Jeudi Saint (Skjærtorsdag), Vendredi Saint (Langfredag), Dimanche de
Pâques (første påskedag) et Lundi de Pâques (Andre påskedag ou Påskemandag).
La Norvège est
divisée en 19 «provinces» administratives (fylker, singulier-fylke):
Akershus, Aust-Agder, Buskerud, Finnmark, Hedmark, Hordaland, Møre og
Romsdal, Nordland, Nord-Trøndelag, Oppland, Oslo,
Østfold,
Rogaland, Sogn og Fjordane, Sor-Trøndelag, Telemark, Troms, Vest-Agder
Congélation de semences au Svalbard
Des semences du monde entier sont
conservées à l’intérieur des montagnes de l’archipel du Svalbard
« La Norvège n’aurait pas pu faire de
plus beau cadeau à la planète que de lui assurer la préservation de la
diversité génétique de toutes ses plantes agricoles. La réserve de
semences du Svalbard sera unique. Aucune autre n’offrira une telle
diversité génétique ni une telle sécurité. Même en cas de défaillance
technique, la température de conservation des semences restera pendant
longtemps bien inférieure à zéro », affirme le directeur du Fonds
fiduciaire mondial pour la diversité des cultures, Cary Fowler
La réserve mondiale de semences va
conserver des plantes alimentaires du monde entier dans le permafrost du
Svalbard. La diversité biologique du monde sera entreposée à plus de 100
mètres de profondeur dans la roche arctique, par moins 18 degrés
Vers 800, les populations
germaniques construisirent des navires de guerre: ce fut l’ère des
Vikings. Vers 875, ces guerriers du Nord, divisés en de multiples
royaumes, fondèrent des colonies en Irlande, en Écosse, en Islande ainsi
que dans les îles Féroé et les îles Orcades et Shetland (Écosse). Au
siècle suivant, vers 985, l’explorateur Erik le Rouge gagna les côtes de
l’Islande, puis celles du Groenland (dit le «pays vert»). Son fils, Leif
Eriksson, fut l'un des premiers Européens à explorer l'Amérique du Nord.
L'alphabet latin fut introduit avec le christianisme en remplacement des
caractères runiques et une langue écrite norvégienne distincte se
développa au XIe siècle. Les Vikings norvégiens tentèrent de
conquérir la Grande-Bretagne, mais ils échouèrent quelques jours avant le
débarquement de Guillaume le Conquérant (1066).
La
Norvège connut son apogée sous le roi Haakon IV, qui régna de 1217 à 1263
à la tête d’un vaste empire s’étendant jusqu’en Islande et au Groenland.
Puis, en 1266, la Norvège dut céder les colonies de l’île de Man et des
îles Orcades et Shetland à l’Écosse. Ensuite, le déclin se poursuivit
rapidement. Les vieilles familles nobles s’affaiblirent graduellement et
la Norvège devint surtout une nation de paysans. En 1319, à la mort
d'Haakon V, qui n'avait pas d'héritier mâle, le royaume échut à Magnus II
de Suède. En 1380, Olav II, roi de Danemark, devint le roi Olav IV de
Norvège.
Au
début de l’année 1999, le nombre de personnes immigrées se montait à 260
700, soit 5,89 % population totale. Quant aux minorités nationales, elles
sont peu nombreuses et constituent de petites communautés: les Sames
(appelé auparavant Lapons), les
Tsiganes, les Kven (personnes
d’origine finlandaise vivant dans le nord du pays), les Skogfinn
(personnes de souche finlandaise habitant le sud du pays), sans oublier
les Juifs. Au sens strict du terme, les Sames ne se considèrent pas «une
minorité nationale» parce que, en tant qu'autochtones (peuple indigène),
ils jouissent, selon le Sámediggi (Assemblée sami), de droits
juridiques et politiques plus étendus que ceux couverts par les
dispositions de la législation norvégienne
Il existe deux langues
norvégiennes officielles, la variante bokmål (prononcer [bouk-môl])
et la variante nynorsk
(prononcer [nu-norsk]). Ces deux langues sont mutuellement
intelligibles, sans le recours à la traduction. Étant donné qu'au moins 97
% des Norvégiens utilisent le
norvégien
comme langue maternelle, en fait l’une des deux variantes (bokmål
ou nynorsk),
on peut dire que la Norvège est un pays relativement homogène sur le plan
linguistique.
Le bokmål,
jadis très influencé par le danois, est généralement utilisé dans les
centres urbains, ainsi que dans les régions où la densité de la population
est assez élevée (p. ex., autour du fjord d'Oslo et dans la région
d'Østlandet
Histoire
C'est à l'époque où la Scandinavie
se dégagea de l'emprise de la grande calotte glaciaire que les premiers
hommes apparurent sur le sol norvégien, surgissant de l'ombre de la
préhistoire. Il y a dix mille ans, les ancêtres des Norvégiens chassaient
le renne et autre gibier sur leur longue route vers le nord. Comme la
terre qu'ils trouvèrent avait été écrasée des millénaires durant par le
poids de la calotte glaciaire, la côte, à l'époque, était environ 200
mètres plus haut qu'elle ne l'est aujourd'hui. Les premiers vestiges d'une
activité humaine furent découverts sur une colline au sud-est d'Østfold,
non loin de la frontière australe avec la Suède. Il est probable qu'à
cette époque cette colline était une île côtière au sud de la pointe du
glacier.
Les avis divergent sur les origines
géographiques des ancêtres des Norvégiens et sur les voies de
communication qu'ils empruntèrent en allant vers le nord. Toutefois,
certains d'entre eux ont certainement passé par Østfold. Les objets
artisanaux trouvés sur les lieux d'anciennes habitations ressemblent à
ceux trouvés en Suède du sud et au Danemark. Il est possible aussi que
d'autres aient emprunté le chemin de ce qu'on appelle le continent de la
mer du Nord pour se diriger vers le sud-ouest de la Norvège.
Les premiers Norvégiens étaient des
chasseurs, qui, dès que la nature le leur permettait, se rassemblaient en
petits groupes et s'installaient. Nous possédons encore quelques traces de
leur présence : des outils en silex, des poteries, et surtout des gravures
rupestres. On retrouve des vestiges de leur art aujourd'hui dans toute la
Norvège : images taillées ou gravées dans le roc, représentant leur
gibier: rennes, cerfs, élans, ours et poissons. Plus rarement, ils
représentent hommes et navires.
L'agriculture fit son apparition il y a cinq
ou six mille ans dans la région du fjord d'Oslo. Les découvertes
archéologiques montrent qu'à l'âge du bronze (1500-500 av. J.C.), dans le
sud de la Norvège, les société paysannes prédominaient, alors qu'au nord,
selon des vestiges de la même époque, il y avait surtout des chasseurs.
Dans le Finmark septentrional, il y a en beaucoup d'endroits des villages
de chasseurs d'une dimension assez conséquente, ce qui indique clairement
que les gens de l'époque se réunissaient périodiquement pour effectuer des
tâches communautaires. Les objets funéraires (ustensiles en bronze, armes,
verrerie) trouvés dans les tombeaux datant des Romains (les quatre
premiers siècles de notre ère) témoignent de l'existence d'échanges avec
les civilisations du Sud. L'écriture runique date de la même époque.
Pendant les deux siècles qui suivirent (en fait, de 400 à 550), les
grandes migrations qui agitèrent l'Europe continentale n' épargnèrent pas
la Norvège, comme le prouvent les vestiges de l'époque.
L'existence de fermes dans des régions
isolées atteste d'une colonisation arrivée à saturation. Des analyses de
pollen montrent que la côte ouest était alors déboisée. Cette époque
troublée amena les habitants à organiser leur défense, comme par exemple
par des forts, dont on peut de nos jours voir encore les vestiges sur la
rive orientale du lac Mjösa le plus grand lac norvégien et cela sur
plus de cinquante kilomètres.
L'époque des Vikings (d'environ 800 à environ
1050)
L'avènement des Vikings marque la fin des
temps préhistoriques. Ce que nous savons de cette époque vient
essentiellement des découvertes archéologiques, à défaut de tout document
écrit. Toutefois les Sagas,
qui ont été transmises oralement de génération en génération avant d'être
transcrites à une époque ultérieure, sont les témoins d'une période qui,
sans conteste, a été l'une des plus riches de toute la préhistoire
nordique.
De nombreux historiens font remonter le début
de cette période à la mise à sac de l'abbaye de Lindisfarne (nord-est de
l'Angleterre) en 793. Aujourd'hui encore, dans beaucoup de régions
occidentales et méridionales de l'Europe, les Vikings ont la réputation
d'avoir été de cruels prédateurs semant la terreur, brûlant et tuant ceux
qui se trouvaient sur leur passage. Ce n'est que partiellement vrai. Ils
furent aussi de paisibles voyageurs, venant commercer avec autrui et
s'installer en d'autres contrées. Certains Vikings norvégiens firent
souche aux Orcades, aux Shetland, aux Hébrides et à l'île de Man, en
Ecosse du nord et en Irlande, où ils fondèrent Dublin vers l'an 840, et
resta sous administration viking jusqu'en 1171.
