.
Le Dr Hanish recommande de jeûner chaque fois que l'on en sent
le besoin, c'est-à-dire chaque fois que l'on perçoit des troubles causés par
la pléthore alimentaire. Ceux qui auront maîtrisé la science de la
respiration pourront jeûner avec plus de facilité, car ils s'épargneront
beaucoup de malaises, causés par les crises de nettoyage;
une bonne
respiration brûlera, par oxygénation, ces substances toxiques et les rendra
inoffensives.
« Nous appelons jeûner : s'abstenir de toute
nourriture, quelle qu'elle soit pendant trois jours et nuits
consécutives, pendant 72 heures. Ne mangez rien, mais respirez beaucoup
et avalez votre salive. On pourra prendre de l'eau, mais pas trop, et
seulement par réel besoin. Lorsqu'on boira, il faudra la siroter à travers
les dents et ensuite la garder quelque temps dans la bouche, en la mêlant à
la salive, la mâchant pour ainsi dire, avant de l'avaler. Quelques gorgées
seulement à la fois. »
Le jeûne sera facilité si l'on a pris des lavements internes qui sont de
toute nécessité et de grande utilité avant et pendant le jeûne; par ce mode
de faire, Hanish se rencontre avec les pratiques recommandées par le Dr
Dewey. On ne saurait trop approuver notre auteur lorsqu'il conseille aux
jeûneurs de ne se faire aucune préoccupation au sujet de leur jeûne, car
c'est là une pratique des plus faciles pour celui qui est bien décidé à
faire l'effort nécessaire et à supporter les quelques malaises et céphalées,
produits par les crises de désintoxication ; il y a lieu même, durant ces
quelques jours de jeûne, de « rester activement occupé à un travail utile »,
preuve que cette cure n'est nullement dangereuse ni affaiblissante. Quant
aux sujets faibles et délicats, ils feront bien de jeûner sous la
surveillance de personnes compétentes, connaissant le maniement de cette
cure si salutaire. Pour se débarrasser des céphalées, que l'on ressent le
deuxième jour, il suffira de respirer profondément et rythmiquement et de
boire une gorgée d'eau.
Dans un article intéressant : « Sous-nutrition comme facteur de
guérison », le Dr B. Martin, de Fribourg en B., recommande
aussi la cure de jeûne qu'il estime particulièrement utile dans les
états de faiblesse générale mal définie et surtout dans les cas de
neurasthénie avancée, ainsi que contre les troubles psychiques et
fonctionnels des organes sexuels.
D'après lui, les états dépressifs et
hypocondriaques sont très souvent dus à une irrigation défectueuse du
cerveau par un sang vicié charriant des déchets et des poisons
alimentaires. Et ce ne sont pas seulement les neurasthéniques gras et
surmenés qui sont justiciables de cette cure, mais aussi et surtout les
maigres et les affaiblis qui, par surmenage et encrassement de leurs
organes assimilateurs, ne sont plus capables de profiter d'aucune
nourriture. « C'est en effet, dit-il, une observation presque régulière
qu'après une cure de sous-nutrition ou déjeune, on observe chez des gens
mal nourris auparavant un accroissement notable du poids au bout de
quelque temps; cette perte est souvent compensée par une augmentation
allant jusqu'au double du poids primitif, signe certain de
l'accroissement de l'énergie, de la vitalité des cellules et de
l'intensité nouvelle des échanges organiques. » Chez les adipeux, par
contre, un phénomène inverse se produit à la suite d'une cure de jeûne
bien conduite; leurs réserves de graisse (graisse anormale parce que
produite par une mauvaise assimilation des aliments) sont brûlées par
l'organisme à jeun, les cellules se libèrent ainsi de cette surcharge
graisseuse et peuvent reprendre leur fonctionnement normal : «
L'organisme paraît enfin avoir recouvré la faculté de transformer et
d'assimiler la nourriture d'une façon plus intensive. »
Le Dr Martin recommande entre autres chaleureusement la
cure de jeûne complet dans tous les cas infectieux aigus, tels que :
influenza, grippe, pneumonie, appendicite, affections
gastro-intestinales, maladies qui toutes ont pour cause profonde un
affaiblissement des forces de défense de nos cellules par
auto-intoxication alimentaire.