Ils découvrirent une Islande et un Groenland
jusqu'alors inhabités ; ils s'y installèrent et y fondèrent des
communautés. Les Islandais d'aujourd'hui sont les descendants directs de
ces Vikings. Il n'en va pas de même pour le Groenland, où, sans que l'on
sache pourquoi, les communautés norroises disparurent quelques siècles
plus tard.
Ces colons
venaient surtout du sud et de l'ouest de la Norvège, là où l'on avait
exploité la terre au maximum. Dans le même temps, dans le nord et au
sud-est, d'autres communautés (dont les communautés paysannes),
s'installaient de plus en plus loin, dans des régions jusque-là
désertiques, surtout dans les montagnes et les vallées
Grands voyageurs,
les Vikings avaient besoin de vaisseaux rapides, hauturiers, et d'habiles
navigateurs de haute mer. Le fait que ces marins chevronnés aient franchi
à plusieurs reprises l'océan pour aller en Amérique prouve, si besoin
était, leur totale maîtrise des drakkars. Selon les
Sagas,
Leif Eriksson aurait découvert "Vinland la fertile" en 1001, mais les
historiens d'aujourd'hui prétendent que d'autres Vikings avaient découvert
l'Amérique avant lui. L'époque viking devait s'achever en 1066, à la
bataille de Stamford Bridge en Angleterre, où le roi norvégien Harald le
Sévère et ses compagnons furent défaits.
L'unification de la Norvège
Jusque dans les années huit cent, les
différentes régions qui composent la Norvège étaient encore désunies. Des
hommes, des peuples voulurent les regrouper, et instituèrent deux
principales structures communautaires: des assemblées politiques et
judiciaires, ou "tings", réunies autour d'un"Allting" (parlement central),
et de petits royaumes locaux. Il y avait sans doute différentes raisons à
cela : la principale étant vraisemblablement le besoin de paix et de
stabilité des paysans, particulièrement dans les régions côtières, là où
les riverains, enrichis par le commerce et le pillage, étaient exposés à
de fréquentes incursions de bandes armées et aux ravages que provoquaient
les Vikings de retour chez eux. Les roitelets étaient solidement assis sur
leurs "trônes", et, grâce aux liens créés par des mariages consanguins,
ils formaient un petit groupe uni doté d'un énorme pouvoir.
Les roitelets du Viken (région autour du
fjord d'Oslo) jouèrent un rôle déterminant dans cette unification.
Etendant progressivement leur contrôle sur les districts avoisinants, leur
pouvoir s'accrut considérablement. Après la bataille de Hafrsfjord (près
de Stavanger) - vraisemblablement en 872 - le roi Harald "A la Belle
Chevelure" renforça son pouvoir sur une grande partie du pays. Cependant
l'unification allait se poursuivre pendant plusieurs décennies, ce qui
n'alla pas sans de violents conflits aussi bien entre les chefs de guerre
norvégiens, qu'avec d'autres habitants du Nord. Cette époque semble avoir
pris fin en 1060.
La conversion au christianisme
La christianisation de la Norvège ne se fit
que très progressivement, sur une période d'environ deux siècles. Ce
n'était que la conséquence des contacts que la Norvège entretenait avec
l'Europe chrétienne, grâce aux liaisons commerciales et aux raids vikings.
Des missions des églises d'Angleterre,
d'Allemagne et du Danemark avaient également contribué à affaiblir les
croyances aux dieux traditionnels nordiques. Cette conversion fut achevée
avec l'avènement de trois rois missionnaires, Haakon le Bon, Olaf
Tryggvason(Olaf 1er) et Olaf Haraldsson le Gros. Il devait mourir en
martyr sur le champ de bataille de Stiklestad en 1030 et y devenir saint
Olaf. L'Eglise avait gagné.
Dès le milieu du 11e siècle, chansons,
monuments, législation, tout révélait l'emprise du christianisme sur la
Norvège. Peu avant l'an 1100 furent fondés les premiers évêchés, parmi
lesquels celui de Nidaros (Trondheim) où l'archevêque siégea dès 1152. Les
archevêques norvégiens jouaient aussi un rôle politique. La Réforme fut
appliquée par décret royal en 1537. A cette époque, la Norvège étant sous
tutelle danoise, il a suffi de déclarer la prétendue ordonnance
ecclésiastique dano-norvégienne applicable à la Norvège, pour que cette
Réforme lui fût imposée. Dès le début du 17e siècle, la Norvège toute
entière adopta la doctrine luthérienne.
Le Moyen Age
L'année 1130 marque un tournant de l'histoire
norvégienne. Elle entra dans des guerres intestines qui durèrent jusqu'en
1227.
1130 fut aussi le début de ce qu'on appelle
le Haut Moyen Age. Durant cette période, la population augmenta, l'Eglise
se consolida. Des villes furent fondées et prospérèrent. Au fur et à
mesure que le pouvoir royal et l'Eglise étendaient leur emprise sur les
districts, les pouvoirs de l'administration centrale se faisaient
davantage sentir. Selon les historiens, ce n'est qu'à partir de ce moment
que l'on peut parler de royaume norvégien.
Le pouvoir de la monarchie s'accrut tout au
long des 12e et 13e siècles, et finit par s'imposer aux prélats et à la
noblesse. L'ancienne aristocratie fut remplacée par une nouvelle classe
nobiliaire fidèle au pouvoir royal. Chez les paysans, les propriétaires
fonciers devinrent des métayers (farmers). Il faut préciser toutefois que
ces derniers, le plus souvent locataires de leurs terres à vie, avaient un
statut d'homme libre, chose plutôt rare dans l'Europe de l'époque.
L'esclavage de l'époque viking disparut également.
Pendant toute cette période le centre de
gravité politique norvégien se déplaça du sud-ouest vers les districts
autour du fjord d'Oslo. Sous le règne de Haakon V, au 14e siècle, Oslo
devint la capitale de la Norvège. Auparavant elle n'était qu'un petit
hameau au fin fond du fjord. Lorsque la Peste Noire atteignit la Norvège,
en 1350, on pense que la population de la ville n'excédait pas 2 000
habitants, chiffre inférieur à celui de Bergen (7 000) et de Trondheim (3
000).
Si l'on compare les revenus de l'Etat
norvégien à ceux d'autres pays européens de l'époque, ils étaient
extrêmement modestes. A la fin du Haut Moyen Age, les finances étaient un
obstacle à l'expansion de l'appareil de l'Etat et de la Couronne. La Peste
Noire avait fait des ravages, réduisant de moitié, ou peut-être même des
deux tiers la population recensée avant 1350. Ce drame poussa le Roi et la
noblesse à rechercher d'autres revenus, qu'ils tirèrent à l'extérieur
d'autres propriétés foncières ou états féodaux, sans trop se préoccuper
des frontières nationales, ce qui favorisa l'émergence d'unions politiques
dans les terres nordiques.
De 1319 à 1343 la Norvège et la Suède eurent
une monarchie commune - phénomène qui devait se prolonger par toute une
succession de mariages royaux inter-scandinaves. Haakon VI (1340-1380),
fils du roi de Suède Magnus Eriksson, et de la fille de Haakon V,
Ingebjorg, était l'héritier légitime du trône de Norvège. Il épousa
Marguerite, fille du roi du Danemark, Valdemar Atterdag. Leur fils Olaf
fut choisi pour remplacer Valdemar à sa mort en 1375. Il hérita du trône
de Norvège à la mort de son père en 1380, unissant ainsi la Norvège au
Danemark pour plusieurs siècles, jusqu'en 1814.
L'union avec le Danemark
La fin du Moyen Age fut marquée par la chute
brutale de l'économie. La population avait été fortement atteinte par la
Peste Noire et par
d'autres épidémies au cours du 14e siècle. Beaucoup de fermes dans des
régions reculées furent abandonnées, et les revenus s'effondrèrent.
Certains en rendent responsables la détérioration du climat et la mainmise
de la
Ligue Hanséatique
sur l'économie norvégienne. D'autres y voient la conséquence d'un
appauvrissement progressif du sol.
La
dépression économique eut des répercussions politiques. Le Danemark devint
le pays nordique le plus important. Les nobles danois et allemands se
voyaient confier les plus hautes charges officielles. Les terres et
résidences épiscopales tombèrent entre des mains étrangères. La noblesse
norvégienne s'affaiblit. C'est pourquoi les Norvégiens perdirent et la
volonté et la faculté de s'affirmer en tant que nation.
Dès 1450 la
signature d'un traité scella son union avec le Danemark. Une clause de ce
traité prévoyait que le Conseil royal norvégien avait son mot à dire lors
de la désignation d'un monarque ; mais cette clause ne fut jamais
appliquée. Le traité devait aussi en théorie garantir l'égalité entre
les deux royaumes. C'était un principe qui resta lettre morte.
En 1536 la Norvège perdit son indépendance, à
l'occasion d'une assemblée nationale à Copenhague, où Christian III se vit
dans l'obligation de promettre à la noblesse danoise que dorénavant la
Norvège serait sous l'autorité de la Couronne danoise, comme tout autre
territoire danois. Le Conseil Royal norvégien fut dissous, et l'Eglise
norvégienne perdit son indépendance. Dès lors rien ne s'opposait à ce que
la noblesse danoise eût accès aux postes officiels en Norvège, et qu'elle
en tire également les revenus.
Ce lien politique étroit avec le Danemark
entraîna inévitablement la Norvège dans les guerres danoises menées contre
la Suède et les puissances de la mer Baltique. C'est ainsi que des terres
norvégiennes furent remises à la Suède : le Jämtland et le Härjedalen en
1645, le Bohuslän et le fief de Trondheim en 1658 ; toutefois ce dernier
fut rendu à la Norvège deux ans plus tard.
En 1660 l'assemblée des Etats proclama
Frédérik III héritier du trône et lui confia la tâche de pourvoir les deux
royaumes d'une nouvelle constitution. Ainsi furent-ils mis sous un régime
de monarchie absolue, ce qui affecta durablement le statut de la Norvège,
et ce jusqu'à la fin de l'union entre les deux pays. Bien que la Norvège
fût officiellement gouvernée par Copenhague, les monarques danois avait
rarement la stature d'homme d'Etat. Le pouvoir réel était en fait aux
mains des hauts fonctionnaires. Ce fut en général une bonne chose, car ces
hauts fonctionnaires ne restaient pas insensibles aux vues norvégiennes.
Ils écoutaient souvent les avis que leur donnait leurs confrères quand un
problème surgissait.
En ces temps de monarchie absolue, il avait
été décidé que le Danemark et la Norvège forment une seule entité
économique. C'est pourquoi le Danemark eut le monopole de la vente de
céréales dans la Norvège du sud-est en 1737, tandis que réciproquement la
Norvège avait le monopole de la vente du fer au Danemark. La charte royale
de 1662 accorda aux villes certains privilèges, notamment le monopole du
commerce du bois, et l'exclusivité d'achat de produits forestiers auprès
des fermiers et des propriétaires de scieries. Ces dispositions, qui
visaient à la création d'une riche bourgeoisie urbaine, furent pleinement
efficaces.
Un certain sentiment national se fit jour
dans ces classes moyennes grâce à l'expansion économique, particulièrement
au 18e siècle. Cette conscience nationale, ayant certes émergé grâce à la
croissance économique, avait surtout son origine dans l'opposition
grandissante aux tentatives gouvernementales visant à faire de Copenhague
le centre économique des deux pays: les commerçants norvégiens ne
faisaient pas le poids face aux puissantes sociétés commerciales du
capitalisme danois.
À la fin du 18e siècle, la plupart des
importations transitaient par Copenhague. Les détaillants de bois du
Sud-Est s'unirent pour exiger la création d'une banque nationale
norvégienne, et apportèrent leur soutien aux hauts fonctionnaires qui
réclamaient une Université norvégienne. Ces demandes furent rejetées : on
craignait en haut lieu toute démarche susceptible de rendre la Norvège
plus autonome et d'affaiblir ainsi l'Union. L'idée même d'une Université
et d'une banque nationale norvégiennes allait devenir les symboles d'une
conscience nationale grandissante.
Ce processus ne fit que s'accélérer au cours des guerre
napoléoniennes de 1807-1814. L'Union dano-norvégienne était l'alliée de la
France et, en conséquence, le blocus isola la Norvège à la fois du
Danemark et des marchés étrangers. Les exportations de bois et les
échanges maritimes s'arrêtèrent brutalement, la famine s'étendit au pays
tout entier. Comme la Norvège ne pouvait plus être soumise au contrôle
direct de Copenhague, on nomma une commission gouvernementale qui prit le
relais. Une université fut créée en 1811, le roi Frédérik VI ayant
finalement accédé aux demandes des Norvégiens. Ces événements furent le
prélude de ce qui devait se produire en 1814.
Slik en skjønn
land! Jeg ha Norsk anen og jeg virkelig vil gjerne gå til Norge og se det
land for meg selv. Å bo der ville være en drømmen gå i oppfyllelse
La Norvège (de
Norðrvegr, ou « chemin du Nord »)
Avec 4 600 000
habitants pour 385 199 km², dont 307 860 km² de terre
La route du Nord -
Norway, Norge, Norwegen - a toujours été considérée comme difficile à
trouver, ardue à suivre et pleine d'indicibles dangers. Pour les auteurs
de l'Antiquité, la Norvège était une terre de légendes - l'Ultima Thule -
peuplée de barbares sauvages et de créatures fantastiques
Capitale: Oslo
Population: 4,5 millions (2003)
Langues officielles: bokmål et nynorsk
Groupe majoritaire: bokmål (80 %)
Groupes minoritaires: nynorsk (17,5 %), same, tsigane, finnois
Système politique: monarchie constitutionnelle
Articles constitutionnels (langue): art. 92 de la Constitution du 17 mai
1814
Lois linguistiques: la Résolution royale du 31 mai 1957 ou
Directives pour l’orthographe des noms de lieu de 1957; la Loi sur
l'usage des langues dans les services publics (11 avril 1980 et
modifiée le 11 mars 1988), le Règlement sur l'usage des langues dans
les services publics (1988), le Règlement sur la langue des
questions d'examen (1988); la Charte européenne des langues
régionales ou minoritaires; la Convention-cadre pour la protection
des minorités nationales; la Convention relative aux peuples
indigènes et tribaux
Pour la
Norvège, l’environnement et le développement sont des domaines
prioritaires. La conservation de semences de plantes alimentaires est
depuis longtemps un élément essentiel des efforts norvégiens et
internationaux pour préserver la biodiversité de la planète, s’adapter aux
changements climatiques et au réchauffement de la planète et assurer la
sécurité alimentaire future du monde entier
Le climat se montre
relativement tempéré au
voisinage des côtes jusqu’au
cercle polaire, puis plus
froid et plus rude à
l’intérieur des terres et au
nord du territoire.
Les côtes norvégiennes,
baignées par le Gulf Stream et
balayées par les vents du
sud-ouest, jouissent d’un
climat océanique l’été,
caractérisé par des hivers
relativement tempérés. Aux
îles Lofoten, les moutons
broutent presque toute
l’année. Dans le Troms et le
Finnmark, à l’extrême nord du
pays, en revanche, les
températures peuvent baisser
jusqu’à -50° en hiver, et à
Vardö, baignée par la mer de
Barents, le thermomètre monte
rarement jusqu’à 12°. Il
arrive cependant que les
fjords du Sud soient gelés
alors que les côtes du
Finnmark restent libres de
glace.
Le Svalbard s’est avéré être un lieu bien adapté au
stockage et à la préservation des semences mondiales. Son climat froid
et l’emplacement de la réserve au cœur des montagnes garantissent un
permafrost stable dans un avenir prévisible. De plus, comme elle se
trouve bien au-dessus du niveau de la mer, elle ne peut être touchée
par une éventuelle élévation du niveau de la mer due au réchauffement
climatique
« La Norvège n’aurait pas pu faire
de plus beau cadeau à la planète que de lui assurer la
préservation de la diversité génétique de toutes ses plantes
agricoles. La réserve de semences du Svalbard sera unique. Aucune
autre n’offrira une telle diversité génétique ni une telle
sécurité. Même en cas de défaillance technique, la température de
conservation des semences restera pendant longtemps bien
inférieure à zéro »,
Le Grec Pytheas
raconte au IVe siècle avant J.-C. qu'il existe un lieu où les lois de la
nature semblent ne plus avoir cours, où l'eau, l'air et la terre se
confondent et où tout paraît suspendu dans les airs. Quant au célèbre
historien Hérodote, il se plaint qu'il soit quasi impossible de conter
quoi que ce soit concernant ces terres septentrionales, car il y fait si
sombre qu'il est simplement impossible d'y voir ne serait-ce que sa propre
main. La cause en est ces plumes blanches qui volent sans cesse dans les
yeux des gens, dit-il. L'air est plein de ce duvet blanc et la terre en
est entièrement couverte. Nous devons sans doute voir dans ce passage une
description - malheureuse, faut-il le dire - d'une tempête de neige par un
homme de la Méditerranée. Néanmoins, le fond est exact: la Norvège a
toujours eu de la neige et de la glace à revendre. Une grande partie de
notre pays est situé au nord du cercle polaire. Et même si la banquise
s'est depuis longtemps retirée de nos contrées, la dernière glaciation s'y
est prolongée plus longtemps qu'ailleurs.
La réserve mondiale de semences se compose de trois
chambres froides creusées dans la montagne, d’un volume d’environ 1
500 mètres cubes chacune, soit une profondeur de 25 mètres, une
largeur de 10 mètres et une hauteur de 6 mètres. Au total, 4,5
millions de spécimens de semences du monde entier pourront y être
entreposés.
La réserve se trouve à proximité de Longyearbyen. La température
idéale de conservation des semences étant de moins 18 degrés, des
systèmes frigorifiques y ont été installés
Des
semences du monde entier sont conservées à l’intérieur des
montagnes de l’archipel du Svalbard
Reliéf Norska byl modelován mnoha ledovci,
na západním pobřeží jsou četné fjordy, které vznikly zatopením
ledovcových údolí. Pobřeží je členité, příkré a fjordové s mnoha
drobnými ostrovy a zálivy. K jihovýchodu je pobřeží méně členité a pozvolné,
ale přemodelování ledovci je také patrné. Celým Norskem se od jihu
táhne ,Nejvýrazněji se projevuje větev Norského proudu. Jižní oblasti
Norska jsou řazeny k mírně teplému, vlhkému podnebí západních pobřeží,
v Köppenově ,Z tabulky je patrné, že Norsko je srážkově bohaté. Četné
a vodné řeky s velkým spádem jsou velkým norským bohatstvím. Říční síť
je hustá, neboť se utvářela jen velice krátce. Spádové křivky řek jsou
charakteristicky nevyrovnané. Hlavními řekami jsou,Do průmyslu
odcházel velký počet lidí, které již nebyl schopen pojmout zemědělský
sektor. Mzdy v průmyslu začaly přesahovat výdělky v zemědělství. V tu
dobu začal dlouhodobý trend snižování podílu obdělávané půdy a trend snižování
počtu venkovského obyvatelstva. Pracující třída se stávala výrazným
fenoménem Norska, měla vlastní čtvrtě, kulturu a politiku
Le «paganisme» a lui
aussi subsisté plus longtemps dans les pays nordiques. Alors que le reste
de l'Europe avait été christianisé depuis près d'un millénaire, nous
adorions encore nos anciens dieux «païens».
Vikings: ce nom
désigne les Norvégiens qui vers l'an mille ont ravagé les côtes et semé la
terreur de Londres à Paris et jusqu'en Méditerranée, barbares sauvages et
sans pitié qui ne reculaient pas devant le sac d'un couvent ou d'une
église... N'y avait-il rien de sacré à leurs yeux? A quoi croyaient-ils,
ces pirates aux cheveux de lin?
Quelle actualité ont
encore ces anciennes légendes?
Les mythes et légendes ne perdent jamais leur valeur. Car ils ne
concernent pas seulement le «temps passé», le «cette fois-là». Ils ont
cours «tout le temps», «à chaque fois». Et l'ancienne mythologie norroise
est - à mon avis - la tentative la plus originale, la plus passionnante,
la plus intéressante jamais effectuée pour décrire notre réalité
extérieure et notre monde intérieur, pour capturer la vie, l'existence par
le discours et l'image.
Comment le monde s'est-il formé?
Au
commencement étaient le Froid et le Chaud. D'un côté Niflheim, son givre
et son brouillard. De l'autre, Muspellsheim, une mer de flammes
dévorantes. Entre eux, le néant, un immense abîme sans fond: Ginnungagap.
C'est là, dans cet énorme vide - à mi-chemin entre lumière et ténèbres -
que la vie allait apparaître. Dans la rencontre entre glace et
fournaise...
Car la
neige se met peu à peu à fondre, et formé par le froid mais animé par la
chaleur apparaît un être étrange, un immense troll nommé Ymer. C'est le
plus grand géant qui ait jamais existé.
Mais là
où fond la neige apparaît une autre créature - pourvue de cornes et de
pis: une vache gigantesque, nommée Audhumla. Et du lait, elle en avait
plus qu'assez. Il coule en larges rivières de ses énormes tétines. C'est
là qu'Ymer puise sa nourriture. Et Audhumla? Elle se met aussitôt à lécher
les pierres salées couvertes de givre qui gisent autour d'elle et du
géant. C'est alors que se produit un fait surprenant: ses coups de langues
mettent soudain à jour quelques longs cheveux! Le jour suivant, c'est une
tête et un visage qui se dégagent de la pierre. Et le troisième jour,
c'est tout un corps que la vache parvient à libérer à coups de langue...
C'est le corps d'un homme. Un homme grand et beau appelé Bure. C'est de
lui que descendent les dieux, que nous appelons æser.
Pendant
son sommeil, le géant Ymer commence à transpirer... et de son aisselle
gauche sortent soudain deux êtres humains mâle et femelle. Ses pieds ne
veulent pas être en reste et s'accouplent. De leur union naît un fils à
six têtes. C'est l'origine de la lignée des rimtusser, que nous appelons
de nos jours trolls et géants, mais qui sont plus connus sous le nom de
jotner (jotun au singulier).
Malgré
leur nature diverse, ces êtres ont dû parvenir à vivre ensemble en paix.
Ils conçoivent en tout cas des enfants ensemble... Odin - qui deviendra
plus tard le primat de tous les dieux - est le fils de la fille de jotun
Bestla et de Bor, le fils de Bure. Les rimtusser se multiplient à plaisir,
au point de grouiller partout. Et un jour, Odin et ses frères - Ve et
Vilje - se rebellent contre Ymer et sa lignée. Le combat est féroce. C'est
Odin et ses frères qui emportent la victoire. Ils tuent le géant et un
flot de sang balaie les ennemis des æser et les noie tous... à l'exception
de deux d'entre eux. De ce couple de jotun qui s'enfuient dans les embruns
et se réfugient dans le brouillard des montagnes descendront toutes les
lignées de rimtusser à venir. Quant à Audhumla, la première vache, elle a
dû elle aussi être balayée dans l'abîme. Après ce bain de sang, personne
n'en a, en tout cas, plus entendu parler...
Les æser
traînent le cadavre d'Ymer jusqu'à l'abîme de Ginnungagap. Ils le
posent tel un couvercle au dessus du néant.
C'est là
qu'ils créent le monde - sur le cadavre du géant.
Son sang
devient la mer. Sa chair devient la terre. Ses os deviennent les montagnes
et les falaises, ses dents et les éclats de ses os les rochers et les
éboulis. Ses cheveux deviennent les arbres et l'herbe. Les dieux lancent
en l'air sa cervelle qui se transforme en nuages. Et le ciel? c'est la
boîte crânienne du géant... Elle est placée comme une coupole au-dessus de
la création. Les dieux attrapent ensuite des étincelles de la fournaise de
Muspellsheim et les attachent au firmament. Elles y scintillent encore.
C'est ainsi que sont nées les étoiles.
Du
cadavre d'Ymer sortent de petits asticots. Ils sont à l'origine des nains,
des créatures souterraines qui vivent dans les grottes et cavernes. Les
æser en choisissent quatre pour porter la voûte céleste. Ces nains sont
appelés Østre, Vestre, Nordre et Sondre (est, ouest, nord et sud). Tout
prend ainsi un sens.
Comment l'homme est-il apparu?
Odin et
ses frères se promènent un jour sur la plage. Ils trouvent deux troncs
d'arbre apportés là par les flots. Ils dressent ces troncs et leur donnent
la vie. Odin insuffle le
souffle de la vie dans les troncs, pour leur permettre de respirer et de
vivre. Vilje leur donne
la raison et le mouvement. Ve leur donne la parole, l'ouïe et la vue. Ils
leur donnent la chaleur et les couleurs. Ces troncs ne sont plus du simple
bois flotté, ils sont devenus homme et femme. Les æser appellent l'homme
Ask et la femme Embla. C'est d'eux que descend l'humanité entière.
www.norvege.no/history/upto1814/mythologie.htm
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Hand
Vakne
vieux
marteau
bande
main
se réveiller
Aske
Datter
Hilse
Kilde
Melk
Oske
Dotter
Helse
Kjelde
Mjølk (mjø)[mel]
cendres
fille
saluer
source
lait
Glemme
Bunn
Brudd
Skudd
Hul
Glømme
Botn
Brott
Skott
Hol
oublier
fond
fracture
coup de feu
creux
Hull
Hule
Kull
Dyp
Myk
Hol
Holle
Kol
Djup
Mjuk
trou
grotte
charbon
profond
mou
Syk
Tykk
Øke
Øst
Løs
Sjuk
Tjukk
Auke
Aust
Laus
malade
gros
augmenter
est (point cardinal)
lâche
Ørret
Blek
Mene
Skje
Fløte
Aure
Bleik
Meine
Skei
Fløyte
truite
pâle
vouloir dire
cuillère
crème fraîche
Løse
Hviske
Hvit
Hvor
Løyse
Kviskre
Kvit
[Kor]
détacher
chuchoter
blanc
où
La sécession
En 1813, à
la bataille de Leipzig, Napoléon subit une défaite sévère. L'un de ses
adversaires, la Suède, avait dû auparavant remettre la Finlande au tsar,
et, ayant ainsi perdu un Etat-tampon à l'est, souhaitait avoir la Norvège
pour la protéger sur son flanc occidental. C'est pourquoi les alliés de la
Suède s'étaient engagés à lui remettre la Norvège en tant que butin de
guerre.
Les archéologues
estiment que la Norvège était déjà habitée il y a 14 000 ans
par un peuple de chasseurs paléolithiques — les Lapons —
d'Europe centrale et d'Europe occidentale
Le Royaume de Norvège est une
monarchie
constitutionnelle gouvernée par le chef d'État, Sa Majesté
le roi Harald V, qui a été intronisé le 17 janvier 1991. Le
Parlement norvégien, le
Storting,
est composé d'une seule chambre. Ses 165 membres sont élus
au scrutin proportionnel pour un mandat de quatre a
Après la victoire des alliés à Leipzig, le
Danemark fut soumis à des pressions diplomatiques et la double monarchie
dano-norvégienne fut attaquée par l'ennemi venant du Holstein. En janvier
1814 Frédérik VI se rendait, rompait avec Napoléon, et remettait la
Norvège à ses adversaires suédois. C'est ainsi que prirent fin 434 ans
d'union entre la Norvège et le Danemark.
Toutefois l'accord conclu entre le Danemark
et ses adversaires contenaient des éléments politiques d'une importance
capitale pour la Norvège. L'accord stipulait clairement que la Norvège
devait reprendre sa place de nation indépendante, en union avec la Suède.
Dans une proclamation ultérieure, le roi Charles XIII de Suède déclara que
la Norvège devait être un Etat libre, ayant sa propre constitution, sa
représentation nationale, son gouvernement, et disposant du droit de lever
les impôts.
Les Norvégiens n'acceptaient pas cet état de
choses sans réticences. Le Prince Christian-Frédéric, neveu du roi du
Danemark, était alors gouverneur de Norvège. En accord avec son oncle, il
favorisa la révolte des Norvégiens afin d'empêcher les Suédois de
reprendre le pays, et aussi, vraisemblablement, afin de rétablir l'Union
dano-norvégienne.
Les manoeuvres du gouverneur aboutirent à la
convocation d'une assemblée constituante. Elle se tint à Eidsvoll, à
quelque 70 kilomètres au nord d'Oslo. Le 17 mai 1814 la nouvelle
constitution fut adoptée, et Christian Frédéric élu roi de la Norvège.
Depuis lors le 17 mai est la fête nationale de la Norvège.
Les vainqueurs des guerres napoléoniennes
n'étaient guère disposés à accepter que l'on s'écarte des termes de
l'accord. Les Suédois tentèrent d'abord de faire pression sur le plan
diplomatique, et lorsque cela s'avéra inefficace, ils passèrent à
l'offensive militaire, avec des troupes bien entraînées, et réduisirent
rapidement la résistance des Norvégiens. Un accord fut signé à Moss (au
sud d'Oslo) en août : les Suédois y reconnaissaient la Constitution
norvégienne signée à Eidsvoll, avec les amendements rendus nécessaires par
l'Union des deux royaumes. Le roi Christian Frédéric abdiqua le 10 octobre
1814, et quitta le pays. La Norvège entrait dans une nouvelle Union.
1814-1905
Dans les années qui suivirent cet événement,
la Norvège dut se battre à plusieurs reprises pour sa survie. Elle subit
la pire dépression économique jamais vécue. Le marché commun avec le
Danemark n'existait plus et le marché britannique se ferma aux
exportations de bois norvégiennes. Mines et scieries perdirent leur
clientèle étrangère. De nombreux bourgeois du Sud-Est parmi les plus aisés
firent faillite. La crise fut longue et dure.
Pendant cette période de revers économiques,
le Storting
(l'assemblée nationale norvégienne) et la monarchie suédoise
s'affrontèrent à plusieurs reprises. On se servit de la Constitution pour
supprimer les titres de noblesse, et cela en partie pour empêcher le roi
de Suède de se créer des appuis en anoblissant des Norvégiens. Une crise
ouverte éclata en 1821 lorsque le roi de Suède réunit des troupes autour
d'Oslo pour contraindre le Storting
à accepter une autorité accrue du pouvoir royal. Cette tentative échoua.
À partir des années trente, la Norvège entra
dans une période de stabilité économique. Il devenait nécessaire
d'assouplir les réglementations commerciales et douanières. Les droits
d'accès aux activités commerciales furent étendus et des pratiques de
libre échange furent autorisées. La participation norvégienne au
développement européen prit d'autres aspects. La première voie ferrée,
entre Oslo et Eidsvoll, fut construite en 1854. On installa des lignes
télégraphiques, on utilisa de nouveaux modes d'exploitation agricole.
Les fondements de l'industrie moderne furent
posés en 1840, lors de la création des premières usines textiles et des
premiers ateliers de construction mécanique. Entre 1850 et 1880 la marine
marchande prit un essor spectaculaire.
Le développement de l'économie fut suivi
d'une intensification des conflits sociaux. La révolution de 1848 ne fut
pas sans conséquences pour les mouvements politiques dans la classe
ouvrière. Les revendications d'une réforme démocratique se firent plus
pressantes.
Au sein du
Storting
les antagonismes s'accentuèrent peu à peu entre les représentants des
hauts fonctionnaires, et les représentants des paysans et des radicaux
les paysans faisaient partie de la majorité dès 1833. La première
tentative de créer un parti, en 1859, se révéla infructueuse, mais dix ans
plus tard le premier bloc de la gauche libérale se constitua, sans être
toutefois structuré comme un parti. Le premier parti politique, la Gauche
radicale, fut constitué en 1884 et sa contrepartie conservatrice, le Parti
Conservateur (la Droite) fut créée quelques mois plus tard.
Les désaccords avec la monarchie suédoise
firent rapidement leur apparition ; une des principales raisons en était
que les autorités suédoises avaient la haute main sur la politique
étrangère de l'Union. Dès 1827 le
Storting demanda au roi que le
Premier ministre norvégien ait son mot à dire en la matière. Les
Norvégiens demandèrent d'autres mesures de rééquilibrage, telle l'adoption
d'un pavillon national sur les navires de commerce.
Toutefois le principal conflit entre les deux
nations portait sur l'instauration d'un régime parlementaire et de
l'adoption du principe constitutionnel qui veut qu'un gouvernement ne
puisse rester au pouvoir qu'avec l'accord de l'assemblée nationale. C'est
dans ce but que le Storting vota des amendements à la Constitution en
1874, 1879 et 1880 et invita à chaque fois des ministres de la couronne
aux débats parlementaires. A chaque fois le roi refusa les amendements.
On se demanda donc si les amendements à la
Constitution requéraient vraiment les consentements conjoints du roi et du
Storting.
C'était ce que prétendaient le gouvernement et les représentants du groupe
conservateur. Mais les libéraux de gauche décidèrent de précipiter une
crise en provoquant une mise en accusation. En 1883, après une campagne
électorale d'une violence sans précédent, la gauche libérale envoya 82
députés siéger au Storting,
les conservateurs n'en ayant que 32. Le gouvernement Selmer fut poursuivi
devant la Haute Cour de justice, puis condamné à abandonner certaines
fonctions en 1884, et surtout pour avoir conseillé au roi de refuser les
amendements à la Constitution. Après une période de transition où les
Conservateurs assurèrent la gestion des affaires publiques, le roi n'eut
pas d'autre choix que de confier la direction du gouvernement au chef de
la gauche libérale, M. Johan Sverdrup. C'était la consécration du régime
parlementaire norvégien.
Les libéraux firent aboutir plusieurs
réformes auxquelles ils tenaient, dont l'introduction du jury dans les
procès, la réorganisation de l'armée et une nouvelle loi sur l'école
primaire.
À la fin du 19e siècle les heurts à propos de
l'Union se multiplièrent: les Suédois voulaient que le Ministre des
affaires étrangères de l'Union soit suédois, le
Storting
exigeait la création de consulats exclusivement norvégiens. De part et
d'autre le climat se détériorait. L'armée suédoise intervint pour
contrecarrer toute initiative. De leur côté, les Norvégiens consacrèrent
les dernières années du siècle à la création d'une armée nationale.
Ce fut la question
de la représentation consulaire séparée qui déclencha le dernier conflit.
Le 11 mars 1905, le gouvernement Michelsen fut constitué pour régler ce
problème de façon unilatérale. Le 7 juin, le gouvernement démissionna.
Mais le Storting
lui demanda de différer son départ, conformément à la Constitution et aux
lois en vigueur, et "conformément aux amendements rendus nécessaires du
fait que l'Union avec la Suède sous l'autorité d'un seul roi est dissoute
et que le roi de Suède est déchargé de ses fonctions de roi de Norvège".
Pour les Norvégiens, l'Union était rompue.
Mais les Suédois réclamèrent un référendum pour savoir si la population se
ralliait à cette décision. Qui plus est, la Suède exigea des négociations
sur les conditions d'une dissolution de l'Union.
Le référendum eut lieu en août 1905. 368 392
Norvégiens se prononcèrent pour la dissolution et 184 furent contre.
Les négociations se tinrent à Kalstad en août
et septembre. On se mit d'accord sur une séparation à l'amiable et sous
certaines conditions.
La Norvège d'après
1905
De vifs
débats eurent lieu sur la forme que devrait prendre le futur gouvernement.
Un référendum permit de constater qu'une grande majorité de la population
préférait une monarchie à une république. Le 18 novembre 1905, le
Storting
proclama le prince danois Charles roi de Norvège. Il prit le nom de Haakon
VII, et fit son entrée dans la capitale de son nouveau royaume, le 25
novembre, accompagné de son épouse, la reine Maud, fille d'Edouard VII
d'Angleterre, et du petit prince héritier Olav, qui devait un jour monter
sur le trône sous le nom d'Olav V. Le monarque actuel, Harald V, est le
fils du roi Olav V, décédé en 1991.
* * *
Après sa séparation d'avec la Suède,
la Norvège connut une période d'expansion économique qui dura jusqu'à la
Première Guerre mondiale, en 1914. Le PNB augmenta de 55%, ce qui
représentait une augmentation annuelle moyenne de 4%. La population
s'accrut et la situation de l'emploi s'améliora : c'était la seconde phase
de la révolution industrielle, qui se caractérisa par l'exploitation d'une
énergie hydro-électrique bon marché et par l'afflux de capitaux étrangers.
Les premières industries électro-chimiques et électro-métallurgiques
furent construites sur le sol norvégien, et de nouveaux produits firent
leur apparition. De grandes entreprises naquirent, telle Norsk Hydro, et
plusieurs centres industriels émergèrent.
Malgré cet essor économique, beaucoup de
Norvégiens émigrèrent aux Etats-Unis au début du siècle.
Le mouvement travailliste existait déjà,
avant même la dissolution de l'Union avec la Suède. Les premiers syndicats
se constituèrent en 1872, et le Parti travailliste vit le jour en 1887. Le
suffrage universel fut appliqué en 1898 et élargi aux femmes en 1913.
Le parti Travailliste obtint 4 sièges dès les
élections de 1903. En 1912, il obtenait 26% des suffrages avec 23 élus. Il
devenait le deuxième parti représenté au
Storting
après le parti de la gauche libérale. Les grèves et les lockouts de 1911
et 1912 le mirent à l'épreuve, et au cours des deux années qui suivirent,
jusqu'à la Première Guerre mondiale, il se fortifia et se radicalisa.
Toutefois les deux premières années
d'industrialisation n'entraînèrent pas de mutations sociales importantes.
En 1910, le secteur agricole et forestier employait 42% de la population
active. En 1920, il n'en employait que 37%, et aujourd'hui il n'en emploie
plus que 6%.
Après la dissolution de l'Union, la Norvège
se vit dans l'obligation de créer un Ministère des Affaires étrangères,
des représentations diplomatiques, et cela avec peu de moyens.
La politique étrangère, telle qu'elle avait
été définie par le gouvernement Michelsen en 1905, prévoyait que la
Norvège s'abstienne de contracter des alliances avec des pays susceptibles
de l'entraîner dans des conflits armés. La population apportait un soutien
sans réserves à cette politique de neutralité. Cela n'empêcha pas la
Norvège de participer activement à tous les efforts faits pour promouvoir
des accords d'arbitrage internationaux.
La Norvège resta neutre pendant la Première
Guerre mondiale, ce qui n'empêcha pas sa flotte marchande, victime des
sous-marins et des mines, de subir de lourdes pertes. Environ deux mille
marins y laissèrent leur vie. Mais la guerre engendra aussi des bénéfices
financiers considérables, qui permirent de racheter d'importantes
compagnies passées sous contrôle étranger (Borregaard, les mines de
charbon de Spitsbergen au Spitzberg, etc.). Les accords conclus en 1920
après la guerre reconnurent la souveraineté de la Norvège sur le
Spitzberg.
La gauche libérale perdit la majorité aux
élections législatives de 1918. Jusqu'en 1945 aucun parti ne fut capable à
lui seul d'emporter la majorité des sièges. Cela rendit les travaux
parlementaires quelque peu difficiles. En 1928, le parti Travailliste
réussit à former son premier gouvernement, mais, renversé par une majorité
non-socialiste, il n'avait vécu que 19 jours.
Avant cet épisode il avait traversé une
période agitée. De 1921 à 1923 il avait adhéré à l'Internationale
communiste. Après avoir rompu, en partie à cause de son refus d'admettre
le principe de la "dictature du prolétariat", le parti regagna du terrain
aux élections.
La dépression économique, qui avait débuté
dans les années 20, n'épargna pas la Norvège. La politique monétaire du
gouvernement aggrava les difficultés : les transactions commerciales
chutèrent, le transport maritime cessa, de nombreuses banques firent
faillite. Le cours de la couronne commença à baisser et le manque de
devises étrangères se fit durement sentir. Les revenus de l'Etat
diminuèrent, et beaucoup de municipalités furent atteintes de plein fouet.
Il fallut réduire les salaires, qui étaient élevés à la suite de la
sentence arbitrale de 1920, ce qui provoqua de violentes protestations
chez les ouvriers: à cette époque déjà, ils étaient fortement influencés
par les idées révolutionnaires. Le chômage fut important jusqu'au début de
la Seconde Guerre mondiale.
En 1932 l'économie se redressa, entraînant
une spectaculaire amélioration de la balance des paiements. Entre 1935 et
1939, le revenu national augmenta de plus d' 1 milliard 400 millions de
couronnes, somme considérable pour l'époque.
En 1920 la Norvège devenait membre de la
Société des Nations, renonçant ainsi à sa politique d'isolement. La
coopération entre pays nordiques, déjà amorcée pendant la guerre, se
poursuivait au sein de cette institution. Ces pays apportaient leur
soutien à toutes mesures de maintien de la paix, tout en évitant de
participer à des sanctions militaires. Le Président du
Storting,
Carl Joachim Hambro, était Président de la Société des Nations quand la
Seconde Guerre mondiale éclata.
A la fin des années trente, quand les
prémices de la guerre se faisaient de plus en plus menaçantes, les
problèmes de la Défense nationale furent le thème essentiel des débats
politiques. Les socialistes, en partie soutenus par la gauche libérale,
s'étaient jusqu'alors fermement opposés à tout octroi de crédits à
l'armée. La méfiance des socialistes était partiellement due au fait que
le Ministre de la Défense du début des années trente était Vidkun
Quisling, (qui plus tard devint national-socialiste), et qu'il faisait
partie du cabinet ministériel du gouvernement dirigé par les agrariens. En
1936, le Parti travailliste revenait former un gouvernement, avec le
soutien de ces derniers. Johan Nygaardsvold devint Premier Ministre. Les
crédits militaires furent votés, mais c'était trop tard pour renforcer
réellement le pouvoir de l'armée. Lorsque la Seconde Guerre mondiale
éclata en 1939, la Norvège se proclama neutre une nouvelle fois.
La Seconde Guerre mondiale
La déclaration de neutralité n'avait pas
grand sens. Le 9 avril 1940, l'Allemagne attaquait la Norvège, qui fut
vaincue après deux mois de résistance, malgré (une assistance)la
participation militaire de la Grande-Bretagne et de la France. La famille
royale, le gouvernement, certains hauts responsables du Ministère de la
Défense et des responsables des armées s'exilèrent en Grande-Bretagne
alors que les troupes alliées se repliaient. Le gouvernement norvégien
continua à exercer ses fonctions depuis son exil à Londres.
La flotte marchande mise à la disposition des
Alliés fut la plus importante contribution de la Norvège à l'effort de
guerre. Cela représentait plus de 1000 navires, dont le tonnage était
supérieur à 4 millions. Des unités militaires furent constituées sur le
sol britannique dans tous les corps d'armée. Elles prirent part aux
combats navals de l'Atlantique, à celui qui s'engagea sur le continent
européen après 1944, et elles prirent part au conflit dans l'espace aérien
britannique et continental. Vers la fin des hostilités, la Suède autorisa
la Norvège à constituer des unités militaires sur son propre sol.
Certaines d'entre elles prirent part à la lutte contre les forces
allemandes, après que l'Union Soviétique eut réussi à libérer une petite
partie du territoire norvégien, aux confins septentrionaux du Finmark
oriental. En Norvège, la résistance des civils ne cessait de croître et
les actions militaires clandestines sur le terrain donnaient aussi du fil
à retordre à l'occupant.
Le pays resta sous domination ennemie jusqu'à
la capitulation de l'Allemagne en 1945. Il y avait à l'époque 400.000
soldats allemands stationnés en Norvège, ce qui est assez conséquent par
rapport à une population d'à peine 4 millions d'habitants. Les Allemands
avaient exploité l'économie norvégienne, la terreur nazie provoqué
exécutions et massacres, mais si l'on compare la Norvège de 1945 avec
d'autres pays sous occupation, on peut dire que celle-ci s'en tira
relativement á bon compte.
La Libération
Dès le 8 mai 1945 les unités militaires de la
Résistance norvégienne reprirent certaines positions occupées par les
nazis. Petit à petit, les armées alliées et norvégiennes, venant de
Grande-Bretagne et de Suède, vinrent grossir leurs rangs. Lorsque l'ennemi
déposa les armes, les forces alliées prirent le relais, et cela se fit
sans problèmes. Le gouvernement en exil quitta la Grande-Bretagne pour
rentrer au pays et, le 7 juin, le roi Haakon faisait son entrée dans le
port d'Oslo sur un navire britannique.
Les Norvégiens qui survécurent aux camps de
concentration rentrèrent chez eux. A la fin de la guerre, 92.000
Norvégiens vivaient encore à l'étranger, dont 46.000 en Suède. Outre les
Allemands, il y avait 141.000 étrangers en Norvège, dont la plupart
étaient des prisonniers de guerre. Il y avait parmi eux 84.000 Russes.
Les Allemands avaient réquisitionné 40% du
produit national brut, et la guerre avait fait des ravages, surtout au
Finmark. La politique de la terre brûlée, pratiquée par l'envahisseur lors
de son retrait, l'avait en grande partie dévasté. Ailleurs, des villes et
des villages furent détruits par les bombardements ou les incendies
volontaires.
10 262 Norvégiens trouvèrent la mort dans
cette guerre, que ce soit au combat ou dans les camps de prisonniers.
Environ 40.000 d'entre eux furent emprisonnés.
Toutes tendances confondues, les Norvégiens
firent de la reconstruction du pays la priorité absolue.
Le parti travailliste obtint la majorité aux
élections de 1945, et il forma une équipe dirigée par Einar Gerhardsen. Il
devait conserver la majorité jusqu'en 1961, mais en 1963 ce gouvernement
tomba face à une motion de censure déposée à la suite d'un accident du
travail survenu au Spitzberg dans des circonstances bien embarrassantes.
C'est ainsi que vint au pouvoir la première formation de coalition
non-socialiste de l'après-guerre, sous la houlette du Premier Ministre
conservateur John Lyng. Mais ce gouvernement tomba peu après.
Le gouvernement s'était fixé comme but de
reconstruire la Norvège en l'espace de cinq ans. Il souhaitait accélérer
le rythme de l'industrialisation, en faisant converger ses efforts sur
l'industrie lourde. Cela alla plus vite que prévu. Dès 1946, la production
industrielle et le produit national brut étaient supérieurs à ce qu'ils
étaient en 1938. En 1948/1949 la richesse nationale étaient bien
supérieure à celle de l'avant-guerre. Les années qui suivirent furent des
années de croissance et de progrès réguliers.
Dans l'immédiate
après-guerre, la Norvège adopta un profil très bas en matière de politique
étrangère. Elle voulait rester à l'écart de tout conflit éventuel entre
grandes puissances ou blocs constitués. Les Norvégiens, dont un de leurs
concitoyens était le premier Secrétaire Général des Nations Unies, (M.
Trygve Lie), espéraient que cette nouvelle institution seraient une
garantie de sécurité suffisante. Elle était censée remplacer dans ce rôle
la Grande-Bretagne, à qui les autorités norvégiennes s'en étaient remis
avant 1940. Bien que ce système n'ait guère fonctionné quand l'Allemagne
occupa la Norvège, celle-ci resta malgré tout fidèle aux Alliés.
Alors que la tension grandissait entre l'Est
et l'Ouest, la politique étrangère norvégienne prit une nouvelle
orientation. La Norvège bénéficia de l'aide du plan Marshall, encore qu'au
début il y eût quelques réticences. Grâce à ce plan, elle reçut 2.5
milliards de couronnes entre 1948 et 1951.
En 1948, la population norvégienne réagit
vivement à la prise du pouvoir par les communistes en Tchécoslovaquie et à
la proposition soviétique de conclure avec la Finlande un accord de
défense commune. Après une période de transition où la Norvège essaya de
former une alliance de défense avec les pays nordiques, elle devait
rejoindre l'OTAN en 1949 en même temps que le Danemark. Depuis, tous les
sondages d'opinion réalisés montrent qu'une écrasante majorité de
Norvégiens approuvent cette adhésion.
Le parti social-démocrate s'engagea dans la
lutte contre le communisme, sur le terrain politique et sur le terrain
syndical. Il finit par l'emporter. Alors que le parti communiste avait pu
envoyer 11 députés au Storting
(sur un total de 150 députés) aux premières élections de l'après-guerre
(en 1945), en 1949 il n'y put envoyer aucun représentant. On peut donc
dire que le communisme n'a eu qu'une influence marginale en Norvège, et
selon les sondages, les deux partis communistes d'aujourd'hui ne
représentent plus rien.
Les années d'après-guerre ont vu l'économie
norvégienne se redresser progressivement. Toutes les énergies se
mobilisèrent pour créer un Etat-Providence, qui fait de la société
norvégienne d'aujourd'hui une société économiquement et socialement
beaucoup plus homogène que bien d'autres pays occidentaux.
Puis vint l'ère du pétrole dans les années
60. Les prospections dans la mer du Nord révélèrent des gisements
extrêmement riches, et permirent une importante production d'hydrocarbures
et de gaz. D'autres gisements furent découverts plus tard dans la mer de
Norvège et la mer de Barents. L'essentiel de la production vient à l'heure
actuelle de la mer du Nord, au large du pays, entre Valhall et Statfjord.
Ces découvertes ont entraîné une importante
restructuration de l'industrie et du commerce. Les industries
traditionnelles, aux coûts de production de plus en plus élevés, eurent du
mal à faire face à la concurrence internationale, et connurent une
importante récession. L'économie norvégienne se trouva confrontée à bien
des problèmes que les différents gouvernements qui se sont succédé au
pouvoir ont tenté de résoudre.
Le taux de chômage s'est peu à peu accentué,
tout en restant parmi les plus faibles d'Europe.
La Norvège et l'Union européenne
La question de l'adhésion à la CEE devenue
entre-temps l'UE est le défi politique majeur que la Norvège a dû
affronter dans l'après-guerre. Il se pose pour la première fois dans les
années soixante. En 1965, un gouvernement de centre droit dirigé par un
Premier ministre centriste, Per Borten, accède au pouvoir après la
victoire d'une coalition postélectorale des conservateurs, des
centristes, des chrétiens populaires et des libéraux. En 1967, la
Grande-Bretagne fait acte de candidature, poussant le gouvernement,
pourtant peu enclin à prendre position, à sortir de sa réserve. Le
Storting décide alors par 136 voix contre 13 de renouveler sa demande, qui
datait de 1962.
Cette décision ouvre une véritable boîte de
Pandore politique. Les fronts se cristallisent, et le gouvernement Borten
finit par éclater, en 1971. Un gouvernement travailliste dirigé par Trygve
Bratteli est chargé de mener les négociations. Le résultat de ces
pourparlers est soumis au verdict populaire à l'automne 1972. Le
référendum se solde par un non à l'adhésion (par 53% contre 47%).
Ce résultat entraîne la démission du
gouvernement Bratteli. Un gouvernement de centre droit dirigé par le
chrétien populaire Lars Korvald se charge alors de négocier avec la CEE un
traité commercial qui régira les relations économiques entre la Norvège et
la communauté européenne jusqu'au début des années 90.
Le référendum de 1972 laisse des traces dans
les partis, qui pansent leurs blessures. Le parti libéral se scinde en
deux, chacune des fractions perdant de ce fait toute audience nationale.
Dans les régions excentrées, les travaillistes perdent un grand nombre
d'électeurs hostiles à l'adhésion. Ces transfuges vont grossir les rangs
des électeurs d'une Alliance électorale socialiste (Sosialistisk
Valgforbund), nouvellement créée, qui ratisse large. Elle englobe
notamment les anciens dissidents travaillistes de la gauche socialiste
(SF) et une bonne partie des voix communistes. L'Alliance socialiste entre
au Storting avec 16 députés. Rebaptisée plus tard Gauche socialiste, elle
représente de nos jours environ 6% des électeurs.
Malgré son recul en 1973, le parti
travailliste conserve le pouvoir et forme un gouvernement minoritaire, qui
restera en place jusqu'en 1981. Il doit alors céder la place à une équipe
conservatrice, conduite par Kåre Willoch. Ce gouvernement élargit sa base
parlementaire en 1983 en s'alliant aux centristes et aux chrétiens
populaires. Les gouvernements Willoch successifs disposent d'une majorité
au Storting de 1981 à 1985. Après les élections législatives de cette
dernière année, les deux députés du parti du progrès (droite
thatchérienne) sont en mesure de faire basculer la majorité vers l'un ou
l'autre des deux grands blocs parlementaires. Le parti du progrès saisit
assez rapidement l'occasion de voter avec le bloc socialiste, ce qui
provoque la chute du gouvernement de droite.
Depuis, à l'exception d'une année
(1989-1990), le parti travailliste a conservé le pouvoir et formé
plusieurs gouvernements minoritaires, tous dirigés par Gro Harlem
Brundtland.
Durant l'intermède 1989-90, le pays a été
dirigé par une coalition de centre droit, formée de personnalités issues
des partis conservateur, chrétien populaire et centriste. Le Premier
ministre en a été le conservateur Jan P. Syse.
Si l'alternance ne parvient pas à s'imposer,
c'est que la question européenne a refait surface. Les divergences de vue
de plus en plus marquées entre les conservateurs (favorables à l'adhésion)
et les centristes (farouchement hostiles à la construction européenne)
finissent par avoir raison de la coalition gouvernementale.
Lors d'un référendum organisé à l'automne
1994, les Norvégiens refusent une nouvelle fois d'adhérer à l'UE: 52,5% de
non contre 47,5% de oui. Une fois encore, la question européenne réveille
les passions. La participation au scrutin de 1994 atteint 88,5%, soit 9,4
points de mieux qu'en 1972.
La Suède, la Finlande et l'Autriche, qui
viennent de dire oui à l'Europe, quittent l'AELE. Au premier janvier 1995,
seuls la Norvège, le Liechtenstein, l'Islande et la Suisse restent membres
de l'association européenne de libre-échange.
Contrairement au gouvernement travailliste de
Trygve Bratteli, qui avait choisi de démissionner en 1972 après sa défaite
sur la question européenne, le gouvernement Brundtland poursuit 22 ans
plus tard son action comme si de rien n'était.
A l'occasion du référendum, le clivage entre
partisans et adversaires de l'Europe ne recoupait pas les partis. La ligne
de front passait parfois au sein même de certains partis, des catégories
socio-professionnelles et ravivait la tension entre ville et campagne. La
situation ne s'en est pas moins normalisée assez rapidement à l'issue du
référendum.
Par la suite, la centriste Anne Enger
Lahnstein «reine du non» et chef d'orchestre incontesté de l'opposition
à l'UE continue à combattre ce qu'elle appelle «le processus continu
d'adaptation à l'UE». Le parti centriste n'en accuse pas moins un recul
considérable lors des élections locales de 1995.
Il est probable que les propos de Gro Harlem
Brundtland, affirmant que la Norvège ne tenterait sans doute pas d'entamer
de nouvelles négociations avec l'UE au cours de ce siècle, aient apaisé
nombre de ses concitoyens.
Autre point capital, le traité de l'Espace
économique européen (EEE) conclu entre l'UE et l'AELE en 1992 garantit la
participation de la Norvège au devenir économique de l'EEE, lui ouvre
l'accès au marché unique et lui permet de participer aux projets européens
de collaboration lancés dans de nombreux domaines annexes.
Le traité permet aux entreprises norvégiennes
de concourir à armes égales sur le marché européen avec les autres pays de
l'UE et de l'EEE.
Par ailleurs, des institutions ont aussi été
mises en place pour que la Norvège puisse exercer une influence sur la
réglementation nouvelle dans les domaines couverts par le traité, dès sa
conception."
"Il existe un étrange animal, appelé
tardigrade, qui, sous l’effet de la déshydratation, se fige dans les
apparences de la mort: on dirait une puce momifiée. Le tardigrade peut
rester jusqu’à six ans dans cet état, mais il lui suffit d’une goutte
d’eau pour qu’il retrouve toutes les caractéristiques de la vie.
La Norvège, en tant que nation ressemble au
tardigrade. De 1397 à 1814, elle a été sous la domination du Danemark.
Longtemps avant la fin de cette hibernation, la langue nationale n’était
plus qu’un lointain souvenir. On parlait danois à Oslo et jusque dans les
fjords les plus reculés. Il est difficile d’imaginer une assimilation plus
réussie.
Mais même si leur devise n’était pas
Je me souviens,
les Norvégiens se souvenaient de quelques chose: les Vikings c’étaient
eux. Et ces coureurs des mers n’étaient pas aussi barbares qu’on l’a dit.
Revenus dans leurs fermes, ils écoutaient la poésie savante de leurs
bardes, les scaldes. Entre le VIIIe et le XIe siècle, ils ont colonisé la
Normandie. Tiens! Nous descendons d’eux, mais attention, une bonne partie
des Écossais, des Anglais et des Irlandais pourraient en dire autant. Il
est même probable qu’ils auraient exploré la côté du Labrador. Ils ne
connaissaient pas l’État unitaire. Ce fut leur force, et ce sera leur
faiblesse dans un contexte différent. Aujourd’hui, les Norvégiens forment
un pays très décentralisé. Et ils construisent toujours des bateaux, mais
en acier et, sur la mer, ils pêchent plus de
pétrole
que de poissons.
C’est
Napoléon
qui, bien malgré lui, les a libérés. Le Danemark avait commis l’erreur de
devenir l’allié de l’empereur des Français. Au plus fort des guerres
napoléoniennes, la Russie et l’Angleterre parvinrent à couper les lignes
de communication entre le Danemark et la Norvège, laquelle a vite compris
où était son intérêt: puisqu’on la rendait ainsi indépendante, il ne lui
restait plus qu’à le devenir.
Elle adopta dare-dare
la constitution la plus
libérale d’Europe,
s’inspirant à la fois des anciennes traditions vikings et des
constitutions américaines de 1787 et française de 1791. L’assemblée élue à
laquelle sont confiés les pouvoirs législatifs est appelée
Storting.
Cette aptitudes des Norvégiens à faire jouer
les circonstances historiques en leur faveur produisait des résultats
hélas! trop beaux pour être vrais. La Suède avait été encore plus habile :
elle s’était fait promettre la Norvège en échange de son appui aux ennemis
de Napoléon. Et les traités furent respectés. Les Norvégiens toutefois
avaient pris goût à l’indépendance et à leur constitution, et c’est armés
de cette dernière qu’ils passèrent sous la domination de la Suède.
Après une brève période de tension, un
compromis, la convention de Moss, allait être signé entre la Suède et la
Norvège. La Norvège s’en tirait honorablement compte tenu des
circonstances. Dans l’ancien royaume de Danemark-Norvège, elle n’était ni
plus ni moins qu’une province danoise. Par rapport à la Suède, elle
conserverait une certaine autonomie. Après l’abdication de Charles-Frédérick,
Charles XIII, roi régnant de Suède, devint roi de Suède et de Norvège.
Mais, et c’est là un détail important, il n’était roi de Suède que pour
les affaires concernant directement la Suède; pour les affaires
norvégiennes, il était roi de Norvège. (…) Seules les Affaires étrangères,
relevant personnellement du monarque, étaient communes aux deux pays. Un
vice-roi (c’est Bernadotte qui sera choisi), représentera Charles XIII en
Suède. En l’absence du vice-roi, la représentation sera assurée par un
gouverneur général suédois. De plus, pour conseiller le roi ur les
questions norvégiennes, un groupe de hauts fonctionnaires de Norvège
résidera en permanence à Stockholm. Ces fonctionnaires étaient plus ou
moins l’équivalent de ministres norvégiens, la constitution norvégienne ne
prévoyant pas de postes de ministres. En échange de la reconnaissance de
cette suzeraineté, la Norvège pouvait conserver sa constitution et les
institutions qu’elle avait commencé à implanter. Cette entente semblait
satisfaire les deux parties. Allait-elle résister à l’épreuve du temps?
Elle dura, ou plutôt elle s’effrita pendant
91 ans. Les Norvégiens l’avaient acceptée dans l’honneur certes, mais non
dans l’enthousiasme. Leur enthousiasme, ils le mirent dans la patiente
détermination avec laquelle ils reprirent leur marche vers l’indépendance,
qu’ils acquirent sans recourir à la violence, bien que de part et d’autre
les esprits se soient à quelques reprises échauffés. On en vient à admirer
les juristes et leurs coûteuses et cauteleuses manœuvres quand on
considère la façon dont ils ont permis à deux nations de se séparer sans
s’entre-détruire ni sur le plan militaire ni sur le plan économique. La
détermination des Norvégiens était telle qu’ils réussirent à recréer leur
langue qui avait été complètement submergée par la danois.